> Jean-François Martin (Illustrateur)
> Benoît Marchon (Éditeur scientifique)

ISBN : 2747015289
Éditeur : Bayard Jeunesse (2005)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Maurice Carême est reconnu comme l'un des plus grands poètes contemporains pour les enfants. Dans les écoles, certains de ses poèmes sont très souvent appris par les élèves. Mais connaît-on vraiment la palette complète des thèmes abordés par Maurice Carême ? Cette antho... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 25 mars 2012

    Malaura
    Pour beaucoup, parler de la poésie de Maurice Carême fera rejaillir des souvenirs d'école, des odeurs de pupitre, de craie, de tableau noir, le moment des récitations au pied de l'estrade, les bons points échangés contre une image…Evocations d'enfance, salle de classes et cours de récréation, à courir sous les platanes, à s'abriter sous les préaux…
    C'est que le poète belge Maurice Carême (1899 – 1978), naît à Wavre, une petite ville du Brabant wallon, fut longtemps instituteur et que son amour des enfants le poussa à leur dédier une large part de son œuvre poétique.
    Après avoir goûté aux mouvements futuriste et surréaliste, c'est vers la poésie de l'enfance que Carême se tourne, dans une démarche poétique révisée en profondeur pour atteindre la plus grande simplicité. Une simplicité qui offre la lumière, celle qu'on voit briller doucement à travers le carreau, d'une douceur enveloppante et chaude, un halo doré et caressant.
    Comme Prévert, lui-aussi fréquemment étudié à l'école primaire, Maurice Carême a laissé son empreinte dans la mémoire de maints écoliers au gré de rimes courtes, vagabondes et riantes, au rythme d'une poésie toute vêtue de naturel, de rondeur et de franchise. La nature, considérablement présente, y foisonne, s'y niche par tous les temps et en toutes saisons, les animaux s'y promènent, y courent, y caracolent.
    « Un écureuil, sur la bruyère / Se lave avec de la lumière / Une feuille morte descend /Doucement portée par le vent »..
    Mais il serait dommage de réduire Maurice Carême uniquement à la seule étiquette de « poète de l'enfance » car l'auteur a également écrit de nombreux et superbes poèmes qui s'adressent aux plus grands.
    Pour autant, là encore, c'est le mot « simplicité » qui s'inscrit en lettres majuscules dans l'œuvre du poète. Une simplicité qui s'unit à une profondeur du sens et à une richesse du cœur, qui alimenteront justement la renommée de l'homme de lettres belge et le rendront inoubliable.
    Le recueil « Mère », paru dans les années 1930, est l'un des plus vibrants témoignages de cette poésie où spontanéité et naturel s'enjolivent des plus belles fleurs de la sincérité et de la confiance.
    « Je prenais la main de ma mère / Pour la serrer dans les deux miennes / Comme l'on prend une lumière / Pour s'éclairer quand les nuits viennent. »
    Qu'il parle de son enfance, de sa ville natale ou de la modeste vie des gens humbles :
    « Rien que ce mur et ce chemin / Et, autour de moi, un matin / Qui a l'odeur dorée du pain / L'ombre d'un oiseau sur le mur,/ L'écho d'un pas sur le chemin. / Douceur faite de petits riens…»
    Qu'il chante l'amour et la joie, ou bien « Caprine », la femme de sa vie, sa compagne et sa muse d'un quart de siècle :
    « le jour qui vient de s'éveiller / Ne cesse de s'émerveiller. / Et c'est toute la joie de vivre / Que le vent, de son crayon bleu, / Note sur le livre des cieux. »
    Qu'il s'indigne contre la misère humaine :
    « Et l'on a beau vouloir crier / Qu'on a les pieds, les mains liés / Comme personne ici ne crie / On se tait par humilité. »
    Qu'il exalte la beauté de la nature ou qu'il s'attarde, nostalgique, sur le temps qui s'écoule :
    « On dirait qu'on entend pleuvoir le temps / Usant les vieilles pierres de la rivière / On dirait qu'on entend pleuvoir les ans / Qu'emportent doucement les eaux du temps. »…
    …Il y toujours chez Maurice Carême ce même élan de vie, cette sincérité, cet abandon de toutes formes alambiquées au profit de vers cristallins et pénétrants, toniques et chantants, qui conduisent à une intensité et à une émotion spontanées.
    Une poésie pleine de douceur et de vie, de foi en l'homme, de sagesse et d'humilité à laquelle on peut également ajouter une large part accordée au visuel, un sens aigüe de l'image qui libère instantanément les représentations et les projections mentales du lecteur.
    Paysage hivernal, forêt automnale, ciel brumeux ou ensoleillé…la transparence et la nudité des rimes font jaillir les images comme le feraient quelques coups de crayon sur une feuille à dessin, révélant alors, par on ne sait quelle magie, un tableau enchanteur.
    « C'est du soir en fruit, / de la nuit en grappe / Et le pain qui luit / Au clair de la nappe.
    C'est la bonne lampe / Qui met, sur les fronts / Rapprochés en rond / Sa joie de décembre.
    C'est la vie très simple / Qui mange en sabots, / C'est la vie des humbles : / Sourire et repos. »
    La poésie de Maurice Carême, c'est une lumière qui nimbe les êtres et les choses d'une clarté douce, comme un rayon de soleil caressant aux aurores la feuille d'un arbre, c'est le frémissement musical du vent dans les branchages, c'est le tintement des sabots sur la roche, c'est la fuite d'une biche dans l'épaisseur des fourrés, ce sont des animaux, écureuils, chats, chèvres…qui viennent nous souhaiter le bonjour, c'est…le bruit de la vie, l'odeur de la vie, l'existence sans fioritures, dans ce qu'elle a de beau au naturel, dans ce qu'elle a de fort aussi, et de grave, et de triste, et d'humain.
    Alors oui, malgré le temps qui passe et bien que pour certains les souvenirs d'école soient désormais lointains, c'est un réel plaisir de redécouvrir l'œuvre de ce grand monsieur, qui compte près de 80 recueils de poèmes, de contes, de nouvelles, de romans et d'essais.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 mai 2012

