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ISBN : 2246726115
Éditeur : Grasset (2008)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 170 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..."
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 07 février 2013

    MachaLoubrun
    Sorj Chalandon, journaliste à Libération pendant 34 ans raconte de manière romancée son amitié avec Denis Donaldson dans « Mon traître ». Tous les ingrédients de la tragédie sont réunis et c'est au cours de la rédaction de ce roman qu'il a appris l'assassinat de celui dont il fut si proche.
    Antoine mène une vie terne de luthier dans son petit atelier parisien, sa femme est partie. En 1974, un client lui parle de James Connely, et la république irlandaise rentre alors dans sa vie. Il se prend alors de passion pour ce pays et soutient la cause de l'Ira. Sa vie prend rapidement une densité toute particulière grâce l'amitié très forte qui le lie à un couple, Jim et Cathy O'Leary dont le fils est mort à l'âge de douze ans, tué par les anglais, et à celui qui deviendra son ami, Tyrone Meehan. C'est un leader charismatique du Sinn Féin, il lui apprend l'Irlande. Il l'appelle « fils », Antoine a trouvé sa famille de cœur.
    Ce sont ses voyages répétés en Irlande qui durant des années donnent un souffle à la vie d'Antoine. Il souffre avec le peuple et pour tenir le coup durant toutes ces années, il se crée mentalement l'image d'une vielle femme irlandaise aux cheveux blancs, pleine d'ardeur et de colère. Une sorte de madone politique.
    La lutte donne ses lettres de noblesse aux personnages, les vies sont rudes, les maisons ont peu de confort, l'argent manque, il fait gris, froid, humide et malgré la peur au ventre, les prisonniers, les morts, on se réchauffe le cœur en buvant ensemble une bière ou un thé brûlant et en chantant des chants irlandais, des chants de lutte. Antoine les accompagne au violon… L'engagement de ces hommes et de ces femmes est total dans un grand esprit fraternel. Mais le sang continue de couler.
    En 2006, Tyrone Meehan admet au cours d'une conférence de presse qu'il trahit son camp depuis vingt-cinq ans en donnant des renseignements aux anglais.
    Vingt-cinq ans de trahison. Jour après jour.
    Vivre une histoire aussi intense et en restituer tous les aspects, entre lumière et obscurité, n'était pas chose facile. Il fallait le talent de l'écrire,sans haine.
    Il faut absolument lire « Mon traitre » pour la beauté de son écriture et la justesse avec laquelle elle révèle toutes les fragilités humaines.
    Inoubliable.

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    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 25 octobre 2011

