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Critiques sur Voyage au bout de la nuit (43)


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    • Livres 5.00/5
    Par totom le 25/03/2010


    Ouvrez-le à n'importe quelle page, et lisez-en un passage à haute voix...
    Céline ne mâche pas ses mots, il les mastique jusqu'à en extraire le suc.
    Ca claque, ça grouille, ça pète, ça chie, ça pleure, car "l'existence, ça vous tord et ça vous écrase la face"

    Il y a un avant et un après avoir lu ce livre.

    critique de qualité ? (50 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Cath36 le 16/06/2011


    Immense coup de coeur ! On a tellement dit du mal de Céline que j'ai longtemps renâclé à le lire, et puis j'ai voulu me faire moi-même ma propre idée. Haineux, Céline ? Pas dans "voyage au bout de la nuit" en tous cas , où il démonte au contraire un par un les mécanismes qui conduisent à la haine, et ce avec une lucidité impitoyable. Pas d'illusions sur la nature humaine, pas de fioritures, pas de complaisances sur une pseudo-fraternité, mais des tentatives pour prendre du recul face à ce qui détruit l'être humain et tenter d'apprendre à vivre malgré cela ou plutôt avec. Il y a chez Céline un mélange contradictoire entre désespoir et désir de vivre envers et contre tout que je trouve magnifique et qui pourrait aider la plupart d'entre nous. Car ce n'est pas de se voiler les yeux qui fait avancer, mais de regarder les choses en face et d'en rire si on le peut. Ainsi que le disait Pascal, l'homme est plus grand que ce qui l'écrase parce qu'il est doué de conscience. Je pense que le regard de Céline sur la vie m'accompagnera longtemps, comme celui d'un ami qui aura eu le courage de dire tout haut ce que je pensais tout bas.
    Et tant pis pour le "politiquement correct" ! C'est la vérité qui nous aide, pas le mensonge.

    critique de qualité ? (34 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par chartel le 29/01/2012


    A quoi ça sert d'ajouter une ânerie de plus, alors que tant d'autres y ont bavé dessus, sur le voyage au bout de la nuit ? Peut-être que c'est plus fort que nous ? Que quand y a des conneries à déblatérer on y peut rien, on veut afficher sa sale gloriole pour pas déjà sentir la charogne. Mais y a rien à faire. On se putréfie quand même. C'est sûrement pour ça que j'en rajoute une croûte. Parce que c'est joué quoi qu'on dise ou qu'on fasse.
    Mais y a pas à dire, même si le monde de Bardamu est jaune-pipi, on a jamais si mal parlé pour bien dire les choses.

    critique de qualité ? (21 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 06/07/2011


    Un parcours de vie chaotique pour Louis Ferdinand Destouches dit Céline né en 1894. Placements, déménagements,engagement volontaire en 1912, blessure en 14, départ pour l'Afrique coloniale entre 16 et 18, études de médecine, mariage,divorce, il commencera "Voyage au bout de la nuit" en 1929, mais ce livre qui obtiendra le Prix Renaudot ne sera édité qu'en 1932.
    Connu par la suite pour ses violents pamphlets antisémites, sur la liste des écrivains collaborateurs, il deviendra après la deuxième guerre mondiale un homme à abattre, fuira en Allemagne avec sa deuxième femme Lucette, sera emprisonné au Danemark durant deux ans et demi puis écrira à Meudon ses derniers ouvrages qui lui donneront une place primordiale dans la littérature française.
    Délirant? Paranoäque? Difficile à dire, son écriture fut qualifiée de psychotique car il passe de la réalité à la fiction de manière continue.
    Celà s'expliquerait par son clivage, Destouches(le médecin)- Céline(l'écrivain).
    Voyage au bout de la nuit, écrit dans un style imité de la langue parlée mélé d'argot, parsemée de bons mots, sa pâte inimitable, dénonce l'absurdité du monde, les horreurs de la guerre de 14, puis de l'après guerre.
    Son personnage principal,Ferdinand Bardamu, a, comme l'auteur, une image négative de ses origines et de sa condition: "La race, ce que tu appelles comme ça c'est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux,puceux, transis qui ont échoué ici poursuivis par la faim,la peste,et le froid,venus vaincus des quatre coins du monde".
    Engagé volontaire, pris dans l'étau infernal de la mort (inspiré du vécu de l'auteur), hostile à l'héroïsme,lâche, il hurle sa hargne:"Bandes de charognes, c'est la guerre!", essaye de résister à la folie ambiante, perd ses illusions, "les hommes sont des pourritures en suspens", méprise les autres.
    Il se méfie de tout, même des arbres et de leurs embuscades où la mort peut se cacher.
    Son intermède avec Lola, infirmière américaine "au coeur et au corps tendres" , aux yeux de chat sauvage,panse un peu ses plaies d'angoisses saignantes, car il est fou de peur.
    Puis c'est Musyne, la violoniste.
    Jaloux il se sent exclu:"récapitulons,les aviateurs m'avaient pris Lola,les Argentins Musyne et cet harmonieux inverti enfin venait me souffler ma superbe comédienne".Persécuté, il sent que l'on chuchote derrière son dos.
    Bardamu veut rester maître de son destin (comme Céline). "On m'avait possédé une fois à l'impression, on ne m'aurait plus"
    Réformé, il part en Afrique où anticolonialiste, il s'insurge contre l'enfer et l'exploitation de l'homme par l'homme,il étouffe et souffre.
    Il continue sa route en Amérique où, anticapitaliste, de petit boulot en petit boulot,il refuse toute morale et se perd dans le fond du gouffre des bordels. Molly, la prostituée généreuse, l'intime, le repêche.
    Il revient en France pour exercer son métier dans une banlieue de misère.Au départ, il "promet la santé, aux malades puis perd petit à petit sa mauvaise habitude".Et c'est les Henrouille,Madelon l'amante de Robinson et parfois la sienne, Angéline.....
    Mais ce Bardamu, mu par son barda, émergera t il, un jour ou peut être une nuit, de son voyage?
    D'emblée les dés sont pipés car "l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches".
    Il faut d'abord chercher à devenir soi même avant de mourir, prone Céline.
    Pessimiste, communiste, désespéré, noir, mais brillant!

