ISBN : 2749304296
Éditeur : Vents d'Ouest (2008)


Note moyenne : 4.63/5 (sur 79 notes) Ajouter à mes livres
Christophe Chabouté raconte le quotidien d'un homme vivant seul dans un phare perdu dans un monde aux apparences irréelles et aborde le thème de la solitude avec brio. Beaucoup d'émotions transpercent le dessin en noir et blanc qui, au final, suggère au lecteur une simp... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par SD49, le 21 mai 2012

    SD49
    Voici une BD surprenante, des dessins qui ne m'attiraient pas, pas beaucoup de dialogue, alors je l'ai commencée sans grand enthousiasme.
    Et, surprise ! Au fil des pages j'ai aimé et même, j'ai aimé de plus en plus. On découvre la vie de cet homme 'Tout seul', comment il s'occupe, pourquoi il est là, seul, sans contact.
    Certains passages sont émouvants et serrent le cœur, quelques uns font sourire. L'auteur est très fort.
    Et la fin .... je ne l'ai pas vue venir, d'après les dessins j'avais imaginé autre chose et je n'ai pas été déçue.
    Une BD de plus que je n'aurais jamais lue sans les avis sur les blogs, et j'ai même failli la reposer après l'avoir feuilletée à la bibliothèque. Cela aurait été dommage.

    L'avis de Miss A. (14 ans) : J'ai beaucoup aimé cette BD. le personnage est attachant. C'est drôle de voir ses occupations avec le dictionnaire et avec son poisson. Un livre à lire même si on n'est pas tenté.

    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Gregor, le 16 octobre 2011

    Gregor
    Une oeuvre prodigieuse. J'en suis ressorti conquis. C'est un album poétique par sa méthode, expressif par son style, improbable comme la vérité, salvatrice comme la morale. Tout l'art de Chabouté est de "cueillir les rayons de lumière qui passent à travers" un homme seul. Son trait noir et blanc est fulgurant, habité par la profondeur, le ressenti de ceux qu'il dessine. La clé de son histoire, c'est que le regard des autres est déterminant. "Tout seul" appartient à cette espèce si rare, celle des romans graphiques à la fois sombres et lumineux où innocence et tourments sans fin se répondent.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 09 juin 2011

    alouett
    « 50 ans qu'il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l'emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port… Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d'horizon fait si peur ? Où s'évader lorsqu'on n'a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?… Des années passées sur son rocher, avec l'imagination comme seule compagne… » (synopsis Éditeur).
    -
    L'accueil est somptueux : presque trente planches muettes nous accueillent dans cet album. Déjà, on est à mille lieues du contexte qu'on avait pu imaginer en observant la couverture de l'album qui nous présente une table, une chaise, une fenêtre qui projette sur le sol l'ombre des barreaux d'une cellule. Je m'attendais à une ambiance quasi-carcérale et c'est la mer, les mouettes et le bruit des vagues qui me happe. Puis, on fait la connaissance de deux hommes chargés de ravitailler le phare chaque semaine, une responsabilité que le Capitaine assume depuis des décennies alors que le matelot pose les questions que nous aimerions poser. Trop peu de questions pourtant… ce qui alimente le suspens de cette histoire et entretient le mystère au sujet de « Tout seul« , l'habitant du phare.
    Rares sont les albums avec aussi peu de personnages intervenants et autant de richesse. Dans cet ouvrage, Christophe Chabouté crée une ambiance atypique, mélange d'un pessimisme ravageur (solitude, rituels…) et d'un ailleurs salutaire (importance de l'imaginaire, représentations…). Je trouve ce cocktail de thématiques détonnant. Un album rythmé par les ravitaillements. On scrute l'horizon à la recherche de la silhouette d'un bateau de pécheur… signe que l'on va en apprendre un peu plus sur cet homme solitaire. Bien qu'il « existe » rapidement dans l'album, il faudra attendre plus de 100 pages pour voir sa silhouette… puis son visage.
    Un univers de contrastes superbement illustré par l'auteur et que nous retrouvons également sur la partie graphique. Chabouté joue du silence si particulier de cet environnement où seul le roulement des vagues rompt la monotonie. Des taches d'encre agrémentent le dessin et donnent un effet vieillot, comme si la crasse faisait partie des visuels intérieurs. Une sorte d'artifice visuel au service du réalisme. Je ne les avais jamais remarquées dans les autres albums de Chabouté alors qu'elles y sont bien présentes. Ici, elles m'ont souvent semblé superflues.
    Un album magnifique tant sur le rythme de narration que sur l'intrigue. Une plongée dans un univers mi-inquiétant mi-rassurant. Les personnages sont charismatiques et le fait de savoir assez peu de choses sur eux renforce l'aura qui se dégage d'eux. Ils sont touchant et crédibles.
    Un dénouement atypique comparé aux autres œuvres de Chabouté qui propose ici une fin ouverte. D'ailleurs, il y a tellement de portes ouvertes dans cet album qu'on s'y ballade très facilement, on se surprend à imaginer un passé, un présent, un futur à « Tout seul » J'attendais cette fin-là, je la désirais même et le fait que Chabouté nous l'offre est assez perturbant ! le dernier chapitre de l'album a-t-il été réalisé. Belle réflexion sur l'homme, la vie, la peur de l‘Autre.

