ISBN : 2221109627
Éditeur : Robert Laffont (2007)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Dimanche midi, dans un bel hôtel particulier parisien, la famille est rassemblée autour de Jean, le père, pour fêter ses cinquante-quatre ans. Six jours plus tard, tout le monde est de nouveau réuni - cette fois pour son inhumation.
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 11 janvier 2009

    lilyetseslivres
    « En vérité je vous le dis, je ne vous connais point. Veillez donc ; parce que vous ne savez ni le jour ni l'heure. »
    Le livre s'ouvre sur l'image d'un homme marchant sur la plage. En contrechamps, un autre homme qui lui promène son chien. Ils ne se connaissent pas, ou peut-être si, peut-être ont-ils joué ensemble, enfants… le premier a tout d'un parisien en vacances, un peu avant l'heure, la saison n'a pas encore commencé. Il se parle à lui-même avec la conscience accrue de celui qui observe ce qu'il aimait pour la dernière fois. Et il se met à penser à l'homme au chien, à ce qu'il doit bien penser de lui, « Un Parisien qui se tenait là, debout, à regarder la mer, pieds nus dans le sable », évoquant confusément une publicité pour un parfum, quand le temps paraît suspendu autour d'un homme vêtu de lin clair qui semble ne devoir jamais vieillir.
    Oui, c'est comme ça qu'il parlera de moi en ouvrant son journal régional qui titrera peut-être, selon la formule consacrée aux faits divers : « Hier matin, un homme de cinquante-quatre ans a trouvé la mort. » »
    Le chapitre se clôt sur cette conversation silencieuse,
    « - Vous vous êtes cru immortel n'est-ce pas ? »,
    Pour revenir, comme en flash back, six jours plus tôt, le jour même de l'anniversaire de Jean, l'homme habillé de lin clair sur la plage. Un déjeuner de famille est organisé pour l'occasion, Jean doit fêter ses cinquante-quatre ans, tous ses enfants, petits enfants sont réunis dans leur belle maison parisienne, tout au fond d'une impasse jalousement gardée par un gardien. Champagne de rigueur, photo de famille… Jean reste vissé à son fauteuil, il attend son messager, il s'appelle Gabriel, comme l'ange… L'ange ami de jeunesse, l'ange médecin qui apporte l'enveloppe, une enveloppe qui doit sceller, il le pressent, sa destinée.
    Six jours plus tard, Jean meurt sur cette plage.
    Après l'anniversaire, c'est l'enterrement, autre cérémonie autour du patriarche, l'homme à qui tout avait réussi, l'homme qui devait se croire immortel… Etrangement, absent à jamais, il n'en est encore que plus présent. Il est là en creux, et chaque membre de sa famille, sa femme, ses fils et belles-filles, en lui rendant leur dernier hommage, règlent leurs comptes, vident leur sac, dans l'apaisement retrouvé ou la colère. Chacun, tour à tour, va prendre la parole, braquer le projecteur sur tel ou tel évènement, et de cette mosaïque de témoignages ressort, magnifiquement émouvante et troublante, le portrait non pas d'un seul homme, celui que l'on vient de mettre en terre, mais de toute une famille, orpheline et soudainement adulte.
    Un livre magnifique et bouleversant.
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  • Par sylvie, le 27 février 2009