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Luniver le 18/10/2011


    "Voyage au bout de la nuit" est un livre bouleversant. Je l'ai acheté en lisant un commentaire de Beigbeder, qui décrivait l'ouvrage comme un "dépucelage mental". Cette réflexion m'avait amusé sur le coup, mais finalement, ça décrit très bien ce que j'ai ressenti.

    Les premières pages sur la guerre m'ont littéralement scotché : c'est sombre, mais ça sonne tellement vrai. La suite des tribulations de Bardamu provoque le même effet : toutes les petitesses des humains, aux quatre coins du monde, y sont décrites avec un réalisme et un cynisme saisissants. On sort un peu hébété de cette lecture. Parfois, je me demande si je n'ai pas lu l'entièreté du livre la bouche ouverte et les yeux écarquillés.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par yann-frat le 16/08/2009


    voyage au bout de la nuit
    Louis - Ferdinand Céline
    1932
    Histoire: Ferdinand Bardamu n'est pas de ce monde, il doit pourtant le traverser. Des tranchées de 1914 aux rues de New-York, en passant par l'Afrique hideuse et les caveaux de Toulouse il avance les mains vides et ouvertes regardant défiler devant lui par le menu tous les raffinements possibles dont use l'homme pour écraser et humilier ses semblables.

    Style : Oubliez ce que vous avez entendu dire. Ce style est sublime en étant lisible. Des fois je ne sais pas dire pourquoi je considère tel livre comme n'étant pas de la littérature, voici un contre exemple...

    Oui: Ce livre est comme une pierre froide que vous vous attachez autour du coup avant de plonger dans une mare profonde. Une fois parti il n'y aura pas de retour, pas de fin dans la contemplation de la saleté humaine.
    Pourtant, étrangement, au dernier tiers c'est comme si la pierre vous quittait et vous laissait en plan. Vous avez alors deux solutions: soit arrêter et remonter à la nage en abandonnant le livre au risque de rester avec vos questions, soit courir après la pierre pour la rattraper et finir le chemin, pour arrêter d'en parler... Il y a un vrai combat dans la lecture de ce livre qui vous travaille en profondeur et je pense qu'on ne peut pas le finir sans renoncer à quelque chose…
    Une fois fini par contre je ne pense pas qu'on puisse l'oublier, et comment l'oublier quand nos contemporains répètent encore à l'infini la lâcheté, la bêtise, la haine que vomit ce texte.

    Non: A lire sans réserve évidemment... Mais à éviter cependant si vous êtes déjà en dépression, si vous ne supportez pas la façon dont on vous écrase innocemment la gueule, ou que vous êtes un professionnel de santé dont le cabinet est en difficulté... Dire qu'il y a peu d'espoir dans ce livre est un doux euphémisme...

    Conclusion : Je me suis offert ce livre pour mon anniversaire et c'est drôle comme il a tapé exactement là où j'ai mal. Pour ne rien vous cacher j'ai dû l'arrêter un moment avant de le reprendre tant l'identification avec Bardamu était forte... et douloureuse. Je sentais que ce texte voletait autour de moi depuis quelques temps et maintenant je sais pourquoi. Et il me reste à vivre avec tout ça...