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/06/08/tout-seul-chaboute/
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 29 juin 2011

    saphoo
    Etant assez novice en matière de BD, je dois dire que je fus surprise de découvrir le monde de Chabouté ! Des dessins particulièrement impressionnants, vivants, et qui se suffisent à eux-mêmes, les mots deviennent inutiles ou si peu que tout nous laisse à notre ressenti dans la résonnance du dessin. Bien que l'encre noire peut sembler rebutante, voire inquiétante, de loin, ce monochrome nous offre également un monde à pénétrer.
    L'histoire est touchante et s'annonce en douceur sans un seul mot, le trait nous tire de page en page, puis le rythme cadencé s'instaure par les visites au phare pour ravitailler ce pauvre diable qui ne connait que son monde clos. le mystère tourne, et reste en sourdine là-haut, alors que des grands boums éclaboussent les pages ! le lecteur se voit presque sursauter et tente d'imaginer l'origine de ce bruit incongru d'un solitaire ayant pour seul compagnie un poisson dans son bocal.


    Isolé du monde entier, seul ce pêcheur, le rattache à la terre. Avec un dictionnaire, le mot du hasard, ouvre l'imaginaire de ce solitaire. Comment sans image, sans avoir vu que le ciel, et la mer, se faire une idée précise d'un objet dont le regard n'a jamais touché même en photo ? Les dessins sont ici, sortis tout droit d'un monde bizarroïde donnant un ton d'humour dans la morsure de la banalité de cet homme. J'ai beaucoup aimé la représentation des définitions par exemple celle des champignons ou celle du hautbois, ou encore celle de la métaphore.


    Le marin pêcheur emploie à son bord, un étrange ouvrier, solitaire lui aussi, méfiant de ce monde sans pitié, après avoir connu l'ombre de sa geôle, s'inquiète de la vie esseulée de cet homme dans son phare. C'est avec parcimonie que l'auteur amorce le mystère de cet homme "enfermé" dans son phare : une malformation au visage, pour ne pas dire un monstre dont les parents par honte ont toujours tenu caché ce fils immonde. Au coeur de cette injustice de la nature et de la cruauté des hommes, cet ouvrier ex-détenu, ressent ô combien , cet isolement. C'est alors que lui vient une idée : il appose un mot collé sur une caisse de ravitaillement. Ce qui pourrait faire plaisir à cet homme, si seul au monde ? Justement la réponse est simple et si inattendue : des images du monde ? Pourqruoi et comment découvrir le monde enfermé dans un phare au milieu de nulle part ? C'est par un hasard de circonstances que le monde est venu en image à lui par l'oubli d'un magasine féminin au pas de son phare. Imaginez, le choc, lui qui ne connaissait de cette planète que les mots de son dictionnaire et son imaginaire débordant, là d'un coup, des images du monde tel qu'il peut être ? C'est le déclic, et le récit vire de bord.

    L'histoire nous touche, on se prend d'amitié pour ces deux hommes, l'un venant au secours de l'autre, et l'autre trouvant enfin une main tendue, une issue à sa grande solitude.
    Des scènes touchantes, on s'imagine et ressent cette grande détresse, avoir pour seul ami, un poisson, et juste les mots d'un dictionnaire pour se divertir, vivre à travers son imaginaire.

