> Bernard Cohen (Traducteur)

ISBN : 222109624X
Éditeur : Robert Laffont (2009)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Aussi captivant, aussi irrésistiblement intelligent qu Échec et mat : Stephen Carter s impose décidément comme le grand romancier de la bourgeoisie africaine-américaine.

Reprenant le cadre (l'université d'Elm Harbor, petite ville de Nouvelle-Angleterre re... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 08 juillet 2009

    Chaplum
    « La dame Noire » est un roman foisonnant sur la communauté africaine-américaine et plus particulièrement sur la frange privilégiée de celle-ci. On est loin des quartiers populaires où les noirs sont ghettorisés par des politiques mises en place par les blancs. Non, l'action se situe dans les quartiers huppés, mettant en scène des noirs qui ont réussi et qui se sont immiscé dans les sphères du pouvoir. D'ailleurs, le couple Carlyle est un de ces couples qui a préféré s'installer dans une ville où la population est quasiment exclusivement blanche, au grand dam de leurs familles, qui leur reproche une sorte de trahison. Cela m'a un peu fait penser à Condoleeza Rice.
    Stephen Carter, lui-même proche de ces milieux intellectuels assez huppés, développe dans ce roman les luttes d'influence au sein de la communauté noire bourgeoise, celle qui appartient à des clubs selects, en apparence inoffensifs, mais au sein desquels se jouent des enjeux politiques insoupçonnés. le maître mot est la discrétion ! En effet, l'important est de ne jamais laisser paraître le pouvoir acquis par ces africains-américains, mais de toujours laisser croire aux caucasiens (les blancs ) que ce sont eux qui tirent tous les fils ! Mais au final, ce fil conducteur n'est que peu développé par rapport à l'enquête que mène Julia Carlyle au sujet de la mort de Kellen Zant. Double enquête en parallèle, puisque ce décès fait resurgir le meurtre, vieux de trente ans, de Gina Joule, fille d'un professeur de l'université.
    J'ai vu que certains lecteurs reprochaient au roman que les relations noirs-blancs étaient finalement peu développées et que c'était dommage. Je n'ai pas trouvé cela préjudiciable, personnellement, car, selon moi, le message que veut véhiculer Stephen Carter passe parfaitement bien ! Et le roman est quand même avant tout un thriller, et un excellent thriller ! Il sort des sentiers battus de par son sujet et ses personnages. Et je dois reconnaître que la fin m'a bluffée ! Les personnages sont très bien construits, leur psychologie est parfaitement fouillée et le moins qu'on puisse dire c'est que l'auteur excelle à brouiller les cartes à leur sujet. Plus j'avançais dans ma lecture, plus je doutais de tout le monde. Lemaster est évidemment le personnage qui apparaît le plus ambigu mais même Julia me semblait fausse et double alors qu'elle est le personnage central dans la majorité du roman. Je ne vais bien sûr pas vous dire si j'ai eu raison ou non de la soupçonner. Mais je dois reconnaître cette force du romancier de réussir à faire douter de tous ses personnages. le seul reproche que je pourrais formuler concerne les quelques longueurs et les quelques passages où j'ai trouvé que l'auteur tournait un peu en rond, mais même là, c'est minime car j'ai énormément apprécié ce roman et ça ne m'a pas vraiment gêné. Surtout que l'écriture y pallie, tant elle est maitrisée. J'ai bien envie de lire son premier roman, « Echec et mat », mais je vais quand même attendre quelques temps avant de m'y attaquer car c'est aussi un pavé !

    Lien : http://www.chaplum.com/la-dame-noire-de-stephen-carter-1373
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BlueGrey, le 27 août 2009

