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ISBN : 2708704206
Éditeur : Editions Présence Africaine (2000)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 164 notes)
Résumé :
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
Myriam313 décembre 2014
  • Livres 5.00/5
"Au bout du petit matin"... une île se dévoile, rues en terre battue, cases éparpillées et coqs chantant, avant qu'on ne leur torde le cou. Une île où l'on mange, où l'on travaille, une île odorante, bruyante, vivante, animée par la nature, soufflée par les tornades, brûlée par le soleil.
"Au bout du petit matin"... Aimé Césaire, étudiant à la Sorbonne dans les années 30, loin de son île, prend du recul et écrit sur la Martinique un long poème de révolte, d'espoir et de désarroi, et se fera ainsi le chantre de l'écriture "noire" francophone.
Césaire nous dresse ici un portrait vivant de cette île encore sous le joug de la France, des Blancs. Ce portrait est souvent violent, critique; la population est majoritairement illettrée et pauvre et parfois passive face aux traitements qu'elle subit.
Césaire n'est pas seulement Martiniquais, il est tous les Noirs, tous les peuples opprimés, dominés, soumis à l'esclavage, maltraités, fouettés, humiliés mais aussi ceux qui se sont battus, révoltés, tel Toussaint Louverture.
Ce recueil se voulait manifeste pour la cause des Noirs, contre le colonialisme et toute forme d'oppression. le texte est merveilleusement beau et riche, autant dans les propos que dans l'écriture.
Il faisait partie de la sélection des tous premiers textes imposés en cours de Lettres, en Terminale, au Bac littéraire. Une riche idée, qui ouvre le regard sur la poésie contemporaine mais aussi sur un passé encore tout frais.
(Re)Lu dans le cadre du Challenge Poésie 2014-2015
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cicou45
cicou4515 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Un texte sur l'amour du pays, sur l'amour des peuples mais aussi, et surtout, sur la bêtise humaine. Un texte critique envers l'Europe et ses stéréotypes stupides sur les noirs mais aussi un texte sur l'égalité des races humaines.
Dans ce pamphlet, Aimé Cesaire n'est pas rempli de rancoeur envers le peuple européen, il critique seulement ses erreurs passées et apprend, avec beaucoup d'humour, à se moquer de sa propre race.
Un livre plein d'humour et de dérision qu'il ne faut surtout pas lire au premier degré. Bien qu'un peu difficile d'accès et de compréhension parfois (on perd facilement le fil), la beauté du texte et du sens de ce dernier permet largement au lecteur de se ressaisir et l'invite, suite à cette lecture, à une longue méditation sur ce qui a été dit et écrit. A découvrir !
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Bislys
Bislys29 juillet 2016
  • Livres 3.00/5
En refermant ce livre j'avoue que j'ai du mal à savoir ce que j'en ai vraiment pensé. J'ai été captivé par la poésie et l'atmosphère qui se dégagent du texte. Mais dans le même temps, je l'ai trouvé très difficile. J'ai un peu honte de l'avouer, mais dans certaines phrases, je ne connaissais même pas la moitié des mots. Cahier d'un retour au pays natal méritera sans doute une seconde lecture dans quelques temps. Une jolie découverte qui me laisse tout de même perplexe...
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Charybde2
Charybde216 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Sans doute le texte le plus fort de la "négritude". Puissance toujours renouvelée.
Publié en 1939, ce poème de 75 pages est probablement la réalisation littéraire la plus puissante conçue dans le mouvement de la négritude, à partir de 1934.
Sans doute moins académique et ampoulé que Senghor, plus ample que Damas, le texte fondateur de Césaire se lit et se scande à voix haute, alternant des moments calmes d'énergie ramassée, concentrée, rassemblée en un poing fermé prêt à frapper, et des moments d'exorde libérateur, de rage déversée, orientée, tumultueuse, pour clamer la différence revendiquée de l'homme noir, son refus des canons imposés par les canonnières, et son rêve éveillé d'une histoire autre, qui n'a jamais signifié l'absence d'histoire - comme certains dirigeants européens particulièrement réfractaires à l'inteliigence pouvaient encore vouloir le proclamer à Dakar en 2007...
Relu attentivement à plus de vingt ans de distance à l'occasion d'une soirée 'Littératures antillaises" à la librairie Charybde, le texte porte une force toujours renouvelée. À peine sa lecture achevée monte désormais une envie difficilement répressible de s'y plonger à nouveau, de se baigner dans cette langue riche, précise, affûtée où même les affèteries occasionnelles semblent porter un sens caché.
