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Critiques sur Dans la ville des veuves intrépides (21)


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    • Livres 4.00/5
    Par zabeth55 le 11/02/2012


    Dans un pays troublé par la guerre civile, les femmes se retrouvent seules, tous les hommes ayant été tués ou enrôlés de force par les guérilleros. Pendant seize ans, elles vont s'organiser, constituer une société nouvelle.

    Burlesque, cocasse, extravagant, absurde, délirant….. Quel livre ! Quel auteur !
    Certes, c'est long, presque 500 pages, mais c'est écrit de telle manière qu'on ne trouve jamais le temps long.

    Chaque chapitre est un long portrait d'une femme de Mariquita.avec en toile de fond l'évolution de la vie à Mariquita et la violence et la désolation amenées par la guerre civile.
    Ces longs chapitres sur Maraquita sont séparés par des chapitres de 2 pages nous renseignant sur ce qui se passe dans le pays par de cours récits de guérilleros, de soldats d'Etat ou de paramilitaires.
    Chaque chapitre peut constituer une histoire indépendante, et le tour de force de ce livre et de les lier toutes, avec cohérence, si bien qu'on n'est jamais perdu dans cette foule de personnages.
    Jusqu'au bout, tout se tient, tout est soigné.

    Chaque portrait est désopilant. Les filles Morales, Orquidea, Gardenia et Magnolia, la femme du brigadier, Rosalba, la tenancière du bordel, Dona Emilia, la femme du barbier, Francisac Viuda de Gomez, et aussi Virgelina Saavedera, Santiago et Pablo, amoureux depuis l'enfance, et Vietnam Calderon, Hochiminh, Che Lopez et Trostsky, les quatre garçons assassinés par le padre Rafael…..

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Deuzenn le 15/09/2011


    Sur fond de guérilla colombienne, James Canon met en scène un village perdu aux odeurs d'orchidées et de mangues, où ne demeurent plus que des femmes. L'une après l'autre, celles-ci ont les héroïnes de courts chapitres qui voient se dérouler l'histoire d'un village peu ordinaire.
    Après la disparition des hommes, ces dames s'organisent comme elles peuvent: l'une devient Maire, une autre devient infirmière sous prétexte que son mari était médecin...Des jeunes femmes décident de créer un bordel ambulant pour ramener des hommes... le temps est aboli et un décret rend le calendrier féminin...
    Pittoresques et attachantes, ces femmes sont surtout l'occasion pour l'auteur de livrer des réflexions profondes, mais toujours teintées d'humour, sur ce qu'endure le peuple colombien, sur le Communisme, la politique et l'économie. Une chronique caustique et grave, habilement entrecoupée de courts récits de guérilleros et de paramilitaires, qui permettent de replacer l'histoire de ce village dans son contexte réel, pour ne pas y voir qu'un prétexte à une farce baroque teintée de réalisme magique.
    Fantasque sans aucun doute, mais éclairant.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par annie le 14/05/2012


    une histoire passionnante, sans temps mort, difficile de le lâcher avant la fin.

    Après le départ des hommes, enlevés ou tués par les guérilleros, reste au village :
    37 veuves
    44 vieilles filles,
    10 adolescentes,
    5 enfants,
    Julia (Julio) Morales
    Santiago Marin, l'Autre veuve
    et le prêtre
    La vie s'organise peu à peu et le plus grand problème est la survie du village. Plus d'hommes veux dire aussi plus d'enfants et les femmes vont s'éteindre.

    Le prêtre suggère un plan de repeuplement que "dieu" lui a inspiré. Sans grand enthousiasme le maire et les autres femmes acceptent la proposition et monsieur le curé, rend visite tous les soir à 8h00 à ses dames... seulement, inspiré ou pas par "dieu" aucune des femmes ne parvient à enfanter, monsieur le curé est stérile.

