> Robert Ruard (Traducteur)

ISBN : 2869309457
Éditeur : Payot et Rivages (1995)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
A la fin du siècle dernier, sur les plaines du Nebraska recouvertes à l'infini des mêmes herbes rouges, s'implantent de nombreuses familles d'immigrés européens. Russes, Tchèques, Norvégiens se regroupent en communautés sur des terres qui restent à défricher. Jim a dix ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 17 juillet 2009

    Woland
    My Antonia
    Traduction : Blaise Allan
    Introduit par la citation de Virgile : "Optima dies ... prima fugit" ("Ce sont les temps les plus heureux qui s'enfuient les premiers" - traduction libre), "Mon Antonia" prouve certes que les plus grands nouvellistes, ce qu'était indubitablement Willa Cather, sont beaucoup moins à l'aise, perdus sur le vaste fleuve du roman. Mais il suffit de faire un petit effort, surtout si l'on a déjà été séduit par l'univers de la nouvelliste américaine, pour accrocher à l'histoire de la petite Antonia Shimerda, émigrée de sa Hongrie natale avec toute sa famille pour trouver fortune dans les plaines du Nebraska.
    Elle nous est contée par Jim Burden, qui a grandi avec Antonia et qui, dans sa jeunesse, eut certainement pour elle un sentiment amoureux. Mais au-delà la destinée d'Antonia et de sa famille, au-delà celle des fermiers, puis des citadins qui les entourent, c'est une page de l'immigration européenne sur le Nouveau continent que Willa Cather nous dépeint ici, avec fierté mais aussi avec une nostalgie douce-amère.
    Des émigrants, il y en a partout aux Etats-Unis en ce tout début du XXème siècle : les plus anciens fermiers eux-mêmes ne sont-ils pas, pour la plupart, issus de colons anglais ? Outre les Shimerda qui arrivent directement de Bohême, on y croise une forte colonie scandinave, Norvégiens et Suédois pour la plupart, des Tchèques et même deux Russes. Avec plus ou moins de bonheur, tous affrontent une nature superbe mais exigeante et résolument hostile lorsque se lève l'hiver. Et, à quelques exceptions près, se montrent solidaires les uns des autres. Nous sommes bien loin de l'Amérique hyper-consumériste qui va se développer après la Grande guerre et culminer avec la fin du siècle.
    A un point tel que le lecteur, européen ou pas, est en droit de se demander ce que penseraient les modèles dont Cather se servit pour donner vie à ses personnages de leurs actuels descendants.
    Plus qu'un roman véritable, avec intrigue complexe ou flux de conscience, "Mon Antonia" est surtout un hommage délicat et attendri, rendu par Willa Cather à son pays natal et aux Pionniers ses ancêtres. Il doit se lire comme tel, en se laissant bercer par son rythme paresseux. ;o)
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Emma-saru, le 29 avril 2010

    Emma-saru
    Un livre sur la nostalgie. Nostalgie de l'enfance, des amitiées tissées à cette époque, dans les champs de maïs et au cours des bals quelques années plus tard lorsque l'adolescence sera arrivée. Nostalgie d'une époque également. Epoque où l'Amérique n'était pas encore agro-industrialisée et où chacun réussissait à être autosuffisant ou presque en possédant quelques vaches, poules et cochons et en cultivant maïs, potirons, fruits et légumes divers. le paysage de ce vaste pays a bien changé. Ces Pionniers ont été engloutis dans une machinerie infernale qui les a broyés.
    Je n'ai pas été particulièrement conquise par le style, parfois simpliste, sans grande originalité mais ici, c'est le fond qui prime et ce livre respire l'odeur des moissons automnales, la terre labourée pour le maïs, les foins. Il est emprunt de nostalgie et de douceur à travers ces deux personnages principaux d'Antonia et de Jim auxquels on ne peut que s'attacher. Malgré ses faiblesses, c'est un livre qui m'a beaucoup plu et fait réfléchir sur ce que nous nommons le progrès notamment.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par paimpolaise, le 31 janvier 2012

    paimpolaise
    Achever la lecture d'un roman et le regretter ne m'arrive pas souvent.
    C'est pourtant ce qui s'est passé avec Mon Antonia de Willa Cather.
    J'aurais tant voulu que l'histoire ne s'achève pas pour continuer de suivre le destin des personnages.
    Certes, il leur arrivait de m'agacer, mais je m'étais attachée à eux, je les aimais et étais entrée dans leurs familles.
    Mon Antonia est de ces romans dans lesquels il ne se passe pas grandes choses et dont les protagonistes sont des gens bien ordinaires aux destinées sans strass ni paillettes et c'est sans doute cela qui les rend si attachants.
    J'y ai trouvé ce petit "je ne sais quoi" propre aux grands romans qui content l'histoire de l'Amérique.
    Antonia, petite émigrée tchèque du début du XXe siècle qui veut réussir sa vie m'a fait fermer ce ligre à regret, comme cela m'est arrivé avec Quatre saisons à Mohawks (Richard Russo)ou Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee).
    J'aime ces histoires de petites gens qui vivent pour de vrai.

    Lien : http://parole-et-papier.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 28 février 2011

    Beatrice64
    Une histoire d'amitié-amoureuse entre deux enfants de Pionniers, au début du siècle, dans les vastes plaines herbeuses du Nebraska. Magnifique.
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    • Livres 4.00/5
    Par veronique55, le 28 juillet 2010

    veronique55
    Tchèques, russes, norvégiens in XIX émigrent dans les plaines arides du Nebraska. Deux enfants : Jim et Antonia vont croiser leurs destins sur les chemins chaotiques de la vie avec la ténacité. La dure réalité des premiers Pionniers avec leurs joies et leurs peines.

