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ISBN : 2246726115
Éditeur : Grasset (2008)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 421 notes)
Résumé :
"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..."
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Critiques, Analyses & Avis (96) Voir plus Ajouter une critique
latina
latina24 août 2013
  • Livres 4.00/5
« Mon Irlande c'était « L'Homme tranquille », « le Taxi mauve », l'Ile d'Emeraude, les pulls blancs torsadés, le wiskey, « l'Eire » de nos mots croisés. Elle paressait sur papier glacé. Elle était d'herbe verte, de rousses Maureen, de pierres plates en murets, de toits de chaume et de portes géorgiennes. Elle était gaie, rieuse, enfumée, noire de bière typique et blanche de moutons errant sur les lacets de route. Mon Irlande s'appelait Dublin, Galway, Clifden, Lisdoonvarna, Aran. Une Irlande musicale, marine, agricole, accueillante, spirituelle, pauvre et fière, apaisée. »
C'était l'Irlande du narrateur, Antoine, un luthier français, avant qu'il ne rencontre Tyron Meehan, Jim et Cathy O'Leary.
C'était mon Irlande aussi, avant que je ne découvre celle de ce roman, d'une « terrible beauté », « de ces ombres maussades, ces vêtements boueux, ces cheveux confus, ces bouches orphelines, ces dos fatigués, ces yeux privés de ciel. » Oui, cela, c'est l'Irlande de Belfast des années 70, 80 et 90, privée de liberté, l'Irlande de l'IRA, de ces familles usées par des années de guerre, de ces combattants solidaires et fraternels.
Tous solidaires, ces combattants ? Eh bien, non, parmi ceux-ci, il y a un traitre, Tyrone Meehan, adulé de tous, et relié au narrateur par une profonde amitié... jusqu'au jour où éclate la révélation honteuse.
Cette histoire, je la connaissais déjà puisque j'avais lu « Retour à Killybegs », où le narrateur est Tyrone Meehan. Ici la focalisation change de personnage. Nous sommes emportés dans le sillage du petit Français amoureux de l'Irlande, et soucieux que son amitié ait survécu à la trahison.
Et comme dans « Retour à Killibegs », j'ai été emportée par les tourbillons de l'Histoire grâce au style tellement poétique de Sorj Chalandon. La fraternité, l'amitié, la cohésion ne sont pas de vains mots pour ces gens-là. Les réunions dans les pubs, les veillées dans les maisons froides autour de quelques bougies, les marches silencieuses dans les rues face aux blindés anglais, j'y étais...
Et pourtant je ne suis pas Irlandaise, et pourtant, ce n'est pas « ma guerre », comme l'a dit Tyrone à Antoine, pour le préserver de conséquences funestes de trop d'engagement.
C'est donc avec une pointe de soulagement que j'ai refermé ce roman tout vibrant d'amitié et de trahison, tout plein de poésie et de beauté terribles.
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livrevie
livrevie21 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
Les rues de Belfast résonnent encore de la poudre qui explose, des pieds qui battent le pavé, de ces corps qui saignent, de ces yeux d'où tombent des cascades de larmes... Ces yeux qui pleurent cette Eire qu'imagine Antoine, cette vieille femme aux cheveux blancs et au fort caractère qui lutte pour son identité, ces yeux qui rient au son du gaélique et qui se tordent de colère devant ces anglais qui défilent, conquérants contre ce peuple opprimé.
C'était hier, au détour du calendrier. Ce conflit s'étirera pendant plus de vingt ans, jusqu'à l'aube des années 2000.
Antoine est luthier et parisien. Sa femme l'a quitté. La monotonie jalonne sa vie jusqu'à ce qu'il ne découvre une photo de James Connolly qui fut d'une des figures de la résistance irlandaise contre les anglais pendant la fin du 19e siècle. Nous sommes en 1974. Ce portrait en noir et blanc, collé dans le fond d'un étui à violon, va donner à sens à son existence beaucoup trop terne. Une conversation avec un client, une impulsion et le voilà en Irlande, à la rencontre de cette vieille femme à la chevelure blanche.
Elle est partout autour de lui, autour de ces enfants qui jouent, autour de ces enfants qu'on enterre, sur ce mur que l'on marque de graffitis, dans sourire de Cathy et Jim O'Leary qui l'accueillent les bras ouverts, lui le luthier de Paris.
Et c'est en Irlande que le luthier devient homme. « Fils ». Ces mots s'impriment dans son coeur. « Regarde comment on fait ». Et dans les urinoirs d'un bar irlandais, Antoine devient Tony. Antoine est frappé à l'âme par Tyrone Meehan, ce leader irlandais emblématique et charismatique, incarnation vivante de la cause, et qui lui apprendra à uriner comme un homme. La vie est faite de petits moments insignifiants mais déterminants et celui-ci en est un. Une histoire d'hommes. La naissance d'une amitié.