    BlueGrey
    Julia et Lemaster Carlyle forment un des couples africains-américains les plus en vue de Nouvelle-Angleterre : ils sont beaux, riches, puissants et familiers de la Maison Blanche, ce qui fascine autant que cela irrite dans ce bastion de la "blanchitude". Un soir, alors qu'ils rentrent d'une réception donnée à la prestigieuse université que Lemaster dirige, ils sont pris dans une tempête de neige et leur voiture quitte la route. Près du lieu de l'accident, ils découvrent un cadavre, celui de l'éminent économiste noir Kellen Zant, ancien amant de Julia.
    Ce crime va bouleverser la petite ville universitaire d'Elm Harbor en ravivant les plaies de la question raciale, car ce meurtre semble étrangement lié à celui de Gina Joule, une adolescente blanche prétendument assassinée par un jeune noir il y a 30 ans de cela. Et alors que l'enquête officielle se dirige vers l'hypothèse pas vraiment convaincante du crime crapuleux, Julia s'interroge. Car grâce à d'infimes indices que lui a adressés Kellen, elle découvre qu'avant sa mort il travaillait sur un projet qu'il tenait secret mais qui, d'après lui, pouvait bouleverser le résultat des prochaines élections présidentielles. Alors, un peu malgré elle, guidée par la piste laissée par Kellen, Julia se résout à mener sa propre enquête, tout en veillant sur sa fille Vanessa, inexplicablement obnubilée par la mort de Gina Joule.
    Un foisonnement de détails, une foultitude de personnages secondaires, une enquête caracolant de fausses pistes en rebondissements : démêler l'intrigue s'avère long et fastidieux. Elle aurait sans doute mérité d'être resserrée, surtout dans la première moitié du livre, pour gagner en dynamisme. D'autant plus que le personnage de Julia, notre enquêtrice-amatrice, est d'une agaçante indécision et met un temps excessivement long à décrypter les indices laissés par Kellen. Quant au personnage de Lemaster (sur lequel pèsent quelques soupçons), il est exaspérant de suffisance, de froideur et de rigidité.
    Toutefois ce polar s'avère prenant, pas tant pour l'enquête elle-même (qui tourne un peu en rond), que pour son description en finesse d'une communauté subtilement raciste, et pour sa dissection passionnante de cette élite noire qui a du mal à trouver sa place et à imposer sa voix dans la société américaine actuelle. Les personnages de Carter, malgré leur position sociale privilégiée, sont en permanence confrontés aux limites que leur couleur de peau leur impose.
    Le roman aborde aussi de grands thèmes "moraux" (que font et que sont les individus face à l'ambition, la richesse, le pouvoir, la corruption, la discrimination, et face à l'assassinat de l'un d'entre eux) sans en être "plombant". La principale interrogation de Carter semble être : pourquoi les individus font-ils les choses qu'ils font ? Particulièrement les "mauvaises" choses ? Et comment les justifient-ils ?
    La faiblesse humaine est un sujet troublant et fascinant, qui semble préoccuper et captiver Carter, qui nous captive de même.

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/06/02/la..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 30 juin 2009

    sentinelle
    Etant une grande amatrice des polars sociaux nordiques, je ne pouvais que me laisser tenter par ce roman qui nous plonge, pour changer un peu de continent, dans l'Amérique bien pensante et ses dessous moins reluisants, plus précisément dans une famille afro-américaine appartenant à l'upper class, à savoir l'élite noire américaine et ses difficultés d'intégration dans la communauté blanche malgré leur élévation sociale. En revenant sur le meurtre d'une jeune fille blanche commis trente ans plus tôt, c'est tout un pan de l'Amérique qui s'ouvre à nous : une Amérique où les jeux d'influence, la manipulation et le chantage ne sont que quelques-uns de moyens utilisés pour atteindre ses objectifs et accéder au pouvoir tant convoité.
    Vous l'aurez compris, ce n'est pas tant le côté polar ni le côté thriller qui prédominent dans ce roman mais bien la radioscopie de l'élite de la communauté afro-américaine et la question raciale, sans oublier l'importance des clans et des castes dans la vie communautaire. D'où de nombreux développements qui prennent du temps et qui peuvent parfois sembler un peu longs, surtout vers la fin qui me semblait se trainer et qui aurait franchement gagné à être plus concise. Il ne reste que le propos est intéressant et que ce roman est d'un bon niveau : l'auteur maitrise parfaitement son sujet, appartenant lui-même au milieu aisé afro-américain et étant donc par là-même bien placé pour dévoiler ce que peuvent cacher les apparences d'une pseudo intégration sociale et les concessions nécessaires pour atteindre les échelons élevés d'une société où la couleur de peau reste malgré tout un trait distinctif, et ce quelque que soit son degré de compétence.
    Un roman dont les droits seront, sans nul doute, acheté par Hollywood et que nous verrons adapté sur grand écran d'ici quelques années tant l'histoire s'y prête bien volontiers.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-33245781.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lillou, le 23 septembre 2010