    Oui ou non: OUI!!!!!!!!!!! (même si je ne le relirais certainement pas ;)) )
    "Quant aux malades, aux clients, je n'avais point d'illusion sur leur compte... Ils seraient dans un autre quartier ni moins rapace, ni moins bouchés, ni moins lâches que ceux d'ici. le même pinard, le même cinéma, les mêmes ragots sportifs, la même soumission enthousiaste aux besoins naturels, de la gueule et du cul, en referaient comme là-bas comme ici la même horde lourde, bouseuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques."


    Lien : http://xannadu.canalblog.com

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par david-dupere le 06/10/2010


    Oubliez tout ce que vous avez entendu sur la vie de CELINE. Mon livre référence , une peinture réaliste de l'être humain et de ses comportements les plus noirs : de plus en plus d'actualité !!!!

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb le 31/07/2011


    Le personnage principal traverse la première guerre mondiale, la colonisation, les épreuves de la vie avec un regard sans voile. Il n'est pas le héros qu'on attend dans un roman, il est vous, moi. C'est d'autant plus déstabilisant qu'il montre une société minée, corrompue, foncièrement bâtie sur les bas instincts de l'homme, sur sa misère.
    Je l'ai lu avec peine d'abord. Pris quelques repères critiques. Relu, dévoré. Relu encore. Depuis, il est de ces romans vers lesquels je retourne régulièrement. Un chef-d'oeuvre par le regard que pose l'auteur sur notre société et par le style, unique.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par attila le 30/06/2011


    Nietzche disait : " il faut avoir un chaos à l'intérieur de soi pour accoucher d'une étoile qui danse" le Voyage est une étoile (noire) qui danse !!
    Céline disait qu'il avait mis sa peau sur la table pour écrire. Comment en douter ? impossible de faire une critique de ce livre qui est l'oeuvre d'un grand fauve. ce livre est comme la pomme qu'Eve a tendu à Adam : une fois croquée, rien ne peut plus être comme avant. Inutile d'essayer de dire ou de décrire ce qu'est le Voyage, il faut le lire, rien d'autre.

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Alcapone le 18/11/2011


    Le voyage au bout de la nuit, est pour Céline, une définition de la vie. Ainsi, remontant le fil de sa propre histoire, l'auteur réputé pour son pessimisme, célèbre t-il dans ce roman, l'imagination. Sa façon de dénoncer l'absurdité du monde et son dégoût de l'humanité est unique (Quand le moment du monde à l'envers est venu et que c'est être fou que de demander pourquoi on vous assassine, il devient évident qu'on passe pour fou pour peu de frais. p.64). Céline est l'écrivain de l'argot et du langage parlé. S'exprimant par aphorismes à travers le récit de Bardamu, l'auteur, pourtant montré du doigt en raison de ses textes antisémites et son engagement collaborationniste, n'en finit pas de marquer ses lecteurs. Inspiré de son expérience personnelle, ce roman est le récit d'un homme vaincu, celui d'un homme dont l'espoir dans la nature humaine a disparu. voyage au bout de la nuit est un roman initiatique dont chaque chapitre est une dénonciation : celle de l'absurdité de la condition humaine... Guerre et colonialisme n'ont semé que mensonge et lâcheté (La guerre, c'était en somme tout ce qu'on ne pouvait pas comprendre. Ca ne pouvait pas continuer. p.12). Chacun se mure dans son égoisme avec toutes les préoccupations qui l'accompagnent : misère, errances, humiliations, maladie, mort... Seule, l'imagination semble une bonne piste car "Quand on n'a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop. Voilà mon avis. Jamais je n'avais compris tant de choses à la fois." p.19.

    Symbole du anti-héros par excellence, Bardamu m'a à la fois interpellée et énervée. Ce qui m'a d'abord plu dans l'écriture de Céline a fini par me lasser sur 500 pages. La manie de l'auteur de s'exprimer par aphorismes m'a donné l'impression que l'auteur misait un peu trop sur sa facilité à balancer des évidences enveloppées dans des phrases bien tournées. Oui, c'est son style mais voilà : ça m'a un peu fatiguée. J'ai lu ce roman il y a maintenant quelques années, et il ne m'avait pas marquée plus que ça. J'ai voulu y revenir en pensant que j'étais passée à côté d'un chef d'oeuvre. Pourtant, si ce roman est marquant (peut-être pourrais-je dire pour son époque?), je persiste à penser malgré quelques passages délicieusement pertinents et impertinents, qu'il n'est pas pour moi une révélation. Il faut le lire évidemment, mais après tout, on ne peut pas toujours être d'accord avec tout le monde ! "Donc, on ne se méfie jamais assez des mots, c'est ma conclusion." p.487


    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/voyage-au-bo..

    critique de qualité ? (12 votes positifs)






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