ISBN : 2070128032
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
" Je suis atteint d'un mal étrange, non répertorié par la psychiatrie, un mal dont je connais la source avec précision mais qui perdure depuis l'adolescence en dépit de tous mes efforts pour m'en libérer. Devant le silence effaré de mes interlocuteurs, j'ai donné un nom... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 01 février 2011

    nadejda
    Ce livre est plein de passion, de poésie, de magie.
    Les premières pages nous présentent un quatuor : Joaquim, Naoki, Ricardo, Zoé.
    Il ne se connaissent pas mais le lecteur apprend aussitôt qu'ils sont tous reliés par le mot qui donne son titre au roman «Enigma»
    Joaquim : «Je suis atteint d'un mal étrange, non répertorié par la psychiatrie, un mal dont je connais la source avec précision...... j'ai donné un nom à ce mal. Après une longue hésitation, faute de mieux, je l'ai appelé : syndrome Enigma»
    Naoki : «Malgré mon goût pour la musique, j'ai cessé de la pratiquer mais je me souviens du jour de mes quinze ans où Mishawa, une amie qui étudiait la clarinette et embrassait merveilleusement, m'offrit un disque dont le titre me charma immédiatement : Enigma Variations d'Edward Elgar, un compositeur anglais du XXème siècle. Je l'avais téléchargé sur mon iPod et je l'écoutais chaque jour. C'était devenu un rituel.
    Ricardo : « La vie d'un poète est déraisonnable. Il est très difficile de publier et impossible de gagner de l'argent.
... Mon premier recueil de poèmes, Enigma Variations, n'a pas encore trouvé d'éditeur.
    Zoé : 
« Un jour j'écrirai mon premier roman et je crois que j'en ai déjà trouvé le titre : Enigma... Je tente de capter ce que les autres ne voient pas, je reste de longues heures à sentir la banalité du monde jusqu'au moment où il se met à exhaler un parfum, une fraîcheur qui se métamorphose en mots»
    Chaque membre du quatuor va prendre la parole tour en tour. Entrelaçant leurs voix, ils vont progressivement se rejoindre au sein de la ville de Barcelone attirante et mystérieuse comme ils le sont tous.
Ils se réuniront autour de leur passion des livres mais aussi dans un lien fusionnel formant un seul être à quatre après une initiation douloureuse. Ils entrelaceront aussi leurs corps.
    Mais un lien aussi intense ne peut se maintenir ...... Et je n'irai pas plus loin car il faut préserver l'étonnement , la jubilation, l'émotion que provoque ce livre.

    La littérature est omniprésente dans ce roman avec des variations autour de La Fille aux yeux d'or de Balzac, l'apparition de Enrique Vila Matas et de l'auteur lui-même au sein du récit. Ce roman baigne dans un climat de mystère, de violence froide et de sensualité rendu dans une langue pleine de poésie.
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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 19 août 2011

    argali
    Après Carlos Ruiz Zafon, Antoni Casas Ros est le deuxième auteur espagnol que je découvre. J'apprécie particulièrement la manière dont ils manient la langue, leur poésie et leur choix du mot juste. J'avoue mon inculture en ce qui concerne la littérature espagnole. Sans doute d'autres auteurs plus brillants ont-ils écrit des perles. Je ne demande qu'à les découvrir car vraiment cette façon d'écrire me touche.
    Outre le style, j'ai aimé le sujet de ce roman et la passion que mettent les personnages dans l'aboutissement de leur projet fou qui se concrétise autour de la création d'une librairie. Sans tabou, l'auteur nous livre leurs fantasmes, la part d'ombre de chacun mais jamais il ne tombe dans le vulgaire ou le trivial. Là encore, tout est dit sans détour mais avec légèreté et élégance.
    On se sent mener par le bout du nez dès le début du récit mais on ne peut qu'aller là où l'auteur nous entraine. Là où réalité et fiction se rejoignent, où la littérature est toute puissante et où les héros de papier prennent vie. L'auteur ne pose-t-il pas le postulat que les livres ne sont pas seulement une distraction mais que les personnages des romans que nous lisons nous habitent, nous marquent et nous relient pleinement au monde autant qu'ils nous plongent en nous-mêmes ?
    Par de nombreuses références littéraires, Antoni Casas Ros étaie son propos et l'illustre ne manquant pas au passage de porter aux nues ses écrivains favoris et d'égratigner les autres, tout en se mettant lui-même en scène.

    Un récit jubilatoire, réjouissant et dérangeant, une ode à la littérature et à ses auteurs. L'hommage d'un fan à ses idoles.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ballad, le 03 novembre 2011

    ballad
    Dans ce livre, il s'agit de quatre personnages complètement décalés, en l'occurence Joaquim, Ricardo et Naoki et Zoé, ayant tous en commun leur amour pour la littérature. Ils vont se rencontrer, et leur vie va changer, grâce à un projet complètement insensé et à une thérapie radicale qui va les bouleverser.
    L'écriture ainsi que l'intrigue sont très ludiques : l'auteur se met lui-même en scène, ainsi qu'Enrique Villa Matas, et parle des fins frustrantes des livres de Roberto Bolano et d'autres auteurs. L'histoire est structurée simplement autour de quatre point de vues différents, ce qui rend le champs de lecture distinct. Durant le premier tiers, on est dans un rythme de lecture et une logique plus ou moins normale, et puis le sujet s'enrichit de plus en plus. J'ai aimé la manière dont l'auteur parvient à réunir ces quatre personnages sortant de l'ordinaire, pour en créer une musique chaque fois différente, et en faire un assemblage solide. J'ai aussi aimé la légèreté coexistant avec la gravité, et l'humour de l'auteur ainsi que la manière originale dont, au travers de ses personnages, l'auteur nous parle de la littérature.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 10 février 2012

