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ISBN : 9782818014059
Éditeur : P.O.L. (2011)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 721 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
PRIX RENAUDOT 2011

Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine2014, le 14 juin 2014

    Erveine2014
    Emmanuel Carrère nous brosse un portrait, celui d'Édouard Veniaminovitch Savenko. Ce sera un portrait sans complaisance pour une plume parfois acerbe, mais soucieuse d'objectivité. D'ailleurs, qui est Limonov ? Un voyou, un dissident, un poète, un soldat, un fasciste, un prisonnier, un écrivain, peu importe ou plutôt si, tout importe, car à une caractéristique près, il est tout cela à la fois et plus encore.
    Pourtant, s'il y a bien une chose qu'on ne peut pas lui reprocher, c'est de dire qui il est et d'être ce qu'il dit. C'est pourquoi, à travers ce récit, s'il ne peut pas se soustraire aux images qui nous interpellent, un peu comme des flashs, il peut nous rester finalement un personnage attachant, même s'il subsiste quelques circonspections. Pourquoi ? Parce que, à y regarder de plus près, on se rend compte que Limonov est vrai dans ce qu'il dit et donc dans ce qu'il fait, là où il est, à contrario de certains personnages qui pour autant ne disent pas ce qu'ils font, mais nous paraissent plus acceptables.
    C'est selon un tel jugement que la professeure Olga Matitch a pu dire de Limonov, je cite : « Really, he is one of the most decent men I have met in my life » - « Vraiment, il est l'un des hommes les plus honnêtes que j'ai rencontrés dans ma vie. »
    Tout jeune déjà, il ne marche pas sur des traces convenues et en cela, il choisit la difficulté. Il faut dire qu'en Russie être un voyou pour commencer c'est résister au pire, ce qui revient pour lui à vivre en harmonie avec lui-même. Lors de son exil à New-York après une courte lutte, il se réfugie dans les bras d'un jeune noir auprès duquel il reçoit la chaleur humaine qui lui fait défaut et plus tard ils seront amants. Toutefois Limonov préfèrent les femmes, des femmes auprès desquelles il saura rester fidèle, mais...
    Si Emmanuel Carrère nous évoque au chapitre IV un aspect de son parcours professionnel, c'est pour mieux nous situer le moment de sa rencontre avec Limonov ainsi que le contexte parisien de cette époque.
    Mais pour comprendre, il faut suivre les pistes de l'auteur qui nous emmène en Russie, mais pas seulement, car il nous livre aussi à travers ce récit, une vision un peu plus élargie de notre propre histoire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 22 novembre 2011

