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ISBN : 2070443868
Éditeur : Gallimard (2011)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Pour évoquer la mémoire de l’écrivain Benjamin Lorca, deux amis, un frère et une ex-compagne prennent successivement la parole. Quatre voix qui se complètent ou se diffractent, à rebours des quinze années qui nous séparent de sa mort tragique. La découverte d’un journal intime que le disparu a laissé derrière lui ravive en eux la tentation de saisir enfin cet être si fuyant, égaré, insaisissable. Les quatre narrateurs trouveront-ils une quelconque révélation dans ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
carre
07 avril 2012
  • 4/ 5
Le nouveau Arnaud Cathrine affirme un peu plus l'auteur dans les plus doués de sa génération. Benjamin Lorca s'est suicidé, conséquence d'un mal être persistant. Tour à tour, des proches racontent ce que fut la vie de l'être aimé ou apprécié et les signes avant coureurs de son geste radical .
Cathrine reprend des thèmes qui lui sont chers, le mal être, la mélancolie, la difficulté de trouver sa place, toujours traité avec beaucoup de pudeur de justesse et de sensibilité. Au fil des pages, l'on découvre un homme qui à préféré s'éloigné du cocon familial, pour se perdre dans le jeu et l'alcool.
Cathrine traque l'intime et nous livre un roman tout simplement bouleversant.
N'hésiter pas à découvrir son univers notamment "Les vies de Luka", "La route de Midland"ou "Sweet home".
Et pour les fans dont je fais partie, vous l'aurez compris, Cathrine avec son pote Florent Marchet à écrit un spectacle musical excellent : " Frère animal".
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Ingannmic
28 juillet 2014
  • 4/ 5
Arnaud Cathrine serait-il obsédé par l'absence, par les fantasmes qu'elle suscite en nous, par ces moments où nos désirs et nos attentes nous font subjectivement imaginer les pensées, les sentiments de celui qui nous manque ?
"Le journal intime de Benjamin Lorca" est le troisième roman que je lis de cet auteur (après "La route de Midland" et "L'invention du père"), et le troisième dont l'histoire tourne autour d'un disparu. Et c'est non pas la personnalité du défunt qui fournit à l'intrigue sa consistance, mais la perception que d'autres en ont gardé.
L'absent est Benjamin Lorca, écrivain trentenaire qui s'est donné la mort. C'était un homme solitaire et énigmatique, originaire de Normandie où il avait laissé ses parents et son frère pour vivre à Paris une existence dont il ne leur livrait rien.
Souvent, il a exprimé ses regrets, déploré son manque de courage face à son incapacité à écrire sur lui-même. Certaines scènes de ses romans s'inspiraient bien d'événements qu'il avait vécus, mais jamais il n'a ouvertement couché sur le papier ses angoisses, le mal-être dont ses proches captaient, par intermittences, quelques indices, mais dont ils n'ont pas véritablement décelé l'ampleur.
Or, Benjamin aurait laissé, enregistré sur son ordinateur personnel, un journal intime...
Arnaud Cathrine construit son roman comme un compte à rebours, qui débute quinze ans après la mort du héros, pour se rapprocher, par étapes, des moments qui ont suivi son suicide. le lecteur y est amené par différents narrateurs, dont le degré d'intimité avec le défunt s'accroit avec la progression du récit.
Plus que la personnalité de ce dernier, c'est le regard que ses proches portaient sur lui qui est ici important, les questions -et les remises en question-, les émotions provoquées par les circonstances de sa mort. Chacun des individus qui s'exprime nous livre une approche différente de cette mort, qui en révèle bien plus sur sa propre personnalité que sur celle de Benjamin.
Comme pour démontrer que finalement, c'est nous-même, et non pas l'autre, que nous définissons par la manière dont nous percevons cet autre.
Hormis la première partie, dont j'ai détesté le narrateur, qui se montre d'un égocentrisme et d'une prétention agaçants, j'ai une fois encore grandement apprécié l'écriture élégante d'Arnaud Cathrine, et la sensibilité qui en émane. Sa façon de traiter les émotions de ses personnages, avec pudeur et clairvoyance à la fois, les rend très attachants.
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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monito
26 avril 2010
  • 4/ 5
Benjamin Lorca, 34 ans, écrivain, s'est suicidé. Juste après, cinq ans, dix ans, quinze ans plus tard, son seul amour, son frère, son ami, un éditeur-ami évoquent cet homme qu'ils ont tous aimé, évoquent son souvenir mais aussi un journal intime, son journal intime, élément inconnu. Devra t-il être lu, devra t-il être publié ?
Dans cette forme si particulière qu'affectionne Arnaud Cathrine d'être lui-même plusieurs narrateurs et ainsi de donner à lire sous des angles différents de mêmes sujets, nous découvrons, au-delà d'un personnage complexe et torturé, un peu « évident » même pour illustrer un écrivain, les thématiques des facettes multiples d'un individu, des parts de soi différentes offertes à son entourage et, de fait, les perceptions différentes qui font qu'un Homme, outre ce qu'il est intrinsèquement, est aussi ce que chacun voit en lui, comme autant de reflets de ces miroirs assemblés démultipliant à l'infini notre visage.
Chacun des quatre narrateurs aura aimé Benjamin, à sa façon, à sa place et finalement aura offert, à chaque fois une vie différente, mais toujours et communément cette impression de l'inachevé que la mort brutale rend plus pénible encore.