    brigittelascombe
    Cette anthologie jeunesse, illustrée par les dessins aquarellés naïfs, aux couleurs tendres et douces de Jean-François Martin, reprend plusieurs poèmes de Maurice Carême, poète belge de langue française du XX° siècle, auteur de recueils pour enfants et permet une bonne approche de cet auteur.
    La simplicité du poète et celle du peintre sont en parfaite harmonie.
    Une porte en feuilles mortes, un matin qui a l'odeur du pain doré, une gazelle "faite de gaze", un chat noir comme du charbon, une grenouille bleue...et nous voilà en route vers de beaux rêves sans violence aucune.
    Pas de mièvrerie toutefois, car sous l'étiquette naïve se cachent de nombreuses interrogations sur la vie, l'homme et le sens à donner à la vie.
    Ainsi D'où venons nous? évoque Jean Tardieu mais en moins pessimiste que son "Rin"
    "-D'où venons-nous?/-Du fond du temps./-Que sommes-nous?/-De pauvres gens./-Où allons nous?/-Où va le vent.
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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 31 mars 2012

    L’artiste

    Il voulut peindre une rivière ;
    Elle coula hors du tableau.
    Il peignit une pie grièche ;
    Elle s’envola aussitôt.
    Il dessina une dorade ;
    D’un bond, elle brisa le cadre.
    Il peignit ensuite une étoile ;
    Elle mit le feu à la toile.
    Alors, il peignit une porte
    Au milieu même du tableau.
    Elle s’ouvrit sur d’autres portes,
    Et il entra dans le château.
    ENTRE DEUX MONDES
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  • Par Malaura, le 23 mars 2012

    Le chat et le soleil

    Le chat ouvrit les yeux,
    Le soleil y entra.
    Le chat ferma les yeux,
    Le soleil y resta.
    Voilà pourquoi, le soir
    Quand le chat se réveille,
    J'aperçois dans le noir
    Deux morceaux de soleil.
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  • Par Malaura, le 26 mars 2012

    Puissé-je, quand la mort me croisera les mains
    Tandis que mon esprit rejoindra tes collines
    Reposer à jamais sur ta large poitrine
    Comme un enfant qui dort, oublié dans le foin.
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  • Par brigittelascombe, le 11 mai 2012

    Etait-ce bien un éléphant?

    Etait-ce bien un éléphant
    Qui dansait sur la cheminée?
    Il était un peu transparent
    Et ne semblait guère plus grand
    Q'une volute de fumée.
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  • Par brigittelascombe, le 11 mai 2012

    L e mot

    Un mot, un seul, nous disait-il..
    Et tous cherchaient à deviner
    Ce mot qui devait leur ouvrir
    Les portes d'or de l'avenir
    Ce mot que Dieu tenait secret
    Dans je ne sais quel lourd coffret
    Ce mot clé sur lequel jamais
    Deux personnes ne s'accordaient.
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