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Critiques sur Le Petit Bonzi (8)


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    • Livres 5.00/5
    Par ennapapillon le 22/05/2012


    Cette histoire est une tranche d'enfance dans les années 60 à Lyon. Des histoires d'école, de copains, de famille qui pourraient relever du "petit Nicolas" si elles n'étaient pas teintées d'une grande douleur. En effet, Jacques Rougeron, élève de CM2, est bègue et il en souffre terriblement.

    Il est prêt à tout pour guérir de ce mal -prêt à manger des herbes inconnues ou s'enferrer dans des mensonges qui le dépassent rapidement.

    Il souffre aussi d'une ambiance familiale lourde -mère distante et père violent.

    Le petit Bonzi, son ami, l'ami idéal, le seul avec lequel il ne bégaie pas, est celui qui l'encourage et le pousse à se dépasser.

    Il y a aussi l'instituteur, un homme sensible qui sait écouter ses élèves dans ce qu'ils disent et ce qu'ils ne disent pas (ou ce qu'ils n'arrivent pas à dire.)

    Ce roman est plein d'émotion et de poésie. C'est une histoire d'un enfant en guerre intérieure contre la parole qui n'est pas libre, qui se réfugie dans l'écrit et dans l'imaginaire.

    Cette histoire est d'autant plus touchante quand on sait que c'est le premier roman de Sorj Chalandon. Lorsque je l'ai rencontré à Rennes, il m'a dit qu'il avait écrit cette histoire car lui même était bègue enfant. Il a écrit ce roman comme un besoin et il pensait même que ce serait son seul roman. Maintenant que j'ai lu ce roman, je sais que si je le rencontrais à nouveau j'aurai envie d'en savoir plus sur les liens entre Jacques et Sorj.
    (...)


    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2012/05/22/24252663.html

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 05/12/2011


    Un enfant en souffrance battu par son père, montre par son bégaiement sa désorientation et cache sous ce symptome, visible de tous et risible pour d'autres, son mal être.
    Son imagination débordante l'aide à surmonter ses angoisses.Invention d'un alter-égo,herbes miraculeuses, mensonges, jusqu'où aller pour se faire aider?
    Les instituteurs compréhensifs jouent parfois le rôle du père qui fait défaut à moins qu'ils ne le réhabilitent en jouant le jeu.
    Emouvant et fort comme un journal d'enfant triste!

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 05/12/2011


    "Grâce à l'herbe, il avait inventé la machine qui redressait les mots".
    Jacques Rougeron, adolescent "bègue","bégayeur","bégayeux", dont la langue fourche sur les mots depuis qu'il a "essayé de sauver Guignol" du vilain gendarme et l'a trahi, a déjà "mangé tout Lyon" (vigne vierge,thuyas,bouton d'or,chêne...) dans l'espoir de guérir car il l'a lu ça que les herbes guérissent.
    Lorsqu'on pousse la porte des mots de Sorj Chalandon, on sourit face à l'innocence retrouvée, on découvre émerveillé un imaginaire riche et magique, comme un ciel lumineux avant l'orage, car l'image du père idéalisé pointe toujours son nez avant de sortir de son cadre pour montrer son vrai visage.Le sourire se crispe, s'inquiète et se projette, d'où le talent de l'auteur. Un père à la carrure immense: ami héros devenu traitre dans Mon traitre et dans Retour à Killybegs(grand prix du roman de l'Académie française 2011), frère adoptant dont la mort bouleverse puis s'accepte dans Une promesse (prix Médicis général 2006), père résistant dont la gloire est mensongère pour l'un et véridique pour l'autre dans (La gloire de nos pères).
    Le petit Bonzi, tel Jiminy le criquet soufflant ses conseils à un Jacques en souffrance, est l'alter égo, l'ami qui aide à surmonter les coups d'un père plâtrier, vu comme un "savant des étoiles".
    Angoisse de mort, désir de mort se mélangent. Héros disparus sur le front bien au chaud dans le coeur du grand-père.Gros mensonge.Et s'il disparaissait ce papa Rougeron? Et s'il y avait la peste à l'école?
    Heureusement Le petit Bonzi veille, il ne bégaye pas,lui, et Manu,l'instituteur non plus. C'est quelqu'un ce Monsieur Mandrieu tout de même!
    Mince frontière où la sensibilité exacerbée de l'adolescence se perd parfois, errance entre un "général Bonzi" et un Jacques "maréchal de France", qu'il est donc dur pour un enfant écartelé de retrouver sa propre identité!
    C'est avec beaucoup de pudeur et d'émotion que Sorj Chalandon aborde le thème de l'enfance bafouée. C'est avec un lueur d'espoir qu'il parle d'une rédemption possible dans cette langue simple et poétique dont il a le secret, cette langue qui s'écrit comme un "cahier à mots", un journal intime caché sous une latte du plancher d'une chambre d'enfant.
    Pour un premier roman, Sorj Chalandon, journaliste devenu écrivain faisait déjà fort.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par emmyne le 17/06/2011


    Ce roman est le premier de Sorj Chalandon, déjà témoignage, récit d'une guerre et acte de résistance.

