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ISBN : 2246726115
Éditeur : Grasset (2008)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 255 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..."
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 24 août 2013

    latina
    « Mon Irlande c'était « L'Homme tranquille », « le Taxi mauve », l'Ile d'Emeraude, les pulls blancs torsadés, le wiskey, « l'Eire » de nos mots croisés. Elle paressait sur papier glacé. Elle était d'herbe verte, de rousses Maureen, de pierres plates en murets, de toits de chaume et de portes géorgiennes. Elle était gaie, rieuse, enfumée, noire de bière typique et blanche de moutons errant sur les lacets de route. Mon Irlande s'appelait Dublin, Galway, Clifden, Lisdoonvarna, Aran. Une Irlande musicale, marine, agricole, accueillante, spirituelle, pauvre et fière, apaisée. »
    C'était l'Irlande du narrateur, Antoine, un luthier français, avant qu'il ne rencontre Tyron Meehan, Jim et Cathy O'Leary.
    C'était mon Irlande aussi, avant que je ne découvre celle de ce roman, d'une « terrible beauté », « de ces ombres maussades, ces vêtements boueux, ces cheveux confus, ces bouches orphelines, ces dos fatigués, ces yeux privés de ciel. » Oui, cela, c'est l'Irlande de Belfast des années 70, 80 et 90, privée de liberté, l'Irlande de l'IRA, de ces familles usées par des années de guerre, de ces combattants solidaires et fraternels.
    Tous solidaires, ces combattants ? Eh bien, non, parmi ceux-ci, il y a un traitre, Tyrone Meehan, adulé de tous, et relié au narrateur par une profonde amitié... jusqu'au jour où éclate la révélation honteuse.
    Cette histoire, je la connaissais déjà puisque j'avais lu « Retour à Killybegs », où le narrateur est Tyrone Meehan. Ici la focalisation change de personnage. Nous sommes emportés dans le sillage du petit Français amoureux de l'Irlande, et soucieux que son amitié ait survécu à la trahison.
    Et comme dans « Retour à Killibegs », j'ai été emportée par les tourbillons de l'Histoire grâce au style tellement poétique de Sorj Chalandon. La fraternité, l'amitié, la cohésion ne sont pas de vains mots pour ces gens-là. Les réunions dans les pubs, les veillées dans les maisons froides autour de quelques bougies, les marches silencieuses dans les rues face aux blindés anglais, j'y étais...
    Et pourtant je ne suis pas Irlandaise, et pourtant, ce n'est pas « ma guerre », comme l'a dit Tyrone à Antoine, pour le préserver de conséquences funestes de trop d'engagement.
    C'est donc avec une pointe de soulagement que j'ai refermé ce roman tout vibrant d'amitié et de trahison, tout plein de poésie et de beauté terribles.
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 07 février 2013

    MachaLoubrun
    Sorj Chalandon, journaliste à Libération pendant 34 ans raconte de manière romancée son amitié avec Denis Donaldson dans « Mon traître ». Tous les ingrédients de la tragédie sont réunis et c'est au cours de la rédaction de ce roman qu'il a appris l'assassinat de celui dont il fut si proche.
    Antoine mène une vie terne de luthier dans son petit atelier parisien, sa femme est partie. En 1974, un client lui parle de James Connely, et la république irlandaise rentre alors dans sa vie. Il se prend alors de passion pour ce pays et soutient la cause de l'Ira. Sa vie prend rapidement une densité toute particulière grâce l'amitié très forte qui le lie à un couple, Jim et Cathy O'Leary dont le fils est mort à l'âge de douze ans, tué par les anglais, et à celui qui deviendra son ami, Tyrone Meehan. C'est un leader charismatique du Sinn Féin, il lui apprend l'Irlande. Il l'appelle « fils », Antoine a trouvé sa famille de cœur.
    Ce sont ses voyages répétés en Irlande qui durant des années donnent un souffle à la vie d'Antoine. Il souffre avec le peuple et pour tenir le coup durant toutes ces années, il se crée mentalement l'image d'une vielle femme irlandaise aux cheveux blancs, pleine d'ardeur et de colère. Une sorte de madone politique.
    La lutte donne ses lettres de noblesse aux personnages, les vies sont rudes, les maisons ont peu de confort, l'argent manque, il fait gris, froid, humide et malgré la peur au ventre, les prisonniers, les morts, on se réchauffe le cœur en buvant ensemble une bière ou un thé brûlant et en chantant des chants irlandais, des chants de lutte. Antoine les accompagne au violon… L'engagement de ces hommes et de ces femmes est total dans un grand esprit fraternel. Mais le sang continue de couler.
    En 2006, Tyrone Meehan admet au cours d'une conférence de presse qu'il trahit son camp depuis vingt-cinq ans en donnant des renseignements aux anglais.
    Vingt-cinq ans de trahison. Jour après jour.
    Vivre une histoire aussi intense et en restituer tous les aspects, entre lumière et obscurité, n'était pas chose facile. Il fallait le talent de l'écrire,sans haine.
    Il faut absolument lire « Mon traitre » pour la beauté de son écriture et la justesse avec laquelle elle révèle toutes les fragilités humaines.
    Inoubliable.

