> Anne McCaffrey (Traducteur)

ISBN : 2253050121
Éditeur : Le Livre de Poche (1989)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
« Je suivis son regard... A côté du vase, sur le napperon, un moulage de dents, les dents les plus tordues et irrégulières que j'aie jamais vues de ma vie. Il n'y avait pas de lèvres sur ce truc affreux, pas de mâchoires, juste des dents en plâtre plantées dans quelque ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 01 mars 2012

    Nadael
    On est bien loin de l'American Dream avec ce recueil de Carver. Au contraire, l'auteur brosse au fil de douze nouvelles le tableau de la réalité sociale de l'américain moyen, à la fin des années soixante-dix. Il dessine de nombreux portraits d'hommes et de femmes enlisés dans des existences râtées et pathétiques, des gens ordinaires qui vivent tant bien que mal avec leurs galères.
    Dans Les Vitamines du bonheur, les couples se déchirent, le chomâge sévit, l'alcool détruit, pendant que le poste de télévision envoie ses images du matin au soir. de futilités en bassesses, d'égoïsme en désespoir, chacun transporte sur son dos sa petite vie médiocre parsemée de minuscule moment de bonheur dans une grande tristesse.
    Les personnages de Carver n'ont aucune aspiration, aucune attente particulière. Leur vie est plate, sans désir et sans issue. L'atmosphère créée par l'auteur met souvent mal à l'aise, ses phrases sont simples et souvent percutantes. Il manie l'absurde avec habileté, oscillant entre la dérision et l'ironie. Il parvient pourtant à émouvoir le lecteur en distillant dans certaines nouvelles de la compassion pour ses personnages.
    Quelques mots sur les douzes histoires, douze points de vue différents de la condition humaine selon Carver :
    Plumes
    Un dîner chez un couple nanti d'un affreux bébé, d'un paon et d'un étrange moulage de dents...
    La maison du chef
    Un ancien alcoolique est contraint de quitter la maison dans laquelle il avait retrouvé la sérénité avec sa femme...
    Conservation
    Un type vient de perdre son boulot quand son frigidaire tombe en panne...
    Le compartiment
    Un homme divorcé décide finalement de ne pas revoir son fils qui l'attend sur un quai de gare...
    C'est pas grand chose mais ça fait du bien
    Un petit garçon vient de mourir, ses parents se consolent auprès d'un pâtissier...
    Les Vitamines du bonheur
    Une jeune femme tente de gagner sa vie en vendant des vitamines à domicile...
    Attention
    Un homme a quitté le foyer conjugal, sa femme lui rend visite dans son nouvel appartement, alors qu'il a une oreille bouchée...
    Là d'où je t'appelle
    Un groupe d'alcooliques dans un centre de désintoxication...
    Le train
    Une femme attend son train dans une salle d'attente, un révolver dans son sac...
    Fièvre
    Un père de famille abandonné par sa femme s'occupe de ses enfants jusqu'au jour où une nourrice vient les garder...
    La bride
    Ruinée, une famille vit quelques semaines dans un motel, l'homme dépense son argent dans les courses de chevaux...
    Cathédale
    Un couple pris dans la routine reçoit la visite d'un aveugle – ami de la femme – quand ce dernier dessine une cathédrale...


    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-les-vitamines-du-bonheur..
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Raymond Carver, de son nom complet Raymond Clevie Carver Jr, né en 1938 et décédé en 1988 d'un cancer du poumon est un écrivain américain surtout réputé pour ses nouvelles, devenu un maître stylistique pour de nombreux autres écrivains du monde entier.
    Ce livre, Les Vitamines du bonheur, est un recueil de douze nouvelles paru en 1976 alors que l'écrivain connaissait enfin le succès après de longues années de métiers divers et de misère. Tous ces textes nous plongent dans une Amérique qu'il connaît parfaitement, celle des petites gens de la classe moyenne, des banlieues et du chômage, des petites vies sans intérêt notable, des soumis à l'alcool et au tabac. Des gens quelconques, ni réellement mauvais ni vraiment cinglés, des gens comme on en rencontre tous les jours que ce soit en Amérique ou ailleurs, ils ont des peines ou des problèmes de chômage, ils vivent sur le fil du rasoir en équilibre instable et c'est là que Raymond Carver les choppe. C'est là que son talent se révèle, il les « photographie » en plein vol. « Oh ! Temps suspend ton vol » clamait le poète, Carver nous les dépeint à cet instant précis, comme en arrêt sur l'image, mais son regard est toujours neutre laissant le lecteur seul et maître d'en tirer la conclusion qui lui plaira.
    Certaines nouvelles peuvent dérouter, dans le train par exemple, en plein milieu de la nuit une femme seule et armée d'un révolver attend un train dans la salle d'attente d'une petite gare quand un couple âgé fait son entrée en se disputant, ils sont bien habillés mais l'homme n'a pas de chaussures… Dans Plumes, un couple est invité à dîner chez le collègue du mari, il y a un paon en liberté qui entre et sort de la maison, un moulage de dents qui trône sur la télévision « L'orthodontiste, il voulait garder ça, dit-elle en posant les dents sur ses genoux. Pas question j'ai dit », et un bébé très laid « Tellement moche que je trouvais rien à dire », pourtant en lisant le texte rien n'est réellement farfelu pour autant. Avec Conservation, quand le frigo-congélateur tombe en panne cela devient un énorme problème à résoudre pour un couple dont le mari est au chômage. Dans le compartiment, un père ne saura pas comment renouer le contact avec son fils qu'il n'a pas vu depuis plusieurs années « Comment devrait-il se comporter devant le jeune homme, à la gare ? Fallait-il l'embrasser ? Cette perspective le mettait mal à l'aise », alors que dans la dramatique nouvelle C'est pas grand-chose mais ça fait du bien, un couple perd son enfant écrasé par une voiture et se fait consoler par un boulanger-pâtissier.
    Ce qui surprend le plus le lecteur quand il s'attaque à un livre de Carver pour la première fois, c'est qu'il ne se passe presque rien, parfois rien du tout même, et pourtant nous sommes subjugués par le texte, ne comprenant pas ce qui nous pousse à continuer notre lecture et pourtant incapable de la stopper. Je ne m'étendrai pas plus sur le style de l'écrivain car un livre récent nous a apprit que contrairement à ce qu'on avait pensé jusque là, le fameux style concis de Carver, n'était en fait que le résultat des coupures de texte réalisées par son éditeur ! Je n'entrerai pas dans cette polémique, de toute façon ce qui est important c'est que le livre soit bon et il l'est.
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    • Livres 4.00/5
    Par iris, le 14 mars 2008

