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ISBN : 2708704206
Éditeur : Editions Présence Africaine (2000)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalypt... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 15 avril 2012

    ballad
    Dans la postface de ce livre, André Breton en dit : « c'est le plus grand monument lyrique de tous les temps ». Il dit de l'auteur qu'il s'imposa de plus en plus à lui comme « le prototype de la dignité ».
    Il est vrai que beaucoup de dignité se dégage de ces lignes. La Poésie d'Aimé Césaire n'est pas de la douce poésie. C'est un cri de révolte, une expression de douleur ou de joie parfois. L'expression de sa « négritude », comme il l'appela lui-même. Dans ce long poème lyrique, le poète s'exprime cyniquement avec des mots très crus, mais curieusement avec toujours beaucoup d'élégance, et on sent qu'il a un combat à mener. Son souci est de parler de son pays la Martinique, de toutes les souffrances de ses frères dues au colonialisme, à l'esclavagisme, au racisme, à la pauvreté. Porte-parole tenace, Césaire ne fléchit à aucun moment : la violence de ses mots, l'énergie de son écriture, et sa détermination, font de lui un meneur absolu. Lire Césaire a été pour moi comme de marcher sur un chemin de montagne pierreux. Ça m'a fait un peu souffrir parfois mais cela n'enlève rien au fait que la vue a été belle.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 mai 2012

    cicou45
    Un texte sur l'amour du pays, sur l'amour des peuples mais aussi, et surtout, sur la bêtise humaine. Un texte critique envers l'Europe et ses stéréotypes stupides sur les noirs mais aussi un texte sur l'égalité des races humaines.
    Dans ce pamphlet, Aimé Cesaire n'est pas rempli de rancœur envers le peuple européen, il critique seulement ses erreurs passées et apprend, avec beaucoup d'humour, à se moquer de sa propre race.
    Un livre plein d'humour et de dérision qu'il ne faut surtout pas lire au premier degré. Bien qu'un peu difficile d'accès et de compréhension parfois (on perd facilement le fil), la beauté du texte et du sens de ce dernier permet largement au lecteur de se ressaisir et l'invite, suite à cette lecture, à une longue méditation sur ce qui a été dit et écrit. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 16 mars 2013

    Charybde2
    Sans doute le texte le plus fort de la "négritude". Puissance toujours renouvelée.
    Publié en 1939, ce poème de 75 pages est probablement la réalisation littéraire la plus puissante conçue dans le mouvement de la négritude, à partir de 1934.
    Sans doute moins académique et ampoulé que Senghor, plus ample que Damas, le texte fondateur de Césaire se lit et se scande à voix haute, alternant des moments calmes d'énergie ramassée, concentrée, rassemblée en un poing fermé prêt à frapper, et des moments d'exorde libérateur, de rage déversée, orientée, tumultueuse, pour clamer la différence revendiquée de l'homme noir, son refus des canons imposés par les canonnières, et son rêve éveillé d'une histoire autre, qui n'a jamais signifié l'absence d'histoire - comme certains dirigeants européens particulièrement réfractaires à l'inteliigence pouvaient encore vouloir le proclamer à Dakar en 2007...
    Relu attentivement à plus de vingt ans de distance à l'occasion d'une soirée 'Littératures antillaises" à la librairie Charybde, le texte porte une force toujours renouvelée. À peine sa lecture achevée monte désormais une envie difficilement répressible de s'y plonger à nouveau, de se baigner dans cette langue riche, précise, affûtée où même les affèteries occasionnelles semblent porter un sens caché.
    Une très grande œuvre (dont on peut aussi goûter plusieurs extraits superbement mis en musique et en voix par Arthur H et Nicolas Repac dans l'album de poésie "L'or noir").
    "Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore.
    Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !
    Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
    ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
    ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
    mais ils savent en ses moindres recoins le pays de souffrance
    ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements
    ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
    ceux qu'on domestiqua et christianisa
    ceux qu'on inocula d'abâtardissement
    tam-tams de mains vides
    tam-tams inanes de plaies sonores
    tam-tams burlesques de trahisons tabides
    Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales
    par-dessus bord mes richesses pérégrines
    par-dessus bord mes faussetés authentiques
    Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?
    vienne le colibri
    vienne l'épervier
    vienne le bris de l'horizon
    vienne le cynocéphale
    vienne le lotus porteur du monde
    vienne de dauphins une insurrection perlière brisant la coquille de la mer
    vienne un plongeon d'îles
    vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces
    viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes
    viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil
    il y a sous la réserve de ma luette une bauge de sangliers
    il y a tes yeux qui sont sous la pierre grise du jour un conglomérat frémissant de coccinelles
    il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière
    (Calme et berce ô ma parole l'enfant qui ne sait pas que la carte du printemps est toujours à refaire)"
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    • Livres 3.00/5
    Par bolulou3, le 01 mars 2013

