> Robert Destanque (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253021539
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 42 notes) Ajouter à mes livres
" Roman misérabiliste, récit larmoyant ? C'était l'écueil.
Mais la vieille dame n'est pas de la race qui se lamente ou qui s'apitoie. Elle promène une force tranquille, une santé à toute épreuve, une joie même étonnante. Dans ce monde des campagnes qui ne croit q... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 juin 2011

    brigittelascombe
    Ce récit autobiographique d'une petite paysanne devenue institutrice engagée, c'est un peu le chant de la terre et du travail des hommes.
    Cette soupe, ce bouillon de culture, ce chemin de vie parsemé des cailloux de la perte (la mère jeune, le frère à la guerre,la soeur puis plus tard la petite Nini) n'est nullement triste, car Emilie Carles l'a arpenté avec force et courage, cueillant par ci par là les herbes du bonheur jusqu'à sa rencontre avec Jean, son engagement politique à ses côtés,son féminisme et son admiration pour son homme, celui qui n'hésite pas à élever des pupilles en plus des siens quitte à manger des pissenlits.
    On ne peut qu'admirer nous aussi cette femme têtue et dynamique qui a eu du mérite pour sortir de sa condition, n'hésitant pas à parcourir sept kilomètres aller,sept kilomètres retour jusqu'à Briançon, un cartable pupitre au cou pour réviser son brevet avant de s'en revenir, après sa journée d'études, labourer les champs auprès de son père.
    A lire et à méditer. Autres moeurs autre époque!
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par hexagone, le 14 janvier 2011

    hexagone
    Pas amère la soupe d'Emilie.
    Biographie d'une institutrice de montagne à une époque reculée dont seuls nos aïeuls peuvent se rappeler. le récit d'Emilie nous transporte dans ses montagnes hostiles, où les gens sont durs à la tâche et rétifs à la nouveauté. Où les mentalités séculaires et ataviques ont du mal à accepter la nouveauté, surtout quand elle vient d'ailleurs. Emilie continue son petit bonhomme de chemin, fidèle à ses idées, à sa conception de la vie. Un récit tout simple, écrit avec le coeur. Un téléfilm en a été tiré avec Annie Girardot. Je me méfie des films et ne l'ai donc pas vu. Je n'ai pas voulu que mon plaisir de lecture soit altéré par les images. Un réel bonheur de lecture que le récit de la vie de cette femme exemplaire, une mère courage admirable.
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    • Livres 5.00/5
    Par Carosand, le 19 novembre 2010

    Carosand
    J'ai un souvenir d'admiration pour l'auteur encore aujourd'hui alors que je l'ai lue il y a longtemps sur les conseils de mon père, une leçon de vie et de courage qui nous émeut et nous rend humble
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    • Livres 5.00/5
    Par mireille.lefustec, le 31 août 2011

    mireille.lefustec
    Quel plaisir de lire cette vie du temps passé,surtout quand on est du même département!!
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Citations et extraits

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  • Par cequejelis, le 18 septembre 2011

    … mon père s'occupait de Marie (sa petite-fille). Je venais aussi souvent que cela m'était possible, mais pendant les mois d'hiver, avec la neige, c'était difficile. Je restais absente une semaine, parfois deux, et mon père seul avec cette fillette se débrouillait comme il pouvait. Par les temps froids la gosse portait une robe de laine, une grosse laine sèche et rêche comme une râpe, et lui ne voulait la déshabiller ni l'habiller, il la laissait comme ça, sans la changer pendant des semaines, avec la même robe, la même chemise, la même culotte et, quand je revenais, mon père me disait : ” Je ne peux pas, je lui enlève ses chaussures, c'est tout ce que je peux faire.” Il y avait de la pudeur là-dessous, c'était un homme de l'ancien temps, et pour lui, une fille, fût-elle sa propre petite-fille âgée de trois ans, restait un domaine interdit. La nudité devait lui faire peur. Il appartenait à cette génération qui avait connu les longues chemises de chanvre que l'on ne quittait jamais, même entre époux, même au moment de faire l'amour… Un trou, ” le pertuis”, pratiqué à hauteur du bas-ventre permettait de procéder aux opérations nécessaires sans jamais dévoiler le corps. Je crois bien que mon père n'a jamais vu un corps de femme, et évidemment, celui de Marie lui faisait peur tout autant que n'importe quel autre.

