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> Henri Robillot (Traducteur)

ISBN : 207042202X
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 132 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jake Pepper enquête jusqu'à l'obsession sur une série de meurtres mystérieux. Toutes les victimes ont reçu peu avant leur mort un cercueil miniature contenant une photo très personnelle... Un suspect : l'intouchable Bob Quinn, propriétaire du B. Q. Ranch traversé par l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 octobre 2010

    Woland
    Handcarved Coffins
    Traduction : Henri Robillot
    Extrait du recueil d'articles et d'Entretiens "Musique pour Camélons", "Cercueils sur mesure" se présente sous la forme d'une série de conversations entre Capote et les différents protagonistes de l'affaire. Ici et là, les notes du journal de l'écrivain. Il s'agit d'une histoire authentique, un peu, toutes proportions gardées, comme celle qui servit de base à "De sang-froid", rapportée ici à Capote par un détective de ses amis qui connaissait son intérêt pour les récits curieux, surtout s'ils étaient pris dans la réalité.
    L'ensemble laisse perplexe : on se demande où Capote veut en venir exactement. Il démarre sur des chapeaux de roue et on le sent, ma foi, aussi émoustillé que le lecteur par ces cercueils miniatures dont l'envoi chez telle ou telle personne est suivi, au bout de quelques mois, de la mort violente de l'intéressé. Les cercueils sont visiblement "faits main" par un artisan ou un bricoleur habile. A l'intérieur de chacun, une photo de la (ou des) future(s) victime(s). Souvent, la photo est rare et on se demande où, comment, voire par qui elle a pu être prise.
    Les morts enregistrées vont du fait divers difficilement explicable - un couple devient prisonnier de sa voiture où sont coincés avec lui une palanquée de serpents venimeux rendus furieux par des piqûres d'amphétamines - à l'accident banal - la noyade d'Addie, la fiancée de l'enquêteur. Mais une chose est sûre : de manière insensible, le nombre de ceux qui ont osé s'opposer, dans une affaire de barrage de rivière, à Bob Quinn, riche propriétaire foncier et notable respecté de la petite ville où sévit la Faucheuse traquée par Jake Pepper, diminue chaque jour un peu plus.
    Jusqu'au final, Capote maintient l'ambiguïté : Quinn est-il, oui ou non, responsable de cette hécatombe ? le lecteur ne le saura pas et ce n'est d'ailleurs pas là le but recherché. L'écrivain réfléchit d'une part à la possibilité du meurtre parfait et, d'autre part, au fait - plutôt dérangeant - que les sympathies et les compromissions, les intérêts des uns et des autres dans une petite ville de l'Amérique profonde, sont susceptibles de jeter le voile bien opaque de l'oubli volontaire sur ce qui demeure une impressionnante succession d'homicides.
    Au fur et à mesure que la figure de Jake Pepper, l'enquêteur qui met Capote sur le coup, sombre dans une sorte d'obsession paranoïaque, la figure de Bob Quinn, meurtrier présumé, gagne en crédibilité et en force de conviction - alors que, tout bien considéré, ce type, capable de tuer seulement parce qu'on s'oppose à lui, est proche de la folie.
    Capotel expose les faits, nous fait partager la chaleur d'un moment au coin du feu, chez Addie, précise l'affaire du barrage, enregistre scrupuleusement les changements que la mort de sa fiancée occasionnent dans la psyché de Jake, note également ses doutes personnels comme ceux de la propre soeur d'Addie et, en définitive, nous abandonne sur la vision ultime d'un Bob Quinn pas si antipathique que ça. Et c'est là la différence radicale avec "De sang-froid" : on dirait que Capote, en dépit de tout, prend parti - et qu'il le fait en faveur d'un assassin qui est, au mieux, un fou, au pire, un tyran local.
    Comme d'habitude - ou presque - le style et la technique sont d'une qualité exceptionnelle. Capote sait dès le début où il va et où il veut nous entraîner. Ce que l'on ne parvient pas à définir, c'est l'image qu'il veut nous donner non de Jake Pepper ou de Bob Quinn, mais de lui-même, le rapporteur des faits. Il faut un certain temps avant de se rendre compte que l'interrogation première de Capote vise ce qu'il fut et demeure et, une fois qu'on l'a saisi, on s'en retrouve deux fois plus déstabilisé que s'il s'était contenté de manifester sa sympathie envers Bob Quinn. Est-ce une façon de sacrifier une fois encore à la culpabilité qui le dévorait depuis "De sang-froid", ce chef-d'oeuvre qu'il mena à sa perfection en acceptant d'user de son charme envers l'un des jeunes assassins ? Est-ce une façon de nous révéler que, oui, il avait bien été séduit par un meurtrier mais que, de toutes façons, un meurtrier peut se révéler objet de fascination, d'adoration ? Ou bien encore Capote tente-il ici de nous prouver que la différence qui marque l'artiste-créateur trouve un écho, si noir soit-il, en un assassin qui se prend pour la main de Dieu ? (C'est, grosso modo, le cas de Bob Quinn.)
    Beaucoup de questions, et pas des plus simples. Aucune réponse - ou alors, il y en a trop. Capote exécute une dernière pirouette et nous laisse seuls, face à elles. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par potzina, le 04 octobre 2013