    chocobogirl
    Années 70, Antoine est luthier à Paris. C'est un homme assez silencieux que sa femme a quitté. Il vit pour son amour du métier et pour la joie de rendre vie aux violons qu'il soigne. Pour ses 30 ans, il s'offre un voyage à Dublin pour y retrouver un ancien ami. La fête est superbe, il joue du violon en public et se saoûle, un peu. le lendemain, quelques heures avant son retour, il erre dans la ville et se souvient tout à coup d'une phrase d'un de ses client : " Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande." Alors Antoine décide de faire un tour à Belfast, un tour rapide de 3h. Un tour qui va changer sa vie.
    Au hasard de sa marche, Antoine va rencontrer Jim O'Leary et sa femme qui le croient perdu et l'invite chez eux. Une grande amitié va naître qui sera le point de départ de nombreux voyages successifs en Irlande du Nord. Des séjours qui permettront à Antoine de rencontrer l'Irlande, la vraie. Celle qui est loin des cartes postales de moutons, de murs en pierre, et de falaises vertigineuses. Celle qui le conduira au creux des pubs enfumés, dans le coeur de l'âme irlandaise, dans l'Irlande républicaine surtout qui se bat contre l'envahisseur britannique. Dans celle de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA qu'il va bientôt considérer comme un frère. Un ami tant aimé avec qui il partagera tout, un ami qui pourtant trahira son pays et brisera le petit français.
    Le fait est connu, Mon traître s'inspire de l'expérience personnelle de l'auteur. Sorj Chalandon, journaliste à Libération, a longtemps travaillé sur le conflit irlandais. Il a connu les activistes républicains qu'il a abondamment couvert, et en particulier un certain Denis Donaldson qui est devenu son ami. Un ami dont il a découvert avec les autres partisans qu'il avait trahi sa patrie pendant 20 ans... Denis, un des plus fervents leaders de la cause républicaine, était un traître à la solde des britanniques. Une révélation choc qui ébranla ses proches et Sorj Chalandon lui-même. Une trahison qui questionne aussi quant à la véracité de son amitié avec cet homme.
    A travers les figures d'Antoine et de Tyrone mais aussi de Jim et Cathy, Sorj revient sur cet épisode dramatique. On y découvre un jeune homme naïf qui porte une sorte d'amour irraisonné pour un pays qui n'est pas le sien. Une curiosité hasardeuse qui devient vite une sorte de fil conducteur dans sa vie.
    Un amour pour l'Irlande du Nord mais surtout pour ses habitants qui l'ont accueilli si chaleureusement sans rien lui demander. Un amour pour ces hommes et ces femmes qui ont choisi le combat et l'engagement politique en dépit de la pauvreté, de la souffrance et de la répression britannique. Une sorte d'amour admiratif qui s'épanouira particulièrement avec Tyrone, sorte de figure paternelle sous l'égide duquel il fera son apprentissage du combat.
    Sorj Chalandon y décrit donc une Irlande humaine et combattante qui prend corps dans les pubs et ses réunions houblonneuses, dans le quotidien d'un peuple qui voit ses enfants disparaitre par la guerre, la prison ou par une balle perdue. l''auteur s'attarde longuement à décrire la découverte de ce nouveau pays et de ses combats, l'histoire de sa rencontre avec ses hommes, avec Tyrone. On vit avec lui la plénitude de cette amitié déterminante qui grandit au fil des années et sera un des piliers de sa vie. Et lorsque la trahison arrive en fin d'ouvrage, elle n'en est que plus choquante, à l'image de celle d'Antoine et celle de l'auteur, à travers lui.
    "Mon traître" est véritablement un bijou de sensibilité et de pudeur. D'émotion aussi. A travers son héros, Sorj Chalandon livre ses sentiments sur une trahison qui a bouleversé sa vie. Son écriture est libérée de tout superflu. Ses phrases sont courtes, parfois sèches et, à travers leur épure, révèle avec une très grande subtilité l'essentiel des faits et des émotions. On vibre à l'unisson d'Antoine, on découvre une Irlande inconnue toute en humanité, on y ressent l'importance des amitiés, la façon dont elles nous construisent mais aussi la manière dont elles peuvent nous détruire.
    Il y sera question aussi de mensonge. Comment un homme dont la vie était basée sur le mensonge a-t'il pu vivre aux côtés des siens ? Quelle est la part de vrai dans ce qui a constitué son existence ? Se définit-il comme celui qu'il était aux yeux des autres ou comme celui qui trahissait dans l'ombre ? Comment réconcilier les 2 faces du personnage ?
    Antoine, double de l'auteur, se questionne sur la part de mensonge et de vérité chez ce traitre, SON traitre. Leur amitié était-elle réelle ? Ou Tyrone l'a-til utilisé complaisamment pour ses activités d'espion ? Est-il lui-même coupable de n'avoir rien vu ? Coupable d'avoir trahi la cause républicaine à laquelle il s'était attachée, en aidant Tyrone à se loger lors de ses séjours parisiens, prétextes secrets à ses trahisons ?
    Sorj, à travers ses personnages de papier, cherche des réponses, cherche à accepter l'inacceptable, à faire son deuil tout simplement d'un homme, d'un ami qui par sa traitrise remet en cause tous ses gestes et toutes ses paroles.
    Mon traître est un roman admirable qui m'a extrêmement touchée et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur après La légende de nos pères. Ma critique n'est bien évidement pas à la hauteur de ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce grand auteur qui est pour moi un grand coup de coeur !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-mon-traitre-sorj-chala..
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    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 11 juin 2012

    ygounin
    J'avais lu et aimé "Retour à Killybegs".
    J'ai donc attaqué avec plaisir "Mon traître" dont je savais qu'il était une sorte de palimpseste de "Retour ..."
    Dans ces deux livres fortement autobiographiques, le journaliste Sorj Chalandon évoque l'IRA nord-irlandaise dont il est devenu l'un des compagnons de route.
    L'un de ses leaders historiques, auquel Sorj Chalandon s'était lié d'une amitié quasi-filiale, s'est révélé avoir été pendant près d'un quart de siècle à la solde du Renseignement britannique.
    Dans "Mon traître", l'écrivain raconte cette histoire de son point de vue : sa découverte de l'Irlande du Nord, la chaude hospitalité des Irlandais, la fraternité dans la lutte jusqu'à la révélation de la traîtrise et les questions qu'elle suscite
    Dans "Retour à Killybegs", la perspective est renversée et c'est du point de vue du "traître" que l'histoire est racontée.
    Ces deux livres - qu'on peut indifféremment lire l'un après l'autre - évoquent avec passion l'Irlande du Nord et le combat qui y fut mené par l'IRA. La dignité de ces hommes et de ces enfants, unis face à l'oppression britannique, forcent le respect. Elle culmine avec l'évocation de la grève de la faim des prisonniers de Long Kesh et la longue agonie de Bobby Sands.
    Au-delà du cas nord-irlandais, ces deux livres ont une portée plus large en questionnant des valeurs aussi fondamentales que la loyauté, l'engagement, l'amitié. Ce n'est pas rien ...
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 13 décembre 2011