    IreneAdler
    Barcelone. Un professeur de littérature arrache les pages des livres dont la fin ne lui convient pas. Puis décide un jour de fonder sa propre librairie, où les romans auraient la fin qu'ils méritent, selon lui.
    Il est aidé en cela par une de ses étudiantes et une riche, jeune, et jolie Japonaise qui finance le projet de librairie et de maison d'édition.
    En parallèle à ses travaux d'écriture quelque peu utopiques, vont naître et se croiser des histoires d'amour entre tous les personnages. D'amour et de sexe.
    Une écriture tranchante, qui refuse la simplicité et la compromission.
    Une histoire qui se termine comme un mythe ou un rêve : mal et de façon étrange.
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    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 22 juillet 2010

    wakinasimba
    4 personnages se croisent et finissent par se rencontrer dans Barcelone. Chacun cache une blessure secrète mais l'amour des livres les rapprochent peu à peu. Joaquim, professeur d'université, ouvre finalement sa librairie avec l'optique de modifier les fins des romans qu'il trouvent parfois expéditives.
    Zoé et Naoki s'occupent de faire modifier ces mêmes fins par un imprimeur. Quant à Ricardo, il publie ses poèmes et décide de participer à la supercherie.
    Mon avis :
    Voilà un roman étrange au début intéressant et à la fin renversante. J'ai trouvé toutefois que le milieu manquait de corps, comme si l'auteur ne savait pas où guider ses personnages et avait eut une petite baisse de régime.
    Il est toutefois dommage que je ne connaisse pas mieux la littérature espagnole, j'aurai sans doute mieux compris les diverses références littéraires.
    Ceci dit, les idées du roman sont vraiment très originales et les constantes références à "Enigma" forts intéressantes.
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Citations et extraits

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  • Par NadinePestourie, le 22 mars 2010

    Traverser les livres dans le silence était pour moi une expérience étonnante. Je sentais chaque auteur, chaque texte, d'une manière absolument organique. Les livres avaient un effet direct sur tout mon être et de temps en temps, il fallait que je les change de place. Un volume demandait à venir sur la table pour qu'il trouve son lecteur du jour. Un autre désirait réintégrer les rayonnages, se fondre dans la masse anonyme. Certains auteurs criaient, ne supportaient plus l'ordre alphabétique, ils voulaient clairement échapper à une certaine fatalité de voisinage et le disaient haut et fort. Il suffisait d'être à l'écoute des livres pour comprendre qu'on ne pouvait rien leur imposer. Un livre est un organisme vivant, avec ses besoins, ses rêves, ses revendications. Et trop souvent, les librairies et les bibliothèques ressemblaient à des mouroirs où s'entassaient des êtres débilités. En passant, je pris un petit volume de Reinaldo Arenas : Arturo, l'étoile la plus brillante. Il exigeait d'être lu ce matin même, dans la tranquillité, l'odeur du café, les rires des enfants
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  • Par nadejda, le 03 février 2011

    --- J'aime beaucoup cette idée. Imagine, tous les livres se réinventent eux-mêmes. Les classiques se régénèrent. Les livres ignorés par la critique sont relus et redécouverts, le visage de la littérature change sans cesse, les écrivains n'ont même plus besoin d'écrire, ils regardent stupéfaits leur oeuvre aller vers de nouveaux horizons, les livres se mélangent, forment des couples, les pages volent de l'un à l'autre. Hilarant ! Tu entres dans une librairie et il faut ramper pour échapper aux feuillets qui volent et se cherchent un nouveau livre, un nouveau contexte !
    --- Tu me fais mourir de rire !
    --- Du coup, un livre serait tous les livres. Accès immédiat à la culture. On achèterait qu'un seul livre dans sa vie et on ne cesserait de le relire !
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  • Par nadejda, le 01 février 2011

    Mes éloges étaient rares et passionnés, mais surtout, j’ouvrais des passages mystérieux entre les oeuvres, les mots devenaient sésames, des grottes où les pirates de la littérature avaient entreposé les pépites, les rubis, les émeraudes, les ors et les diamants. Un trésor qui ruisselait dans le langage, qui éclaboussait de ses rutilances au point de révéler à certains êtres prédisposés comment le mystère jaillit d’un style, d’une image, d’un silence ponctué ou d’une ellipse.
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  • Par ballad, le 03 novembre 2011

    « Les êtres font tout pour oublier leur souffrance. Je me suis installée dans la mienne comme dans une vaste demeure où chaque pièce a sa fonction, son style, ses particularités. Je voue à mon mal un culte auquel je sacrifie chaque jour sans me sentir coupée de la vie, à un angle différent de la réalité au-dessus de laquelle j’évolue comme une hirondelle. »
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  • Par nadejda, le 01 février 2011

    Nous passons de la plage à la ruelle étroite où le linge suspendu frémit sous les premiers souffles du vent. Les corps mitoyens, les chambres où l'on dort à quatre. Les rêves n'appartiennent plus à ceux qui les font. Ils se mêlent à ceux d'autres corps, qui les happent comme des caméléons à la langue agile.
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