    Malaura
    S'il est un personnage de papier qu'un écrivain aspirerait à créer, un personnage à la psychologie complexe et trouble, suscitant des sentiments contrastés, à la fois repoussant et fascinant, entier et nébuleux, un personnage à la Raskolnikov ou à la Rastignac, un personnage ayant vécu mille vies, au destin riche, romanesque et aventureux...oui, s'il est un personnage de fiction qu'un écrivain rêverait de coucher sur le papier dans toutes ses contradictions et ses ambigüités, dans tous ses vices et ses débordements, dans toute sa discordante splendeur, alors sans doute que Limonov serait celui-là.
    Mais Edouard Limonov n'est pas un personnage de papier, il n'est pas un héros de fiction, il est un homme bien vivant de chair et de sang auquel les méandres d'une vie romanesque, dangereuse, trépidante, « une vie qui a pris le risque de se mêler à l'Histoire », ont inspiré à Emmanuel Carrère ce superbe récit portant son nom de plume « Limonov ».
    De prime abord, rien ne prédestinait ce jeune garçon nait en 1943 dans une lointaine banlieue ukrainienne à mener une vie d'aventures et de péripéties. Rien, si ce n'est une volonté farouche d'être quelqu'un, de marquer les esprits, de devenir un héros et de tout faire pour y parvenir.
    Ecrivain-voyou, mercenaire, homme politique, vedette de magazines, Limonov a tout fait, tout vu, tout vécu, la misère à New-York, la gloire littéraire à Paris, la guerre dans les Balkans, la prison et l'action politique en Russie où il est devenu l'un des principaux contestataires anti-Poutine à la tête du parti politique National-Bolchevique.
    Oui, Limonov est Un Personnage. Emmanuel Carrère ne s'y est pas trompé en décidant d'écrire la biographie de cet homme haut en couleurs, intransigeant, dur à cuire, bagarreur, baroudeur, sulfureux, anticonformiste et provocateur.
    Car dans Limonov, il y a tout et son contraire, l'adjectif et son antonyme, le blanc et le noir dans un seul corps, le Ying et le yang dans une seule âme.
    Allumé et illuminé, dingue et tordu, et dans le même temps homme éclairé, érudit, d'une intelligence remarquable, d'une mémoire prodigieuse, capable de s'astreindre à une discipline de vie et de travail rigoureuse et ascétique et, comme un sage bouddhiste, d'accéder au nirvana.
    La déchéance ? Il s'y plonge jusqu'à toucher le fond et se vautrer dans la fange la plus pestilentielle pour, toute honte bue, se relever et repartir à l'assaut de la vie.
    Le sexe ? Avec les femmes, cet homme au profil de chef de gang, au visage de mafieux, aux airs de petite frappe est sincère et vrai, fidèle jusqu'à l'abnégation. Avec les hommes, « Molodiets », « bon p'tit gars », l'on n'est pas un homme si l'on n'a pas vécu au moins une fois l'expérience de l'homosexualité !
    La prison ? Qu'à cela ne tienne, il fera des exercices respiratoires dans la solitude de sa cellule, il interrogera ses codétenus et leur dédiera un livre !
    Avec Limonov c'est tous les jours la roulette russe. Ca passe ou ça casse ! Et c'est sans doute cela qui fascine autant chez lui, cette prise de risques perpétuelle, ce caractère jusqu'au-boutiste, cette façon d'aller toujours au fond des choses quoi qu'il en coûte, cette manière de marcher dans la vie comme un équilibriste sur un fil, en surplombant l'abîme et tant pis si l'on tombe, on aura au moins vécu !
    Il est le héros russe par excellence, l'ardente âme russe dans toute son exaltation, sa dureté, sa violence, sa fougue, sa générosité et son courage, sa rage et sa rusticité, il est l'âme des « possédés » de Dostoïevski, libertaire, révolté, assoiffé, un loup sempiternellement aux abois.
    Puisant sa force dans chaque instant, chaque moment bon ou mauvais que la vie donne, trouvant matière à réflexion, à expérience, à enrichissement dans tous les bonheurs que la vie offre et dans tous les coups durs qu'elle assène.
    Jamais chez un homme lumière et ombre n'auront été aussi marquées, aussi violemment contrastées, aussi intrinsèquement liées et indissociables.
    Si ses choix de parcours ont souvent été contradictoires, si ses manières l'ont fait souvent passer pour un salaud, Emmanuel Carrère soutient que les choses sont « plus compliquées que ça », et s'applique à le démontrer au fil d'une enquête captivante en brossant le portrait d'un individu hors norme mais aussi en saisissant toute l'histoire politique de la Russie depuis l'après-guerre jusqu'à nos jours.
    Un ouvrage d'une ampleur et d'une densité phénoménales qui touche autant à l'individu qu'au collectif, qui creuse l'intime et dévoile l'universel, qui aborde une partie pour englober le tout.
    Avec ce ton juste, intime, amical, qui sonde aussi bien le cœur des êtres que des choses, l'auteur d'« Un roman russe » peint une formidable fresque de la Russie contemporaine, foisonnant d'anecdotes véridiques, personnelles et historiques. de l'ère communiste et son régime dictatorial à l'éclatement du bloc soviétique, de l'entrée dans un capitalisme effréné et mortifère à la démocratie pervertie des oligarques, c'est le grand ballet russe de la politique poststalinienne qu'Emmanuel Carrère, sans jamais sombrer dans le didactisme soporifique, fait virevolter et s'agiter comme dans un grand spectacle du Bolchoï.
    Les grands noms de la politique s'y croisent avec ceux de la dissidence, de la littérature et des arts en un concert détonant comme une symphonie de Rachmaninov.
    L'auteur, sincère, pudique et vrai, n'omet pas de s'y livrer comme dans « D'autres vies que la mienne », analysant son parcours de parisien bien né à l'aulne des tumultes et des désordres de la vie de Limonov, et dans un style tour à tour journalistique, humoristique, mesuré, quelquefois cru, toujours pertinent, fait de ce docu-fiction un cocktail éclatant de force et d'intensité.
    Avec ce « coktail Limonov » aussi rafraîchissant qu'explosif, Emmanuel Carrère, au faîte de son talent, confirme qu'il est l'une des plus belles voix des Lettres françaises contemporaines.
    Avec cela il nous donne le goût de redécouvrir les œuvres de Soljenitsyne ou Lermontov, de découvrir les nouvelles plumes de l'Est tel Zakhar Prilepine, et bien-sûr celle subversive et effrontée du Johnny Rotten des Lettres russes, Edouard Savenko dit « Limonov ».
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75, le 05 janvier 2013