    bolulou3
    j'adore tous ce qui révolution et dénonciation. Dans ce livre j'ai appris que la nostalgie peut' être une source d'amertume qui nous pousse a extérioriser nos ressentiment mes aussi nos désarrois dans nos écris on trouve de tous car sur les mots qu'on pose sur les feuilles on dépose nos sentiments et ceci tous sans exception. Selon moi il a trop d'amertume pour ne fais que juger sans pour autant accepter de mettre les partie sombre de sa société mais aussi de ses moeurs souvent abusive. J'aime la façon dont c'est écrit et surtout la façon dont il aborde le sujet et décrive son pays ses moeurs je pense que tout antillais devais se faire l'honneur d'acheter ce livre et le garder comme un don précieux car dans ce livre est une description est faite et c'est celui de leur pays.
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    • Livres 3.00/5
    Par nuitet0ilee, le 28 janvier 2013

    nuitet0ilee
    Cahier d'un retour au pays natal était à l'honneur du festival « le goût des autres » d'Aimé Césaire. Faisant partie de l'équipe, j'ai voulu découvrir cette oeuvre.
    Cette oeuvre est un poème qui semble parfois obscure, cet aspect m'a parfois gêné dans ma lecture mais j'espère y retourner plus tard.
    Ce poème est un cri poignant avec une écriture violente, un livre court (75 pages) mais c'est ce qui fait sa force en plus de l'écriture. Césaire y dénonce le colonialisme, l'esclavage.
    Il montre sa fierté d'être nègre, on note son amour pour son pays, son peuple ; cet amour est touchant à voir. Ça m'a donné envie de lire Discours sur le colonialisme.
    Je vous laisse avec un extrait :
    «Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde que nous parasitons le monde qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde mais l'œuvre de l'homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'à fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite.»

    Lien : http://novelenn.wordpress.com/2013/01/28/cahier-dun-retour-au-pays-n..
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Citations et extraits

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  • Par PiertyM, le 07 avril 2014

    Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir.

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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Et venant je me dirais à moi-même :
    "Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."

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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Au bout du petit matin, l'extrême, trompeuse désolée eschare sur la blessure des eaux ; les martyrs qui ne témoignent pas ; les fleurs du sang qui se fanent et s'éparpillent dans le vent inutile comme des cris de perroquets babillards ; une vieille vie menteusement souriante, ses lèvres ouvertes d'angoisses désaffectées ; une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ; un vieux silence crevant de pustules tièdes, l'affreuse inanité de notre raison d'être.
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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies". Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : "Embrassez-moi sans crainte...Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai".
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  • Par Orphea, le 20 avril 2011

    Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions.
    Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l’œil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temples en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre.
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Vidéo de Aimé Césaire

Césaire l'universel du 17-04 .
Retrouver ce contenu dans son intégralité sur pluzz.francetv.fr.Présenté par F. d'AlmeidaAvec J. Ziegler, D. Sopo, V. Lurel, Y. Naim, Y. Omarjee, M. Fanon-Mendès-France, C. CésaireDepuis le Parlement européen de Bruxelles. En hommage à Aimé Césaire, disparu le 17 avril 2008, ce dernier débat évoque l'universalité de sa pensée. Anticolonialiste lucide, solidaire des courants novateurs engagés pour la refondation d'un universel écartelé où les blessures de l'oppression, de la haine et de la déshumanisation saignent encore, Aimé Césaire a éclairé les voies de la réconciliation et de l'acceptation de l'autre tel qu'il est, avec son identité propre. Avec Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, Younous Omarjee, député européen, Mireille Fanon-Mend








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