    potzina
    Cercueils sur mesure est un roman très court qui nous plonge au cœur d'une affaire de meurtres surprenantes. Les victimes reçoivent par la poste un petit cercueil contenant leurs photos quelques mois avant de se faire brutalement assassiner. Dépêché sur place pour trouver l'assassin, Jake Pepper finit par être totalement obsédé par l'enquête au point d'en faire une affaire personnelle.
    Ce roman vaut le détour pour le style particulier de Truman Capote. En effet, l'histoire est écrite d'abord à la manière d'une pièce de théâtre puis en utilisant les notes personnelles du narrateur. le récit démarre sur les chapeaux de roues pour progressivement ralentir et s'enliser tout comme l'enquête de Jake Pepper (mais on ne s'ennuie pas pour autant).
    La fin du roman est formidable car elle laisse planer le doute : Quinn est-il vraiment le coupable ou Pepper s'est-il planté dans les grandes largeurs ?
    Pas de rebondissements en série mais une histoire rondement menée par un Truman Capote qui développe un récit malin où l'angoisse monte crescendo.
    A mettre entre toutes les mains des amateurs du genre.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 20 juillet 2011

    lehane-fan
    C'est court , c'est bien écrit , c'est prenant...
    Cette nouvelle , écrite un peu comme une piece de theatre ou le prénom de chaque personnage qui la compose apparait dans la marge avant d'effectuer sa tirade , m'a séduit alors que je restais sur un sentiment plutot mitigé suite à la lecture de de Sang Froid comme quoi , ne jamais rester sur une premiere impression , surtout au regard de la réputation de l'auteur en question ! Ç'eut été ballot...
    Quatre acteurs principaux :
    Jake Pepper , fringant quinquagénaire , détective obsessionnel employé par le State Bureau of Investigation et limier infatigable à la poursuite d'un meurtrier en série .
    Addie , compagne de Jake qui fait partie intégrante de ce récit puisqu'elle apparait comme étant possiblement sur la liste du tueur .
    TC , ( Truman Capote ? ) fidele assistant qui épaulera Jake dans ses pérégrinations .
    Bob Quinn (B.Q.) , présumé coupable à l'intelligence et au sang-froid remarquable .
    Tout partira de la décision du conseil municipal à la presque unanimité ( moins une voix portant ainsi les décisionnaires favorables au nombre de huit ) de voter la dérivation de la Riviere Bleue afin d'aller approvisionner en eau ses deux affluents , affluents dont dependent bon nombre de proprietaires terriens mais rendus arides par une secheresse qui perdure .
    Quinn etant le plus gros et le plus respecté de ces proprietaire voit d'un tres mauvais oeil cette derivation à l'endroit exact , qui plus est , ou elle penetre dans sa propriété .
    Suite à ce vote entériné , de petits cercueils seront envoyés à tour de role aux membres du conseil , annonciateurs d'une mort violente dans les jours , voir les mois à venir . C'est tout naturellement que Jake portera ses soupçons sur B.Q. et mettra tout en oeuvre pour prouver sa culpabilité !
    Un duel épique , grandiose ! Une confrontation de styles ,de méthodes ou le bien ne triomphe pas forcément du mal .
    Tout accuse B.Q. et la force de ce récit réside en l'incapacité qu'éprouve Jake à le démontrer ! La confrontation n'est jamais frontale car c'est à un combat psychologique que se livrent les deux adversaires ! B.Q. sait que Jake est sur ses traces , il en joue et s'en amuse sans jamais donner l'impression de paniquer , de capituler en baissant un tant soit peu une garde qui permettrait à Jake de l'épingler . de plus , l'auteur joue sur l'ambiguité en faisant régulierement douter le lecteur quand à la veritable culpabilité de ce suspect tout désigné !
    Qui des deux en sortira vainqueur en mettant son adversaire mat , jeu d'ailleurs tres prisé par les deux protagonistes , a vous de le lire et de tomber sous le charme mortel de ce Cercueils sur mesure .
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 15 juillet 2011

