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> Raymond Girard (Traducteur)

ISBN : 2070360598
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.21/5 (sur 637 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De Sang froid est l’histoire inspirée d’un fait divers de deux jeunes repris de justice qui, le 15 novembre 1959 à Holcomb, petite ville du Kansas, assassinèrent froidement une famille d’agriculteurs. Le récit, chef-d’œuvre de Truman Capote, est le résultat d’un long t... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par jeranjou, le 13 février 2013

    jeranjou
    Un roman atypique sur la folie des hommes
    Grand classique de Truman Capote publié en 1966 dont l'adaptation de Richard Brooks a été un succès au cinéma un an plus tard, je me suis plongé dans « De sang-froid » trônant dans ma bibliothèque depuis des années.
    Pour résumer le contexte à l'époque, Capote découvre dans le New York Times du 16 novembre 1959 le quadruple meurtre d'une famille de fermiers à Holcomb dans le Kansas. Il pense alors en faire un roman-réalité et réussit à convaincre le New Yorker d'enquêter lui-même sur l'affaire. Des années après avoir écrit ce roman, sa rencontre avec un des assassins Perry Smith, fou de littérature, le hantera à jamais et Capote tombera dans la dépression, l'alcoolisme et la drogue. Comme vous pourrez le constater à la lecture de cet ouvrage, on ne ressort pas indemne d'un tel récit.
    Ainsi, en 1959, à Holcomb, petite bourgade du Kansas, deux jeunes, Perry et Dick, tuent, sans mobile apparent, quatre membres d'une même famille, les Clutter.
    Très étonnant ! L'auteur commence par décrire Holcomb, puis tous les protagonistes de l'affaire dont les quatre victimes en leur annonçant leur mort prochaine, ce qui est pour le moins inhabituel dans un roman. La lecture s'avère quelque peu déroutante au départ car rien n'est caché jusqu'au moment du meurtre.
    Par la suite, plutôt que de décrire le crime en détail, Capote préfère sauter le fait principal et suivre les deux hommes dans leur course poursuite vers l'inconnu en disséquant leurs moindres faits et gestes. On se doute qu'ils se feront attraper mais on ne sait pas où, comment et surtout quand ?
    Personnellement, les moments les touchants de ce roman furent les différentes lettres écrites par des tiers ou les protagonistes eux-mêmes :
    La sœur de Perry qui écrit à son frère en prison pour des faits antérieurs au meurtre,
    L'analyse de cette même lettre, rédigée avec une écriture magnifique, par un compagnon de cellule de Perry,
    Les différents échanges de lettre entre Perry et son frère d'arme, Perry ayant servi sous les drapeaux un moment,
    Les témoignages écrits de Perry et Dick durant le procès.
    Les témoignages écrits ou imaginés des médecins durant le procès.
    Par ailleurs, Capote s'intéresse fortement à la psychologie des deux jeunes meurtriers et fait état à de leur passé pour dresser un portrait à la fois terrifiant et attendrissant des deux compagnons d'infortune (au sens propre du mot), surtout pour le personnage de Perry. Jusqu'à la fin du récit, l'auteur, obnubilé par les soucis du détail, analyse en profondeur le comportement de tous les acteurs, quels qu'il soient, qui rencontreront Perry et Dick. Je pense notamment à Mrs Meir pour le riz espagnol et aux lunettes d'Andy avant la sentence suprême.
    En terminant le livre, on comprend mieux pourquoi Truman Capote a choisi délibérement le titre « De sang-froid » pour décrire à la fois le comportement des deux tueurs et plus particulièrement celui de Perry au moment des faits mais également le système procédurier insoutenable et implacable de la peine de mort en vigueur aux Etats-Unis.
    Pour conclure, un bon roman très atypique à apprécier très lentement comme le bon vin, que je rapprocherais de « L'assassin qui est en moi » de Jim Thompson, forçant le lecteur à plonger tête baissée dans l'univers effroyable d'un psychopathe. de nature différente, «De sang froid» est un roman-réalité dont on devine la fin alors que «L'assassin qui est en moi» ou encore sous l'ancienne appellation «Le démon dans ma peau» est pourrait-on dire un vrai polar dont le suspense reste entier jusqu'au bout. A lire absolument… dans les deux cas de figure, même si je suis très, très fan du deuxième étant amateur de polar noir.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 02 mai 2011

