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ISBN : 2913388655
Éditeur : Cadex (2008)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est un livre d'images prégnantes qui se traverse comme un rêve. À la fin - au réveil - on sait ce qu'on a vu sans pouvoir le décrire. Reste la sensation d'avoir approché quelque chose que la réalité n'aurait pas pu révéler ou qu'on aurait pas su reconnaître.
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Labyrinthiques, le 12 mai 2012

    Labyrinthiques
    J'aime sou­vent les petits livres. Un petit livre c'est comme une petite boîte. Enfant, je me sou­viens que j'aimais les petites boîtes. Je sais bien ne pas être le seul dans ce cas, mais je me sou­viens que je les ado­rais avec une fas­ci­na­tion inver­se­ment pro­por­tion­nelle à la taille de la boîte. Je leur prê­tais le pou­voir quasi magique d'y recé­ler les mille tré­sors amas­sés au cours de notre très longue exis­tence d'enfant. Et puis elle est petite la boîte ! Elle passe inaper­çue. En cela, elle cor­res­pond avec exac­ti­tude à l'idée que l'on se fait d'un cache-trésor, d'un confi­dent des objets trou­vés et pré­cieux : ici l'ombrelle en papier et au par­fum de vanille d'une glace man­gée à la ter­rasse d'un café, là une petite voi­ture ban­cale extraite de cet œuf jaune plas­tique tant convoité, ici le petit caillou tout blanc qu'on n'a pas jeté dans la rivière, le caillou res­capé… Tous ces objets, pris indé­pen­dam­ment, paraissent d'une immense vacuité aux yeux des adultes mais ils tissent pour­tant ensemble un réseau de rela­tions et de réso­nances qui forment la base des sou­ve­nirs mytho­lo­giques qui res­sur­gi­ront plus tard. Beau­coup plus tard. Car…
    Une petite boîte, c'est discret.
    Ça s'oublie.
    Dans une poche ou sous un lit.
    Une petite boîte ça réapparaît.
    Ça ne s'efface jamais vraiment de la réalité.
    Le voyageur sans voyage de Pierre Cendors est un petit livre. Carré comme peuvent l'être les petites boîtes de notre enfance. Il commence sur le quai d'une gare et finit nulle part. C'est un voyage sans retour et à jamais répété du train bleu qui surgit la nuit et traverse la gare. Jamais ne s'arrête, jamais ne descendent ni ne montent des voyageurs... Mais quel est donc ce mystérieux train bleu qui revient tous les soirs et qui n'est jamais tout à fait présent, ni tout à fait fantomatique ?
    Un narrateur, un enfant, une énigme mystérieuse... Quelque chose qui pourrait être de l'ordre du souvenir, ou du rêve. Mais on ne saurait dire avec discernement. Ce petit livre, il n'y a rien à redire, est une petite boîte de l'enfance, trouvée sur le quai d'une gare...
    « C'est un livre d'images prégnantes qui se traverse comme un rêve. A la fin - au réveil - on sait ce qu'on a vu sans pouvoir le décrire. Reste la sensation d'avoir approcher quelque chose que la réalité n'aurait pas pu révéler ou qu'on n'aurait pas su reconnaître. »
    Cécile Wajsbrot, préface du Voyageur sans voyage.
    Voilà qui résume parfaitement l'impression rémanente qui perdure en nous lorsque nous quittons, à notre tour, le quai du livre. Pierre Cendors taille ce livre avec douceur, avec exactitude, simplicité et concentration, tant et si bien qu'en ouvrant la main je désirais ardemment y trouver mon petit caillou blanc, le rescapé.


    Lien : http://www.labyrinthiques.net/2012/05/12/le-voyageur-sans-voyage-pie..
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  • Par delitterys, le 02 octobre 2012

    delitterys
    Il y a d'abord le livre, format presque enfantin, carré qui déborde la paume, et, sur la couverture, titre rouge mordu, des lignes de vitesse, esquissant fuite, faille, et rayant un visage d'homme dévoré par le silence.
    Puis les mots s'infiltrent, à petits pas de conte, pour dire le passage d'un train fantomatique, sans arrêt ni direction, filant, bleuté d'un gel esquissant l'idée d'une fenêtre, « griffé de brume sèche, brûlé de la poussière des champs, des orages d'une terre sans chemins ». le texte dit l'attente, la répétition du mystère, la certitude de son existence, de son mouvement perpétuel vers l'ailleurs.
    Il dévoile des voix qui interrogent ce passage imprécis : celle du narrateur, adulte en quête d'épiphanie, celle de l'enfant, curieux prophète à la voix d'italique, deux voix palpant la lisière de cette fable sans souvenir.
    Elles s'entrelaceront jusqu'à la révélation, mots mordus à « l'encre lourde d'un regard », paroles réactivées sur les sillons pâles de la page, où tournoient ensemble les brumes floues de la légende-rêve et les ombres-sang de la réalité.
    Pierre Cendors façonne un conte moderne interrogeant le pouvoir suggestif du verbe et les tréfonds de l'imaginaire contemporain : son écriture dense laisse le lecteur muet, débordé d'images où le mot s'interstice, étrange inquiétude, inquiétante étrangeté. le voyage qu'il propose est donc tant celui qui mène à travers un style s'avivant comme une peinture, que celui traversant une forêt de symboles oscillant au fil des pages et des fluctuations d'une mémoire voilée.
    Un court texte qu'on lit comme une intuition (c'est-à-dire, étymologiquement, un regard tourné vers l'intérieur) fulgurante, de celles qui, perçant les brumes des non-dits, font jaillir le saisissement du souvenir… texte doublé d'un très bel objet – saluons, une nouvelle fois, le beau travail de Cadex (papier feutrant sensuellement la lecture, format transformant le livre en petit trésor, introduction frôlée d'une plume amicale d'écrivain) et les illustrations, justes échos, de Vincent Fortemps !

    Lien : http://www.delitteris.com/notules/le-voyageur-sans-voyage/
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    • Livres 4.00/5
    Par Fiona-thoustra, le 12 novembre 2011

    Fiona-thoustra
    D'abord on est frappé par la qualité du livre, et le format « au carré ». le texte est court mais dense par les impressions distillées. Sans vouloir dévoiler l'argument, on touche au plus près le cœur de la merveille. C'est-à-dire que la lecture fait passer du côté du pur imaginaire, page à page. Deux pôles complémentaires : le rêve et l'enfance, et le narrateur qui tend à réconcilier l'un et l'autre. Les illusions restent à quai. Un wagon balai effacera les destins scellés. La clé du livre qui sonne comme une solution inouïe renverse la vapeur et précipite l'horizon d'attente dans une perspective plus réaliste et dramatique, qui rend plus lisible tous les symboles prémonitoires antérieurs. le titre condense l'absurde fondamental.
    Jacques Morin, Décharge, N° 138
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Extrait de l'intervention de Pierre Cendors au Café littéraire" de Bollène pour son roman "ENGELAND " (Editions Finitude) le 13 mai 2011.








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