    Une belle lecture, très émouvante, qui touche également les grands enfants. le peu de mots laisse à l'enfant tout loisir d'avancer en douceur et faire de cette BD son propre récit, son propre ressenti. Ma fille l'a apprécié, et s'est plongé par deux fois dedans, une première pour la découverte et une deuxième pour revenir sur toute la subtilité des dessins qui parlent mieux que les mots. C'est bien connu mieux vaut un bon dessin qu'un grand discours. Ce fut une belle occasion de lui faire apprécier un autre univers, différent et implicite.
    Je suis ravie de découvrir cet auteur et sa poésie tout en finesse qui transpire au bout de son crayon. La dextérité incroyable de l'auteur insuffle toute la magie de l'émotion. C'est tout le détail qui fait la différence et la grande qualité de cette BD.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/06/29/21497752.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par Sejy, le 29 mai 2010

    Sejy
    Quelle ironie ! Restituer ses émotions par de vilaines phrases quand c'est dans une admirable économie de mots que l'œuvre puise toute sa force et sa quintessence. C'est le pouvoir et la pertinence d'un dessin en noir et blanc dépouillé, corps, cœur de cases très souvent vierges de bruit et de paroles, néanmoins intensément évocatrices.
    Comment, dès l'ouverture, ne pas appréhender cette cacophonie de sensations ? Entendre le tumulte des vagues qui se brisent sur les rochers et les cris de mouettes insatiables et impatientes. Ressentir l'isolement de ce phare. Encalminée au milieu de l'océan, cette nef lumineuse affiche tout de suite des allures de crypte imposante et angoissante. Et puis respirer. L'iode et les embruns, et aussi ces odeurs de poisson aux relents de gasoil.
    Au-delà de l'élocution visuelle, de l'imprégnation quasi instantanée qu'elle délivre, s'impose une façon habile de raconter et de rendre réaliste une histoire qui apparaissait si fantasque au départ. Narration intime, silencieuse. Cadrages rapprochés, plans d'une même scène qui prolifèrent et en figent presque l'instant. Étirant à l'extrême la corde du temps, Christophe Chabouté enferme insidieusement le lecteur avec le héros dans sa prison de solitude, nous englue de sa souffrance muette et innocente.
    Une impression d'abattement brisé par quelques moments de pure poésie, lorsque, dans un rituel quotidien, son reclus involontaire transforme un simple dictionnaire en puits à fantasmes. Errance de mots piochés au hasard dont les définitions tissent dans son imagination des tapisseries infidèles, mais empreintes de tellement de magie et de grâce. Une manière candide d'explorer les horizons, d'entrevoir une forme de liberté et de transcender sa tristesse. Cette routine salvatrice qui retarde l'irréversible, va doucement et paradoxalement inverser ses effets. Exacerbant son appétit du monde, encourageant un rapprochement de soi, elle l'emmène au-delà du miroir, au-delà du « monstre », et tout en réveillant l'homme, exhorte ce besoin du regard des autres pour exister. Plus il tentera de fuir sa solitude, plus cette compagne deviendra tangible et insoutenable.
    Incroyable yoyo des sens ! Tour à tour étonné, déprimé, curieux, amusé, optimiste ou résigné, on espère de toute notre âme que quelque chose ou quelqu'un viendra dévier la marche inexorable de ce destin tragique. Mais après ces cinquante ans d'exil, de rejet par l'oubli, d'où pourrait bien venir une main secourable?...
    Un hymne à l'imaginaire, à la liberté, à l'humanisme.

    Lien : http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=7698&action=6
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Citations et extraits

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  • Par Rhl, le 06 août 2011

    "- Une vie à tourner en rond sur son caillou…
    - Et qu’est-ce qu’il fait de toutes ses journées ?
    - Ben ça tu vois mon gars, c’est une question que je me suis jamais posée.
    […]
    - Il doit être malheureux.
    - Et malheureux par rapport à quoi ? Gros malin !"
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  • Par cc, le 20 décembre 2010

    toujours avec son style bien à lui : des cases en noir et blanc, peu de texte, des vies rudes, sans concession
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  • Par Ubikson, le 05 mai 2012

    - Si vous ne l'avez jamais vu, comment vous pouvez être sûr qu'il est encore là, ou vivant ?! Il est peut-être mort depuis le temps ?
    - C'est ça, Columbo !... Et les caisses de bouffe, c'est les crabes et les bernard-l'ermite qui se les boulottent toutes les semaines ?...
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  • Par Asil, le 15 avril 2011

    -Il doit être malheureux!
    -Malheureux, par rapport à quoi? Gros malin! ... Tu peux me le dire?
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  • Par Asil, le 15 avril 2011

    -... Perdu l'habitude? On perd pas l'habitude de causer, c'est quoi ces conneries!!
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Court-métrage "Divination", de Laurent Germain Maury, co-adapté par Christophe Chabouté, d'après sa BD.








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