ISBN : 2070123103
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 2.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Premier flic noir à intégrer un groupe d’investigations après les émeutes interraciales de l’année passée, Désiré Saint-Pierre est aussi dealer à ses heures, dans son quartier, ghetto Sud de la ville Blanche. Mais un accident tout bête vient bouleverser cette belle ordo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par BVIALLET, le 19 avril 2012

    BVIALLET
    Désiré Saint-Pierre est un flic plutôt atypique. Premier inspecteur noir à être intégré dans un groupe d'intervention d'investigation criminelle au titre de la discrimination positive, une enfilade de promotions devrait s'ouvrir devant lui. Mais il n'en est rien. Désiré a provoqué un grave accident en conduisant camé au dernier degré son véhicule de fonction. Il en a réchappé avec un handicap bizarre : il ne ressent plus aucune douleur et il s'est retrouvé au placard car son visage rafistolé fait peur aux témoins. de plus, dealer à ses heures et amant d'une camée, il doit rendre des comptes au parrain de sa cité pour une histoire de stock de cocaïne disparue tout en menant une enquête difficile sur une mystérieuse « Tueuse aux bagues »...
    Aux limites du pur roman policier et du thriller à l'américaine, « Anaisthêsia » est surtout un formidable roman noir qui prend le lecteur dès la première page et ne le lâche plus tant il est pris par l'ambiance glauque de la banlieue avec sa violence, son racisme ordinaire, ses rancoeurs et sa paranoïa sous-jacente. Antoine Chainas sait parfaitement recréer des atmosphères, des situations ou des lieux en ne s'intéressant que secondairement à l'intrigue policière (le lecteur ne saura jamais ce qui se cache derrière la mystérieuse « Organisation » qui téléguide la tueuse en série...) Mais qu'importe ! le lecteur aura été plongé dans la réalité des morgues, des commissariats peuplés de flics plus ou moins bras cassés, des partouzes et orgies répugnantes de notables et dans l'horreur des asiles psychiatriques. le tout décrit avec force détails techniques ou anatomiques que certains pourront trouver outranciers. Mais si l'auteur, qui n'est ni un tiède ni un mou, franchit parfois la ligne blanche de l'improbable et de l'excès, cela n'en donne que plus de puissance à son propos car tout n'est pas à prendre au premier degré. Un regard honnête, lucide, ironique et un peu désenchanté sur notre société, ça n'a pas de prix et c'est courageux dans le contexte actuel. Excellent travail, Mister Chainas ! Les amateurs du genre ne devraient pas rater ce petit bijou qu'on reçoit comme un crochet au plexus.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 30 juillet 2011

    yv1
    Polar violent. Hémoglobine, viandes et os.
    Polar rapide : phrases très courtes, rythme des actions soutenu.
    Polar noir, sombre : héros désabusé, blasé, totalement déconnecté de la réalité.
    Polar atypique : écriture qui intègre des textes officiels, telle la norme concernant la "housse biodégradable Hygéral 100 avec une fermeture en nylon et drap absorbant confirmé au décret 8728 du quatorze janvier quatre-vingt-sept, article vingt-neuf, agréée par le ministère de la Santé et de l'Action humanitaire" (p.10), celle qui renferme les cadavres.
    Polar qui, mine de rien, fait un point plutôt pessimiste de la situation dans les banlieues, de l'intégration des noirs et autres personnes issues de l'immigration qui vivent dans les cités de ces banlieues.
    Polar qui parle de la revanche souhaitée des femmes
    Polar qui parle des gens oubliés des médias et des conversations et de la littérature : les malades, les fous, les handicapés. On pourrait même parfois y voir la cour des miracles, tellement les descriptions d'Antoine Chainas sont noires.
    Pas vraiment gai, mais un style, une écriture, un angle de vue, des héros hors normes et originaux. Antoine Chainas scrute les bas-fonds, les perversions de la société, ses tentatives ou velléités d'intégrer tout le monde quelles que soient ses origines. Antoine Chainas, dont j'ai déjà lu Aime-moi, Casanova fait montre d'une oeuvre à part, loin des clichés et des modes actuelles. Il construit des polars très singuliers, et va au bout de ses raisonnements, quitte à choquer.
    Polar qui peut déplaire, qui peut dégoûter.
    Polar que l'on peut adorer ou abhorrer.
    Polar qui ne laisse pas indifférent. Assurément !

