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ISBN : 2708704206
Éditeur : Editions Présence Africaine (2000)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 103 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalypt... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Myriam3, le 13 décembre 2014

    Myriam3
    "Au bout du petit matin"... une île se dévoile, rues en terre battue, cases éparpillées et coqs chantant, avant qu'on ne leur torde le cou. Une île où l'on mange, où l'on travaille, une île odorante, bruyante, vivante, animée par la nature, soufflée par les tornades, brûlée par le soleil.
    "Au bout du petit matin"... Aimé Césaire, étudiant à la Sorbonne dans les années 30, loin de son île, prend du recul et écrit sur la Martinique un long poème de révolte, d'espoir et de désarroi, et se fera ainsi le chantre de l'écriture "noire" francophone.
    Césaire nous dresse ici un portrait vivant de cette île encore sous le joug de la France, des Blancs. Ce portrait est souvent violent, critique; la population est majoritairement illettrée et pauvre et parfois passive face aux traitements qu'elle subit.
    Césaire n'est pas seulement Martiniquais, il est tous les Noirs, tous les peuples opprimés, dominés, soumis à l'esclavage, maltraités, fouettés, humiliés mais aussi ceux qui se sont battus, révoltés, tel Toussaint Louverture.
    Ce recueil se voulait manifeste pour la cause des Noirs, contre le colonialisme et toute forme d'oppression. le texte est merveilleusement beau et riche, autant dans les propos que dans l'écriture.
    Il faisait partie de la sélection des tous premiers textes imposés en cours de Lettres, en Terminale, au Bac littéraire. Une riche idée, qui ouvre le regard sur La Poésie contemporaine mais aussi sur un passé encore tout frais.
    (Re)Lu dans le cadre du Challenge Poésie 2014-2015
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 15 mai 2012

    cicou45
    Un texte sur l'amour du pays, sur l'amour des peuples mais aussi, et surtout, sur la bêtise humaine. Un texte critique envers l'Europe et ses stéréotypes stupides sur les noirs mais aussi un texte sur l'égalité des races humaines.
    Dans ce pamphlet, Aimé Cesaire n'est pas rempli de rancœur envers le peuple européen, il critique seulement ses erreurs passées et apprend, avec beaucoup d'humour, à se moquer de sa propre race.
    Un livre plein d'humour et de dérision qu'il ne faut surtout pas lire au premier degré. Bien qu'un peu difficile d'accès et de compréhension parfois (on perd facilement le fil), la beauté du texte et du sens de ce dernier permet largement au lecteur de se ressaisir et l'invite, suite à cette lecture, à une longue méditation sur ce qui a été dit et écrit. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 16 mars 2013

    Charybde2
    Sans doute le texte le plus fort de la "négritude". Puissance toujours renouvelée.
    Publié en 1939, ce poème de 75 pages est probablement la réalisation littéraire la plus puissante conçue dans le mouvement de la négritude, à partir de 1934.
    Sans doute moins académique et ampoulé que Senghor, plus ample que Damas, le texte fondateur de Césaire se lit et se scande à voix haute, alternant des moments calmes d'énergie ramassée, concentrée, rassemblée en un poing fermé prêt à frapper, et des moments d'exorde libérateur, de rage déversée, orientée, tumultueuse, pour clamer la différence revendiquée de l'homme noir, son refus des canons imposés par les canonnières, et son rêve éveillé d'une histoire autre, qui n'a jamais signifié l'absence d'histoire - comme certains dirigeants européens particulièrement réfractaires à l'inteliigence pouvaient encore vouloir le proclamer à Dakar en 2007...
    Relu attentivement à plus de vingt ans de distance à l'occasion d'une soirée 'Littératures antillaises" à la librairie Charybde, le texte porte une force toujours renouvelée. À peine sa lecture achevée monte désormais une envie difficilement répressible de s'y plonger à nouveau, de se baigner dans cette langue riche, précise, affûtée où même les affèteries occasionnelles semblent porter un sens caché.
    Une très grande œuvre (dont on peut aussi goûter plusieurs extraits superbement mis en musique et en voix par Arthur H et Nicolas Repac dans l'album de poésie "L'or noir").
    "Tiède petit matin de chaleur et de peur ancestrales je tremble maintenant du commun tremblement que notre sang docile chante dans le madrépore.
    Et ces têtards en moi éclos de mon ascendance prodigieuse !
    Ceux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole
    ceux qui n'ont jamais su dompter la vapeur ni l'électricité
    ceux qui n'ont exploré ni les mers ni le ciel
    mais ils savent en ses moindres recoins le pays de souffrance
    ceux qui n'ont connu de voyages que de déracinements
    ceux qui se sont assouplis aux agenouillements
    ceux qu'on domestiqua et christianisa
    ceux qu'on inocula d'abâtardissement
    tam-tams de mains vides
    tam-tams inanes de plaies sonores
    tam-tams burlesques de trahisons tabides
    Tiède petit matin de chaleurs et de peurs ancestrales
    par-dessus bord mes richesses pérégrines
    par-dessus bord mes faussetés authentiques
    Mais quel étrange orgueil tout soudain m'illumine ?
    vienne le colibri
    vienne l'épervier
    vienne le bris de l'horizon
    vienne le cynocéphale
    vienne le lotus porteur du monde
    vienne de dauphins une insurrection perlière brisant la coquille de la mer
    vienne un plongeon d'îles
    vienne la disparition des jours de chair morte dans la chaux vive des rapaces
    viennent les ovaires de l'eau où le futur agite ses petites têtes
    viennent les loups qui pâturent dans les orifices sauvages du corps à l'heure où à l'auberge écliptique se rencontrent ma lune et ton soleil
    il y a sous la réserve de ma luette une bauge de sangliers
    il y a tes yeux qui sont sous la pierre grise du jour un conglomérat frémissant de coccinelles
    il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière
    (Calme et berce ô ma parole l'enfant qui ne sait pas que la carte du printemps est toujours à refaire)"
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    • Livres 3.00/5
    Par bina, le 23 avril 2014