    Lien : http://bib.lavardac@gmail.com
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 17 juillet 2009

    ... Je m'assis au milieu du potager - les serpents n'auraient guère pu s'approcher sans être vus - et j'appuyai le dos contre un potiron jaune, que le soleil avait tiédi. Quelques coquerets, chargés de fruits, poussaient le long des sillons. J'écartai les gaines triangulaires qui protégeaient les fruits - on aurait dit des enveloppes de papier - et je mangeai quatre ou cinq baies. Tout autour de moi, des sauterelles géantes, deux fois plus grosses que les sauterelles de Virginie, faisaient de l'acrobatie parmi les feuillages desséchés. Les rats à bourse couraient sur le sol labouré. Dans le fond du vallon, le vent ne soufflait pas très fort, mais je l'entendais bourdonner sa chanson là-haut, sur la plaine où ondoyaient les hautes herbes. Sous mes jambes, la terre était chaude ; elle était chaude aussi quand je l'écrasais entre mes doigts. D'étranges petits insectes rouges apparurent et tournèrent autour de moi en escadrons flâneurs. Ils avaient le dos laqué de vermillon et semé de taches noires. Je restais aussi immobile que possible. Il ne se passa rien. D'ailleurs, je n'attendais aucun événement. Semblable à un potiron, j'étais simplement quelque chose qui gisait sous le soleil et recevait ses rayons, et je n'en demandais pas davantage. Je me sentais parfaitement heureux. Peut-être est-ce là ce qu'on éprouve quand on meurt et qu'on devient partie d'un grand tout, que ce soit l'air et le soleil, ou la bonté et la connaissance. Je ne sais pas, mais le bonheur, c'est ça : se dissoudre dans un grand tout. Et quand le bonheur nous vient, il nous vient aussi naturellement que le sommeil. ...
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  • Par Woland, le 17 juillet 2009

    ... Mrs Harling et Frances [épouse et fille d'un riche notable de Black Hawk, ville où la famille Burden s'installe dans la seconde partie du livre] avaient eu une longue discussion avec Ambrosch au sujet de l'allocation qu'Antonia recevrait pour ses vêtements et son argent de poche. Selon l'idée d'Ambrosch, c'était à lui que les gages de sa soeur devaient être payés chaque mois, payés jusqu'au dernier centime, et c'était lui qui achèterait à Antonia les vêtements qu'il estimerait nécessaires. Lorsque Mrs Harling déclara fermement qu'elle réserverait cinquante dollars par an pour l'usage personnel d'Antonia, il prétendit qu'on attirait sa soeur en ville avec l'intention de l'habiller comme une dame et d'en faire une mijaurée. Mrs Harling nous fit une description colorée du manège d'Ambrosch pendant l'entrevue ; il bondissait à chaque instant et enfonçait sa casquette sur la tête, comme s'il mettait un point final à toute l'affaire ; sa mère le tirait alors par la veste et lui donnait des conseils en tchèque. Au bout du compte, Mrs Harling consentit à payer trois dollars par semaine les services d'Antonia - de bons gages à l'époque - et à lui fournir les chaussures. Ces chaussures d'ailleurs avaient donné lieu à une vive discussion ; Mrs Shimerda était arrivée à convaincre Mrs Harling en promettant de lui envoyer chaque année trois oies grasses, pour "être quitte." ...
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  • Par veronique55, le 28 juillet 2010

    P 134 « Une fois, il y eu un bel orage électrique, avec trop peu de pluie pour risquer d’abîmer le grain déjà coupé. Les hommes allèrent se coucher dans la grange aussitôt après dîner. La vaisselle faite, Antonia grimpâmes sur le toit en pente du poulailler pour regarder les nuages. Le tonnerre faisait des roulements métalliques semblables au bruit des tôles agitées, et les éclairs surgissaient, traçaient des grands zigzags à travers le ciel, faisaient apparaître les choses et les rapprochaient de nous l’espace d’un instants. Le ciel d’un côté était chargé d’un damier de gros nuages d’orage tout noirs alors que vers l’est, il était clair et lumineux ; la partie avec les nuages en damier ressemblait à un pavement de marbre, comme le quai de quelque ville portuaire, vouée à la destruction. De grosses éclaboussures de pluie tiède tombaient sur nos visages tournées vers le ciel. Un nuage noir pas plus gros qu’une barque, dériva et entra dans l’espace clair, tout seul, et avança régulièrement vers l’ouest. Tout autour de nous, nous entendions le battement feutré des gouttes qui s’écrasaient dans la poussière molle de la cour de la ferme. »
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Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire"
Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire" - Où il est question notamment de Michel Foucault et d'Hervé Guibert, de Jérôme Lindon, de Samuel Beckett, Marguerite du ras, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Robert Pinget, Pierre Bourdieu et de Gilles Deleuze, d'un père et d'un fils et de filiation, d'amitié et d'amour, de littérature, de la rue de Vaugirad et de LSD et d'opium, d'impudeur et d'indiscrétion,de rencontres, de Willa Cather et de Caroline Flaubert, , et aussi des larmes aux yeux, à l'occasion de la parution de "Ce qu'aimer veut dire" de Mathieu Lindon aux éditions POL, à Paris le 13 janvier 2011








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