Antoine-Tony rentre à Paris profondément bouleversé. L'Irlande lui a offert ce qui lui manquait, l'amour familial de ceux qui pleurent les leurs mais gardent le menton levé et ne baissent pas les yeux, l'amour d'une terre qui vous reçoit les bras ouverts et vous donne tout ce qu'elle a, même si elle n'a rien.
Le jeune homme se construit sous nos yeux, bouton fragile qui éclot peu à peu pour devenir un homme engagé dans une cause.
Mais le monde n'est jamais ni noir ni blanc. Il est fait de multiples nuances de gris. Et c'est ainsi que Tyrone, le Tyrone pilier du combat est en réalité un traître qui fournit des renseignements à l'Angleterre depuis près de 20 ans. Mais où s'arrête sa traîtrise ? Est-il seulement le traître de l'IRA ou est-il aussi le traître d'Antoine? Les valeurs humaines qu'il lui a transmises, noble héritage de cette vaillante Irlande, sont-elles réelles ou n'étaient-elles finalement qu'un rideau éphémère. Qui était ce Tyrone-Denis dont il doit faire le deuil ? Leur relation était-elle sincère ?
J'avais été touchée par Profession du père du même auteur. C'est un récit auquel je pense encore beaucoup. Il en va et en sera de même pour celui-ci. Sous des couverts de fiction, Sorj Chalandon mêle des touches autobiographiques, Antoine-Sorj, Tyrone-Denis Donaldson, et les mots sont d'autant plus forts.

Ce récit ne se contente pas de s'immerger dans l'histoire de l'Irlande il observe et analyse les rouages du coeur humain. Il est tellement facile de porter un jugement, de prendre position, de trancher dans le vif, alors qu'en fait, le monde n'est que dégradé, et rien n'est vraiment simple.
Lien : http://lelivrevie.blogspot.fr/2015/11/mon-traitr..
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Macha_Loubrun
Macha_Loubrun07 février 2013
  • Livres 4.00/5
Sorj Chalandon, journaliste à Libération pendant 34 ans raconte de manière romancée son amitié avec Denis Donaldson dans « Mon traître ». Tous les ingrédients de la tragédie sont réunis et c'est au cours de la rédaction de ce roman qu'il a appris l'assassinat de celui dont il fut si proche.
Antoine mène une vie terne de luthier dans son petit atelier parisien, sa femme est partie. En 1974, un client lui parle de James Connely, et la république irlandaise rentre alors dans sa vie. Il se prend alors de passion pour ce pays et soutient la cause de l'Ira. Sa vie prend rapidement une densité toute particulière grâce l'amitié très forte qui le lie à un couple, Jim et Cathy O'Leary dont le fils est mort à l'âge de douze ans, tué par les anglais, et à celui qui deviendra son ami, Tyrone Meehan. C'est un leader charismatique du Sinn Féin, il lui apprend l'Irlande. Il l'appelle « fils », Antoine a trouvé sa famille de coeur.
Ce sont ses voyages répétés en Irlande qui durant des années donnent un souffle à la vie d'Antoine. Il souffre avec le peuple et pour tenir le coup durant toutes ces années, il se crée mentalement l'image d'une vielle femme irlandaise aux cheveux blancs, pleine d'ardeur et de colère. Une sorte de madone politique.
La lutte donne ses lettres de noblesse aux personnages, les vies sont rudes, les maisons ont peu de confort, l'argent manque, il fait gris, froid, humide et malgré la peur au ventre, les prisonniers, les morts, on se réchauffe le coeur en buvant ensemble une bière ou un thé brûlant et en chantant des chants irlandais, des chants de lutte. Antoine les accompagne au violon… L'engagement de ces hommes et de ces femmes est total dans un grand esprit fraternel. Mais le sang continue de couler.
En 2006, Tyrone Meehan admet au cours d'une conférence de presse qu'il trahit son camp depuis vingt-cinq ans en donnant des renseignements aux anglais.
Vingt-cinq ans de trahison. Jour après jour.
Vivre une histoire aussi intense et en restituer tous les aspects, entre lumière et obscurité, n'était pas chose facile. Il fallait le talent de l'écrire,sans haine.
Il faut absolument lire « Mon traitre » pour la beauté de son écriture et la justesse avec laquelle elle révèle toutes les fragilités humaines.
Inoubliable.

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YvesParis
YvesParis11 juin 2012
  • Livres 4.00/5
J'avais lu et aimé "Retour à Killybegs".
J'ai donc attaqué avec plaisir "Mon traître" dont je savais qu'il était une sorte de palimpseste de "Retour ..."