    Eric75
    On ne présente plus Emmanuel Carrère, écrivain « fils de » (Hélène Carrère d'Encausse), forcément russophile et amateur de personnages ambigus, sulfureux ou psychopathes, bref, hauts en couleur. Emmanuel Carrère n'invente pas ses personnages pour écrire ses romans, surtout pas, car il va par principe directement les chercher dans le monde réel, c'est beaucoup mieux. On peut citer à titre d'exemples : l'écrivain paranoïaque Philip K. Dick (Je suis vivant et vous êtes morts) ; l'ignoble assassin Jean-Claude Romand (L'Adversaire) ; lui-même, atteint de machisme délirant (Un roman russe) et aujourd'hui le russe démesurément russe Limonov (Limonov).
    Les « romans » de Carrère sont donc des biographies, des récits ou des témoignages, qui parviennent cependant à conserver une saveur on ne peut plus romanesque grâce aux improbables aventures qui s'y déroulent, prouvant que la réalité s'ingénie toujours à vouloir dépasser la fiction.
    Limonov n'échappe pas à cette règle.
    Ce héros au parcours si dostoïevskien et nabokovien (j'aurais pu encore ajouter fitzgéraldien et soljenitsynien pour faire bonne mesure, car il a connu à la fois le ghetto doré des milliardaires new-yorkais et les geôles russes d'où-l'on-ne-revient-jamais-mais-parfois-si-quand-même) a bien évidemment le destin hors norme qui a été annoncé partout… et sur lequel je ne reviendrai pas. Car Edouard Limonov est à présent définitivement sorti de l'obscurité, sans doute grâce au livre d'Emmanuel Carrère. Au même moment, comme par un heureux hasard, sont ressortis en librairie les propres ouvrages autobiographiques de l'écrivain Limonov : Journal d'un raté, Autoportrait d'un bandit dans son adolescence, etc. tout un programme.
    Après avoir lu le livre de Carrère, on n'ignore presque plus rien de la vie (familiale, sexuelle, politique…) de cet étrange héros-antihéros non conformiste et controversé, tant le biographe en titre entre dans les détails et accumule les anecdotes, recueillies grâce aux interviews menées, puisées dans les livres publiés de Limonov, retrouvées dans les souvenirs de l'auteur. Parce que Carrère, qui a beaucoup d'amis et de relations, « connaissait » Limonov
    Mais ce n'est pas tout, n'oublions pas cette caractéristique que l'on retrouve également dans les autres livres de l'auteur : Carrère parle aussi et surtout… de lui. le récit sur Limonov est sans cesse entrecoupé de considérations sur les événements de la vie de Carrère, les anecdotes de la vie de Carrère, les opinions personnelles de Carrère, qui apparaissent certes comme des éclairages en contrepoint de l'intrigue principale, mais qui à mon avis cassent le rythme et présentent un intérêt parfois relatif (par exemple à propos de lunettes : « J'ai dû en porter dès l'âge de huit ans. Edouard aussi, mais il en a souffert plus que moi. »). Emmanuel Carrère ne cesse de se comparer à Limonov, à la fois comme écrivain et comme aventurier (c'est très clairement annoncé page 221), de rechercher des symétries entre leurs vies : une anecdote lui rappelle la fugue de ses deux fils, une autre un déjeuner avec sa mère…
    Malgré les petits excès de cabotinage de l'auteur, la lecture de Limonov, par la somme de détails très fouillés et grâce au parcours absolument sidérant du héros éponyme (qui n'est pas terminé, on peut ajouter aujourd'hui un nouvel épisode avec Depardieu, aurons-nous droit bientôt à Limonov 2, le retour ?), reste véritablement passionnante de bout en bout, même si le roman s'achève malheureusement un peu en eau de krovianka (boudin russe), et laisse le lecteur sur sa faim, car la vie de Limonov, écrivain et dissident politique charismatique dans la Russie de Poutine, est semble-t-il loin d'être achevée.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 février 2012

    cicou45
    Edouard Venianinovitch Savenko, dit Limonov, est une figure qui m'était jusqu'alors inconnue et qui pourtant a marqué l'histoire de l'Empire soviétique et du XXe siècle. Au travers du portrait qu'en fait Emmanuel Carrère, celui-ci m'a à la fois inspiré dégoût et fascination. Personnage très controversé, je ne peux pas dire que j'ai appris à l'aimer mais je ne peux pas non plus affirmer que je l'ai détesté. Il est certain que je suis contre ses idées politiques mais là où réside le génie de l'écrivain est qu'il le décrit avant tout comme un homme. Un homme à femmes, un homme aux belles femmes mais lorsqu'il les aime et qu'il voit celles-ci plonger dans la dépravation, il ne s'en écarte pas pour autant et est là pour les soutenir autant qu'il le peut. Acceptant leurs infidélités, il les aime pour ce qu'elles sont et ce sont la plupart du temps elles qu'ils l'ont laissé tomber que l'inverse.
    Homme également envoûtant de par sa capacité à entraîner les foules, à les soulever et à les captiver, Limonov qui était issu d'un milieu ouvrier et a vécu dans la pauvreté est devenu un écrivain à succès et surtout un homme politique influent en son temps.
    L'écriture d'Emmanuel Carrère est absolument prodigieuse car j'avoue que, tout au long du récit, je suis souvent passée du dégoût à la curiosité ; dégoût en raison des scènes très crues qui reviennent régulièrement mais curiosité en raison de l'histoire de l'ex URSS que, j'avoue, je connais assez mal mais qui m'a donné envie d'en savoir plus. Limonov, même si c'est un homme que je ne pourrais, je pense, jamais admirer, ni en temps que politique ni en temps qu'écrivain, m'a cependant captivé au point d'en savoir plus sur lui, sur son histoire et sur celle de son pays.
    Livre très déconcertant car jusqu'au bout, je ne pouvais absolument pas affirmer si j'allais l'aimer ou pas (et en fin de compte, je l'ai beaucoup aimé) et je n'hésite pas à le recommander. Cependant, et c'est ce qui justifie le fait que je ne lui ai pas attribué la note maximum, j'ai été parfois "choquée" (le mot est peut-être un peut trop fort mais je ne trouve pas le mot équivalent avec juste un ton au-dessous) par les fameuses scènes que j'ai qualifiée de crues (j'avoue être particulièrement sensible à ce genre d'écriture, peut-être le suis-je un peu trop d'ailleurs).
    Un livre prodigieux à découvrir sans faute !
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    • Livres 4.00/5
    Par jennygeorges7, le 15 janvier 2012

    jennygeorges7
    Pour pouvoir lire ce livre, il faut aimer deux choses : les essais et la Russie.
    Ce n'est pas normal de voir que ce livre est classé dans les « romans ». Mais la commercialisation d'un livre est bien difficile et tous les moyens sont bons pour vendre !
    Donc, c'est un essai, biographie de Limonov.
    Le livre raconte l'histoire de Limonov, qui est un russe comme tous les russes. Il a juste envie de devenir quelqu'un, alors il partira en Amérique en sachant pertinemment que le retour aux sources lui sera interdit pendant longtemps. Là-bas, il n'a pas le succès du poète qu'il était. Alors, tous les jours de sa vie, il se bat pour survivre et il rêve de son futur succès qui viendra plus tard à Paris. Toute la biographie d'un homme russe qui ne voulait pas être anonyme mais qui voulait malgré tout rester prolétaire.
    Son combat d'aujourd'hui le prouve...
    J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre car on est vraiment plongé dans la culture russe.
    Par exemple : cette fameuse flamme bleue que la mère de Limonov laisse brûler parce que cela fait une présence. A l'époque, les russes ne payaient pas le gaz… La flamme bleue pouvait toujours lui tenir compagnie...
    Autre exemple : si les russes partent de leur pays pour l'ouest, ils ne sont plus censés revenir… Autant de petites choses qu'un occidental ne comprend pas.
    En bref, le livre est bien écrit…
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Thomas Stélandre pour le Magazine Littéraire

    En janvier 2008 Emmanuel Carrère publiait dans la revue XXI un reportage sur Édouard Limonov. Aujourd'hui, il fait de ce personnage hors du commun le roman d’une existence qui rivalise avec ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)

Critiques presse (10)


  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Limonov ne se résume pas à la seule biographie de cet énergumène n'ayant pas toujours été du bon côté. C'est toute l'histoire du monde que Carrère tente de saisir à travers lui - avec pléthore de personnages bien réels et pourtant hautement romanesques -, dressant aussi un autoportrait en creux: celui d'un homme comme les autres qui transcende son existence banale en racontant celle, trépidante, d'un autre...
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • NonFiction , le 21 octobre 2011
    Carrère assume le style didactique de son livre, notamment dans la chronique historique des événements qui suivent la Perestroïka. Il assume également un ton parfois journalistique et une langue volontairement triviale. Mais c’est surtout à une logique narrative tout à fait spécifique, faite d’une multiplicité d’événements, de retournements, de voyages, de rencontres imprévues, qu’on reconnaît ici l’esthétique romanesque propre à l’existence bigarrée d’Édouard Limonov.
    Lire la critique sur le site : NonFiction
  • LePoint , le 19 septembre 2011
    Emmanuel Carrère, pour une fois, s'efface presque devant cette autre vie que la sienne : c'est encore plus fort. Déroulant le tapis déchiré de la vie d'Edouard le dingue, il en fait un pur roman d'aventures autant qu'une traversée de l'histoire russe. On ne lâche pas, tant c'est écrit sec et cru, avec des phrases d'une densité rapide, gorgées de détails explosifs.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LaPresse , le 19 septembre 2011
    En 2000, le fils de la célèbre soviétologue Hélène Carrère d'Encausse est tombé sous le charme de la Russie, terre natale de ses grands-parents, et lui a consacré un documentaire et un long récit. Cette année, il revient à la charge avec un livre imposant de près de 500 pages intitulé Limonov, du nom d'un des personnages les plus sulfureux et controversés de la scène russe contemporaine.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • LaLibreBelgique , le 02 septembre 2011
    Les histoires heureuses et les bons sentiments ne font jamais de bons romans. La vie de Limonov, si. Un formidable roman.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Bibliobs , le 02 septembre 2011
    Emmanuel Carrère signe un époustouflant portrait de l'écrivain mercenaire Edouard Limonov, fanatique national-bolchevik et bête noire de la nouvelle Russie.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 01 septembre 2011
    Autour du poète russe, dandy et dissident, provocateur et extrémiste politique, Emmanuel Carrère a construit un livre magistral. Entre récit d'aventures et histoire de l'ex-URSS.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 30 août 2011
    Tout à tour petite frappe, auteur branché et leader du Parti national-bolchevique, Edward Limonov a inspiré à Emmanuel Carrère un formidable récit, aux airs de fresque russe et de docu-fiction.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 30 août 2011
    Retour sur une vie de « héros » ou de « salaud ». La bio réussie du poète-aventurier russe.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Un grand récit qui prouve que le risque paie, même en littérature.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Eric75, le 05 janvier 2013

    Cette énergie, hélas, au lieu de me stimuler, m'enfonçait un peu plus, page après page, dans la dépression et la haine de moi-même. Plus je le lisais, plus je me sentais taillé dans une étoffe terne et médiocre, voué à tenir dans le monde un rôle de figurant, et de figurant amer, envieux, de figurant qui rêve des premiers rôles en sachant bien qu'il ne les aura jamais parce qu'il manque de charisme, de générosité, de courage, de tout sauf de l'affreuse lucidité des ratés. J'aurais pu me rassurer en me disant que ce que je ressentais là, Limonov l'avait ressenti lui aussi, qu'il divisait comme je le faisais alors l'humanité en forts et en faibles, gagnants et perdants, VIP et piétaille, qu'il vivait tenaillé par l'angoisse de faire partie de la seconde catégorie et que c'est précisément cette angoisse, si crûment exprimée, qui donnait sa force à son livre. Mais je ne voyais pas cela. Tout ce que je voyais, c'est que lui était à la fois un aventurier et un écrivain publié, alors que je n'étais et ne serais jamais ni l'un ni l'autre, la seule et dérisoire aventure de ma vie s'étant soldée par un manuscrit qui n'intéressait personne et deux cantines remplies de maillots de bain ridicules.
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  • Par CDIMarcChagall, le 22 octobre 2014

    Boire ne s'apprend pas : il faut être né avec un foie en acier, et c'est le cas d'Edouard. Néanmoins, il y a quelques trucs : s'enfiler un petit verre d'huile pour graisser les tuyaux avant une beuverie (on me l'a appris à moi aussi : ma mère le tenait d'un vieux prêtre sibérien) et ne pas manger en même temps (on m'a appris le contraire, je livre donc le conseil avec circonspection). Fort des ces dons innés et de cette technique, Edouard peut descendre un litre de vodka à l'heure, à raison d'un grand verre de 250 grammes tous les quart d'heure. Ce talent de société lui permet d'épater jusqu'aux Azéris qui viennent de Bakou vendre des oranges sur le marché et gagner des paris qui lui font de l'argent de poche. Il lui permet aussi de tenir ces marathons d'ivrognerie que les Russes appellent zapoï.
    Zapoï est une affaire sérieuse, pas une cuite d'un soir qu'on paye, comme chez nous, d'une gueule de bois le lendemain. Zapoï c'est rester plusieurs jours sans dessoûler, errer d'un lieu à l'autre, monter dans des trains sans savoir où ils vont, confier ses secrets les plus intimes à des rencontres de hasard, oublier tout ce qu'on a dit et fait : une sorte de voyage.
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  • Par joedi, le 01 octobre 2013

    En 1962, il a personnellement autorisé la publication du livre d'un ancien zek appelé Soljenitsyne : Une journée d'Ivan Denissovitch, et cette publication a été un électrochoc. La Russie entière s'est arraché le numéro 11 de la revue Novy Mir, où est paru ce récit prosaïque, minutieux, d'une journée ordinaire d'un détenu ordinaire dans un camp même pas spécialement dur. Bouleversés, n'osant y croire, les gens se mettaient à dire des choses comme : c'est le dégel, la vie renaît, Lazare sort de son tombeau ; dès l'instant où un homme a le courage de la dire, personne ne peut plus rien contre la vérité. Peu de livres ont eu un tel retentissment, dans leur pays et dans le monde entier. Aucun, hormis dix ans plus tard L'Archipel du Goulag, n'a à ce point, et réellement, changé le cours de l'histoire.
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  • Par joedi, le 02 octobre 2013

    Tout est grand dans le destin de Soljenitsyne, qui deux jours après cette réunion a été mis de force dans un avion pour Francfort et, là-bas, accueilli par Willy Brandt comme un chef d'État. Ce que montre cependant son expulsion, ce qui chagrinait tant, et à si juste titre, le bouillant Podgorny, c'est que le système soviétique avait perdu le goût de la force de faire peur, qu'il montrait désormais les dents sans plus y croire vraiment et qu'au lieu de persécuter les esprits indociles il préférait les envoyer se faire pendre ailleurs. Ailleurs, cela voulait dire en Israël, destination pour laquelle on s'est mis ces années-là à distribuer avec libéralité des passeports. Pour en bénéficier, il fallait en principe être juif, mais les autorités là-dessus n'étaient pas très regardantes et tendaient à consdérer un emmerdeur avéré comme une variété de Juif -
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  • Par tilly, le 15 septembre 2011

    L'homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre ne comprend pas la réalité. Cette idée-là n'a peut-être de sens que dans le cadre d'une doctrine qui considère le "moi comme une illusion et, à moins d'y adhérer, mille contre-exemples se pressent, tout notre système de pensée repose sur une hiérarchie des mérites selon laquelle, disons, le Mahatma Gandhi est une figure humaine plus haute que le tueur pédophile Marc Dutroux. Je prends à dessein un exemple peu contestable, beaucoup de cas se discutent, les critères varient, par ailleurs les bouddhistes eux-mêmes insistent sur la nécessité de distinguer, dans la conduite de la vie, l'homme intègre du dépravé. Pourtant, et bien que je passe mon temps à établir de telles hierarchies, bien que comme Limonov je ne puisse pas rencontrer un de mes semblables sans me demander plus ou moins consciemment si je suis au-dessus ou au-dessous de lui et en tirer soulagement ou mortification, je pense que cette idée — je répète : " L'homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre ne comprend pas la réalité “ — est le sommet de la sagesse et qu'une vie ne suffit pas à s'en imprégner, à la digérer, à se l'incorporer, en sorte qu'elle cesse d'être une idée pour informer le regard et l'action en toutes circonstances. Faire ce livre, pour moi, est une façon bizarre d'y travailler.
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