    cicou45
    Cher Monsieur Capote,

    Bien qu'il s'agisse ici d'une lettre d'outre-tombe et qui vous sera adressée dans l'au-delà, faisons pour un temps comme s'il n'en était pas ainsi. Pourquoi a-t-il fallu que vous rendiez l'âme l'année où moi, j'ai ouvert les yeux pour la première fois, acte par lequel j'officialisais mon arrivée dans ce monde mystérieux mais aussi, bien trop souvent, noir et ténébreux ?
    J'ai enfin l'immense opportunité, de par cette lettre, de pouvoir vous dire ce que je ressens à votre égard. Sachez, cher Monsieur Capote, que je vous aime et vous admire autant que je vous hais.
    Je vous admire car je trouve que votre écriture est emplie d'une immense richesse, autant par le style que vous utilisez que par la profondeur des sentiments que vous voulez faire transparaître. Vos écrits, romans comme nouvelles, sont poignants car ils révèlent une certaine meurtrissure de l'âme que l'on dénote chez bon nombre de vos personnages, tels que Grady dans La traversée de l'été, P,B Jones dans Prières exaucées ou encore Holly Golightly dans Petit Déjeuner chez Tiffany pour n'en citer que quelques-uns. On retrouve aussi un profond attachement que le lecteur ressent indubitablement pour ces derniers. Voilà donc une des raisons pour lesquelles je vous aime ; vos personnages sont empreints d'une profonde sensibilité mais aussi d'une certaine fragilité qui les rend attachants et ne me laisse par conséquent pas indifférente. Ce sont des êtres qui ont le plus souvent été blessés et qui essayent autant bien que mal de vivre avec la crainte d'être rejetés ; sachez que je comprends cette souffrance.
    Voici en revanche la raison pour laquelle je vous hais et qui n'est pas totalement incompatible avec la première. Vous faîtes naître chez moi, toujours par l'intermédiaire de vos personnages, des sentiments de violence (violence envers la société, les hommes,,,) que je croyais avoir réussi à canaliser et à refouler. J'éprouve en effet une profonde affection pour Perrry Smith et Dick Hickock, les criminels dont vous retracez le parcours et que vous analysez dans votre roman-reportage de sang froid. D'après les faits que vous relatez (faits qui sont véridiques), on pourrait assimiler ces hommes non pas à des êtres humains mais davantage à de véritables bêtes. Or, le sentiment que j'éprouve pour eux est tout autre, Il est vrai que les crimes dont ils se sont rendus coupables sont absolument atroces puisqu'ils ont tué une famille entière d'innocents fermiers littéralement « de sang froid » dans l'espoir d'un magot totalement inexistant. Néanmoins, malgré cette animosité apparente chez ces deux individus, vous arrivez à les « ré-humaniser » en montrant qu'il existe chez eux quelque chose de troublant, une vivacité d'esprit et d'intelligence qui les rend attachants, Je me suis en effet sentie inexorablement touchée par eux et c'est ce sentiment que vous avez réussi à faire resurgir en moi que je déteste.
    Cela démontre cependant une nouvelle fois à quel point votre écriture est talentueuse pour arriver à susciter chez un même individu des émotions totalement contradictoires, à l'opposé du « bon sens » et qui ne paraissent pas du tout en adéquation avec sa personnalité.
    Excusez-moi d'abuser encore un peu de votre patience mais je souhaiterais vous poser deux questions. La première est celle de savoir si durant vos visites aux condamnés Smith et Hickock dans le Couloir de la mort, vous avez vraiment ressenti un amour charnel pour Perry et si celui-ci était réciproque ?
    Enfin, pouvez-vous me dire dans quelle mesure vous estimez que votre roman La harpe d'herbe peut être considéré comme un roman autobiographique ?