Dans ces deux livres fortement autobiographiques, le journaliste Sorj Chalandon évoque l'IRA nord-irlandaise dont il est devenu l'un des compagnons de route.
L'un de ses leaders historiques, auquel Sorj Chalandon s'était lié d'une amitié quasi-filiale, s'est révélé avoir été pendant près d'un quart de siècle à la solde du Renseignement britannique.
Dans "Mon traître", l'écrivain raconte cette histoire de son point de vue : sa découverte de l'Irlande du Nord, la chaude hospitalité des Irlandais, la fraternité dans la lutte jusqu'à la révélation de la traîtrise et les questions qu'elle suscite
Dans "Retour à Killybegs", la perspective est renversée et c'est du point de vue du "traître" que l'histoire est racontée.
Ces deux livres - qu'on peut indifféremment lire l'un après l'autre - évoquent avec passion l'Irlande du Nord et le combat qui y fut mené par l'IRA. La dignité de ces hommes et de ces enfants, unis face à l'oppression britannique, forcent le respect. Elle culmine avec l'évocation de la grève de la faim des prisonniers de Long Kesh et la longue agonie de Bobby Sands.
Au-delà du cas nord-irlandais, ces deux livres ont une portée plus large en questionnant des valeurs aussi fondamentales que la loyauté, l'engagement, l'amitié. Ce n'est pas rien ...
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Renod
Renod04 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Les rues de Belfast ont une odeur singulière, un mariage d’âtre brûlant, de terre et de friture. L’air est épais de tourbe, de charbon et d’humidité. De modestes maisons ouvrières construites en briques sales et en ardoises s'agglutinent, identiques, le long des routes pavées. Les rues ont un « goût de briques, un goût de guerre, un goût de tristesse et de colère ». Les enfants de ces quartiers grandissent dans la pauvreté et la violence. Une violence quotidienne aux nombreux visages : répression policière, attentats meurtriers, émeutes, lynchages menés par des loyalistes. Entrer dans un pub permet de quitter ces rues grises et froides. Dans ces foyers où la fraternité est reine, les clients chantent, prononcent des discours militants, chacun se reconnaît, se salue, les tournées de Guinness se succèdent. Antoine, un jeune artisan parisien, va se prendre de passion pour ce pays. Le voilà plongé au cœur d’une guerre, il adhère complètement à cause républicaine. Un nouveau monde s’ajoute à son terne quotidien de luthier. Il se fait une place au sein d'une communauté républicaine très soudée face à l’adversité. Au cours de ses séjours, il va se lier d’amitié avec deux couples. Jim et Cathy O'Leary vivent modestement. Ils hébergent Antoine dans la chambre de leur fils abattu d'une balle en plastique par un soldat britannique. Il rencontrera ensuite Tyrone Meehan, un responsable respecté de l’I.R.A. et son épouse, Sheila. L’homme le traite comme un fils mais le met en garde contre tant d’engouement. Ce conflit n’est pas le sien et toute guerre est sale ; qu’Antoine conserve sa sympathie pour la cause et son amour pour l’Irlande, mais qu’il reste en dehors des opérations.
Trente ans plus tard, Antoine apprend que Tyrone Meehan, qu’il a continué à fréquenter régulièrement, trahissait son camp depuis de nombreuses années. C’est un choc. Cette traitrise brise tout un univers bâti autour d'une cause politique et d’amitiés solides. Que reste t’il quand vous découvrez que la personne en qui vous avez cru depuis tant d'années est en fait un mouchard ? Qu’est-ce qui était vrai ? L’amitié et les sentiments étaient-ils sincères ?
Les récits de Sorj Chalandon ont toujours un contenu fortement autobiographique et une visée cathartique. Ce texte lui permet de revenir sur son engagement et son amitié trahie pour Denis Donaldson. Il lui permet aussi de faire le deuil d’un ami qui ne lui a pas donné toutes les réponses mais pour lequel il conserve, malgré tout, des sentiments fidèles et sincères.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs23 septembre 2015
A chaque page, il vous saisit par la pudeur du style, l’intensité des émotions, et une fascinante réflexion sur le récit.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
PioupPioup27 mai 2016
Je me disais que, quand je serais en face de lui, je le regarderais. Il serait tête basse et les mains basses. Et je lui demanderais. Pourquoi ? D'abord. Pourquoi as-tu fait ça, Tyrone Meehan ? Pourquoi fait-on ça, Tyrone Meehan ? Qu'est-ce qui se brise en nous ? Dis-le moi, Tyrone Meehan. Il vient d'où, ce poison ? De la tête ? Du cœur ? Du ventre ? C'est une bataille ou un renoncement ? C'est quoi, trahir, Tyron Meehan ? Ça fait mal ? Ça fait du bien ? Ca pourrait arriver à n'importe qui ? A toi comme à moi, Tyrone ? [...] Ça fait quoi, Tyrone Meeha, de tenir une épaule devant un lac noir, de serrer la main que l'on trompe, de vendre l'amitié, l'amour, l'espoir et le respect ?