    iris
    les histoires de gens très ordinaires qui vivent des choses très ordinaires deviennent tout simplement palpitantes, quand elles sont racontées par Raymond Carver.
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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 10 août 2011

    patouche
    Des histoires simples, de gens simples.
    L'Amérique profonde, très loin des mirages de Wall-street .
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 01 mars 2012

    Alors je sors les Grant de la caisse. Je les y remets, puis je les en ressors. Ces billets viennent du Minnesota. Qui sait où ils seront la semaine prochaine ? Ils pourraient être à Las Vegas. Tout ce que je sais sur Las Vegas, c'est ce que je vois à la télé – trois fois rien. J'imagine un de mes Grant atterrissant à Waikiki Beach, ou ailleurs. A Miami, New York, ou la Nouvelle Orléans. Je pense à un de ces billets passant de main en main pour Mardi Gras. Ils peuvent aller partout, et tout peut arriver à cause d'eux. J'écris mon nom à l'encre en travers du grand front de Grant : MARGE. En lettres d'imprimerie. Juste au-dessus de ses gros sourcils. Les gens s'arrêteront au milieu de leurs dépenses pour se demander : qui c'est cette Marge? 
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  • Par Nadael, le 01 mars 2012

    –  Jack London avait une grande maison de l'autre côté de cette vallée. Juste derrière cette colline verte que vous regardez en ce moment. Mais l'alcool l'a tué. Que ça vous serve de leçon. Il valait mieux que n'importe lequel d'entre nous. Mais il n'arrivait pas à se maîtriser non plus.(...) Les gars, si vous avez envie de lire quelque chose pendant votre séjour ici, lisez donc son bouquin L'appel de la forêt. (…)
    J.P secoue la tête, puis dit :
    Jack London. Quel nom ! Je voudrais avoir un nom comme ça, à la place du mien. 
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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Pendant l’été, Eileen avait envoyé aux enfants quelques cartes, lettres et photos d’elle, et quelques dessins au crayon et à la plume qu’elle avait faits depuis son départ. Elle avait aussi adressé à Carlyle une longue lettre pleine de divagations, dans laquelle elle lui demandait de la comprendre en cette matière – cette matière – mais elle affirmait qu’elle était heureuse. Heureuse. Comme si, pensa Carlyle, le bonheur était tout dans la vie. Elle ajoutait que s’il l’aimait vraiment comme il le prétendait et comme elle le croyait – elle l’aimait, elle aussi, qu’il ne l’oublie pas ! – alors il comprendrait et accepterait la situation. Elle écrivait : « Ce qui est lié ne peut jamais être délié ». Carlyle ne savait pas si elle parlait de leurs rapports ou de sa vie actuelle en Californie. Il détestait le mot « lié ». Qu’est-ce que ça avait à voir avec eux ? Il se dit qu’Eileen devait être en train de perdre l’esprit, pour parler comme ça. Il relut ce passage puis froissa la lettre
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  • Par Nadael, le 01 mars 2012

     Après le départ d'Eileen pour la Californie, Carlyle avait passé toutes les minutes du premier mois avec ses enfants. Il pensait que c'était le choc du départ d'Eileen qui le faisait réagir comme ça, mais il ne voulait pas les perdre de vue une minute. Ça ne l'intéressait pas de sortir avec d'autres femmes, et pendant un moment, il pensa que ça ne l'intéresserait plus jamais. Il avait l'impression d'être en deuil. Il passait ses jours et ses nuits en compagnie de ses enfants.
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  • Par Nadael, le 01 mars 2012

     J'étais content de la tournure que prenaient les choses, dit-il. J'avais tout ce que je désirais. J'avais une femme et des gosses que j'aimais, et je faisais un métier qui me plaisait. Mais pour une raison quelconque – qui sait pourquoi nous faisons ce que nous faisons ? – voilà qu'il se mit à boire de plus en plus.
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Vidéo de Raymond Carver

Extrait VOST du film "Short cuts" réalisé par Robert Altman, sorti en 1993, adapté de nouvelles de Raymond CARVER. Ce (superbe !) film a obtenu le Lion d'or, lors de la 50e Mostra de Venise.








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