    encoredunoir
    « La première fois que j'ai vu Mon traître, il m'a appris à pisser » indique Antoine, le narrateur, en ouverture de ce roman. Cette première phrase sèche (malgré le sujet abordé) est déjà révélatrice : d'une part parce qu'elle utilise pour la première fois (le titre excepté) le possessif accolé à ce traître et nous dit toute l'intimité qu'Antoine peut avoir avec lui (que peut-on avoir à cacher à celui qui nous regardé uriner et, même, nous a appris à le faire d'une manière convenable ?) ; d'autre part elle place l'histoire, d'une certaine manière, au rang d'un roman d'apprentissage.
    Car oui, Antoine va apprendre. Ce luthier venu à l'Irlande par la musique et plus particulièrement le violon découvre au milieu des années 1970 la lutte des républicains en Irlande du Nord, à un moment où les revendications nationalitaires sont encore un sujet qui intéresse un peu en France. Il va apprendre cette Irlande loin des clichés sur la verte Erin, l'âpreté d'une guerre et sa réalité loin de son idéal romantique de guerre propre ; une guerre qui se joue autant dans des attentats aveugles que dans des geôles où des prisonniers nus se laissent mourir de faim où qu'ils barbouillent de leurs excréments. Il va apprendre l'amitié aussi. L'amitié qui n'a pas forcément besoin de mots ou de grandes effusions, celle qui s'exprime par un regard, un sourire, un lit proposé ou le récit d'un drame familial.
    Journaliste, Sorj Chalandon a choisi de traiter dans ce roman d'un sujet qui lui est intime, puisqu'il s'inspire de sa propre amitié avec Denis Donaldson, républicain irlandais, membre de l'IRA et du Sin Fein que les Britanniques ont dénoncé comme traître travaillant pour eux depuis plus de vingt ans au moment des accords de paix. Trop proche de son sujet, hanté par des questions qui n'ont pas trouvées de réponses car Donaldson a été abattu avant qu'il puisse le rencontrer une dernière fois, Chalandon cherche par le biais de la fiction à répondre au moins partiellement à ses propres interrogations.
    Par des phrases courtes décrivant des souvenirs ponctuels qui suivent en fait la pensée du narrateur au moment il raconte, comme des réminiscences de ces temps révolus, Sorj Chalandon nous entraîne à sa suite dans cet amour presqu'irraisonné pour l'Irlande du Nord occupée, dans ce combat qui n'est pas le sien mais qu'il intériorise au point de se couper des amis qu'il a chez lui (un isolement décrit en profondeur en seulement quelques phrases), dans cette amitié atypique avec ce chef de l'IRA, avec ce traître. Ce traître dont la traîtrise fait qu'Antoine ne peut plus se demander qu'une chose : s'il a trahi les siens, m'a-t-il aussi trahi en me disant que j'étais son ami ? Son amitié était-elle réelle ? Antoine cherche donc la réponse. Peut-être la trouvera-t-il. Ou pas.
    On peut reprocher à Chalandon son écriture sèche et sans fioriture qui, sans nul doute, en rebutera certains. Elle a pourtant pour avantage, dans une histoire où des sentiments profonds sont à l'œuvre, d'en éliminer une grande partie du pathos qui pourrait s'avérer vite lassant. Elle nous met aussi dans la tête d'un narrateur qui peine encore à croire à ce qui se passe et s'en trouve pour ainsi dire anesthésié par le choc. Elle dit et fait ressentir des choses compliquées avec des mots simples mais pas simplistes. C'est une sale et belle histoire.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-mon-traitre-de-sorj-chalan..
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    • Livres 5.00/5
    Par lilimarylene, le 05 février 2013

