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ISBN : 2708704206
Éditeur : Editions Présence Africaine (2000)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalypt... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 15 avril 2012

    ballad
    Dans la postface de ce livre, André Breton en dit : « c'est le plus grand monument lyrique de tous les temps ». Il dit de l'auteur qu'il s'imposa de plus en plus à lui comme « le prototype de la dignité ».
    Il est vrai que beaucoup de dignité se dégage de ces lignes. La Poésie d'Aimé Césaire n'est pas de la douce poésie. C'est un cri de révolte, une expression de douleur ou de joie parfois. L'expression de sa « négritude », comme il l'appela lui-même. Dans ce long poème lyrique, le poète s'exprime cyniquement avec des mots très crus, mais curieusement avec toujours beaucoup d'élégance, et on sent qu'il a un combat à mener. Son souci est de parler de son pays la Martinique, de toutes les souffrances de ses frères dues au colonialisme, à l'esclavagisme, au racisme, à la pauvreté. Porte-parole tenace, Césaire ne fléchit à aucun moment : la violence de ses mots, l'énergie de son écriture, et sa détermination, font de lui un meneur absolu. Lire Césaire a été pour moi comme de marcher sur un chemin de montagne pierreux. Ça m'a fait un peu souffrir parfois mais cela n'enlève rien au fait que la vue a été belle.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 mai 2012

    cicou45
    Un texte sur l'amour du pays, sur l'amour des peuples mais aussi, et surtout, sur la bêtise humaine. Un texte critique envers l'Europe et ses stéréotypes stupides sur les noirs mais aussi un texte sur l'égalité des races humaines.
    Dans ce pamphlet, Aimé Cesaire n'est pas rempli de rancœur envers le peuple européen, il critique seulement ses erreurs passées et apprend, avec beaucoup d'humour, à se moquer de sa propre race.
    Un livre plein d'humour et de dérision qu'il ne faut surtout pas lire au premier degré. Bien qu'un peu difficile d'accès et de compréhension parfois (on perd facilement le fil), la beauté du texte et du sens de ce dernier permet largement au lecteur de se ressaisir et l'invite, suite à cette lecture, à une longue méditation sur ce qui a été dit et écrit. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 16 mars 2013

    Charybde2
    Sans doute le texte le plus fort de la "négritude". Puissance toujours renouvelée.
    Publié en 1939, ce poème de 75 pages est probablement la réalisation littéraire la plus puissante conçue dans le mouvement de la négritude, à partir de 1934.
    Sans doute moins académique et ampoulé que Senghor, plus ample que Damas, le texte fondateur de Césaire se lit et se scande à voix haute, alternant des moments calmes d'énergie ramassée, concentrée, rassemblée en un poing fermé prêt à frapper, et des moments d'exorde libérateur, de rage déversée, orientée, tumultueuse, pour clamer la différence revendiquée de l'homme noir, son refus des canons imposés par les canonnières, et son rêve éveillé d'une histoire autre, qui n'a jamais signifié l'absence d'histoire - comme certains dirigeants européens particulièrement réfractaires à l'inteliigence pouvaient encore vouloir le proclamer à Dakar en 2007...
    Relu attentivement à plus de vingt ans de distance à l'occasion d'une soirée 'Littératures antillaises" à la librairie Charybde, le texte porte une force toujours renouvelée. À peine sa lecture achevée monte désormais une envie difficilement répressible de s'y plonger à nouveau, de se baigner dans cette langue riche, précise, affûtée où même les affèteries occasionnelles semblent porter un sens caché.
    Une très grande œuvre (dont on peut aussi goûter plusieurs extraits superbement mis en musique et en voix par Arthur H et Nicolas Repac dans l'album de poésie "L'or noir").
    "Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore.
    Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !
    Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
    ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
    ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
    mais ils savent en ses moindres recoins le pays de souffrance
    ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements
    ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
    ceux qu'on domestiqua et christianisa
    ceux qu'on inocula d'abâtardissement
    tam-tams de mains vides
    tam-tams inanes de plaies sonores
    tam-tams burlesques de trahisons tabides
    Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales
    par-dessus bord mes richesses pérégrines
    par-dessus bord mes faussetés authentiques
    Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?
    vienne le colibri
    vienne l'épervier
    vienne le bris de l'horizon
    vienne le cynocéphale
    vienne le lotus porteur du monde
    vienne de dauphins une insurrection perlière brisant la coquille de la mer
    vienne un plongeon d'îles
    vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces
    viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes
    viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil
    il y a sous la réserve de ma luette une bauge de sangliers
    il y a tes yeux qui sont sous la pierre grise du jour un conglomérat frémissant de coccinelles
    il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière
    (Calme et berce ô ma parole l'enfant qui ne sait pas que la carte du printemps est toujours à refaire)"
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    • Livres 4.00/5
    Par claudeparis936, le 17 juillet 2014

    claudeparis936
    Initiateur avec Senghor de la Négritude : redonner au peuple noir la fierté de ses racines africaines.
    La Poésie d'Aimée Césaire n'est pas engagée politiquement et dépasse les limites des Antillais. Sa lecture est rendue difficile par son lyrisme et , souvent, par l'aspect surréaliste des images qui déconcertent les non initiés.
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    • Livres 3.00/5
    Par bina, le 23 avril 2014