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Rebka
20 septembre 2016
  • 3/ 5
Les livres d'Arnaud Cathrine se ressemblent un peu tous, mais ce n'est pas grave, on sent qu'il est vraiment hanté par certains thèmes et qu'il essaye d'exorciser tout ça par l'écriture. Ici particulièrement on le devine présent derrière les lignes, cette histoire d'écrivain désespéré, c'est un peu la sienne.
Pour ma part, j'accroche bien à son style, j'aime cette écriture fluide à la fois infiniment sensible et pleine de pudeur où on peut finalement en lire autant entre les lignes que dans les lignes. J'aime la tonalité nostalgique que l'on retrouve une fois de plus ici : les regrets, l'amour frustré, le mal être, l'impossibilité de comprendre la mort (le suicide) de quelqu'un que l'on croyait proche et, en toile de fond, une fois de plus aussi, l'évocation de ces stations balnéaires abonnées au hors-saison. le résultat est beau, doux et triste comme une petite pluie sur une plage normande…
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pilyen
14 novembre 2011
  • 3/ 5
J'aime bien le chanteur Florent Marchet, son air décalé de danseur solitaire de boîte ringarde du fin fond du Poitou. En surfant sur le net, j'ai appris qu'il avait concocté quelques vidéos et spectacles avec l'écrivain Arnaud Cathrine. N'ayant jamais lu cet auteur, bien qu'il ait officié quelques temps sur France Culture, je me suis donc plongé dans son dernier livre paru en poche: le journal intime de Benjamin Lorca.
C'est un récit à quatre voix autour d'un romancier mort une dizaine d'années plus tôt et qui a laissé dans un ordinateur un ultime texte : son journal intime.
Ces quatre voix, sont quatre personnes qui ont aimé, chacune à leur manière ce Benjamin : un éditeur, amoureux transi, son jeune frère, une ancienne maîtresse et son meilleur ami. Chacun apporte son éclairage particulier sur ce Benjamin, personnage fuyant, dont personne n'a compris le suicide.
Ca se laisse lire, car écrit dans un style plaisant mais j'ai senti que l'enjeu de ce livre était ailleurs que dans le réel portrait de ce Benjamin Lorca et de son mystérieux journal intime.
J'ai eu l'impression d'avoir, en creux, le portrait de l'auteur et de son entourage. Ne connaissant pas les autres écrits d'Arnaud Cathrine et encore moins ses amis, j'en reste au stade des questions. Si quelqu'un a les véritables clefs de ce roman, je souhaiterai qu'il m'en fasse part (à moins que je ne fabule un peu, voulant donner à ce plaisant roman un intérêt qu'il n'a peut être pas).
A ce stade de l'enquête, je n'en suis qu'à la phase du questionnement :
Benjamin, est-il le portrait de l'auteur ou est-ce une évocation de Vincent de Swarte, autre écrivain décédé en 2006, à qui est dédié ce roman?
Est-ce le même Benjamin qui est évoqué dans la chanson figurant sur le dernier album de Florent Marchet?
Ronan, l'ami qui pousse sur scène le Benjamin du roman, est-ce Florent Marchet?
Ce livre est-il lu et apprécié par quelqu'un qui ne fait pas partie de la bande d'Arnaud Cathrine?
Arnaud Cathrine, est-il vraiment traversé par une envie de suicide et nous envoie-t-il avec ce roman un appel au secours?
Dans ce cas que font ces amis?
Bon, j'arrête là, car je vais finir par écrire la suite ce livre, mais sans le talent narratif de l'auteur, qui réussit à nous offrir un roman finalement très stimulant.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre01 novembre 2012
Depuis qu'il publie, Benjamin a fait rentrer chez nous nombre d'auteurs... Emballements, agacements : Benjamin écoute les avis sans sourciller; la littérature doit finir au milieu de l'arène, c'est sa vocation.
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lilyetseslivreslilyetseslivres16 avril 2010
Benjamin cultivait les dernières paroles. C’était là un vice un peu morbide qu’il cultivait en forme de conjuration. Solennel et ironique, il me les citait avant d’entrer en scène. Il affectionnait tout particulièrement les derniers mots d’Henri Calet dans Peau d’Ours :
C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides.
Je suis déjà un peu parti, absent.
Faites comme si je n’étais pas là.
Ma voix ne porte plus très loin.
Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie.
Il faut se quitter déjà ?
Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.
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carrecarre03 novembre 2012
Je crains de ne pas devenir celui que vous voulez.
Je crains de ne pas avoir été celui que vous vouliez.
Je crains d'être méconnu (peut-être est- ce pour cela que je ne veux pas rester inconnu).
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carrecarre04 novembre 2012
Arrêter ce journal. Je crains d’y consigner tout ce qui pourrait forger la matière de mes prochains livres. Ne vaut-il pas mieux vivre dans la rétention ? Ainsi naissent les romans. Quand on ne peut plus se taire.

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liratouva2liratouva226 juin 2010
Comme un certain nombre de maladies mortelles qui ne manifestent leurs symptômes que lorsqu'il est trop tard, Benjamin connaissait sans doute l'évidence et pas si rare difficulté à vivre qui forge les êtres les plus résistants et coriaces, de ceux qui bataillent comme personne, font le plus proprement illusion et qu'on décrète par suite invincibles. A tort, bien sûr.
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Arnaud Cathrine parle de son dernier livre «À la place du cœur»
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