    Madame le Maire tourne donc ses regards vers les 4 adolescents masculins âges d'une quinzaine d'année. Seulement une catastrophe survient, aucun des quatre n'est en mesure d'être opérationnel (l'un voit des seins lui pousser, l'autre voit son pénis tomber, un autre voit "ses" règles arriver...). L'infirmière du village les déclares atteint d'une maladie contagieuse, et les met en quarantaine sous bonne garde.

    Sous prétexte de leur apporter la sainte Eucharistie, le padre va leur rendre visite et les empoisonnent. Les femmes ulcérées, chasse l'horrible bonhomme.
    Ces dames prennent conscience que le village est condamné à mourir avec la dernière d'entre elle, dans le silence et la solitude. de doux liens se tissent entre elles, des couples se forment, une certaine forme de bonheur enfin.
    Un malheur ne venant jamais seul, voilà que l'horloge du village s'arrête... et le temps disparaît du village... tout comme les vêtements, usés.

    Le maire et l'institutrice décide de créer un nouveau système de temps, un temps féminin pour n village de femmes, n'ayant rien de commun avec le monde d'autrefois, le monde des hommes. Et le village revit...

    ...jusqu'au jour ou un homme apparaît brusquement... un journaliste américain, grand et blond. Madame le Maire se prend a espérer de nouveau des naissances... mais les villageoise ne sont pas d'accord, elles veulent des enfants qui leur ressemble, bronzés, bruns comme des indiens. Et puis, un tendre sentiment entre Julia (Julio) Morales et l'étranger, viennent faire abandonner cette idée. Tous deux quittent donc le village.

    Grace à la nouvelle organisation (tous les biens sont mis en commun) les veuves entreprennent de se créer une économie. le village redevient florissant et la vie semble vouloir se dérouler sans heurt en toute harmonie jusqu'à l'endormissement du village...

    Mais bientôt, en pleine nuit, les femmes sont réveillée brusquement par des bruits de pas... quatre silhouettes sont sur la place... quatre hommes qui ont déserté soit des guérilléros, soit de l'armée, soit des paramilitaires... et ses quatre hommes sont les hommes enlevés jadis.

    Contentes ces dames ? la mère qui retrouve son fils, oui, mais pas vraiment celle qui retrouve son mari, une brute autoritaire, alors qu'elle vit tendrement avec son amante.

    Que va-t-il se passer ? pour le savoir il vous faudra lire le livre. Mais la fin est assez originale.


    Lien : http://mazel-au-fil-des-livres.blogspot.fr/

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par bookaure le 23/04/2012


    Dans une Colombie ravagée par les horreurs de la guerre civile, le village de Mariquita se voit privé de tous ses hommes, enlevés par les guérilleros ou tués. Il devient alors un village de femmes, veuves et vieilles filles, qui tenteront d'y faire naître une sorte de société idéale...
    C'est donc à travers l'histoire de certaines "personnalités fortes" du village que l'on suit les différentes étapes, et tout autant de péripéties, qui vont contribuer à la construction de la Nouvelle-Mariquita.

    Dans la lignée de Gabriel Garcia Marquez, James Canon nous livre là un récit qui oscille délicieusement entre légende et vérité, qu'il n'hésite toutefois pas à ponctuer de dénonciations subtiles de l'absurdité de la guerre civiles, et des horreurs perpétrées entre guérilleros et paramilitaires.
    C'est un livre comme je les aime: on rit, on imagine, on voyage...C'est aussi un livre sur la tolérance et sur le féminisme intelligent.

    En résumé, il s'agit d'un grand moment de littérature, on se régale d'exotisme, d'humour et de tendresse.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par itzamna le 13/02/2012


    Une belle découverte que cet ouvrage. Une belle surprise aussi puisque l'histoire n'est pas seulement la description un peu légère d'un village que tous les hommes ont été forcés de quitter. En lisant la quatrième de couverture, je m'attendais à passer un moment simple et divertissant. Mais la présentation qui est faite des personnages principaux du roman est très réductrice. Au fil des pages, on s'aperçoit que ces caractères sont beaucoup plus complexes et que loin de n'être que des farceurs, ils sont surtout des êtres humains pleins de complexité. Chacun rencontre sa part de souffrance et d'obstacles. .../...