    Le Livre de Poche, n° 5226 p. 150
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  • Par cequejelis, le 18 septembre 2011

    … ici, les gens ne lisent rien, c'est ça le désastre. Mon père que j'adorais était de cette race-là, il n'avait jamais lu un livre de sa vie, ni un journal. Je me souviens, au moment de mon mariage c'est une des choses qu'il avait reproché à Jean, il avait dit comme l'ultime preuve de sa bonne foi : ” Il lit trop.”, montrant ainsi où se trouvait sa méfiance et sa peur. Comment pourraient-ils penser par eux-mêmes après ça, ils ne sont pas avec un auteur ou contre, ni pour une idée, ni contre. En définitive ce manque, ça ne leur apprend qu'une chose, à se taire et à vivre dans un monde qui se tait, tout comme l'eau qui dort. Le moindre souffle, la moindre parole qui sort de l'ordinaire les fait fuir. C'était ça les paysans ici, et à peu de chose près c'est encore ça , car s'il y a eu ces changements c'est uniquement d'un point de vue matériel, pour le reste ils sont toujours les mêmes : la conversation, la participation, tout simplement être contre et le dire si on le pense, ça ils ne le connaissent pas. On peut dire que c'est l'Eglise qui est responsable de cet état d'esprit, elle a eu une emprise formidable sur les gens et elle les a marqués. Par la suite ce fut le patriarcat qui prit le relais, le père était le chef incontesté de la famille, on lui obéissait au doigt et à l'œil et le chef lui-même se pliait aux lois de l'Eglise et l'Etat. C'est vrai que les instituteurs sont tous fautifs de ce qui se passe dans les écoles, c'est eux qui ont la possibilité de changer la mentalité des gosses, de leur ouvrir l'horizon et de faire en sorte que le monde change.

    Le Livre de Poche n° 5226 p. 222.
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  • Par cequejelis, le 18 septembre 2011

    Lors d'un voyage que j'avais fait à Marseille, pour aller voir Marie-Rose à l'hôpital, j'avais rencontré un homme dans le train. Cet homme était ouvrier, il s'appelait Jean Carles et il avait onze ans de plus que moi. Nous avions bavardé de choses et d'autres et au moment de nous quitter nous avions échangé nos adresses pour correspondre. Cela ne voulait pas dire grand-chose, ça ne voulait rien dit du tout même ; tout nous séparait. Et pourtant cet homme m'écrivait, il m'envoyait des lettres de huit, dix pages, qui étaient de véritables discours sur des sujets qu'il choisissait. ” Mademoiselle, si vous le voulez bien, aujourd'hui je vais vous parler du cœur humain…”, ainsi commençaient-il ses lettres, la suite était un long développement de toutes les idées qui lui venaient su le sujet. Le style était simple, vigoureux, l'écriture élégante, les images poétiques… Les discours était parsemé de citations d'auteurs. C'étaient vraiment des lettres exceptionnelles qui bien souvent me dépassaient, mais aussi des lettres à travers lesquelles je reconnaissaient ma propre façon de voir le monde et de le comprendre.

    Le Livre de Poche n° 5226 p. 171.
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  • Par isachon42, le 21 mars 2012

    A qui profite le progrès ?
    Pourquoi des journées de 8 heures ?
    On pourrait supprimer le chômage en ne faisant que des journées de 4 à 5 heures et employer tout le monde. Apprendre à vivre très simplement : une table, quatre chaises, un lit, cela suffit à apprendre à profiter de nos loisirs, s'approcher le plus possible de la nature. Apprendre à lire, car lire c'est se fortifier l'esprit avec l'esprit des autres, s'imbiber le coeur de sentiments qui vous agrèent, c'est lutter avec un auteur suivant que nos idées ou nos sentiments s'accordent avec les siens ou s'en séparent.
    Apprendre à vivre en sachant vivre et laisser vivre. Ne prendre dans la vie que les fleurs, des fleurs le parfum, laisser tomber cette religion qui a le plus d'adeptes, je parle de la religion de l'argent.
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  • Par cequejelis, le 26 septembre 2011

    … dès que j'ai su lire je me suis mise à dévorer les bouquins. Tout y passait… Il faut dire que dans un village comme le nôtre le choix était limité, mais j'avais toujours un livre dans les mains. Je lisais partout où je me trouvais, en me levant, dans la cuisine et pendant les récréations. J'avais un instituteur, ça le rendait malade de me voir lire pendant que les autres enfants jouaient, ça le mettait dans tous ses états. Il s'approchait de moi, il venait par-derrière et il m'arrachait mon le livre des mains disant : ” Allez, va jouer avec les autres, t'as bien le temps de lire plus tard.” Moi je pleurais, je trépignais, je réclamais mon livre, il fallait que ce soit sa femme qui intervienne, elle était plus compréhensive, elle lui disait : ” Mais rends-lui donc son livre, elle ne fait de mal à personne”, et moi je disais : ” Vous savez bien que je ne peux pas lire chez moi, il y a trop de chose à faire, il n'y a qu'ici que je suis tranquille. ” Finalement il me le rendait et je me replongeais dans la lecture.

    Le Livre de Poche, n° 5226 p. 57
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Femmes femmes femmes
132ème numéro d'Apostrophes consacré aux femmes, avec comme invités : - Emilie CARLES, délicieuse vieille dame, institutrice retraitée, briançonnaise, anarchiste et pacifiste, qui a écrit ses mémoires dans "une soupe aux herbes sauvages". Sa vie est jalonnée par la mort : sa mère meurt foudroyée en plein champ alors qu'Emilie n'a que 4 ans, sa soeur meurt en couche, son frère...











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