    Je vous prie d'excuser mon écriture qui peut parfois manquer de limpidité mais comprenez ma timidité à m'adresser à un écrivain que j'idolâtre et que je considère comme étant le plus Grand Écrivain du XXème siècle,,,
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    • Livres 5.00/5
    Par nastie92, le 05 août 2014

    nastie92
    Quel livre ! Je viens de le refermer, et en suis encore tout étourdie.
    Truman Capote nous raconte un fait divers sordide qui s'est déroulé dans la fin des années cinquante dans le Kansas : le meurtre de quatre membre d'une même famille, froidement assassinés dans leur maison par deux repris de justice, Perry Smith et Dick Hickock.
    Les faits sont connus dès le début du récit, qui commence par un chapitre clairement intitulé "les derniers à les avoir vus en vie", dans lequel on fait la connaissance de tous les protagonistes : les victimes, les coupables, les voisins. Pas de suspense donc, mais ce n'est pas ce qui compte ici.
    L'auteur a mené un véritable travail d'investigation, interrogeant durant de longs mois de nombreux témoins et des enquêteurs, étudiant des rapports de police, et rendant visite en prison aux deux coupables. Sa rencontre avec Perry Smith l'a particulièrement touché, ayant vu dans ce délinquant ce que lui-même aurait pu devenir sans la littérature.
    Que Truman Capote ait beaucoup donné de sa personne pour l'écriture de ce livre, cela ne fait aucun doute. À tel point que selon ses proches, il ne sera plus jamais le même. De sang froid constitue son sommet littéraire, ses productions ultérieures ne seront pas à la même hauteur, et il sombrera dans l'alcool et la drogue.
    Ce que j'ai trouvé extraordinaire dans ce roman, c'est que malgré l'implication totale de l'auteur dans son écriture, il laisse le soin au lecteur de se faire une opinion. Il ne cherche jamais à l'influencer, il se contente de lui livrer les faits bruts. le récit est minutieux, on a l'impression de voir un documentaire. Les différents plans s'enchainent. le style est simple, voire dépouillé, Truman Capote semble totalement détaché, et c'est ce qui rend son récit d'autant plus fort.
    À travers les deux coupables, dont on découvre le passé grâce à différentes lettres de proches, à travers la famille des victimes, à travers les habitants du village de Holcomb, l'auteur dresse un portrait saisissant d'une certaine Amérique profonde. Smith et Hickock sont deux pauvres bougres, mais Truman Capote ne cherche pas à apitoyer son lecteur, pas plus qu'il ne cherche à enfoncer les deux meurtriers. Les différents personnages sont décrits sans fard, rien n'est enjolivé : Truman Capote nous montre la nature humaine, brute, sans artifice.
    Un chef d'œuvre, et je pèse mes mots. Si vous n'avez pas encore lu ce livre, précipitez-vous !
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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 29 novembre 2012

    mariech
    Enquête , réquisitoire contre la peine de mort , livre inclassable mis en valeur par la magnifique écriture de Truman Capote .
    Ce livre est basé sur un faits divers qui s'est déroulé aux Etats -Unis en 1959 , crime horrible , les deux criminels voulaient être ' riche ' et ont choisi leurs victimes au hasard , ils n'ont aucun remords , n'éprouvent aucune émotion d'où le nom du livre .
    Truman Capote va enquêter pendant quelques mois , il va rencontrer à plusieurs reprises les meurtriers , il va essayer de donner du sens à ce crime épouvantable , ce massacre d'une famille entière , il reconstitue minutieusement les différentes étapes .
    L'auteur va reconnaître qu'il aura du mal à s'en remettre , il essaye de trouver un peu d'humanité chez ces deux personnes considérées par le monde entier comme des ' monstres ' , il fait des recherches sur leur enfance , leur adolescence pour tenter de comprendre comment cela a-t-il pu arriver .
    Evidemment , il ne donne pas de réponse , il n'y en a pas .
    Il nous montre que malgré leurs actes horribles , qui n'ont aucune excuse , ce sont des êtres humains malgré tout .
    Un roman qu'on n'oublie pas , magistral .
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 14 septembre 2012

