> Raymond Girard (Traducteur)

ISBN : 2070360598
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 231 notes) Ajouter à mes livres
De Sang froid est l’histoire inspirée d’un fait divers de deux jeunes repris de justice qui, le 15 novembre 1959 à Holcomb, petite ville du Kansas, assassinèrent froidement une famille d’agriculteurs. Le récit, chef-d’œuvre de Truman Capote, est le résultat d’un long t... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 02 mai 2011

    cicou45
    Cher Monsieur Capote,

    Bien qu'il s'agisse ici d'une lettre d'outre-tombe et qui vous sera adressée dans l'au-delà, faisons pour un temps comme s'il n'en était pas ainsi. Pourquoi a-t-il fallu que vous rendiez l'âme l'année où moi, j'ai ouvert les yeux pour la première fois, acte par lequel j'officialisais mon arrivée dans ce monde mystérieux mais aussi, bien trop souvent, noir et ténébreux ?
    J'ai enfin l'immense opportunité, de par cette lettre, de pouvoir vous dire ce que je ressens à votre égard. Sachez, cher Monsieur Capote, que je vous aime et vous admire autant que je vous hais.
    Je vous admire car je trouve que votre écriture est emplie d'une immense richesse, autant par le style que vous utilisez que par la profondeur des sentiments que vous voulez faire transparaître. Vos écrits, romans comme nouvelles, sont poignants car ils révèlent une certaine meurtrissure de l'âme que l'on dénote chez bon nombre de vos personnages, tels que Grady dans La traversée de l'été, P,B Jones dans Prières exaucées ou encore Holly Golightly dans Petit Déjeuner chez Tiffany pour n'en citer que quelques-uns. On retrouve aussi un profond attachement que le lecteur ressent indubitablement pour ces derniers. Voilà donc une des raisons pour lesquelles je vous aime ; vos personnages sont empreints d'une profonde sensibilité mais aussi d'une certaine fragilité qui les rend attachants et ne me laisse par conséquent pas indifférente. Ce sont des êtres qui ont le plus souvent été blessés et qui essayent autant bien que mal de vivre avec la crainte d'être rejetés ; sachez que je comprends cette souffrance.
    Voici en revanche la raison pour laquelle je vous hais et qui n'est pas totalement incompatible avec la première. Vous faîtes naître chez moi, toujours par l'intermédiaire de vos personnages, des sentiments de violence (violence envers la société, les hommes,,,) que je croyais avoir réussi à canaliser et à refouler. J'éprouve en effet une profonde affection pour Perrry Smith et Dick Hickock, les criminels dont vous retracez le parcours et que vous analysez dans votre roman-reportage de sang froid. D'après les faits que vous relatez (faits qui sont véridiques), on pourrait assimiler ces hommes non pas à des êtres humains mais davantage à de véritables bêtes. Or, le sentiment que j'éprouve pour eux est tout autre, Il est vrai que les crimes dont ils se sont rendus coupables sont absolument atroces puisqu'ils ont tué une famille entière d'innocents fermiers littéralement « de sang froid » dans l'espoir d'un magot totalement inexistant. Néanmoins, malgré cette animosité apparente chez ces deux individus, vous arrivez à les « ré-humaniser » en montrant qu'il existe chez eux quelque chose de troublant, une vivacité d'esprit et d'intelligence qui les rend attachants, Je me suis en effet sentie inexorablement touchée par eux et c'est ce sentiment que vous avez réussi à faire resurgir en moi que je déteste.
    Cela démontre cependant une nouvelle fois à quel point votre écriture est talentueuse pour arriver à susciter chez un même individu des émotions totalement contradictoires, à l'opposé du « bon sens » et qui ne paraissent pas du tout en adéquation avec sa personnalité.
    Excusez-moi d'abuser encore un peu de votre patience mais je souhaiterais vous poser deux questions. La première est celle de savoir si durant vos visites aux condamnés Smith et Hickock dans le Couloir de la mort, vous avez vraiment ressenti un amour charnel pour Perry et si celui-ci était réciproque ?
    Enfin, pouvez-vous me dire dans quelle mesure vous estimez que votre roman La harpe d'herbe peut être considéré comme un roman autobiographique ?