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MarcoPolo85MarcoPolo8518 mai 2016
- Tu le sens?
- Quoi?
- Notre pays.
Une odeur de lourd, de mouillé, de ciel battant, de menaçant, de terre, de colère océane. p118
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latinalatina24 août 2013
Pourquoi as-tu fait ça, Tyrone Meehan? Pourquoi fait-on ça, Tyrone Meehan? Qu'est-ce qui se brise en nous? Dis-le-moi, Tyrone Meehan. Il vient d'où, ce poison? De la tête? Du cœur? Du ventre? C'est une bataille ou un renoncement? C'est quoi, trahir, Tyrone Meehan? Ca fait mal? Ca fait du bien? Ca pourrait arriver à n'importe qui? (...)On croit qu'on va tenir, on le dit, on vit avec cette certitude et quelque chose arrive à l'âme qui est plus fort que tout? Et après? Comment fait-on après, lorsqu'on est traître, pour effleurer la peau des autres? Celle de ta femme, de ton fils, de tes amis, de tes camarades, des vieilles dames qui t'applaudissent sous la pluie quand tu honores la République.
On fait comment pour embrasser la joue d'un trahi? Ca fait quoi, Tyrone Meehan, de tenir une épaule devant un lac noir, de serrer la main que l'on trompe, de vendre l'amitié, l'amour, l'espoir et le respect?
(...)

Et notre amitié? Un traitre est-il traitre tout le temps? La nuit? Le jour? Et quand il mange? Quand il rit? Quand il cligne de l'œil? On est traitre aussi quand on respire? Lorsqu'on regarde un soleil couchant? Lorsqu'on passe la porte d'une église? Lorsqu'on salue quelqu'un dans la rue? Lorsqu'on dit qu'il va pleuvoir en regardant le ciel? On est traitre quand on remonte le col de sa veste pour avoir moins froid?
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OnIstanbulRooftopOnIstanbulRooftop03 janvier 2015
— Sais-tu tenir un secret ? m'a alors dit Tyrone Meehan.

Il a écrasé sa cigarette et m'a regardé en face. Il avait un autre regard que devant son lac noir, juste avant ma casquette. Il m'a dit qu'il n'y avait pas de guerre propre. Que je ne savais rien de la guerre. Rien. Il m'a dit que l'IRA tuait parce qu'il le fallait. Il m'a demandé ce que je savais des ordres de l'IRA. De sa stratégie. Il m'a dit que, si seize enfants catholiques étaient tués demain par les troupes britanniques dans le ghetto d'Ardoyne, pourquoi pas une bombe en réplique dans une école de Londres ? Hein ? Pourquoi pas ? Et sans aucun avertissement, exprès, pour un maximum de victimes. Qu'est ce que je connaissais de tout cela ? Il m'a demandé si je savais que lui-même, Tyrone Meehan, était prêt à ce geste de mort si l'ordre lui en était donné ? Est-ce que je savais qu'il le ferait, lui-même, en récitant les noms des seize enfants tombés ? Est-ce que je me doutais seulement de cette violence ? Alors non. S'il te plait, m'a-t-il dit. La guerre est sale. Sale. Ne parle jamais de guerre propre. N'en parle jamais, ni ici ni nulle part ailleurs, parce que demain, peut-être, nous te ferons mentir. J'ai regardé Tyrone. Il a allumé une cigarette et m'a fait un signe de l'oeil. Son regard d'ami. Et puis il s'est tourné vers la fenêtre en observant la pluie. Cela faisait deux ans qu'il trahissait les siens.
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claraetlesmotsclaraetlesmots26 février 2012
En rentrant à Paris, j'ai compris. En me réveillant le jour d'après. En marchant dans le rue, cet avril 1977. En regardant le ciel pour rien. En croisant ceux qui ne savaient pas. J'étais différent. J'étais quelqu'un en plus. J'avais un autre monde, une autre vie, d'autres espoirs. J'avais un goût de briques, un goût de guerres, un goût de tristesse et de colère aussi. J'ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout Sur l'Irlande. Rien que sur l'Irlande. Irlande. Irlande.Irlande. Irlande.
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Le Quatrième Mur de Sorj Chalandon par Feodor Atkine .Feodor Atkine présente l'ouvrage "Le Quatrième Mur" de Sorj Chalandon aux éditions Audiolib. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/rendez-vous/evenement_livre_audio_lu-65207127.html Note de Musique : Beyrouth 75' - Free Music Archive Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mo... Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Libra... Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemo... Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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