    Lien : http://lyvres.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Fanchic2011, le 26 janvier 2012

    Fanchic2011
    Désiré Saint-Pierre est un flic noir dans un commissariat blanc, vit dans une cité où aucun blanc n'aime mettre les pieds et est très en vue pour être l'icône de l'intégration en étant projeté sur le devant de la scène sur le dossier d'une serial killeuse blanche.
    Bon d'accord, c'est simpliste, d'autant que Désiré à eu un grave accident de voiture qui l'a laissé défiguré, certes, mais surtout totalement insensible à la douleur, ce qui ajoute encore à la caricature en noir et blanc d'Antoine Chainas.
    Pourtant, la lecture de ce roman très noir réserve quelques surprises. Les premières pages nous arrivent en pleine tronche sans aucun repère temporel ou géographique. le narrateur débite des phrases d'une froideur clinique qui listent des points de règlement appartenant vraisemblablement à la médecine légale à tel point que j'ai cru pendant quelques pages qu'il s'agissait d'un roman d'anticipation (et je l'ai même terminé sans vraiment avoir la certitude que ce n'est pas le cas), tout comme je ne sais toujours pas dans quelle ville l'action se situe (voire même dans quel pays) ! le style est vif, très vif même, attention à l'excès de vitesse, plusieurs fois je me suis retrouvé en bas d'une page en me faisant la réflexion que j'ai oublié ce que je viens de lire… il y a du sang, des os broyés, du sexe, mais toujours avec les yeux de ce héros insensible. du coup le roman perd en empathie. Il se lit comme un journal distribué à la sortie du métro, il n'y a pas d'analyse, pas d'affect que de l'information brute. C'est un peu dommage, on a du mal à s'attacher aux personnages ce qui rend la lecture un peu fastidieuse in fine. Au final, un roman atypique qui mérite qu'on s'y intéresse même si ce n'est pas le roman du siècle.

    Lien : http://fanchic2011.blogspot.com/2012/01/delit-de-facies.html
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    • Livres 2.00/5
    Par gridou, le 24 mai 2011

    gridou
    Le grand talent de Chainas dans ce livre est d'adapter son écriture à son personnage. Désiré ne ressent rien. le style sera donc mécanique, détaché du début à la fin.
    De nombreux détails "techniques" (médicaux ou non) jalonnent le récit. Chainas a choisi de suivre son idée du début à la fin et c'est cohérent mais un peu usant pour le lecteur. le détachement est tellement bien (d)écrit, qu'on n'arrive pas à aimer les personnages et qu'il est un peu pénible de suivre Désiré jusqu'au bout.
    L'autre grand talent de Chainas est de créer des ambiances. Pas vraiment réalistes. On est presque dans la caricature. La banlieue devient un coupe-gorge, un ghetto immonde dans lequel il faut être fou pour s'aventurer. La violence, la crasse (le bruit et l'odeur! )...tout est poussé à son paroxysme.
    Jusqu'ici, deux bonnes raisons d'aimer Anaisthêsia.
    Ensuite, apparaît la "tueuse aux bagues" et tout part en live !
    L'enquête n'a aucun intérêt; d'ailleurs il n'y a pas d'enquête, juste un témoin qui tombe du ciel à point nommé pour relancer l'investigation qui piétine et prétexte pour entrer dans le milieu SM. Caricature ou non ? Je ne suis pas à même de juger...En tout cas, l'histoire de la tueuse est complètement abracadabrantesque et c'est là que j'ai commencé à me demander pourquoi je lisais ce livre...