    lilimarylene
    Pas de doute, ce roman est celui d'un amoureux de l'Irlande du Nord. D'un passionné. Il suffit de voir comment l'auteur décrit les gorgées de Guinness, la simplicité et la dignité des habitants de Belfast, ou le désespoir d'Antoine à la mort de Bobby Sands après sa grève de la faim. Et d'ailleurs, il est évident qu'Antoine et Tyrone Meehan ne sont pas que des personnages de fiction : Antoine, c'est Sorj Chalandon (l'auteur), et Tyrone, c'est Denis Donaldson, un membre de l'IRA qui a trahi son camp en collaborant avec les services secrets britannique, assassiné en 2006. Même si les dates ont été changées, on peut donc considérer que ce roman est très proche de l'épisode autobiographique. Ce livre est donc en quelque sorte une façon de tourner la page, car il permet à l'auteur de poser par procuration une question qu'il n'a jamais pu poser en vrai à Denis Donaldson : "Et notre amitié ? [...] Elle était vraie ?". Reste également la question du "pourquoi ?", une question restée sans réponse. Était ce à cause d'un besoin d'argent, pour libérer son fils qui pourrissait en prison, par lassitude envers une guerre qui ne dit pas son nom, envers une guerre qu'on dit propre mais qui ne peut être que sale et sanglante ? Nous n'aurons jamais la réponse, seulement des pistes, des interprétations (et des pistes seront lancées dans Retour à Killybegs, un roman qui complète celui-ci, et imagine ce qui a pu se passer de façon assez crédible). Et finalement, tout comme l'auteur, je pense que seule la question de l'authenticité de l'amitié soit importante. L'auteur ne juge pas son vieil ami, il nous montre juste que même un ami très cher peut avoir sa face cachée. Car chaque homme a une fêlure en lui, personne n'est à l'abri du gouffre intérieur qui fera basculer vers la trahison. Un roman magnifique.

    Lien : http://surlestracesduchat.blogspot.fr/2013/02/mon-traitre.html
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Citations et extraits

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  • Par claracambry, le 26 février 2012

    En rentrant à Paris, j'ai compris. En me réveillant le jour d'après. En marchant dans le rue, cet avril 1977. En regardant le ciel pour rien. En croisant ceux qui ne savaient pas. J'étais différent. J'étais quelqu'un en plus. J'avais un autre monde, une autre vie, d'autres espoirs. J'avais un goût de briques, un goût de guerres, un goût de tristesse et de colère aussi. J'ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout Sur l'Irlande. Rien que sur l'Irlande. Irlande. Irlande.Irlande. Irlande.
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  • Par Takateru, le 23 novembre 2012

    Derrière l'IRA, les anciens prisonniers avaient pris place. Des centaines en rang par trois. Des hommes, des femmes, des presque enfants, des cheveux gris et blanc. J'en connaissais quelques-uns. (...) Les vêtements étaient pauvres, les mains rougies de froid. Je passais de l'un à l'autre. J'effleurais simplement. Une jeune fille m'a longuement observé. Comme les autres, elle portait une couronne de fleurs. Elle a fait un geste. Un signe des yeux pour me dire que tout irait bien. que je ne devais pas m'en faire. Que voila, c'était comme ça. La guerre, la pauvreté, la prison, la mort. Et qu'il fallait avoir confiance. Et qu'il ne fallait pas que je pleure, parce que personne ici ne pleurait. Je pleurais.
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  • Par AireLibre, le 30 janvier 2008

    La première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser. C'était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers républicains. J'étais près de la porte, à côté de la grande cheminée, assis à une table couverte de verres vides et de bouteilles mortes. C'était la place préférée de Jim et de Cathy O'Leary, qui m'ouvraient un lit quand je venais en Irlande du Nord. Jim O'Leary était un ami. Il avait fait de la prison pour transport d'armes. Il était menuisier mais catholique. Et donc chômeur, comme sa femme. Et il a été chômeur jusqu'à la fin.
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  • Par danyx, le 12 mars 2013

    En rentrant à Paris, j'ai compris. En me réveillant le jour d'après. En marchant dans la rue cet avril 1977.En regardant le ciel pour rien. En croisant ceux qui ne savaient pas. J'étais différent. J'étais quelqu'un en plus. J'avais un autre monde, une autre vie, d'autres espoirs. J'avais un goût de briques, un goût de guerre, un goût de tristesse et de colère aussi. J'ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout sur l'Irlande. Rien que sur l'Irlande. Irlande. Irlande. Irlande.
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  • Par Didili, le 10 novembre 2012

    " J'ai calé le bas du cercueil entre mon épaule gauche et mon oreille, joue écrasée contre les moulures du bois. j'étais le porteur du milieu. Sur mon épaule droite je sentais la main ferme du porteur d'en face. Il m'enserrait comme on protège. Mon bras gauche était tendu vers lui, à l'horizontale, sous la charge funèbre, et mes doigts, tout au bout écraisaient mon épaule. De ma main droite j'ai agrippé la poignée de laiton ouvragé qui pendait à hauteur de mon front. Voilà ce qu'était un cercueil porté à dos d'homme."
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