    Lien : http://itzamna.over-blog.fr/article-dans-la-ville-des-veuves-intrepi..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par lethee le 12/01/2009


    Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, et viennent ici à la recherche de quelques conseils de lecture sachez simplement que ne pas lire ce livre est un manquement fondamental à votre bonne santé littéraire. L'auteur, pour son premier roman, montre un réel talent tant au niveau de l'écriture, de l'histoire qui est à la fois drôle, touchante, émouvante, originale et exotique. Se priver d'une telle lecture est un sacrilège. Vous allez y prendre non seulement du plaisir, mais un certain goût également, réclamant rapidement un autre ouvrage de l'auteur. C'est dépaysant, bien écrit (et même mieux), hilarant, et de surcroît très très intelligent. L'écriture en est facile d'accès. Il vous faudra cependant une certaine ouverture d'esprit, comme toujours avec les romans sud-américains (je n'ai jamais pu lire Cent ans de solitude, roman cité quelques fois dans Les veuves, et la première fois que j'ai lu Zoé Valdès, je me suis demandé vraiment où j'avais attérri.). N'ayez pas peur d'être un peu bousculé ! Voilà pour ce que je peux dire afin de vous inciter à le lire, sans trop dévoiler l'histoire et son dénouement. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à visiter Amazon ici, pour lire le résumé.


    Nous sommes en 1992 et en Colombie, c'est la guerre. Indiens, paysans subissent les batailles continuelles des guérilléros, des paramilitaires, et de l'armée colombienne. le conflit semble dépasser tous ceux qui le subissent autant que ceux qui le poursuivent. Cependant, il dure. C'est alors que les guérilléros, bien plus connus pour leur violence que pour leur politique, viennent chercher les hommes disponibles dans tous les villages qu'ils rencontrent. Au passage bien sûr, ils pillent, violent, tuent, empoisonnent et détruisent au nom d'une liberté qu'ils prétendent distribuer à qui veut bien les aider à l'incarner.
    C'est pour cette raison qu'un beau matin de dimanche, Mariquita se voit soudain dépeuplé de ses hommes et jeunes garçons. Ne resteront que des veuves, un prêtre, quatre garçons de moins de 12 ans, un Julio qui deviendra Julia, et un homosexuel qui n'était pas là lors de la rafle.
    Que peut bien devenir un village sans les hommes ? Qui va entretenir les voiries ? Qui travaillera la terre ? Qui procédera aux réparations diverses ? Et surtout, qui assurera la pérénité du commerce de Madame Emilia, la maison close du village ? Pire encore, qui assurera la descendance de Mariquita ?

    Un roman transgenre

    Ce ne sont certainement pas les hommes rescapés. L'un est homosexuel. Les quatres autres jeunes gens se réveleront eux aussi incapables de faire face à leur devoir de procréation, et même le prêtre, dont l'ardeur à la tâche n'a jamais connu d'égale mesure dans son art de la messe, se « sacrifiera » pour rien. le désir procréation semble maudit à Mariquita, et ne mène qu'à des échecs. C'est avant tout que dans l'histoire de James Canon, les événements ressemblent plutôt à ce dont rêvent les transexuels : de se voir pousser des seins, d'avoir soudain une voix de fille, de voir tomber son pénis. Ce que les transexuels mettent des années à obtenir, à payer, voire seulement à rêver, James Canon le rend possible de la manière la plus naturelle et involontaire. Ces castrations et autres poussées de protubérances se révèlent finalement salvatrices, puisqu'elles sauvent les hommes des femmes... Pas de descendance donc, et pourtant, il faut bien trouver une solution. Seulement celle-ci doit être en adéquation avec l'intérêt de tout le village, et à mesure que les solutions matérielles sont trouvées, il semble que les habitant(e)s du village se rapprochent d'un état « hermaphrodite », excluant la reproduction. Bientôt ne resteront plus que des veuves, des femmes entre elles, qui se passeront volontiers des hommes au fil du temps, pour se donner caresses et amour sans soumission, à mains égales.

