Je ne sais pas si c'est le fait que le livre ne m'ait pas été offert à mon mariage ou bien si c'est l'ignoble couverture de ma VF de poche qui est bien moins évocatrice que celle de la VO, mais je n'ai pas été aussi emballé que Munin par ma lecture. Ça ne veut pas dire que je n'ai pas pris de plaisir à lire ce roman, mais deux choses m'ont prodigieusement ennuyé :
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Chabon a la manie du name-dropping. Il mitraille son texte de noms de personnalités de la seconde guerre mondiale (artistes, auteurs de comics, célébrités, hommes d'affaires...). Ça participe bien évidemment à la reconstitution historique, mais c'est pénible à la longue. Les bas de page sont remplis de NdT qui expliquent les références, ce qui très appréciable. Quand
Chabon a fait intervenir Salvator
Dali dans son histoire, je trouve le procédé gauche.
- par moment, les digressions sur l'évolution des comics me fait décrocher du récit. J'ai l'impression que des bouts de thèse germent au milieu du roman. Je trouve dommage que
Chabon ne soit pas arrivé à mettre en scène ces informations plutôt que les donner à lire au lecteur de manière très factuelle.
Mais je ne boude pas mon plaisir, l'histoire est poignante, avec de l'amour, du drame, un humour certain, une certaine mélancolie juive que j'avais déjà appréciée dans
Le Club des policiers yiddish... J'ai adoré l'influence qu'a la vie du scénariste ou du dessinateur sur le comic en lui-même à travers une vision fantasmée de la vie et via des héros qui réalisent l'impossible. de même, on comprend une des origines possibles des jeunes sidekicks et de la relation trouble qui les lie aux héros adultes. On assiste aux balbutiements d'un mythe, on voit émerger une sorte d'art populaire, et les conditions mêmes de cette naissance sont très biens narrées. On s'attache à Sam et Joe, on déambule dans New York et dans la guerre avec plaisir même si quelques rebondissements dramatiques sont assez prévisibles. C'est un très bel hommage aux comics des débuts qui donne furieusement envie de replonger dans la lecture des illustrés d'antan, de retrouver le premier frisson des cases en noir et blanc et des héros désormais délicieusement kitshs.
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