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> Henri Robillot (Traducteur)

ISBN : 207042202X
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 153 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jake Pepper enquête jusqu'à l'obsession sur une série de meurtres mystérieux. Toutes les victimes ont reçu peu avant leur mort un cercueil miniature contenant une photo très personnelle... Un suspect: l'intouchable Bob Quinn, propriétaire du B. Q. Ranch traversé par la ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par PiertyM, le 05 juillet 2015

    PiertyM
    Une belle écriture, plausible et paisible, tout petit livre, d'une histoire rendue avec délicatesse, d'un style varié, de la narration au théâtre, du théâtre au journalisme, on se laisse emporter par l'obsession de Jack, il enquête sur une série de meurtre qui s'accomplit après l'envoi aux victimes d'un petit cercueil contenant la photo de la prochaine personne ciblée, le suspect numéro 1 de Jack est monsieur Quinn, aucune de ses preuves n'a pu le coincer, bien au contraire, dans la contrée, on le prend pour une victime de Jack d'autant plus que celui-ci en fait une affaire personnelle, la tension monte dans les déductions, on avance avec Jack, on espère attraper maintenant le papillon...puis pafff, c'est une bulle qui s'éclate...
    On finit la lecture mais l'enquête continue! Beau simplement!
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 24 octobre 2010

    Woland
    Handcarved Coffins
    Traduction : Henri Robillot
    Extrait du recueil d'articles et d'entretiens "Musique pour Camélons", "Cercueils sur Mesure" se présente sous la forme d'une série de conversations entre Capote et les différents protagonistes de l'affaire. Ici et là, les notes du journal de l'écrivain. Il s'agit d'une histoire authentique, un peu, toutes proportions gardées, comme celle qui servit de base à "De Sang-Froid", rapportée ici à Capote par un détective de ses amis qui connaissait son intérêt pour les récits curieux, surtout s'ils étaient pris dans la réalité.
    L'ensemble laisse perplexe : on se demande où Capote veut en venir exactement. Il démarre sur des chapeaux de roue et on le sent, ma foi, aussi émoustillé que le lecteur par ces cercueils miniatures dont l'envoi chez telle ou telle personne est suivi, au bout de quelques mois, de la mort violente de l'intéressé. Les cercueils sont visiblement "faits main" par un artisan ou un bricoleur habile. A l'intérieur de chacun, une photo de la (ou des) future(s) victime(s). Souvent, la photo est rare et on se demande où, comment, voire par qui elle a pu être prise.
    Les morts enregistrées vont du fait divers difficilement explicable - un couple devient prisonnier de sa voiture où sont coincés avec lui une palanquée de serpents venimeux rendus furieux par des piqûres d'amphétamines - à l'accident banal - la noyade d'Addie, la fiancée de l'enquêteur. Mais une chose est sûre : de manière insensible, le nombre de ceux qui ont osé s'opposer, dans une affaire de barrage de rivière, à Bob Quinn, riche propriétaire foncier et notable respecté de la petite ville où sévit la Faucheuse traquée par Jake Pepper, diminue chaque jour un peu plus.
    Jusqu'au final, Capote maintient l'ambiguïté : Quinn est-il, oui ou non, responsable de cette hécatombe ? le lecteur ne le saura pas et ce n'est d'ailleurs pas là le but recherché. L'écrivain réfléchit d'une part à la possibilité du meurtre parfait et, d'autre part, au fait - plutôt dérangeant - que les sympathies et les compromissions, les intérêts des uns et des autres dans une petite ville de l'Amérique profonde, sont susceptibles de jeter le voile bien opaque de l'oubli volontaire sur ce qui demeure une impressionnante succession d'homicides.
    Au fur et à mesure que la figure de Jake Pepper, l'enquêteur qui met Capote sur le coup, sombre dans une sorte d'obsession paranoïaque, la figure de Bob Quinn, meurtrier présumé, gagne en crédibilité et en force de conviction - alors que, tout bien considéré, ce type, capable de tuer seulement parce qu'on s'oppose à lui, est proche de la folie.
    Capotel expose les faits, nous fait partager la chaleur d'un moment au coin du feu, chez Addie, précise l'affaire du barrage, enregistre scrupuleusement les changements que la mort de sa fiancée occasionnent dans la psyché de Jake, note également ses doutes personnels comme ceux de la propre soeur d'Addie et, en définitive, nous abandonne sur la vision ultime d'un Bob Quinn pas si antipathique que ça. Et c'est là la différence radicale avec "De Sang-Froid" : on dirait que Capote, en dépit de tout, prend parti - et qu'il le fait en faveur d'un assassin qui est, au mieux, un fou, au pire, un tyran local.
    Comme d'habitude - ou presque - le style et la technique sont d'une qualité exceptionnelle. Capote sait dès le début où il va et où il veut nous entraîner. Ce que l'on ne parvient pas à définir, c'est l'image qu'il veut nous donner non de Jake Pepper ou de Bob Quinn, mais de lui-même, le rapporteur des faits. Il faut un certain temps avant de se rendre compte que l'interrogation première de Capote vise ce qu'il fut et demeure et, une fois qu'on l'a saisi, on s'en retrouve deux fois plus déstabilisé que s'il s'était contenté de manifester sa sympathie envers Bob Quinn. Est-ce une façon de sacrifier une fois encore à la culpabilité qui le dévorait depuis "De Sang-Froid", ce chef-d'oeuvre qu'il mena à sa perfection en acceptant d'user de son charme envers l'un des jeunes assassins ? Est-ce une façon de nous révéler que, oui, il avait bien été séduit par un meurtrier mais que, de toutes façons, un meurtrier peut se révéler objet de fascination, d'adoration ? Ou bien encore Capote tente-il ici de nous prouver que la différence qui marque l'artiste-créateur trouve un écho, si noir soit-il, en un assassin qui se prend pour la main de Dieu ? (C'est, grosso modo, le cas de Bob Quinn.)
    Beaucoup de questions, et pas des plus simples. Aucune réponse - ou alors, il y en a trop. Capote exécute une dernière pirouette et nous laisse seuls, face à elles. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par potzina, le 04 octobre 2013