    cicou45
    Une enquête policière des plus déconcertantes qui en vient à devenir une obsession pour Jake Pepper, qui a été chargé de l'affaire dès les premiers meurtres. L'assassin semble accomplir un étrange rituel puisque chaque victime a minutieusement reçu, peu de temps avant sa mort, un cercueil miniature. La narrateur, T.C, raconte ici ses Entretiens avec Jake qu'il souhaite aider dans cette ténébreuse affaire.
    Etant une fan inconditionnelle de Truman Capote (comme je me plais à me décrire dans mon profil), je ne pouvais pas ne pas avoir lu cet ouvrage. Je crois même que c'est le premier de lui que j'ai lu et qui m'a littéralement fait tombée amoureuse de cet auteur...Si vous ne le connaissez pas, je trouve que cet ouvrage est assez représentatif de l'écriture de Capote et je vous invite vivement à venir y jeter un coup d'oeil !
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 25 septembre 2011

    Aline1102
    Cette courte nouvelle est mon premier contact avec Truman Capote, mais certainement pas le dernier.
    J'ai particulièrement apprécié l'écriture de l'auteur, qui mélange le style du romancier "classique", celui du journaliste d'investigation et, enfin, celui de l'auteur de polars.
    Bien que déstabilisante, la manière de Capote de poser beaucoup de questions sans apporter de réponses est particulièrement accrochante: des jours après avoir refermé le livre, le lecteur se demande encore si le principal suspect des meurtres est coupable ou non.
    Si M. Capote cherchait à marquer les esprits de ses lecteurs, il a brillament atteint son objectif!
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 24 octobre 2010

    [...] ... Jake : Les Roberts n'avaient pas d'enfants. Pas d'ennemis non plus. Tout le monde les aimait bien. Amelia travaillait pour son mari ; elle était sa secrétaire. Ils n'avaient qu'une voiture et, avec, ils se rendaient toujours ensemble à leur travail. Le matin où c'est arrivé, il faisait très chaud. Une chaleur de four. Donc, quand ils sont sortis pour reprendre leur voiture, ils ont dû être surpris de trouver toutes les vitres relevées. Toujours est-il qu'ils sont montés chacun par une portière et, à peine ils étaient dedans - crac ! une flopée de crotales leur a sauté dessus comme l'éclair. On a trouvé neuf gros crotales dans cette bagnole. Tous les neuf piqués aux amphétamines ; ils étaient fous, ils ont mordu les Roberts partout : le cou, les bras, les oreilles, les joues, les mains. Pauvres gens. Leurs têtes étaient énormes, gonflées comme des citrouilles de Halloween peintes en vert. Ils ont dû mourir instantanément. Du moins, je l'espère. Ca, je l'espère vraiment de tout mon coeur.