    Je vous prie d'excuser mon écriture qui peut parfois manquer de limpidité mais comprenez ma timidité à m'adresser à un écrivain que j'idolâtre et que je considère comme étant le plus Grand Écrivain du XXème siècle,,,
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par clarinette, le 29 juin 2008

    clarinette
    Truman Capote s'est inspiré d'un fait divers réel pour écrire cette histoire.Dans une ferme isolée, une famille entière est retrouvée assassinée. Il a effectué une enquête très minutieuse sur tous les personnages, les évènements qui ont entouré cette affaire, de même que les lieux où ils se sont déroulés.
    J'ai lu ce livre en ayant à l'esprit les images du film de Richard Brooks. D'habitude, je préfère avoir lu le livre avant de voir de film, mais pour une fois cela ne m'a pas génée car le film est très fidèle et colle vraiment à l'esprit et l'ambiance du roman. Cela a rendu ma lecture plus vivante en quelque sorte. En revanche, le film "Capote" sorti il y a quelques semaines, ne nous apporte, à mon humble avis, pas grand'chose sur la manière dont l'auteur s'est documenté. Tout au long de ma lecture, je me suis demandé comment il avait pu réunir autant d'informations et de détails et dans quelle mesure certains n'étaient pas le fruit de son imagination.
    Capote a voulu montrer l'absence de préméditation et le côté "accidentel" du meurtre. C'est comme si la rencontre entre Dick et Perry d'une part, et les Clutter d'autre part, que tout oppose devait fatalement se produire et se solder fatalement par un "clash" et comme si le meurtre était quasiment arrivé malgré eux. D'un côté une famille aisée, l'image même de la moralité et du puritanisme, de l'autre deux laissés pour compte qui n'ont pas grand'chose à perdre. le misérable parcours de Dick et de Perry devait forcément les conduire à commettre un jour où l'autre à commettre un acte aussi monstrueux.
    On sent que Capote a voulu que le lecteur se fasse son propre jugement, qu'il s'implique au maximum, qu'il ait l'impression d'avoir assisté lui-même à la scène, voire qu'il épouse le point de vue des des deux meurtriers. C'est du moins l'impression que j'ai eu au fur et à mesure que j'avançais dans le livre...
    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-2649278.html
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lonesloane, le 18 juillet 2011

    lonesloane
    « Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences »
    Hollcomb, ouest du Kensas, une famille est retrouvée massacrée dans sa maison. S'en suivra l'invraisemblable traque de Perry et Dick, qui laisseront comme une odeur de sang partout où ils passeront, comme un je ne sais quoi de malsain et de froid. Une arrestation, un procès, une condamnation… à mort, puis les dernières semaines, les derniers jours derrière les barreaux. Voilà, c'est la fin, les deux monstres ont été exécutés, la vie peu maintenant reprendre son cours.
    Un ovni à mes yeux. Truman Capote nous transporte dans une Amérique des années 50 fascinante mais « bienpensante » qui pourtant est capable d'engendrer de tels tueurs. le roman est écrit à la façon d'un documentaire et dès qu'on a tourné la première page, un peu comme avec un bon polar, il est impossible de lâcher le livre. Merci monsieur Capote de nous avoir offert cette perle rare, je n'ai encore jamais mis les pieds en Amérique, et pourtant, à la lecture de « de sang froid » j'ai eu le sentiment de me plonger dans ce pays, pouvoir le sentir, le toucher, le voir tout en m'imprégnant de ce fait divers atroce.

    Lien : http://testivore.com/de-sang-froid/
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par paulotlet, le 03 mars 2011

    paulotlet
    Dans ce roman reportage, Truman Capote retrace l'histoire d'un meurtre particulièrement odieux et décrit le destin de ses deux auteurs depuis les faits jusqu'à l'échafaud. Cette enquête minutieuse nous emmenène au coeur de ce que l'Amérique produit de pire avec une objectivité et une froideur parfois déconcertantes. Sans jamais banaliser ou minimiser les faits , Capote parvientt à donner une épaisseur psychologique aux protogonistes, les rendant finalement humains. Et c'est la force de ce livre qui se transformer en fantastique plaidoyer contre la peine de mort tout en relatant un crime ignoble.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 31 août 2007

