Il est difficile de résumer ce livre… Non qu'il soit impossible d'en raconter l'histoire, mais il est tellement fait d'amour, de haine et de tristesse, de sentiments indescriptibles, que l'on ne se sent pas capable de les retranscrire sans les trahir.
L'histoire se passe en Russie, sur fond de guerres, celle qui se passe en Tchétchénie, celles qui se trament au sein des familles, celles que mènent les femmes pour sauver leurs fils soldats, avec l'aide du Comité des Mères de Soldats. Et pourtant, c'est bien une histoire d'amour que Carvalho nous relate. L'amour maternel, le premier, le plus important, le plus destructeur quand il s'éteint ou qu'il peine à naître, ou qu'il apparaît de manière détournée. Les liens du sang semblent être pour l'auteur l'essence même de tout cet amour inexplicable, celui qui pousse à tout, même à aller à l'encontre de ce qu'il faudrait faire, de ce que nous dicte la société.
Carvalho nous parle aussi d'un autre amour, pur et inattendu, celui qui peut naître dans l'adversité , celui qui peut être interdit. C‘est l'amour de deux jeunes gens qui est au cœur du roman, cet amour caché et brûlant dont la flamme s'allume au milieu des décombres d'une ville en pleine reconstruction, quel beau symbole !
Avec beaucoup de sensibilité mais sans mélo,
Bernardo Carvalho signe un roman puissant, très sombre.