    potzina
    Cercueils sur mesure est un roman très court qui nous plonge au coeur d'une affaire de meurtres surprenantes. Les victimes reçoivent par la poste un petit cercueil contenant leurs photos quelques mois avant de se faire brutalement assassiner. Dépêché sur place pour trouver l'assassin, Jake Pepper finit par être totalement obsédé par l'enquête au point d'en faire une affaire personnelle.
    Ce roman vaut le détour pour le style particulier de Truman Capote. En effet, l'histoire est écrite d'abord à la manière d'une pièce de théâtre puis en utilisant les notes personnelles du narrateur. le récit démarre sur les chapeaux de roues pour progressivement ralentir et s'enliser tout comme l'enquête de Jake Pepper (mais on ne s'ennuie pas pour autant).
    La fin du roman est formidable car elle laisse planer le doute : Quinn est-il vraiment le coupable ou Pepper s'est-il planté dans les grandes largeurs ?
    Pas de rebondissements en série mais une histoire rondement menée par un Truman Capote qui développe un récit malin où l'angoisse monte crescendo.
    A mettre entre toutes les mains des amateurs du genre.
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    • Livres 4.00/5
    Par JIMEDE, le 29 juillet 2015

    JIMEDE
    Cercueils sur mesure est un récit assez court extrait d'un recueil plus large de Truman Capote. Son intérêt réside moins dans l'histoire – une série de décès avec suspicion de meurtres dans un petit village de l'Ouest américain – que dans l ‘impressionnante maîtrise éditoriale de son auteur.
    Sous la couverture d'un récit décrivant relativement factuellement les étapes de l'enquête un peu obsessionnelle d'un agent du SBI, Truman Capote mélange les genres et les styles sans jamais se perdre : récit, dialogues, codes théâtraux, décalages, digressions… le tout dans un ensemble d'une cohérence parfaite.
    J'ai été par ailleurs frappé par la précision de l'écriture de Capote : a contrario de ce que l'on pourrait penser, la recherche de cette précision du récit, voire sa méticulosité, nécessite une économie absolue de mots, une proscription des mots inutiles, superflus. Facts, only facts ! Si l'on pouvait reprocher à Mozart de mettre trop de notes dans sa musique, on ne peut pas en dire autant de Capote avec les mots !
    Enfin, quel régal que ces nombreuses métaphores : Elle était bâtie comme Poncho Villa et portait des pantalons de cow-boy avec une braguette à glissière … Tempérament aussi bouillant qu'un tamale au poivre rouge … Plus saoul qu'une tribu d'Indiens en train de danser dans les maïs.
    On en redemande !
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 20 juillet 2011