    Woland
    In Cool Blood
    Traduction : Raymond Girard
    ISBN : 3280050864503

    Dans la nuit du 14 au 15 novembre 1959, à Holcomb, sorte de banlieue de la ville de Garden City, dans le Kansas, les quatre membres de la famille Clutter étaient froidement mis à mort par un ou plusieurs inconnus dont le mobile demeura longtemps inconnu ou plutôt inacceptable puisque tout le monde savait que Herbert W. Clutter, quoique fortuné, ne conservait chez lui que de très faibles sommes en espèce. (Par la suite, les assassins devaient confirmer qu'ils n'avaient retiré de l'affaire qu'entre quarante et cinquante dollars.) le 30 décembre de la même année, à Las Vegas, Perry Smith et Dick Hickock, considérés depuis peu comme les principaux suspects, sont arrêtés par la police locale assistée de membres du K. B. I. (Kansas Bureau of Investigtion). Ceux-ci vont effectivement recueillir les aveux des deux criminels qui seront condamnés à la peine de mort au printemps suivant. D'appel en appel, leur exécution n'aura lieu que le 14 avril 1965. Entretemps, Truman Capote, qui enquête sur l'affaire depuis pratiquement son début, aura achevé le livre qui est généralement tenu pour son chef-d'oeuvre mais qui est aussi son chant du cygne - car il n'écrira plus ou très peu de valable après sa parution. Ce livre, c'est "De sang-froid."
    Capote souhaite que son lecteur y voie une enquête minutieuse et objective sur l'affaire Clutter dans tous ses développements. On doit reconnaître qu'il n'a pas ménagé sa peine car il a passé quatre ans à recueillir propos et témoignages et à rencontrer un maximum de protagonistes dont évidemment les deux assassins. Fasciné par la personnalité torturée de Perry Smith, il dira à son sujet, de façon très explicite : "Nous avons grandi dans la même maison. Mais l'un est sorti par la grande porte et l'autre, par l'entrée de service."Le drame de Capote, conséquence inattendue du quadruple meurtre des malheureux Clutter, gît là, dans cette relation privilégiée qu'il entretiendra avec les deux tueurs et tout particulièrement avec Smith, jusque dans le couloir de la Mort.
    A-t-il trahi leur confiance en écrivant "De sang-froid" tel que nous pouvons le lire aujourd'hui ? A-t-il d'ailleurs trahi celle d'autres intervenants ? Oui et non. Car Truman Capote est avant tout un écrivain, et pas n'importe lequel : l'un de ceux qu'on peut assurer "grands" alors même qu'ils consacrent une bonne partie de leur existence à s'auto-détruire avec conscience. Certains témoins interrogés affirmeront ainsi que Capote n'a pas retranscrit leurs dires aussi scrupuleusement qu'il l'a déclaré pour la promotion de son livre. Pour Hickock et Perry, l'horreur de leurs actes rend la chose bien plus ambiguë : sans nier le Mal qui a fini par leur empoisonner l'âme, il maintient en eux cette part d'humanité dont les criminels ne jouissent pas en général dans les ouvrages qui leur sont consacrés. Pour Smith, son favori évident - et à qui il n'est pas exclu qu'il s'identifiait d'une certaine façon - Capote va même bien plus loin : reprenant à son compte le rôle du grand oiseau jaune qui, dans les rêves de Perry enfant et adolescent, arrivait à temps pour le sauver des pires situations, il brosse de lui un portrait tel qu'il lui confère l'immortalité littéraire.
    Mais quoi que l'on pense de l'attitude de Capote, le "faiseur d'argent" comme l'appelait Jack Olsen, "De sang-froid", son enfant bien-aimé, n'en reste pas moins un grand livre, dense comme la forêt de l'Ogre, haletant comme un thriller haut-de-gamme, profond comme les méandres de l'inconscient - et construit de main de maître. Si les premières pages peuvent paraître un tantinet paresseuses, on se rend compte tout de suite que cette chaleur et cette quiétude aussi accablantes l'une que l'autre sont là pour souligner l'horreur de la tragédie qui va s'abattre sur Holcomb. Chose rarissime - et même unique à notre connaissance - pour un ouvrage consacré à une enquête criminelle, les petits côtés agaçants, pour ne pas dire les défauts des victimes, sont alignés, sans fard, ni tentative de justification, à côté de leurs réelles qualités. de même, chez les meurtriers, qualités et vices sont représentés avec le même souci d'impartialité. Enfin, Capote a le courage d'attirer l'attention sur les conditions dans lesquelles se déroula le procès de Smith et Hickock, conditions qui, en bonne logique et dans un tout autre Etat que le Kansas, auraient sans doute frappé le verdict d'irrecevabilité.
    Que le lecteur se rassure : nous ne cherchons pas ici à prétendre que les deux criminels ne méritaient pas la peine capitale. Mais cela n'empêche pas de rester intègre. Or, que le psychiatre ayant procédé à l'expertise des accusés n'ait pas eu le droit de développer sa réponse sur leur état mental - il devait se contenter de répondre par oui ou par non à la question : "Un tel était-il légalement en état de démence quand il a accompli l'acte qu'on lui reproche ?" - relève de la malhonnêteté morale et juridique la plus absolue et fait malheureusement planer sur la condamnation des senteurs pour le moins déplaisantes.
    Tel quel, que son auteur ait parfois "monté un peu la sauce" comme certains l'ont assuré ou que, au contraire, il se soit astreint à une stricte objectivité, "De sang-froid" brille d'un éclat singulier, mêlant, en un genre où, depuis Villon, on ne les y attendait guère, poésie et humanité. C'est là la marque du "don" reçu par le poète ou l'écrivain, un don qui s'anime sans toujours consulter celui qui le possède mais qui insuffle une vie étrange, magique et un peu irréelle - un peu de poussière d'étoiles en somme - à des matériaux qui, en d'autres temps et sous une autre plume, seraient demeurés d'une lamentable platitude. Ce don, Truman Capote en était investi au plus haut degré : il suffit de lire "De sang-froid" pour le comprendre.
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Citations et extraits

