ISBN : 2070378837
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 89 notes) Ajouter à mes livres
Ayant vidé la poubelle sur le trottoir, il trouva vite le sac qu'on plaçait dans la salle de bains, en retira des coton-tiges, un vieux tube de dentifrice, un autre de tonique pour la peau, des lames de rasoir usagées. Et les poils étaient là. Pas tout à fait comme il l... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par LUKE59, le 31 janvier 2012

    LUKE59
    Voici un roman qui me laisse perplexe.Il débute pourtant de façon très originale comme un thriller psychologique et fantastique:constatant le basculement d'un, puis de plusieurs détails de son univers familier ,Marc,le héros est -il vraiment victime d'hallucinations ou bien d'un complot de son entourage destiné à le faire sombrer dans la folie?Après maintes longueurs et redondances,aucune réponse ne sera apportée au lecteur ,témoin impuissant de l'irrémédiable dérive du héros jusqu'à son issue dramatique .En dépit de qualités indéniables d'écriture ,cette lecture rapide,fébrile a été en ce qui me concerne, totalement dénuée de plaisir car frustrante et décidément trop sombre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 17 décembre 2010

    100choses
    C'est avec ce livre que j'ai découvert Emmanuel Carrère. Je ne m'attendais vraiment pas à ça en commençant ma lecture, j'espérais, j'attendais, un renversement de situation, un retour à la « normale ». Puis au bout de quelques chapitres, j'ai fini par me faire à l'idée, que l'auteur était allé jusqu' au bout de cette histoire improbable, qui tient presque du délire. Ce roman est encore plus étrange que La Classe de Neige, si, si, c'est possible. Puis en lisant La Classe de Neige, je savais alors, plus ou moins, à quoi m'attendre.
    Là encore la fin est inévitable, et apparait presque comme une libération (au passage, vaut mieux avoir l'estomac bien accroché, et pourtant en général j'aime bien les descriptions assez « gore »), il n'y a juste aucune autre issue possible, j'ai envie de dire c'était soit le héros, soit tous les autres personnages.
    J'ai été scotchée par ce livre, mais j'ai du mal à dire si j'ai aimé ou pas, bien sûr je l'ai lu pratiquement d'une traite, fascinée par l'histoire, mais c'était tellement bizarre, que je suis encore indécise, des années après.
    Au final, un bon livre, dans le sens où il est très bien écrit, très prenant et aussi très différent de ce qu'on a l'habitude de lire (enfin pour ma part), mais ce n'est cependant pas mon préféré de cet auteur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par colimasson, le 30 décembre 2011

    colimasson


    Que faire lorsqu'on n'a pas envie de se remuer les neurones et d'écrire un texte qui ait du sens ? On invoque l'excuse facile de la folie, et c'est parti : plus on foncera droit dans le décor, et plus il sera permis de crier au génie. En tout cas, c'est bien commode puisqu'avec son personnage de fou à lier, Carrère peut se permettre d'initier une histoire dans la première partie de son livre sans même se soucier de la poursuivre ou de lui donner un semblant de conclusion. Sans doute le laissa-t-elle à court d'idée car, à mi-chemin, Carrère saute abruptement à une seconde histoire, maladroitement reliée à la première, et qui ne s'avèrera finalement pas plus convaincante que la précédente puisqu'elle tourne en rond sur des dizaines de pages avant de s'achever, enfin, sur une conclusion réjouissante à la fois pour le lecteur (qui en a marre), pour le personnage (qui n'attendait que ça depuis le début) et pour l'auteur (qui va enfin pouvoir arrêter de perdre son temps).
    « Ah, si j'étais fou… » devait se dire Carrère, et, bercé par les fantasmes qu'il nourrit à ce sujet, il se lance dans une histoire censée évoquer le trouble mental qu'il définit par une rationalité froide (mais que nous savons erronée, puisque issue d'un esprit dérangé) et par une personnalité à double tranchant qui se tourne soit vers l'amour le plus glauque (voir les scènes d'amour qui donnent envie de vomir) soit vers la haine la plus facile (« je vais fusiller ce type et ma bonne femme »). On retient quelques bâillements…
    Bien sûr, le fou croit être le seul être humain à l'esprit sain. Et lorsqu'il décrit ses congénères, qu'il suppose être ravagés par le trouble mental, il résume en quelques lignes la vision que Carrère se fait de la folie :

    « Les fous semblaient paisibles, leurs hôtes pas mécontents de ces revenus locatifs qui avaient l'avantage de tomber tous les mois, à coup sûr, de ne pas risquer de se tarir, car leurs pensionnaires restaient jusqu'à leur mort. Chacun vaquait à ses occupations, un des malades, depuis vingt ans, écrivait sans trêve la même phrase pompeuse et dépourvue de sens, une autre berçait des baigneurs en celluloïd, changeait leurs couches toutes les deux heures, se déclarait heureuse… En voyant le reportage, il avait pensé, c'est horrible, bien sûr, mais comme on trouve horrible la famine en Ethiopie, sans se représenter Agnès assise sur les marches d'un cabanon, au fond du jardin, répétant d'une voix douce que son mari n'avait jamais porté de moustache […]. »