    S'il diffère par l'atmosphère et le rythme d'écriture des romans suivants, on y retrouve cette précision de la plume, le souci et le goût du mot juste, justement sobre et vrai, l'émotion brute, confiée. La confidence sous la pureté nette des phrases et des images.

    Lorsque j'ai lu ce livre, ce premier pour moi dernier, j'ai eu l'impression d'entendre parler Sorj Chalandon, ce qui peut paraître paradoxal pour un roman racontant la souffrance d'un enfant bègue. L'intime porté-emporté par le talent romanesque. Rien de ce que décrit ce livre sur le bégaiement qui prend l'enfant comme le lecteur aux tripes, sur la douleur autant physique qu'émotionnelle, n'aurait pu être inventé.
    Les sens et les sensations. C'est ce qui m'a le plus frappée lors de cette lecture. L'usage qu'en fait l'auteur est impressionnant. Il y a tous ces rituels que Jacques emploie, qui le raccroche à un monde concret dont il est coupé par ses difficultés d'élocution - à défaut de parler, il touche, il regarde, il écoute, il écrit, il goûte évidemment - ; il y a surtout ce ressenti physique du langage oral, la relation presque charnelle. Par moment, je me suis prise à lire à voix haute pour observer les mouvements dans ma bouche, la langue par rapport au palais, le rythme de ma respiration. Exactement, oui, comme prendre conscience que l'on respire, articuler en se demandant ce qui coince quand l'acte de parler est naturel. Ils partent de la poitrine, les mots, du coeur, puis ils remontent dans la gorge qui se sert, se serre...Les descriptions de ces mots qui s'emmêlent et se bousculent dans la bouche, comme des entités à dompter, à apprivoiser ou à amadouer, donnent envie de les cracher, ces sons mouillés qui pataugent, ces sons secs qui griffent et étouffent. Et les techniques de contournement, abandons, concessions, répétitions avec dictionnaire des synonymes. En attendant le miracle, la guérison de la " maladie honteuse ". En attendant réparations. Oui, réparations au pluriel, dans tous les sens du terme.

    Les mots d'un auteur racontant magnifiquement le suicide symbolique de l'enfant qui s'enfonce dans ses rêves éveillés parce qu'il ne parvient pas à communiquer, encore moins à dire sa souffrance. Sur un temps de narration à la fois distendu par les passage sans transition entre imaginaire et réalité, et resserré par le texte daté comme un journal, le récit s'étire, revient, des phrases courtes mais lentes, tout ce nominatif, ces répétitions comme des prières, des mantras. Une lecture comme un vertige. Au bord de l'abîme de cet enfant qui perd pied.

    Ce roman n'est pas celui de la pudeur, de l'émotion dense et fragile comme j'ai pu l'écrire pour les autres romans de Sorj Chalandon. Celui-ci est bouleversant, bien plus cru, éprouvant et " empoignant " que poignant. Rien d'attendrissant ou d'apitoyant. Pas de main tendue mais un poing qui bat contre la cuisse; le et la geste de la détresse. C'est terrifiant. Parce qu'il est terrifié ce gamin et tellement solitaire. Pas fragile, pire, vulnérable, il cherche et donne du sens puisque les mots, il ne peut que les garder pour lui. Il mène un combat qui n'est pas un jeu d'enfant, sa charge héroïque, telle celle que met en scène son esprit, mobilisant les ressources enfantines de l'imaginaire qui montent les barrières qui le rassurent et le préservent mais l'isolent et l'enferment toujours un peu plus loin des autres.

    Ce roman est celui d'une violence, la rage et les cicatrices avec lesquelles un homme a grandi, est devenu grand.





    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/04/16/20758944.html..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par belledeschamps le 21/07/2009


    Lyon, 1964. Jacques Rougeron a dix ans ; son père est plâtrier, sa mère est femme au foyer. Jacques est bègue. Il a un ami imaginaire, Bonzi, son confident, son conseiller, avec qui il dialogue sans aucune difficulté. Un jour Jacques n'en peut plus de ne pas réussir à organiser les mots dans sa bouche, et il invente un énorme mensonge, qui espère-t-il, cautionnera son mutisme définitif : il annonce à son maître et à ses camarades de classe que son père a disparu...

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par mireille.lefustec le 12/02/2012


    Ce témoignage est très émouvant . Je souffre avec Jacques et son besoin d'amour.
    Le maître d'école est remarquable, on les voudrait tous semblables pour nos enfants.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zabeth55 le 19/01/2012


    une merveille d'émotion
    un moment rare de lecture
    Un auteur rencontré à Nancy d'une gentillesse et d'une simplicité inoubliables

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zabeth55 le 19/01/2012


    une merveille d'émotion
    un moment rare de lecture
    Un auteur rencontré à Nancy d'une gentillesse et d'une simplicité inoubliables

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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