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  • Par nastie92, le 05 août 2014

    Filant à toute vitesse sur une grand-route du Kansas par un beau matin de juin, Mr Ziegler aperçut une voiture de sport rouge garée au bord de la route, le capot relevé, et deux jeunes hommes bien tournés qui tripotaient le moteur. Comment ce bon Mr Ziegler pouvait-il savoir que la voiture n'était pas en panne, que c’était une ruse inventée pour voler et tuer les bons samaritains éventuels ? Ses derniers mots furent : "Puis-je vous aider ?"
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  • Par Woland, le 14 septembre 2012

    [...] ... Plus tard, au moment du café et des cigarettes, Perry revint sur le sujet du vol. "Mon ami Willie-Jay en parlait souvent. Il disait que tous les crimes ne sont que "des variétés de vol." Le meurtre aussi. Quand on tue un homme, on lui vole sa vie. J'imagine que je suis un drôle de voleur. Tu vois, Don, je les ai vraiment tués. En bas, dans la salle d'audience, ce vieux Dewey a donné l'impression que je mentais, à cause de la mère de Dick. Eh ! bien non. Dick m'a aidé, il a tenu la lampe de poche et il a ramassé les douilles. Et c'était son idée aussi. Mais Dick les a pas tués, il en aurait jamais été capable, bien qu'il soit vachement rapide quand il s'agit d'écraser un vieux chien. Je me demande pourquoi je l'ai fait." Il fronça les sourcils comme si le problème était tout nouveau pour lui, une pierre qu'on vient juste de déterrer, d'une couleur étonnante et non encore cataloguée. "J'sais pas pourquoi," dit-il comme s'il tenait la pierre à contre-jour, l'étudiant sous tous ses angles. "J'étais furieux contre Dick. Le dur, gonflé à bloc. Mais c'était pas Dick. Ou la peur d'être reconnu. J'étais prêt à courir ce risque. Et les Clutter n'y étaient pour rien. Ils ne m'ont jamais fait de mal. Comme les autres. Comme les autres m'en ont fait toute ma vie. Peut-être simplement que les Clutter étaient ceux qui devaient payer pour les autres."