    L'idée d'une prise de tête conjugale basée sur le motif de La Moustache recelait un bon potentiel humoristique, en tout cas de quoi se lancer sur une histoire de frappadingues réellement tordue, pas sur cette espèce de livre pathétiques et dégoulinant, qui s'apitoie sur le sort de quelques malencontreux poils. D'accord, la folie ne choisit pas l'objet sur lequel elle s'acharne, d'accord, la folie est un sujet qui peut mériter un traitement solennel, mais un traitement solennel ne peut en revanche pas se satisfaire des raccourcis et des stéréotypes que Carrère s'évertue à assener à chaque page de son livre.
    Toute cette longue histoire de moustache se développe et se conclut de manière décevante, sans jamais réussir à susciter le moindre sentiment. le style d'écriture est banal, et même si Carrère tente parfois de faire des incursions dans l'esprit de ce qu'il s'imagine être un psychopathe de La Moustache, on a surtout l'impression de patauger en pleine caricature. Ce livre ne décrit pas l'histoire d'un fou, elle décrit juste l'histoire de la bêtise et dans son style, elle est parfaitement réussie.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-moustache-1986-d-emmanuel..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Suny, le 15 mai 2011

    Suny
    Ce livre est vraiment hors du commun. À peine installé dedans, on entre déjà dans un univers tout à fait dérangeant, agaçant, on veut comprendre et quand on croit avoir un élément de réponse, un nouvel événement vient tout chambouler.
    Toute cette histoire à cause d'une simple moustache, quelques malheureux poils qui vont déstabiliser complètement la vie d'un homme qui jusque là était tout à fait normale, tranquille, saine... C'est très difficile de décrire ce que l'on ressent tout au long de la lecture. Pas une seule seconde on n'a le temps de s'ennuyer, pas une seule seconde ne on peut cesser de se demander ce qui se passe, ce qui va se passer, et surtout ce qui s'est passé, à quel moment tout a dégénéré, et pourquoi.

    La seule chose que je reprocherais à ce livre c'est de laisser le lecteur, à la fin, dans son trouble, sans les réponses qu'il espérait. C'est fait exprès, je le sais bien. Mais c'est énervant... alors je cherche encore, mais je doute trouver un jour la réponse.
    Juste un conseil, encore : si comme moi vous lisez dans un peu toutes les situations, évitez seulement de lire les dernières pages au petit déjeuner. C'est mal passé (ouais je suis assez sensible le matin).
    À part ça, aucune contre-indication, dévorez-le jusqu'à la fin, il le vaut bien!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 17 avril 2010

    Zazette97
    " La Moustache" est le troisième roman, paru en 1986, de l'écrivain et réalisateur français Emmanuel Carrère, également auteur de "La classe de neige", "L'Adversaire" et plus récemment du roman "D'autres vies que la mienne".
    Un homme curieux de connaître les réactions de sa femme et de son entourage se rase La Moustache. Mais l'effet de surprise manque cruellement de surprise puisque personne ne semble apercevoir le changement.
    A moins que cet homme ne se soit fait prendre à son propre jeu? Retournement de situation ou pire... complot?
    Seul contre tous, voilà un homme qui devra faire des pieds et des mains pour que triomphe sa vérité...
    "Que dirais-tu si je me rasais La Moustache?" C'est sur cette suggestion pour le moins banale que débute ce récit.
    Agnès et son mari forment un couple solide, sans nuages. Tous deux se connaissent bien et ont apprivoisé leurs défauts. Ou du moins le croyaient-ils avant que leur quotidien ne tourne au vinaigre suite à un événement qui aurait pu être ordinaire et qui pourtant sera le point de départ d'un drame.
    Voyant que sa femme et ses amis n'adoptent pas la réaction espérée, l'homme songe à une énorme machination. La confiance se perd, le doute s'installe, des détails autrefois insignifiants apparaissent comme autant de failles capables de faire voler en éclats ce quotidien qu'il croyait maîtriser.
    Cet homme se fait-il suffisamment confiance que pour aller à l'encontre de tous ses proches?
    Emmanuel signe là un autre roman sur le thème de l'aliénation. Mais contrairement à "L'Adversaire"où celle-ci était présentée comme consciente, elle est ici beaucoup plus insidieuse.
    Le lecteur la ressentira de l'intérieur, comme plongé dans le corps de cet homme confus qui semble ignorer jusqu'à sa propre identité. Il tournera les pages, avide de savoir qui a tort et raison, suivant cet homme dans ce qui lui apparaîtra comme une crise de paranoïa aïgue, et partageant ses interrogations et ses craintes.
    Il assistera, impuissant, à l'effondrement progressif de toutes ses certitudes et, tout comme lui, ignorera jusqu'à la fin qui possède la vérité.
    Une question subsistera toutefois à l'issue de la lecture : pourquoi?
    Un récit très habilement mené sur un sujet qui fait froid dans le dos. Qui aurait pensé qu'une simple histoire de rasage se terminerait de la sorte?

