Souvenez-vous de cette femme qui pourtant réfléchie sous bien des angles, abandonne à la roulette la conduite de sa vie, et une fois au pied du mur, s'imagine l'avoir franchi, s'être délivrée des vicissitudes de son existence, se sentant enfin hors d'atteinte.
A la lecture de ce roman, celui-ci m'est apparu comme une autopsie du monde moderne, celui de la prise du risque, du jeu et des enjeux au sens propre comme au figuré. Un instant, j'ai même plongé mon esprit dans le mystère des probabilités, cette spirale qui entraine notre vie dans un tourbillon de plaisir et de volupté. On se sent bien, on ne pense plus à rien, pourvu qu'on s'enivre de nos désirs.
Dans des notes de lecture, Frédérique fait l'objet d'une analyse approfondie de son état: «Elle passe davantage sa vie à s'observer, et souffre de cette structure psychique étouffante qui lui impose –cruelle lucidité- un sentiment de soi étriqué. Dénué de poésie et de tout lyrisme, l'écriture blanche de CARRERE semble à la fois très soignée, voire clinique, pour le besoin de ce qu'elle a à dire, et découler d'une absence de composition, dans la mesure ou l'auteur ne propose pas d'arrangements comme faire valoir de ses personnages…»
Effectivement, vous aurez entre les mains un «pur roman» CARRERE comme on peut les aimer, une écriture parfois incisive, qui ne recherche pas d'effet de style pompeux, un texte qui va à l'essentiel de ses idées, transcendant au mieux la connaissance de soi.
La devise du romancier: écrire pour être compris de tous.
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