    TC : Les crotales ne sont pas tellement fréquents dans la région. Pas les crotales de ce calibre. On avait dû les amener.

    Jake : En effet. D'un élevage de serpents à Nogales, Texas. Mais ce n'est pas le moment de vous dire comment je sais ça. ... [...]
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  • Par Woland, le 24 octobre 2010

    [...] ... Je pris une douche, posai une bouteille de cognac à côté de mon lit, me glissai sous les couvertures, pris le téléphone sur la table de chevet, le calai sur mon estomac et fis le numéro de l'état de l'Oregon que l'on m'avait donné. Le fils de Jake me répondit ; il me dit que son père était sorti, il ne savait pas où il était allé ni quand il rentrerait. Je laissai un message pour Jake, lui demandant de m'appeler quelle que fût l'heure. Je me remplis la bouche de tout le cognac qu'elle pouvait contenir et m'en rinçai le palais comme avec un gargarisme, un remède pour empêcher mes dents de claquer. Puis je laissai le cognac couler doucement au fond de ma gorge. Le sommeil, sous la forme d'une rivière murmurante incurvée, se diffusa dans ma tête ; finalement, c'était toujours la rivière ; tout y revenait. Quinn avait peut-être fourni les crotales, le feu, la nicotine, le fil d'acier ; mais la rivière avait inspiré ses initiatives et maintenant, elle avait revendiqué Addie à son tour. Addie : ses cheveux prisonniers de l'entrelacs des rameaux aquatiques flottaient dans mon rêve, devant son visage noyé, comme un voile de marié.

    Un tremblement de terre me réveilla ; ce tremblement était le téléphone vibrant sur mon estomac d'où il n'avais pas bougé depuis que je m'étais assoupi. ... [...]
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  • Par sandraboop, le 14 avril 2013

    L'anxiété, comme vous l'expliquera tout psychiatre prohibitif, est causé par la dépression; mais la dépression, comme vous le dira le même psychiatre, à la deuxième visite, est causée par l'anxiété. Je tournai en rond dans ce cercle monotone tout l'après-midi. Mais, à la tombée de la nuit, les deux démons s'étaient associés, tandis que l'anxiété copulait avec la dépression, je restai assis à contempler l'invention contestable de M. Bell, redoutant le moment où je devrais faire le numéro du Prairie Motel et entendre Jake avouer que le bureau lui retirait l'enquête. [...]. Mais lorsqu'on se trouve dans ce genre de mélasse, le seul remède efficace est de faire face : accepter l'anxiété, être déprimé, se détendre et laisser le courant vous emporter à son gré.
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  • Par latina, le 31 août 2011

    Après avoir cherché parmi ses rayonnages, et trouvé le volume qu'il voulait, lisant à haute voix, d'une voix qui n'était pas la sienne: rauque et irritée : "De toutes les créatures existantes, l'homme est la plus détestable. De tous les êtres vivants, il est le seul, l'unique, le solitaire, doué de méchanceté. C'est là le plus bas de tous les instincts, de tous les vices, de toutes les passions - le plus haïssable. Il est le seul qui inflige la douleur par jeu, en toute connaissance de cause. Et il est également le seul de toute la liste à posséder un esprit mauvais."
    (Jake referma le livre d'un coup sec et le lança sur le lit.) Détestable. Méchant. Esprit mauvais. Et comment. Voilà qui résume parfaitement M. Quinn.
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  • Par mackam, le 22 janvier 2014

    Truman Capote cite Mark Twain :
    "De toutes les créatures existantes, l'homme est la plus détestable. De tous les êtres vivants, il est le seul, l'unique, le solitaire, doué de méchanceté. C'est là le plus bas de tous les instincts, de tous les vices, de toutes les passions-le plus haïssable. Il est le seul qui inflige la douleur par jeu, en toute connaissance de cause. Et il est également le seul de toute la liste à posséder un esprit mauvais".
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Bande annonce VOST de "De Sang Froid" (1967) de Richard Brooks avec Robert Blake, Scott Wilson, John Forsythe.








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