    Mais bon...à chacun de juger.

    Lien : http://lesgridouillis.over-blog.com/article-anaisthesia-d-antoine-ch..
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    • Livres 1.00/5
    Par wakinasimba, le 08 novembre 2009

    wakinasimba
    Désiré Saint-Pierre habite le quartier noir de La Main. Il est, de plus, le seul policier noir de la ville, ce qui lui vaut la rancoeur de ses collègues et des habitants de son quartier.
    Mais Désiré est indifférent à la douleur depuis son accident de voiture. Il n'éprouve plus ni douleur physique ni sentiments. Lorsqu'il réintègre sa brigade, celle-ci est en passe de découvrir qui est "la tueuse à la bague". Désiré servira de cobaye pour la faire sortir de sa cachette.
    Mais Saint-Pierre est aussi un personnage complexe dont la mère est une prêtresse vaudou et dont la petite amie est une junkie.
    Mon avis :
    Que dire de ce livre ? Il est d'abord destiné aux étudiants en médecine car très pointue au niveau du vocabulaire médical (un peu trop pour la néophyte que je suis).
    Ensuite, j'ai eu du mal à le terminé, je n'ai pas adhérée une minute à cette histoire qui se passe de nos jours, mais dans une espèce d'univers parallèle au notre.
    Enfin, comme dirait ma grand-mère "ça se termine en queue de poisson".


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2009/10/17/15312979.html#comm..
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Citations et extraits

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  • Par balooo, le 05 juin 2010

    Derrière les murs bétonnés, juste à côté de la colonne porte-tube, ils se déshabillèrent. Le silence n'était troublé que par le doux ronronnement de l'amplificateur de brillance.
    En attente.

    Une heure avant, ils avaient ingéré le baryum en solution buvable diluée à soixante et onze pour cent, n'éprouvant, juste après la déglutition, qu'une sensation de brûlure diffuse sur la langue. Comme lorsque la maldodextrine des hosties s'incrustait aux pourtours des papilles.

    Ils s'allongèrent sur la table de radiologie FPF conforme aux recommandations de la Société Française d'Imagerie et approuvée par le Conseil des Enseignants, la Fédération Nationale ainsi que le Syndicat des Hospitaliers Radiologues.
    Le contact de leur peau sur les paravents plombés aux normes Euratom 97/43 était froid. Vivifiant, en un certain sens.

    Le ronronnement de l'amplificateur s'accentua jusqu'à ce que la pulsation atteigne la vitesse de croisière de 1,2 Roentgen/minute et produise un léger sifflement rappelant celui d'un ascenseur. Dans le cas présent, il était impossible de savoir s'il montait ou descendait.

    Sous les arceaux isocentriques, le corps bombardé par plusieurs dizaines de méga-électrons-volts, ils firent l'amour.
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  • Par yv1, le 30 juillet 2011

    Tu comprends maintenant ce qu'est le pouvoir. Le vrai pouvoir, le seul. Celui qui libère les entraves. Celui qui inverse les valeurs. Celui qui porte l'avilissement ultime. Celui que vous [les hommes] laissez échapper chaque jour et celui que nous [les femmes] gagnons. Vous avez déjà perdu une bataille qui n'a jamais existé. Nous n'avons plus besoin de vous. Ni pour jouir, ni pour faire des enfants. Ni pour manger, ni pour survivre. Ni pour faire nos courses, ni pour payer les factures. Ni pour l'éducation, ni pour le dressage. Ni pour la joie, ni pour l'accomplissement. Vous êtes des animaux en voie de disparition. "Une denrée périssable"[...] (p.154/155)
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  • Par gridou, le 24 mai 2011

    A l'arrière de ma tête, l'hémoglobine, aidée par la fibrine endogène, a coagulé. Je suis tenté d'arracher la croûte. Ce serait bien de sentir quelque chose
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Interview du romancier Antoine Chainas pour son nouveau roman, "Versus" (Série Noire / Gallimard) (1/3)








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