    Et les hommes dans tout cela ?

    Les hommes sont raflés au début du roman. Cependant, ils viennent ponctuer les histoires de Mariquita par de brèves anecdotes, presque toujours morbides, toujours au sujet de la guerre. C'est cela un homme : ça part, ça produit, ça fait la guerre, et entre les bonnes nouvelles, ça en apporte de mauvaises. Ainsi, tout au long du roman, les hommes se font témoins de la guerre qu'ils sont les seuls à vouloir, les seuls à faire. Pendant que les femmes s'acharnent à trouver un moyen de faire vivre le village, d'assurer une continuité à la communauté, les hommes exterminent ce qu'ils trouvent ailleurs.
    Même le prêtre, censé être un représentant de Dieu à la fois chaste, pacificateur, brisera tous les commandements. le prêtre se transforme en pêcheur par excellence, puis déserte les lieux de ses méfaits en emportant les actes de naissance des villageoises : par là, il signifie qu'après la disparition du dernier véritable symbole masculin du village, les femmes ne peuvent plus exister. Elles n'ont plus d'existence légale. Elle n'existent plus Dieu et sans les hommes : mais c'est un point de vue d'homme de Dieu. Qu'importe, elles écriront leur propre bible : une bible de femme pour une communauté de femmes peut très bien remplacer une bible d'hommes dans un monde d'hommes où vivent les femmes.


    Le temps est impossible...

    Affranchies de Dieu, affranchies des hommes, les femmes finissent un beau jour par s'affranchir du temps. Qu'importe ! Elles inventeront le leur : un temps féminin. Bien sûr, le temps des femmes ne peut que tourner à l'envers.. et remonter en sens inverse. Tandis que celui des hommes « est tout entier tourné vers la productivité » (p. 249), celui des femmes sera tout entier tourné vers la communauté. le même temps, les mêmes règles, les mêmes sources. Les femmes remontent donc le temps et évoluent vers une harmonie parfaite. Quelques hommes, plus tard de retour, auront du mal à comprendre, puis à vouloir se plier aux règles de la « nouvelle Mariquita ». Eux d'ailleurs, l'appellent toujours « le mariquita ». Tandis qu'ils contemplent le village, happés par la nostalgie de l'ancien règne des hommes, les femmes remontent le temps vers un avenir à rebours, plus naturel, plus simple et plus paisible. Elle refont le temps plus qu'elles ne remontent les aiguilles.


    James Canon nous invente là une génèse particulière, celle d'un village de femmes dans un pays d'hommes. Celle d'un petit coin de retraite obligée à la recherche de la paix, dans un monde qui ne cesse de poursuivre la guerre. Celle d'un pays où tout est interdit aux femmes, aux hommes qui veulent devenir des femmes, et qui pourtant ignore qu'en son centre, en son coeur, certaines et certains parviennent à atteindre leur rêve de métamorphose. Il nous rappelle aussi que les femmes peuvent toujours s'affranchir des hommes et de leur passation de tutelle de père en époux, quand bien même ces derniers ne rêvent que de garder le pouvoir et la possession de tout.


    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-22196291.html

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Ladybug le 12/10/2011


    C'est un portrait très vivant et haut en couleur d'un village à l'écart du monde. On est totalement hors du temps, de très rares références sur des personnes connues ou des objets rappellent que l'histoire se déroule à notre époque. L'état de désolation et de solitude du village et de ses habitantes disparaît après plusieurs efforts de transformation (car elles n'y parviennent pas sans mal, il y a de la résistance, des maladresses...) pour laisser place à une communauté où doivent régner partage et bien-être de toutes.