    lehane-fan
    C'est court , c'est bien écrit , c'est prenant...
    Cette nouvelle , écrite un peu comme une piece de theatre ou le prénom de chaque personnage qui la compose apparait dans la marge avant d'effectuer sa tirade , m'a séduit alors que je restais sur un sentiment plutot mitigé suite à la lecture de de Sang Froid comme quoi , ne jamais rester sur une premiere impression , surtout au regard de la réputation de l'auteur en question ! Ç'eut été ballot...
    Quatre acteurs principaux :
    Jake Pepper , fringant quinquagénaire , détective obsessionnel employé par le State Bureau of Investigation et limier infatigable à la poursuite d'un meurtrier en série .
    Addie , compagne de Jake qui fait partie intégrante de ce récit puisqu'elle apparait comme étant possiblement sur la liste du tueur .
    TC , ( Truman Capote ? ) fidele assistant qui épaulera Jake dans ses pérégrinations .
    Bob Quinn (B.Q.) , présumé coupable à l'intelligence et au sang-froid remarquable .
    Tout partira de la décision du conseil municipal à la presque unanimité ( moins une voix portant ainsi les décisionnaires favorables au nombre de huit ) de voter la dérivation de la Riviere Bleue afin d'aller approvisionner en eau ses deux affluents , affluents dont dependent bon nombre de proprietaires terriens mais rendus arides par une secheresse qui perdure .
    Quinn etant le plus gros et le plus respecté de ces proprietaire voit d'un tres mauvais oeil cette derivation à l'endroit exact , qui plus est , ou elle penetre dans sa propriété .
    Suite à ce vote entériné , de petits cercueils seront envoyés à tour de role aux membres du conseil , annonciateurs d'une mort violente dans les jours , voir les mois à venir . C'est tout naturellement que Jake portera ses soupçons sur B.Q. et mettra tout en oeuvre pour prouver sa culpabilité !
    Un duel épique , grandiose ! Une confrontation de styles ,de méthodes ou le bien ne triomphe pas forcément du mal .
    Tout accuse B.Q. et la force de ce récit réside en l'incapacité qu'éprouve Jake à le démontrer ! La confrontation n'est jamais frontale car c'est à un combat psychologique que se livrent les deux adversaires ! B.Q. sait que Jake est sur ses traces , il en joue et s'en amuse sans jamais donner l'impression de paniquer , de capituler en baissant un tant soit peu une garde qui permettrait à Jake de l'épingler . de plus , l'auteur joue sur l'ambiguité en faisant régulierement douter le lecteur quand à la veritable culpabilité de ce suspect tout désigné !
    Qui des deux en sortira vainqueur en mettant son adversaire mat , jeu d'ailleurs tres prisé par les deux protagonistes , a vous de le lire et de tomber sous le charme mortel de ce Cercueils sur mesure .
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Citations et extraits

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  • Par JIMEDE, le 29 juillet 2015

    Les grandes fureurs, comme les grands whiskies, requièrent une longue fermentation.

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  • Par JIMEDE, le 29 juillet 2015

    C’est bizarre, mais je crois qu’elle l’aimait. Cette femme superbe… Et ce petit roquet bossu.

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  • Par DD78, le 19 juillet 2015

    JAKE : Parce que, c'est tout.
    (Il se leva, s'approcha du feu et jeta ce qui restait de son cigare dans les flammes. Le dos à la cheminée, les jambes légèrement écartées, il croisa les bras. Jamais je n'aurais soupçonné Jake de vanité, mais pour une fois, il posait un peu, c'était clair - essayant, avec succès, de paraitre à son avantage. Je me mis à rire.)
    Hein ?
    TC : Maintenant, c'est un roman de Jane Austen.
    Dans ses livres, les messieurs sexy se chauffent toujours les fesses devant le feu.
    ADDIE (riant) : Oh, Jake, c'est vrai ! C'est vrai !
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  • Par PiertyM, le 23 juin 2015

    L'anxiété, comme vous l'expliquera tout psychiatre prohibitif, est causée par la dépression; mais la dépression, comme vous le dira le même psychiatre, à la deuxième visite, est causée par l'anxiété. Je tournai en rond dans ce cercle monotone tout l'après-midi. Mais, à la tombée de la nuit, les deux démons s'étaient associés...

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  • Par Woland, le 24 octobre 2010

    [...] ... Je pris une douche, posai une bouteille de cognac à côté de mon lit, me glissai sous les couvertures, pris le téléphone sur la table de chevet, le calai sur mon estomac et fis le numéro de l'état de l'Oregon que l'on m'avait donné. Le fils de Jake me répondit ; il me dit que son père était sorti, il ne savait pas où il était allé ni quand il rentrerait. Je laissai un message pour Jake, lui demandant de m'appeler quelle que fût l'heure. Je me remplis la bouche de tout le cognac qu'elle pouvait contenir et m'en rinçai le palais comme avec un gargarisme, un remède pour empêcher mes dents de claquer. Puis je laissai le cognac couler doucement au fond de ma gorge. Le sommeil, sous la forme d'une rivière murmurante incurvée, se diffusa dans ma tête ; finalement, c'était toujours la rivière ; tout y revenait. Quinn avait peut-être fourni les crotales, le feu, la nicotine, le fil d'acier ; mais la rivière avait inspiré ses initiatives et maintenant, elle avait revendiqué Addie à son tour. Addie : ses cheveux prisonniers de l'entrelacs des rameaux aquatiques flottaient dans mon rêve, devant son visage noyé, comme un voile de marié.

    Un tremblement de terre me réveilla ; ce tremblement était le téléphone vibrant sur mon estomac d'où il n'avais pas bougé depuis que je m'étais assoupi. ... [...]
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Livres mentionnés dans la vidéo :
- Son carnet rouge (Tatiana de Rosnay) - J'irai cracher sur vos tombes (Boris Vian) - Les Stagiaires (Samantha Bailly) - Rebecca (Daphné du Maurier) - Rage (Stephen King) - le Combat de l'Épouvanteur (Joseph Delaney) - Petit déjeuner chez Tiffany (Truman Capote) - Les Contes Macabres (Edgar Allan Poe) - Level 26, tome 1 (Anthony E. Zuiker) - L'Excessive (Alexandra Lapierre) - Oona & Salinger (Frédéric Beigbeder) - Franny and Zooey (J.D. Salinger) - Americanah (Chimamanda Ngozi Adichie) - The Norse Myths (Kevin Crossley-Holland)
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