Une très grande oeuvre (dont on peut aussi goûter plusieurs extraits superbement mis en musique et en voix par Arthur H et Nicolas Repac dans l'album de poésie "L'or noir").
"Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore.
Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !
Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
mais ils savent en ses moindres recoins le pays de souffrance
ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements
ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
ceux qu'on domestiqua et christianisa
ceux qu'on inocula d'abâtardissement
tam-tams de mains vides
tam-tams inanes de plaies sonores
tam-tams burlesques de trahisons tabides
Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales
par-dessus bord mes richesses pérégrines
par-dessus bord mes faussetés authentiques
Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?
vienne le colibri
vienne l'épervier
vienne le bris de l'horizon
vienne le cynocéphale
vienne le lotus porteur du monde
vienne de dauphins une insurrection perlière brisant la coquille de la mer
vienne un plongeon d'îles
vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces
viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes
viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil
il y a sous la réserve de ma luette une bauge de sangliers
il y a tes yeux qui sont sous la pierre grise du jour un conglomérat frémissant de coccinelles
il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière
(Calme et berce ô ma parole l'enfant qui ne sait pas que la carte du printemps est toujours à refaire)"
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Nierika
Nierika03 avril 2016
Je ne souhaite pas vous parler du texte (ou du moins, pas seulement), mais plutôt d'une expérience de théâtre.
Oui, de théâtre. Car j'ai eu l'occasion d'assister, au Tarmac, à une des rares représentations du Cahier d'un retour au pays natal*. Boulot - métro - théâtre, vessie pleine et mal-accompagnée : j'arrive au théâtre persuadée que l'apparente aridité de la langue serait impossible à incarner et que sa transposition sur scène serait terriblement..."chiante". (Mea culpa d'une langue-à-moi qui pèche trop souvent par sa vulgarité).
Le rideau s'ouvre alors sur Etienne Minoungou, seul sur scène. du dénuement de la mise en scène, mille images d'actualités me reviennent, et les mots apparaissent : "Au bout du petit matin...". Je reconnais des passages relus à-la-va-vite dans le métro, en (re)découvre d'autres, et le rythme prend. Impossible de me souvenir, deux semaines après, de l'intelligente succession de textes, ni du jeu habile du comédien - conteur - porte-voix. Il ne me reste que la force du récit, la force des images, et le faux-rire gêné à l'évocation du "nègre grand comme un pongo qui essayait de se faire tout petit sur un banc de tramway". Et ces passages litaniques... "Mon héroïsme, quelle farce ! Cette ville est à ma taille. Et mon âme est couchée. Comme cette ville dans la crasse et dans la boue couchée." Et la pièce qui s'achève, laissant le relais au public haletant de toute cette poésie...
Alors merci au Tarmac, merci aux équipes pour ce beau moment de relecture et de vivacité. Et tant pis pour ma voisine, cette mécréante soumise, qui a dormi tout du long.
* http://www.letarmac.fr/la-saison/spectacles/p_s-cahier-d-un-retour-au-pays-natal/spectacle-92/
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea13 mars 2010
Et venant je me dirais à moi-même :
"Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."
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OrpheaOrphea13 mars 2010
Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies". Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : "Embrassez-moi sans crainte...Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai".
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OrpheaOrphea13 mars 2010
Au bout du petit matin, l'extrême, trompeuse désolée eschare sur la blessure des eaux ; les martyrs qui ne témoignent pas ; les fleurs du sang qui se fanent et s'éparpillent dans le vent inutile comme des cris de perroquets babillards ; une vieille vie menteusement souriante, ses lèvres ouvertes d'angoisses désaffectées ; une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ; un vieux silence crevant de pustules tièdes, l'affreuse inanité de notre raison d'être.
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JennyJameerJennyJameer26 mars 2012
"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir."
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VilloteauVilloteau23 février 2013
Partir

Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?
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Videos de Aimé Césaire (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aimé Césaire
Émission "Au cours de ces instants" diffusée le 13 février 1966 sur France Culture. Aimé Césaire s'exprime au micro de José Pivin, à la faveur d'un entretien scandé par des extraits de trois pièces du poète : "Et les chiens se taisaient", "Une saison au Congo" et "La tragédie du roi Christophe".
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