    L'auteur déploie tous ses talents pour doter ses personnages de traits de caractère originaux et fantaisistes, et d'un passé parfois révélateur raconté à travers des tranches de vie drôles ou émouvantes.

    N"hésitez pas à vous plonger dans la lecture de ce roman où les femmes inventent un monde. Quand l'homme apparaît c'est pour nous parler de violence, car l'histoire de ce village de femmes est entrecoupé de chapitres consacrés à des guérilleros, des militaires, qui décrivent des scènes de guerre, de cruauté, de malheurs. Heureusement que ces chapitres sont brefs car on a qu'une hâte, c'est retrouver ces femmes !

    Voilà, c'est cocasse sans être trop loufoque, ce qui était ma crainte à l'ouverture de ce livre. Souhaitons à cette petite société des échelles et des échelles de bonheur !

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lacazavent le 06/05/2012


    Une très belle découverte. C'est un roman qui a beaucoup d'allant, on avance à cent à l'heure avec une écriture vive et alerte. Les personnages nous sont vite rendus sympathique.
    Pour ma part j'ai bien apprécié les chapitres consacrés aux guérilleros bien que le lien avec l'histoire du village de Marquita ne soit pas vraiment évident. Ces passages ont fonctionné un peu comme une bouffée d'oxygène bien venue car plus j'avançais dans le roman plus l'absurdité de certain rebondissement et le repli sur soi des femmes de Marquita me donnait une impression étouffement.
    J' ai trouvé que l'histoire qui par moment prend vraiment son temps pour se développer, faisait quelques fois de subit bon en avant. Cette disparition des hommes est une idée intéressante mais j'ai vraiment été gêné par les raccourcis que James Canon fait prendre à son intrigue, j'aurais préféré qu' il aille un peu moins loin dans son idée et développe plus certain changement.

    Un roman qui m' a énormément fait pensé à ceux dans la même veine Arto Paasiilina, seule l'écriture change.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



  • Par KATE92 le 22/01/2012


    Une histoire très originale qui célèbre la féminité et la vie communautaire. C'est un livre qui développe un idéal de société. Utopique sans doute mais qui fait vraiment du bien à lire.
    Tolérance, amour, écoute, vie en harmonie avec la nature, voilà ce que proposent les veuves de MARIQUITA.
    Guerre civile en COLOMBIE avec des chroniques de la terre des hommes : témoignages sur la guerre qui dure depuis plus de 40 ans.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par canel le 30/06/2011


    Colombie, années 1990. Les hommes du village de Mariquita ont été réquisitionnés par les guérilleros. Il ne reste que le prêtre et un jeune garçon, Julio, que sa mère a réussi à faire passer pour une fille. La sécheresse, la famine, les pénuries sont désormais le lot de ces veuves et de leurs enfants.
    Une jolie découverte que ce récit, d'abord déroutant par sa construction, mais rapidement envoûtant. Des portraits hauts en couleur des habitants de Mariquita - essentiellement des femmes - alternent avec des témoignages brefs et percutants sur les violences masculines (guérilleros, paramilitaires et armée nationale) au cours de cette guerre. Se succèdent des situations cocasses et amusantes (les souvenirs de la tenancière du bordel), des épisodes très émouvants (la belle histoire douloureuse de Pablo et Santiago), du tragicomique ("le projet de procréation") et, comme des flashs, l'horreur de la guerre (tortures, viols, massacres), mais aussi ses trêves. le style et certaines anecdotes évoquent la plume de John Steinbeck... Je regrette, faute de connaissances sur la situation colombienne, d'avoir parfois eu du mal à démêler la fable de la réalité, notamment en ce qui concerne l'état de dénuement du village... Un roman très réussi, un témoignage important... même si le récit tend hélas à s'essouffler après les deux premiers tiers.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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