    lillou
    Stephen Carter reprend ici le cadre de son premier roman Échec et mat (l'université d'Elm Harbor, petite ville de Nouvelle-Angleterre) et deux de ses personnages secondaires : Lemaster Carlyle, ancien conseiller du président des États-Unis – à noter que l'auteur le fut auprès de Bill Clinton) et président de l'une des plus prestigieuses universités d'Amérique ; et sa femme Julia, doyenne et vice-présidente de la faculté de théologie. Tous deux forment un couple très en vue, souvent jalousé, et vivent dans le quartier huppé – blanc – d'Elm Harbor.
    Un soir, en rentrant d'une réception, ils découvrent le cadavre de Kellen Zant, économiste réputé, ancien amour de Julia et rival fréquent de Lemaster. Bien malgré elle, Julia se retrouve peu à peu à mener l'enquête sur ce meurtre et à fouiller un passé vieux de trente ans qui implique son mari et ses amis de jeunesse – l'actuel occupant de la Maison Blanche et le sénateur briguant le prochain mandat.
    Dans ce second roman, Carter poursuit son étude de la communauté afro-américaine, ou plutôt de ses élites intellectuelles et financières, et surtout de leurs contradictions : une volonté farouche de défendre les droits de l'«obscure nation » et pourtant une vie quotidienne plus proche des Blancs.
    Par le biais d'une quête de la vérité, c'est de politique et de problématiques raciales dont il est question : les méandres du pouvoir, l'amabilité de façade de certains Blancs pour les Noirs puissants comme les Carlyle, la permanence des idées reçues…
    J'ai dévoré ces 900 pages brillantes et passionnantes, comme je l'avais fait pour Échec et mat – dans lequel j'ai bien envie de me replonger. Très bien écrit, extrêmement intelligent, c'est autant un roman-document à la Tom Wolfe qu'un roman policier.
    L'auteur en semble conscient d'ailleurs et c'est comme s'il introduisait certains passages uniquement pour respecter les « codes » du polar : une intrigue terriblement alambiquée (on finit par s'y perdre quand on lit, comme moi, un peu trop vite), des scènes d'action sans grand intérêt (peu nombreuses, heureusement) et un dénouement haletant et spectaculaire. Dommage, car on préfèrerait des rebondissements plus sobres.
    Mais l'ensemble reste un formidable et captivant roman de société.

    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Fanyoun, le 21 juillet 2009

    Fanyoun
    Les premières du roman ont été lues assez rapidement mais après avoir interrompu ma lecture pour diverses raisons, j'avoue avoir eu du mal à reprendre le fil. La multitude de personnages secondaires, des détails à la pelle ont eu raison de mon manque de concentration. J'ai donc relu en diagonale les chapitres déjà lus et là, la magie a opéré : impossible de lâcher ce roman.
    Le romancier, après avoir dressé un portrait quelque peu "froid" de Carlyle (trop parfait, hautain) recentre son histoire sur Julia. Julia qui va se mettre en quête de résoudre le meurtre de son ancien amant lié indiscutablement à celui de Gina, jeune fille blanche, assassinnée quelques trente plus tôt.
    Un polar certes, mais ce roman n'est pas que cela. L'auteur aborde des thèmes très sérieux sociologiquement , des préjugés dont l'Amérique n'a pas réussi à se défaire : celui de "la pâle nation" et de "l'obscure nation", je crois qu'il est inutile de préciser qui est qui. Ce problème existe toujours mais l'élection récente d'Obama montre cependant une certaine évolution. Carter définit et décrit parfaitement que la couleur de peau est un signe distinctif aux Etats-Unis et ce, malgré la réussite sociale : l'intégration reste difficile et quelques concessions sont indispensables pour gagner respect et reconnaissance au sein de ce pays de plus en plus moralisateur et puritain.
    L'écriture de Stephen Carter est tout en finesse, il joue avec les mots, nous embrouille et les personnages sont construits avec intelligence. Maîtrise parfaite du style. Je ne préfère pas dévoiler même une toute partie de l'histoire, ce serait faire insulte à l'auteur et la manière dont son roman est construit mais vous encourage à vous laisser tenter par cet excellent polar. Si les quelques 650 pages ne vous effraient pas, c'est le thriller parfait pour les vacances. Rebondissements, intrigue et fin surprenante.

    Lien : http://fanyoun.over-blog.net/article-34018964.html
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 29 mai 2009

    Le professeur Zant était l'inventeur d'une formule particulière en économie, n'est-ce-pas ? Une sorte de théorème ? Une méthode pour mieux estimer les valeurs boursières passées en fonction d'événements hypothétiques, a répondu le président, cherchant une nouvelle fois à tester l'intellect des deux limiers. Ils ont attendu la suite. C'était encore à ses débuts, quand j'étais jeune diplômé, a poursuivi Lemaster. L'équation Zant-Feldman, l'une des avancées les plus significatives de la théorie de la finance au cours de ces cinquante dernières années.
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