    chartel
    Récit passionnant sur un fait divers des années 1960 dans l'Etat du Kansas. Roman magistral par sa construction et sa progression narrative. A remarquer aussi la manière dont Capote nous expose la vie des tueurs, leur parcour, leur enfance, leurs rencontres. Parce qu'il ne cherche pas à justifier ce drame, ni même à le comprendre, Capote nous permet de nous apitoyer autant sur le sort des Clutters que sur celui des tueurs.
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l'ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent "là-bas". A quelques soixante-dix miles à l'est de la frontière du Colorado, la région a une atmophère qui est plutôt Far West que Middle West avec son dur ciel bleu et son air d'une pureté de désert. Le parler local est hérissé d'un accent de la plaine, un nasillement de cow-boy, et nombreux sont les hommes qui portent d'étroits pantalons de pionniers, de grands chapeaux de feutre et des bottes à bouts pointus et à talons hauts. Le pays est plat et la vue étonnamment vaste : des chevaux, des troupeaux de bétail, une masse blanche d'élévateurs à grain, qui se dressent aussi gracieusement que des temples grecs, sont visibles bien avant que le voyageur ne les atteigne."
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  • Par chartel, le 31 août 2007

    J'ai remarqué quelque chose de bizarre: la bourse de Nancy. Elle était sur le plancher, comme ouverte. On a traversé la salle à manger et nous nous sommes arrêtées au bas de l'escalier. La chambre de Nancy est juste en haut. Je l'ai appelée et j'ai commencé à monter, et Nancy Ewalt m'a suivie. Le bruit de nos pas m'effrayait plus que tout, ils étaient si bruyants et tout le reste était tellement silencieux. La porte de Nancy était ouverte. Les rideaux n'avaient pas été tirés, et la chambre était inondée de soleil. Je ne me souviens pas d'avoir crié. Nancy Ewalt dit que si, je criais, criais. Je ne me souviens que de l'ours en peluche de Nancy qui me fixait. Et Nancy. Et que nous sommes parties à la course...
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  • Par Caralyre, le 27 mars 2011

    Un roman policier qui aura au moins le mérite de sortir des sentiers battus.

    De par son style :
    Le narrateur est sec, froid, journalistique. Il se contente de relater les faits sans chercher à juger ou à influencer le lecteur. Libre à chacun de se faire sa propre opinion. Personnellement j'ai été autant destabilisé qu'impressionné par la manière dont l'auteur réussit à doucement nous faire ressentir de la compassion voir de l'affection pour un des tueurs.

    De par sa construction :
    La chronologie n'est pas respecté. On dirait plus un regroupement de coupures de presse qu'un véritable roman. Le narrateur, se permettant parfois - avec ironie et malice - de se spoiler lui même ; en révélant le dénouement ou en donnant un aperçu de ce qui va arriver. De la même manière il n'y a aucun rebondissement. Nulle surprise. Et l'intrigue en elle même - peut être parce qu'elle est tristement réelle - est plus que basique.

    Mais :
    Un livre pas très agréable à lire. Long, parfois vraiment trop froid-scientifique. Cf les 100 dernières pages et les reprises de longues tirades psychologique ou de plaidoiries rendues mots pour mots. On s'énerve, on s'ennuie, on finit par sauter des pages, pour arriver au bout.

    A lire pour sortir des éternels romans policiers/de gare.
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  • Par Spilett, le 11 mars 2010

    Ce pauvre Andy, il a balancé longtemps au bout de la corde. Ils ont dû avoir un drôle de nettoyage à faire. Toutes les deux minutes, le médecin venait à la porte et faisait deux pas dehors; il restait là, le stéthoscope à la main. On peut pas dire que son boulot l'amusait, il haletait, on aurait dit qu'il suffoquait, et il pleurait aussi. Jimmy a dit :" Regardez-moi cette tapette." J'imagine qu'il sortait pour que les autres voient pas qu'il pleurait. Puis il revenait écouter si le cœur d'Andy battait encore. On aurait dit qu'il s'arrêterait jamais. En fait, le cœur lui a battu pendant dix-neuf minutes.
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  • Par alicejo, le 26 octobre 2010

    Perry dit : "Est-ce que j'ai des regrets? Si c'est ce que tu veux dire, non. Je ne ressens rien . Je voudrais bien. Mais ça me laisse complétement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait et moi, je riais. Peut-être qu'on n'est pas humains. J'suis assez humain pour m'apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d'ici qu'en tu t'en iras. Mais c'est tout.
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Seul le silence de RJ Ellory - Bande-annonce
Joseph a douze ans lorsquil découvre dans son village de Géorgie le corps dune fillette assassinée. Une des premières victimes dune longue série de crimes. Des années plus tard, alors que laffaire semble enfin élucidée, Joseph sinstalle à New York. Mais, de nouveau, les meurtres denfants se multiplient Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, RJ Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions quil met en jeu.











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