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/04/la-moustache-emmanuel-carr..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LUKE59, le 31 janvier 2012

    Il gloussa nerveusement, saisi par l'appréhension classique du malade qui, dans l'antichambre du médecin, craint de voir disparaître les symptômes qu'il s'apprêtait à lui soumettre.(p109)
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par LUKE59, le 31 janvier 2012

    Il se savait pourtant sain d'esprit, mais la plupart des fous entretiennent la même conviction.../...Il n'était pas fou, Agnès,Jérôme et les autres non plus.Seulement l'ordre du monde avait subi un dérèglement à la fois abominable et discret, passé inaperçu de tous sauf de lui...(p145)
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 17 avril 2010

    En y réfléchissant, dans l'eau qui refroidissait, il comprenait avec déplaisir ce qui l'avait le plus troublé dans la scène de la veille : pour la première fois, Agnès avait introduit un des numéros de son cirque mondain dans leur sphère protégée. Pire encore, afin de lui donner plus de poids, elle avait exploité pour faire ce numéro le registre de voix, d'intonations, d'attitudes, réservé au domaine tabou où cessait en principe toute comédie.
    Violant une convention jamais formulée, elle l'avait traité comme un étranger, inversant les positions en sa défaveur avec toute la virtuosité acquise à force de pratiquer ce sport, et de façon presque haineuse : il se rappelait son visage chaviré d'angoisse, ses larmes.
    Elle avait vraiment paru effrayée, elle l'avait vraiment, en toute conviction, accusé de la persécuter, de l'effrayer délibérément, sans raison. Sans raison, justement...Pourquoi avait-elle fait cela? De quoi voulait-elle le punir? Pas d'avoir rasé sa moustache, tout de même. p.41
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par colimasson, le 30 décembre 2011

    Il oscillait entre la colère et un attendrissement nauséeux à l’égard d’Agnès, pauvre Agnès, Agnès sa femme, fragile de partout, fine d’attaches, fine mouche, fine paroi aussi entre l’esprit vivace et la déraison qui commençait à la dévorer. Les signes avant-coureurs devenaient clairs, rétrospectivement : sa mauvaise foi scintillante, son goût outré du paradoxe, les histoires de téléphone, de porte murée, de radiateurs, la double personnalité, si maîtresse d’elle-même le jour, avec des tiers, et sanglotant la nuit dans ses bras, comme une gamine. Il aurait fallu interpréter plus tôt ces signaux de détresse, cet excès d’éclat, et maintenant c’était trop tard, elle sombrait.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par colimasson, le 30 décembre 2011

    Le dîner fut gai, étonnamment naturel. Ils parlèrent de tout et de rien, Agnès se montra spirituelle, mordante même, mais avec la nuance d’abandon enfantin qui distinguait ce brio-là de celui qu’elle réservait aux autres. Il avait peine à manger, pourtant, la gorge serrée par l’impression qu’ils prenaient tous les deux sur eux, de sorte que leur tendre désinvolture évoquait à ses yeux la parade d’un couple dont la femme se sait condamnée, sait que l’homme qu’elle aime le sait aussi, et s’acharne à n’en rien laisser paraître, jamais, pas même la nuit, éveillée dans ses bras, certaine qu’il ne dort pas non plus et qu’il lutte comme elle pour réprimer ses sanglots.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (38)

Videos de Emmanuel Carrère

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Carrère


La Classe de neige Claude Miller
"La Classe de neige",un film de Claude Miller d'après "La Classe de neige", un livre d'Emmanuel Carrère - "Dans une classe de neige, Nicolas, un enfant grave, fragile et perturbé, est assailli de souvenirs douloureux et de fantasmes parfois terrifiants. Il entraîne peu à peu son ami Hodkann dans sa dérive mentale en lui racontant de terribles histoires. Malade, il est choyé par le moniteur Patrick et Mlle Grimm, la maîtresse de sa classe. Au terme de son aventure, la réalité se révèlera plus éprouvante que ses fantasmes les plus cruels.", un film de Claude Miller avec notamment: Yves Verhoeven, Lokman Nalcakan,, Emmanuelle Bercot, Clément van Den Bergh, François Roy, Tina Sportolaro Distribution Warner Production Annie Miller Festival de Cannes Prix du Jury 1998








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Moustache par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (156)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz