ISBN : 9782818014059
Éditeur : P.O.L. (2011)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 185 notes) Ajouter à mes livres
PRIX RENAUDOT 2011

Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 22 novembre 2011

    Malaura
    S'il est un personnage de papier qu'un écrivain aspirerait à créer, un personnage à la psychologie complexe et trouble, suscitant des sentiments contrastés, à la fois repoussant et fascinant, entier et nébuleux, un personnage à la Raskolnikov ou à la Rastignac, un personnage ayant vécu mille vies, au destin riche, romanesque et aventureux...oui, s'il est un personnage de fiction qu'un écrivain rêverait de coucher sur le papier dans toutes ses contradictions et ses ambigüités, dans tous ses vices et ses débordements, dans toute sa discordante splendeur, alors sans doute que Limonov serait celui-là.
    Mais Edouard Limonov n'est pas un personnage de papier, il n'est pas un héros de fiction, il est un homme bien vivant de chair et de sang auquel les méandres d'une vie romanesque, dangereuse, trépidante, « une vie qui a pris le risque de se mêler à l'Histoire », ont inspiré à Emmanuel Carrère ce superbe récit portant son nom de plume « Limonov ».
    De prime abord, rien ne prédestinait ce jeune garçon nait en 1943 dans une lointaine banlieue ukrainienne à mener une vie d'aventures et de péripéties. Rien, si ce n'est une volonté farouche d'être quelqu'un, de marquer les esprits, de devenir un héros et de tout faire pour y parvenir.
    Ecrivain-voyou, mercenaire, homme politique, vedette de magazines, Limonov a tout fait, tout vu, tout vécu, la misère à New-York, la gloire littéraire à Paris, la guerre dans les Balkans, la prison et l'action politique en Russie où il est devenu l'un des principaux contestataires anti-Poutine à la tête du parti politique National-Bolchevique.
    Oui, Limonov est Un Personnage. Emmanuel Carrère ne s'y est pas trompé en décidant d'écrire la biographie de cet homme haut en couleurs, intransigeant, dur à cuire, bagarreur, baroudeur, sulfureux, anticonformiste et provocateur.
    Car dans Limonov, il y a tout et son contraire, l'adjectif et son antonyme, le blanc et le noir dans un seul corps, le Ying et le yang dans une seule âme.
    Allumé et illuminé, dingue et tordu, et dans le même temps homme éclairé, érudit, d'une intelligence remarquable, d'une mémoire prodigieuse, capable de s'astreindre à une discipline de vie et de travail rigoureuse et ascétique et, comme un sage bouddhiste, d'accéder au nirvana.
    La déchéance ? Il s'y plonge jusqu'à toucher le fond et se vautrer dans la fange la plus pestilentielle pour, toute honte bue, se relever et repartir à l'assaut de la vie.
    Le sexe ? Avec les femmes, cet homme au profil de chef de gang, au visage de mafieux, aux airs de petite frappe est sincère et vrai, fidèle jusqu'à l'abnégation. Avec les hommes, « Molodiets », « bon p'tit gars », l'on n'est pas un homme si l'on n'a pas vécu au moins une fois l'expérience de l'homosexualité !
    La prison ? Qu'à cela ne tienne, il fera des exercices respiratoires dans la solitude de sa cellule, il interrogera ses codétenus et leur dédiera un livre !
    Avec Limonov c'est tous les jours la roulette russe. Ca passe ou ça casse ! Et c'est sans doute cela qui fascine autant chez lui, cette prise de risques perpétuelle, ce caractère jusqu'au-boutiste, cette façon d'aller toujours au fond des choses quoi qu'il en coûte, cette manière de marcher dans la vie comme un équilibriste sur un fil, en surplombant l'abîme et tant pis si l'on tombe, on aura au moins vécu !
    Il est le héros russe par excellence, l'ardente âme russe dans toute son exaltation, sa dureté, sa violence, sa fougue, sa générosité et son courage, sa rage et sa rusticité, il est l'âme des « possédés » de Dostoïevski, libertaire, révolté, assoiffé, un loup sempiternellement aux abois.
    Puisant sa force dans chaque instant, chaque moment bon ou mauvais que la vie donne, trouvant matière à réflexion, à expérience, à enrichissement dans tous les bonheurs que la vie offre et dans tous les coups durs qu'elle assène.
    Jamais chez un homme lumière et ombre n'auront été aussi marquées, aussi violemment contrastées, aussi intrinsèquement liées et indissociables.
    Si ses choix de parcours ont souvent été contradictoires, si ses manières l'ont fait souvent passer pour un salaud, Emmanuel Carrère soutient que les choses sont « plus compliquées que ça », et s'applique à le démontrer au fil d'une enquête captivante en brossant le portrait d'un individu hors norme mais aussi en saisissant toute l'histoire politique de la Russie depuis l'après-guerre jusqu'à nos jours.
    Un ouvrage d'une ampleur et d'une densité phénoménales qui touche autant à l'individu qu'au collectif, qui creuse l'intime et dévoile l'universel, qui aborde une partie pour englober le tout.
    Avec ce ton juste, intime, amical, qui sonde aussi bien le cœur des êtres que des choses, l'auteur d'« Un roman russe » peint une formidable fresque de la Russie contemporaine, foisonnant d'anecdotes véridiques, personnelles et historiques. de l'ère communiste et son régime dictatorial à l'éclatement du bloc soviétique, de l'entrée dans un capitalisme effréné et mortifère à la démocratie pervertie des oligarques, c'est le grand ballet russe de la politique poststalinienne qu'Emmanuel Carrère, sans jamais sombrer dans le didactisme soporifique, fait virevolter et s'agiter comme dans un grand spectacle du Bolchoï.
    Les grands noms de la politique s'y croisent avec ceux de la dissidence, de la littérature et des arts en un concert détonant comme une symphonie de Rachmaninov.
    L'auteur, sincère, pudique et vrai, n'omet pas de s'y livrer comme dans « D'autres vies que la mienne », analysant son parcours de parisien bien né à l'aulne des tumultes et des désordres de la vie de Limonov, et dans un style tour à tour journalistique, humoristique, mesuré, quelquefois cru, toujours pertinent, fait de ce docu-fiction un cocktail éclatant de force et d'intensité.
    Avec ce « coktail Limonov » aussi rafraîchissant qu'explosif, Emmanuel Carrère, au faîte de son talent, confirme qu'il est l'une des plus belles voix des Lettres françaises contemporaines.
    Avec cela il nous donne le goût de redécouvrir les œuvres de Soljenitsyne ou Lermontov, de découvrir les nouvelles plumes de l'Est tel Zakhar Prilepine, et bien-sûr celle subversive et effrontée du Johnny Rotten des Lettres russes, Edouard Savenko dit « Limonov ».
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 février 2012

    cicou45
    Edouard Venianinovitch Savenko, dit Limonov, est une figure qui m'était jusqu'alors inconnue et qui pourtant a marqué l'histoire de l'Empire soviétique et du XXe siècle. Au travers du portrait qu'en fait Emmanuel Carrère, celui-ci m'a à la fois inspiré dégoût et fascination. Personnage très controversé, je ne peux pas dire que j'ai appris à l'aimer mais je ne peux pas non plus affirmer que je l'ai détesté. Il est certain que je suis contre ses idées politiques mais là où réside le génie de l'écrivain est qu'il le décrit avant tout comme un homme. Un homme à femmes, un homme aux belles femmes mais lorsqu'il les aime et qu'il voit celles-ci plonger dans la dépravation, il ne s'en écarte pas pour autant et est là pour les soutenir autant qu'il le peut. Acceptant leurs infidélités, il les aime pour ce qu'elles sont et ce sont la plupart du temps elles qu'ils l'ont laissé tomber que l'inverse.
    Homme également envoûtant de par sa capacité à entraîner les foules, à les soulever et à les captiver, Limonov qui était issu d'un milieu ouvrier et a vécu dans la pauvreté est devenu un écrivain à succès et surtout un homme politique influent en son temps.
    L'écriture d'Emmanuel Carrère est absolument prodigieuse car j'avoue que, tout au long du récit, je suis souvent passée du dégoût à la curiosité ; dégoût en raison des scènes très crues qui reviennent régulièrement mais curiosité en raison de l'histoire de l'ex URSS que, j'avoue, je connais assez mal mais qui m'a donné envie d'en savoir plus. Limonov, même si c'est un homme que je ne pourrais, je pense, jamais admirer, ni en temps que politique ni en temps qu'écrivain, m'a cependant captivé au point d'en savoir plus sur lui, sur son histoire et sur celle de son pays.
    Livre très déconcertant car jusqu'au bout, je ne pouvais absolument pas affirmer si j'allais l'aimer ou pas (et en fin de compte, je l'ai beaucoup aimé) et je n'hésite pas à le recommander. Cependant, et c'est ce qui justifie le fait que je ne lui ai pas attribué la note maximum, j'ai été parfois "choquée" (le mot est peut-être un peut trop fort mais je ne trouve pas le mot équivalent avec juste un ton au-dessous) par les fameuses scènes que j'ai qualifiée de crues (j'avoue être particulièrement sensible à ce genre d'écriture, peut-être le suis-je un peu trop d'ailleurs).
    Un livre prodigieux à découvrir sans faute !
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    Critique de qualité ? (28 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jennygeorges7, le 15 janvier 2012

    jennygeorges7
    Pour pouvoir lire ce livre, il faut aimer deux choses : les essais et la Russie.
    Ce n'est pas normal de voir que ce livre est classé dans les « romans ». Mais la commercialisation d'un livre est bien difficile et tous les moyens sont bons pour vendre !
    Donc, c'est un essai, biographie de Limonov.
    Le livre raconte l'histoire de Limonov, qui est un russe comme tous les russes. Il a juste envie de devenir quelqu'un, alors il partira en Amérique en sachant pertinemment que le retour aux sources lui sera interdit pendant longtemps. Là-bas, il n'a pas le succès du poète qu'il était. Alors, tous les jours de sa vie, il se bat pour survivre et il rêve de son futur succès qui viendra plus tard à Paris. Toute la biographie d'un homme russe qui ne voulait pas être anonyme mais qui voulait malgré tout rester prolétaire.
    Son combat d'aujourd'hui le prouve...
    J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre car on est vraiment plongé dans la culture russe.
    Par exemple : cette fameuse flamme bleue que la mère de Limonov laisse brûler parce que cela fait une présence. A l'époque, les russes ne payaient pas le gaz… La flamme bleue pouvait toujours lui tenir compagnie...
    Autre exemple : si les russes partent de leur pays pour l'ouest, ils ne sont plus censés revenir… Autant de petites choses qu'un occidental ne comprend pas.
    En bref, le livre est bien écrit…
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
  • Par Kittiwake, le 09 mars 2012

    Kittiwake
    Si Emmanuel Carrère ne m'avait pas auparavant envouté par sa manière de mettre magistralement en écrit (comment peut-on dire «couché sur le papier» quand on se fait éditer en ePub?) de sordides récits de deuils, de pertes, de douleur, je n'aurais certainement pas fait l'effort de faire la connaissance de Limonov, ce personnage avec qui je n'ai aucune affinité. Mais encore une fois, le charme a opéré. Non que je ressente le moindre sentiment positif pour le héros (?), tout au plus un peu de pitié, mais cette plongée dans l'histoire de la Russie au cours des 50 dernières années a quelque chose d'édifiant, d'extrêmement angoissant également (quels mécanismes invoquer pour expliquer chez un être humain la prépondérance de la haine, le plaisir de tuer, et l'absence totale de compassion? Est-ce juste un concours de circonstances avec des carences diverses et une opportunité d'appartenir à un groupe, fut-il armé et destructeur? Peut-on se regarder en face, sans doute que non, puisque l'alcoolisation jusqu'au coma est une sorte d'échappatoire).
    Revenons à Limonov : enfant unique, mère très dure, père peu valorisant, ce contexte amène Edouard à s'acoquiner avec les voyous de Kharkov, à la recherche déjà d'un statut de chef de bande. Les exactions diverses, peu glorieuses, auxquelles il se livre le lassent rapidement. C'est finalement le statut de poète qui le tente (le poète a une aura très positive en Russie d'autant plus qu'il n'est pas reconnu : c'est intrinsèquement un loser, ou alors c'est un vendu, un traitre. La concurrence fait rage car ils sont légion et ne devient pas vedette underground qui veut. Après avoir fait le tour de cette communauté artistique, tout en taillant des pantalons pour gagner sa vie, l'émigration semble être la solution pour des lendemains plus glorieux
    L'arrivée aux Etats unis et les tentatives de se raccrocher à la jet-set sont assez sidérantes, mais restent sans succès : il va y survivre dans des conditions difficiles, avec dans la période la moins austère un boulot de larbin chez un milliardaire. Il y perd également sa compagne (rêvant d'une vie de topmodel elle va rapidement déchanter). Il écrit, sans succès immédiat, en prose, son épopée new-yorkaise. Lorsqu'un éditeur l'accepte il quitte New York et se retrouve à Paris, où il reste neuf ans, à l'époque de la décomposition du bloc soviétique.
    A son retour en URSS, les choses sont en train d'évoluer. Son besoin d'action l'entraine sous différentes casquettes (reporter, soldat) au coeur des complexes conflits balkaniques. Ses opinions politiques prennent corps et se durcissent : il se dévoue corps et âme pour le parti national-bolchévique, créant un journal, Limonka, et rassemblant autour de lui nombre de partisans d'obédiences variées, voire opposées. Enfin, la période d'isolement dans l'Altaï, suivie des années de prison, révèlent une autre facette du personnage, assez suprenante


    Qu'est ce rend ce texte attrayant? Sans doute le ton employé, celui d'une conversation entre amis, («j'en ai une bien bonne à te raconter....) longue et complexe, certes mais le style est celui d'un échange informel,naturel avec les expressions populaires voire vulgaires du langage courant, et c'est d'autant plus méritoire que le sujet est complexe et l'histoire rocambolesque. Cette synthèse de mes impressions n'est qu'un pâle reflet des multiples aventures de Limonov (j'ai presque totalement passé sous silence le récit de ses amours, à l'image du reste : complexe et tortueux). le futur lecteur est sûr d'une chose : ne pas s'ennuyer.
    Cette lecture m'aura -t'elle donné l'envie de découvrir les écrits de Limonov : peut-être sur une île déserte, sans autre possibilité.....


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/03/limonov.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 16 avril 2012

    Marcelline
    Oserais-je la comparaison?... Il y a du Claude François dans cette lecture du Limonov d'Emmanuel Carrère: alors que la personne n'a rien d'"aimable", je ne peux m'empêcher de chanter ou danser dès les premières notes de n'importe laquelle de ses chansons; alors que le héros du livre d'Emmanuel Carrère a tout du personnage abject, j'ai dévoré avec gourmandise l'histoire de sa vie!
    Ce que je n'ai pas aimé, c'est de lire avec plaisir la biographie d'un homme sulfureux, fasciste et prêt à tout pour être à la tête du pouvoir, encore vivant et n'ayant peut-être pas dit son dernier mot en matière d'actions violentes et moralement condamnables.
    Ce que je n'ai pas aimé non plus, c'est de croire, l'espace de quelques pages, que j'allais enfin, à force de concentration, comprendre les tenants et aboutissants des conflits dans les Balkans (Sarajevo, les Serbo-Croates, le Kosovo,...) alors que finalement, non!...c'est presque toujours aussi incompréhensible pour moi...
    Mais, par contre, j'ai apprécié que l'auteur me dise que le sujet est tellement compliqué que même les personnes concernées et impliquées au premier chef ne peuvent pas tout expliquer!
    Et puis, j'ai aimé l'écriture d'Emmanuel Carrère, que je découvre par ce récit, et qui m'a donné une impression de grande proximité. Les références comme un hommage à sa mère, historienne de renom et justement spécialiste reconnue de l'URSS, sa façon de mêler ses réflexions sur son propre parcours et les parallèles qu'il fait, ou pas, avec celui de Limonov, m'ont rendu le texte très vivant et "humain". Il ne parle pas d'une idole inacccessible mais d'un être de chair et de sang que les choix politiques me rendent particulièrement antipathique mais qui, d'un autre côté, m'émeut par sa fidélité et l'amour inconditionnel qu'il a portés aux femmes de sa vie.
    J'ai aimé aussi découvrir, à quelques pages de la fin, que Limonov avait des enfants. Alors que j'avais l'impression que l'auteur ne nous avait rien caché, pour ne pas dire rien "épargné", de la vie de son héros, j'apprends que ce qui est sans doute l'essentiel dans la vie d'un Homme, ses enfants, a été préservé. Je me suis sentie libérée: d'un seul coup, au lieu d'avoir un homme et toute sa vie jetés en pâture au jugement des lecteurs (de quel droit, malgré tout?), je me rends compte que l'auteur et son héros ne m'ont livré que ce qu'ils avaient envie de me dévoiler, qu'ils ont protégé ce qu'ils avaient décidé de taire. du coup, de mon côté, je me sens davantage autorisée à donner mon "jugement" sur les choix troubles et contestables de cet homme qu'aucune violence ne semble rebuter.
    Et, bien entendu, j'ai beaucoup aimé voir se dérouler de façon tout à fait accessible toute l'histoire de la Russie au 20ème siècle, de l'ère communiste au régime dictatorial à l'éclatement de l'URSS et à l'installation "anarchique" d'un capitalisme incontrôlé et aux conséquences sociales dévastatrices. J'ai mieux compris ce que peut recouvrir l'"âme russe", si loin de mon monde occidental, et l'actualité de cette région dans la dernière décennie me semble moins obscure.
    En bref, une biographie qui se lit comme un roman d'aventures, qui m'a apporté quantité d'informations sur l'histoire de la Russie (ce qui m'aide à mieux comprendre ses problèmes actuels), qui m'a donné très envie de lire Soljénitsyne (L'archipel du goulag et Une journée d'ivan denissovitch) et qui m'a fait découvrir un auteur, Emmanuel Carrère, dont je compte bien explorer très vite la bibliographie!...
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Thomas Stélandre pour le Magazine Littéraire

    En janvier 2008 Emmanuel Carrère publiait dans la revue XXI un reportage sur Édouard Limonov. Aujourd'hui, il fait de ce personnage hors du commun le roman d’une existence qui rivalise avec ... > lire la suite

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Critiques presse (10)


  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Limonov ne se résume pas à la seule biographie de cet énergumène n'ayant pas toujours été du bon côté. C'est toute l'histoire du monde que Carrère tente de saisir à travers lui - avec pléthore de personnages bien réels et pourtant hautement romanesques -, dressant aussi un autoportrait en creux: celui d'un homme comme les autres qui transcende son existence banale en racontant celle, trépidante, d'un autre...
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • NonFiction , le 21 octobre 2011
    Carrère assume le style didactique de son livre, notamment dans la chronique historique des événements qui suivent la Perestroïka. Il assume également un ton parfois journalistique et une langue volontairement triviale. Mais c’est surtout à une logique narrative tout à fait spécifique, faite d’une multiplicité d’événements, de retournements, de voyages, de rencontres imprévues, qu’on reconnaît ici l’esthétique romanesque propre à l’existence bigarrée d’Édouard Limonov.
    Lire la critique sur le site : NonFiction
  • LePoint , le 19 septembre 2011
    Emmanuel Carrère, pour une fois, s'efface presque devant cette autre vie que la sienne : c'est encore plus fort. Déroulant le tapis déchiré de la vie d'Edouard le dingue, il en fait un pur roman d'aventures autant qu'une traversée de l'histoire russe. On ne lâche pas, tant c'est écrit sec et cru, avec des phrases d'une densité rapide, gorgées de détails explosifs.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Cyberpresse , le 19 septembre 2011
    En 2000, le fils de la célèbre soviétologue Hélène Carrère d'Encausse est tombé sous le charme de la Russie, terre natale de ses grands-parents, et lui a consacré un documentaire et un long récit. Cette année, il revient à la charge avec un livre imposant de près de 500 pages intitulé Limonov, du nom d'un des personnages les plus sulfureux et controversés de la scène russe contemporaine.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse
  • LaLibreBelgique , le 02 septembre 2011
    Les histoires heureuses et les bons sentiments ne font jamais de bons romans. La vie de Limonov, si. Un formidable roman.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Bibliobs , le 02 septembre 2011
    Emmanuel Carrère signe un époustouflant portrait de l'écrivain mercenaire Edouard Limonov, fanatique national-bolchevik et bête noire de la nouvelle Russie.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 01 septembre 2011
    Autour du poète russe, dandy et dissident, provocateur et extrémiste politique, Emmanuel Carrère a construit un livre magistral. Entre récit d'aventures et histoire de l'ex-URSS.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 30 août 2011
    Tout à tour petite frappe, auteur branché et leader du Parti national-bolchevique, Edward Limonov a inspiré à Emmanuel Carrère un formidable récit, aux airs de fresque russe et de docu-fiction.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 30 août 2011
    Retour sur une vie de « héros » ou de « salaud ». La bio réussie du poète-aventurier russe.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Un grand récit qui prouve que le risque paie, même en littérature.
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Citations et extraits

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  • Par bibliothequegries, le 24 mai 2012

    Le totalitarisme, que sur ce point décisif l'Union soviétique a poussé beaucoup plus loin que l'Allemagne national-socialiste, consiste, là où les gens voient noir, à leur dire que c'est blanc et à les obliger, non seulement à le répéter mais, à la longue, à le croire bel et bien. C'est bien de cet aspect-là que l'expérience soviétique tire cette qualité fantastique, à la fois monstrueuse et monstrueusement comique, que met en lumière toute la littérature souterraine(...)
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  • Par tilly, le 15 septembre 2011

    L'homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre ne comprend pas la réalité. Cette idée-là n'a peut-être de sens que dans le cadre d'une doctrine qui considère le "moi comme une illusion et, à moins d'y adhérer, mille contre-exemples se pressent, tout notre système de pensée repose sur une hiérarchie des mérites selon laquelle, disons, le Mahatma Gandhi est une figure humaine plus haute que le tueur pédophile Marc Dutroux. Je prends à dessein un exemple peu contestable, beaucoup de cas se discutent, les critères varient, par ailleurs les bouddhistes eux-mêmes insistent sur la nécessité de distinguer, dans la conduite de la vie, l'homme intègre du dépravé. Pourtant, et bien que je passe mon temps à établir de telles hierarchies, bien que comme Limonov je ne puisse pas rencontrer un de mes semblables sans me demander plus ou moins consciemment si je suis au-dessus ou au-dessous de lui et en tirer soulagement ou mortification, je pense que cette idée — je répète : " L'homme qui se juge supérieur, inférieur ou égal à un autre ne comprend pas la réalité “ — est le sommet de la sagesse et qu'une vie ne suffit pas à s'en imprégner, à la digérer, à se l'incorporer, en sorte qu'elle cesse d'être une idée pour informer le regard et l'action en toutes circonstances. Faire ce livre, pour moi, est une façon bizarre d'y travailler.
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  • Par ophrys, le 28 novembre 2011

    Ils savaient bien qu’ils servaient un régime pourri, qu’ils avaient vendu leur âme et que les autres le savaient. Soljenitsyne, leur remords à tous, l’a noté : un des aspects les plus pernicieux du système soviétique, c’est qu’à moins d’être un martyr on ne pouvait pas être honnête. On ne pouvait pas être fier de soi. S’ils n’étaient pas complétement abrutis ou cyniques, les officiels avaient honte de ce qu’ils faisaient, honte de ce qu’ils étaient. Ils avaient honte d’écrire dans la Pravda de grands articles pour dénoncer Pasternak en 1957, Brodsky en 1964, Siniavski et Daniel en 1966, Soljenitsyne en 1969, alors que dans le secret de leur cœur ils les enviaient. Ils savaient que c’étaient eux, les vrais héros de leur temps, les grands écrivains russes à qui le peuple vient demander, comme autrefois à Tolstoï : « Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est mal ? Comment devons-nous vivre ? ». Les plus veules soupiraient que s’il n’avait tenu qu’à eux ils auraient suivi ces exemples exaltants, mais voilà, ils avaient des familles, des enfants engagés dans de longues études, toutes les très bonnes raisons qu’a chacun de collaborer au lieu d’entrer en dissidence.
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  • Par jennygeorges7, le 30 décembre 2011

    " [...] un des aspects les plus pernicieux du système soviétique, c'est qu'à moins d'être martyr on ne pouvait pas être honnête."
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  • Par litolff, le 08 mars 2012

    Même d'après ceux qui ne l'aimaient pas, c'était quelqu'un sur qui on pouvait compter, quelqu'un qui ne laissait pas tomber les gens, qui tout en en disant pis que pendre s'occupait d'eux s'ils étaient malades ou malheureux, et je pense que beaucoup d'amis autoproclamés du genre humain, n'ayant à la bouche que les mots de bienveillance et de compassion, sont en réalité plus égoïstes et indifférents que ce garçon qui a passé sa vie à se peindre sous les traits d'un méchant.
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