    Cullivan examina le problème, essayant d'évaluer la profondeur de ce qu'il supposait être le repentir de Perry. Il devait sûrement connaître un remords suffisamment profond pour faire naître un désir de miséricorde et de pardon divins ? Perry dit : "Est-ce que j'ai des regrets ? Si c'est ce que tu veux dire, non. Je ne ressens rien. Je voudrais bien. Mais ça me laisse complètement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait, et moi, je riais. Peut-être qu'on est pas humains. J'suis assez humain pour m'apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d'ici quand tu t'en iras. Mais c'est tout." Cullivan pouvait à peine croire à une attitude aussi détachée ; Perry embrouillait tout, il se trompait, il était impossible qu'un homme soit aussi dénué de conscience ou de compassion. "Pourquoi ? Ca empêche pas les soldats de dormir. Ils assassinent et ils reçoivent des médailles pour le faire. Les bonnes gens du Kansas veulent m'assassiner, et il y a certainement un bourreau qui sera content d'obtenir le boulot. C'est facile de tuer, beaucoup plus facile que de passer un mauvais chèque. Souviens-toi : je n'ai connu les Clutter que durant une heure peut-être. Si je les avais réellement connus, j'imagine que je ressentirais autre chose. J'pense pas que je pourrais vivre avec moi-même. Mais la façon dont ça s'est passé, c'était comme casser des pipes dans un stand de tir." ... [...]
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "Le village de Holcomb est situé sur les hautes plaines à blé de l'ouest du Kansas, une région solitaire que les autres habitants du Kansas appellent "là-bas". A quelques soixante-dix miles à l'est de la frontière du Colorado, la région a une atmophère qui est plutôt Far West que Middle West avec son dur ciel bleu et son air d'une pureté de désert. Le parler local est hérissé d'un accent de la plaine, un nasillement de cow-boy, et nombreux sont les hommes qui portent d'étroits pantalons de pionniers, de grands chapeaux de feutre et des bottes à bouts pointus et à talons hauts. Le pays est plat et la vue étonnamment vaste : des chevaux, des troupeaux de bétail, une masse blanche d'élévateurs à grain, qui se dressent aussi gracieusement que des temples grecs, sont visibles bien avant que le voyageur ne les atteigne."
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  • Par jeranjou, le 14 février 2013

    Qu'est-ce que la vie? C'est le scintillement d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un buffle en hiver. C'est comme la petite ombre qui traverse les champs et va se perdre dans le coucher du soleil. [...]
    Cela évoquait exactement sa conception de la vie. A quoi bon s'en faire ? Pourquoi "suer sang et eau" ?
    L'homme n'est rien, une buée, une ombre absorbée par les ombres.
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  • Par chartel, le 31 août 2007

    J'ai remarqué quelque chose de bizarre: la bourse de Nancy. Elle était sur le plancher, comme ouverte. On a traversé la salle à manger et nous nous sommes arrêtées au bas de l'escalier. La chambre de Nancy est juste en haut. Je l'ai appelée et j'ai commencé à monter, et Nancy Ewalt m'a suivie. Le bruit de nos pas m'effrayait plus que tout, ils étaient si bruyants et tout le reste était tellement silencieux. La porte de Nancy était ouverte. Les rideaux n'avaient pas été tirés, et la chambre était inondée de soleil. Je ne me souviens pas d'avoir crié. Nancy Ewalt dit que si, je criais, criais. Je ne me souviens que de l'ours en peluche de Nancy qui me fixait. Et Nancy. Et que nous sommes parties à la course...
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Bande annonce VOST de "De Sang Froid" (1967) de Richard Brooks avec Robert Blake, Scott Wilson, John Forsythe.











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