    sylvie
    Ce livre a tous les traits du roman noir à la Japrisot ( celui de L'été meurtrier et d'Un long dimanche de fiançailles): c'est un roman choral qui nous porte dans une intrigue glauque, sévère et sans concession, mais au lieu de se passer chez les « sans grades », nous voilà propulsés dans les sphères d'une certaine grande bourgeoisie très aisée.
    Si nous lisons la quatrième de couverture, nous savons déjà ce qu'une partie des protagonistes ne sait pas encore : Jean, le chef d'entreprise brillant et tout plein de réussite, grand saint patron de la sainte famille va mourir, il est atteint d'une grave maladie…
    Celui qui vient annoncer la nouvelle est Gabriel, le vieil ami médecin. Il arrive le jour de l'anniversaire de Jean, comme un coursier anonyme et pourtant ancien amant de Madame Mère. Il interrompt la réunion de famille qui s'apprêtait à se mettre à table et à lever un verre au Big Deal, dernière affaire très juteuse contractée elle aussi il y a peu… Il clôt ainsi la première partie de l'histoire, qui nous a fait vivre cet anniversaire avec les yeux et les émotions de chacun des membres adultes de la tribu.
    La seconde partie est construite autour du jour de l'enterrement de Jean. Là, tous les acteurs s'adressent au mort, lâchant reproches, rancœurs, questionnements, peurs et fantasmes dus aux petits et grands secrets qui ont fait ou défait leurs vies. C'est assez terrible, souvent lâche, petit et étriqué… Mais les mots sont justes, et l'on se prend à comprendre chacun dans ses errements et petites douleurs qui pourrissent leurs vies…
    Finalement, nous aurons également de la compassion pour le héros de la famille, antipathique à plus d'un titre, mais qui, en grand artiste de la maîtrise choisira de mourir sans subir les humiliations et les souffrances de traitements qu'il préfère fuir. Il ne part pas sans rien dire, il laisse un message que chacun est invité à méditer : un livre ouvert sur la parabole des vierges folles, Évangile selon saint Matthieu, 25, 1-13)
    Cette parabole semble être le centre et la clé de ce texte. Elle reste en tête, avec la belle image du grand livre « Rembrandt et la bible » ouvert à la bonne page, dans le bureau du défunt, comme un ultime message par delà la mort.
    J'ai été particulièrement sensible aux très belles pages qui décrivent le suicide du héros. De très belles images traversent ce roman, les décors et les paysages affleurent, on est un peu au cinéma...


    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/02/de-maniere-connaitre-le-..
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    • Livres 3.00/5
    Par moustafette, le 11 mars 2011

    moustafette
    Dans la famille "Tout dans l'apparence", je voudrais... Personne !
    C'est la première idée qui me vient en refermant ce livre.
    En ce jour anniversaire du patriarche, on a droit à une belle brochette de personnages, puisque toute la tribu est réunie avec femmes et enfants, masques et colifichets Prada, complexes et vanités, rancoeurs et regrets.
    Un ange trublion passe, Gabriel, très vieil ami de la famille, et dépose son cadeau enrubanné de mauvais augure.
    On prend les mêmes moins un, le patriarche, et on recommence une semaine plus tard pour la grande comédie des funérailles. Les masques tombent, les complexes s'exposent, les vanités se ravalent, les rancoeurs se dévoilent mais les regrets restent.
    Mais point de jeu de massacre, non, car chez ces gens-là on cause pas, on compte, et chacun de se confesser dans son coin, avare de partager ses émotions, de protéger ses vérités. C'est moins dangeureux de parler au mort, plutôt qu'aux vivants...
    Un récit polyphonique à huit voix qui apportent chacune leur tour une pièce supplémentaire à ce puzzle double-face. Celui qui inaugure le jeu, en posant la première pierre, détient aussi le pouvoir de faire voler le tout en éclats en tirant prématurément sa révérence.
    Bref, une famille pas très sympathique, mais à laquelle, grâce aux dernières pages, j'abandonne tout de même un peu de compassion, et tous mes respects au patriarche...
    Roman de la maîtrise, il en va de même pour le style et l'écriture de l'auteur, masculine, concise et pragmatique, sans bavure.



    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2008/02/19/index.html
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Citations et extraits

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  • Par sylvie, le 27 février 2009

    « Alors il en sera du Royaume des cieux comme de dix vierges qui s'en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l'époux. Or cinq d'entre elles étaient sottes et cinq étaient sensées. Les sottes, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d'huile ; tandis que les sensées, en même temps que leurs lampes, prirent de l'huile dans les fioles. Comme l'époux se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Mais à minuit un cri retentit : "Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre !" Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. Et les sottes de dire aux sensées : "Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent." Mais celles-ci leur répondirent : "Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous." Elles étaient parties en acheter quand arriva l'époux : celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !" Mais il répondit : "En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas !" Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. » (Évangile selon saint Matthieu,
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  • Par moustafette, le 11 mars 2011

    Puis, gravissant le perron, traversant le hall, je suis entré dans le salon, comme quelques jours auparavant, où je les ai tous retrouvés, mais dans une configuration différente, comme une cellule dont les atomes auraient été mélangés, dans une répartition anarchique des plus et des moins, des noirs et des blancs.
    Oui, c'est exactement cela que j'ai ressenti en les voyant, l'anarchie, le désordre, le renversement des valeurs, comme si l'unité et l'harmonie de ta famille avaient disparu en même temps que toi, parce que tu en étais le garant.
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