    bina
    Poétique et politique, le Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire est pour moi une œuvre difficile d'accès. Ce n'est pas ma première lecture, ce ne sera pas la dernière, je pense avoir encore beaucoup à découvrir et à comprendre.
    Dans ce texte, le poète évoque des impressions personnelles, des ressentis sur son île, ses habitants, son histoire et le colonialisme.
    Rythmé par des vers qui reviennent régulièrement, dès la première ligne, ‘'Au bout du petit matin'' par groupe de six ensembles, avec des variantes qui alternent. le rythme du texte fait penser à des incantations, qui nous ramènent au cri de révolte de l'auteur.
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    • Livres 2.00/5
    Par Elvira, le 16 novembre 2011

    Elvira
    Il est très difficile de parler d'une œuvre telle que celle de Césaire. La lecture est très difficile car son style est très particulier. Il faut se laisser porter par les mots, par cette écriture si poétique, même si l'on ne comprend pas grand-chose au premier abord. le texte est très fort, violent, voire extrêmement brutal. Césaire lâche sa parole révoltée pour revendiquer ce concept de négritude qui lui est cher.
    Une lecture à aborder, je pense, à l'aide d'un éclairage théorique.


    Lien : http://metamorphoses-de-psyche.cowblog.fr
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Citations et extraits

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  • Par Myriam3, le 13 décembre 2014

    et voici par vingt fois d'un labour vigoureux la pagaie forcer l'eau
    la pirogue se cabre sous l'assaut de la lame, dévie un instant,
    tente de fuir, mais la caresse rude de la pagaie la vire, alors elle fonce, un frémissement parcourt l'échine de la vague,
    la mer bave et gronde
    la pirogue comme un traîneau file sur le sable.
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  • Par Myriam3, le 06 décembre 2014

    Et ni l'instituteur dans sa classe, ni le prêtre au catéchisme ne pourront tirer un mot de ce négrillon somnolent, malgré leur manière si énergique à tous deux de tambouriner son crâne tondu, car c'est dans les marais de la faim que s'est enlisée sa voix d'inanition (un-mot-un-seul-mot et je-vous-en-tiens-quitte-de-la-reine-Blanche-de-Castille, un-mot-un-seul-mot, voyez-vous-ce-petit-sauvage-qui-ne-sait-pas-un-seul-des-dix-commandements-de-Dieu)
    car sa voix s'oublie dans les marais de la faim, et il n'y a rien, rien à tirer vraiment de ce petit vaurien,
    qu'une faim qui ne sait plus grimper aux agrès de sa voix
    une faim lourde et veule,
    une faim ensevelie au plus profond de la Faim de ce morne famélique
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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Et venant je me dirais à moi-même :
    "Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."

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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies". Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : "Embrassez-moi sans crainte...Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai".
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  • Par Orphea, le 13 mars 2010

    Au bout du petit matin, l'extrême, trompeuse désolée eschare sur la blessure des eaux ; les martyrs qui ne témoignent pas ; les fleurs du sang qui se fanent et s'éparpillent dans le vent inutile comme des cris de perroquets babillards ; une vieille vie menteusement souriante, ses lèvres ouvertes d'angoisses désaffectées ; une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ; un vieux silence crevant de pustules tièdes, l'affreuse inanité de notre raison d'être.
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Vidéo de Aimé Césaire

Césaire l'universel du 17-04 .
Retrouver ce contenu dans son intégralité sur pluzz.francetv.fr.Présenté par F. d'AlmeidaAvec J. Ziegler, D. Sopo, V. Lurel, Y. Naim, Y. Omarjee, M. Fanon-Mendès-France, C. CésaireDepuis le Parlement européen de Bruxelles. En hommage à Aimé Césaire, disparu le 17 avril 2008, ce dernier débat évoque l'universalité de sa pensée. Anticolonialiste lucide, solidaire des courants novateurs engagés pour la refondation d'un universel écartelé où les blessures de l'oppression, de la haine et de la déshumanisation saignent encore, Aimé Césaire a éclairé les voies de la réconciliation et de l'acceptation de l'autre tel qu'il est, avec son identité propre. Avec Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, Younous Omarjee, député européen, Mireille Fanon-Mend








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