    bina
    Poétique et politique, le Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire est pour moi une œuvre difficile d'accès. Ce n'est pas ma première lecture, ce ne sera pas la dernière, je pense avoir encore beaucoup à découvrir et à comprendre.
    Dans ce texte, le poète évoque des impressions personnelles, des ressentis sur son île, ses habitants, son histoire et le colonialisme.
    Rythmé par des vers qui reviennent régulièrement, dès la première ligne, ‘'Au bout du petit matin'' par groupe de six ensembles, avec des variantes qui alternent. le rythme du texte fait penser à des incantations, qui nous ramènent au cri de révolte de l'auteur.
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Citations et extraits

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  • Par claudeparis936, le 20 juillet 2014

    ô lumière amicale
    ô fraîche source de la lumière
    ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
    ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
    ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
    mais ceux sans qui la terre ne serait pas la terre
    gibbosité d'autant plus bienfaisant que la terre déserte
    davantage la terre
    silo où se préserve et mûrit ce que la terre a de plus terre
    ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée
    contre la clameur du jour
    ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'oeil mort de la terre
    ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale

    elle plonge dans la chair rouge du sol
    elle plonge dans la chair ardente du ciel
    elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

    Eia pour le Kaïlcédrat royal !
    Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé
    pour ceux qui n'ont jamais rien exploré
    pour ceux qui n'ont jamais rien dompté

    mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose
    ignorants des surfaces mais saisis par le mouvement de toute chose
    insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde

    véritablement les fils aînés du monde
    poreux à tous les souffles du monde
    aire fraternelle de tous les souffles du monde
    lit sans drain de toutes les eaux du monde
    étincelle du feu sacré du monde
    chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !

    Tiède petit matin de vertus ancestrales

    Sang ! Sang ! tout notre sang ému par le coeur mâle du soleil
    ceux qui savent la féminité de la lune au corps d'huile
    l'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile
    ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !
    Eia parfait cercle du monde et close concordance !

    Ecoutez le monde blanc
    horriblement las de son effort immense
    ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
    ses raideurs d'acier bleu transperçant la chair mystique
    écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
    écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement

    Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !
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  • Par claudeparis936, le 17 juillet 2014

    Au bout du petit matin, le vent de jadis qui s'élève, des fidélités trahies, du devoir incertain qui se dérobe
    et cet autre petit matin d'Europe...

    Partir.
    Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serai un homme-juif
    un homme-cafre
    un homme-hindou-de-Calcutta
    un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

    l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
    de coups, le tuer  parfaitement le tuer  sans avoir de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses
    à présenter à personne
    un homme-juif
    un homme-pogrom
    un chiot
    un mendigot

    mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crâne de Hottentot?
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  • Par claudeparis936, le 17 juillet 2014

    Non, nous n'avons jamais été amazones du roi du Dahomey, ni princes de Ghana avec huit cents chameaux, ni docteurs à Tombouctou Askia le Grang étant roi, ni architectes de Djenné ni Mahdis, ni guerriers. Nous ne nous sentons pas sous l'aisselle la démangeaison de ceux qui tinrent jadis la lance. Et puisque j'ai juré de ne rien celer de notre histoire (moi qui n'admire rien tant que le mouton broutant son ombre d'après-midi), je veux avouer que nous fûmes de tout temps d'assez piètres laveurs de vaisselle, des cireurs de chaussures sans envergure, mettons les choses au mieux, d'assez consciencieux sorciers et le seul indiscutable record que nous ayons battu est celui d'endurance à la chicotte...
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  • Par claudeparis936, le 17 juillet 2014

    Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l'humanité s'arrêtent aux portes de la négrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux et l'on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments et l'on nous vendait sur les places et l'aune de drap anglais et la viande salée d'Irlande coûtaient moins cher que nous, et ce pays était calme, tranquille, disant que l'esprit de Dieu était dans ses actes.
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  • Par claudeparis936, le 17 juillet 2014

    Nous vomissure de négrier
    Nous vénerie des Calebars
    quoi ? Se boucher les oreilles ?
    Nous, soûlés à crever de rouis, de risées, de brume humée !
    Pardon tourbillon partenaire !

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Césaire l'universel du 17-04 .
Retrouver ce contenu dans son intégralité sur pluzz.francetv.fr.Présenté par F. d'AlmeidaAvec J. Ziegler, D. Sopo, V. Lurel, Y. Naim, Y. Omarjee, M. Fanon-Mendès-France, C. CésaireDepuis le Parlement européen de Bruxelles. En hommage à Aimé Césaire, disparu le 17 avril 2008, ce dernier débat évoque l'universalité de sa pensée. Anticolonialiste lucide, solidaire des courants novateurs engagés pour la refondation d'un universel écartelé où les blessures de l'oppression, de la haine et de la déshumanisation saignent encore, Aimé Césaire a éclairé les voies de la réconciliation et de l'acceptation de l'autre tel qu'il est, avec son identité propre. Avec Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, Younous Omarjee, député européen, Mireille Fanon-Mend








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