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    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 11 juin 2012

    ygounin
    J'avais lu et aimé "Retour à Killybegs".
    J'ai donc attaqué avec plaisir "Mon traître" dont je savais qu'il était une sorte de palimpseste de "Retour ..."
    Dans ces deux livres fortement autobiographiques, le journaliste Sorj Chalandon évoque l'IRA nord-irlandaise dont il est devenu l'un des compagnons de route.
    L'un de ses leaders historiques, auquel Sorj Chalandon s'était lié d'une amitié quasi-filiale, s'est révélé avoir été pendant près d'un quart de siècle à la solde du Renseignement britannique.
    Dans "Mon traître", l'écrivain raconte cette histoire de son point de vue : sa découverte de l'Irlande du Nord, la chaude hospitalité des Irlandais, la fraternité dans la lutte jusqu'à la révélation de la traîtrise et les questions qu'elle suscite
    Dans "Retour à Killybegs", la perspective est renversée et c'est du point de vue du "traître" que l'histoire est racontée.
    Ces deux livres - qu'on peut indifféremment lire l'un après l'autre - évoquent avec passion l'Irlande du Nord et le combat qui y fut mené par l'IRA. La dignité de ces hommes et de ces enfants, unis face à l'oppression britannique, forcent le respect. Elle culmine avec l'évocation de la grève de la faim des prisonniers de Long Kesh et la longue agonie de Bobby Sands.
    Au-delà du cas nord-irlandais, ces deux livres ont une portée plus large en questionnant des valeurs aussi fondamentales que la loyauté, l'engagement, l'amitié. Ce n'est pas rien ...
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    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 25 octobre 2011

    chocobogirl
    Années 70, Antoine est luthier à Paris. C'est un homme assez silencieux que sa femme a quitté. Il vit pour son amour du métier et pour la joie de rendre vie aux violons qu'il soigne. Pour ses 30 ans, il s'offre un voyage à Dublin pour y retrouver un ancien ami. La fête est superbe, il joue du violon en public et se saoûle, un peu. le lendemain, quelques heures avant son retour, il erre dans la ville et se souvient tout à coup d'une phrase d'un de ses client : " Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande." Alors Antoine décide de faire un tour à Belfast, un tour rapide de 3h. Un tour qui va changer sa vie.
    Au hasard de sa marche, Antoine va rencontrer Jim O'Leary et sa femme qui le croient perdu et l'invite chez eux. Une grande amitié va naître qui sera le point de départ de nombreux voyages successifs en Irlande du Nord. Des séjours qui permettront à Antoine de rencontrer l'Irlande, la vraie. Celle qui est loin des cartes postales de moutons, de murs en pierre, et de falaises vertigineuses. Celle qui le conduira au creux des pubs enfumés, dans le coeur de l'âme irlandaise, dans l'Irlande républicaine surtout qui se bat contre l'envahisseur britannique. Dans celle de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA qu'il va bientôt considérer comme un frère. Un ami tant aimé avec qui il partagera tout, un ami qui pourtant trahira son pays et brisera le petit français.
    Le fait est connu, Mon traître s'inspire de l'expérience personnelle de l'auteur. Sorj Chalandon, journaliste à Libération, a longtemps travaillé sur le conflit irlandais. Il a connu les activistes républicains qu'il a abondamment couvert, et en particulier un certain Denis Donaldson qui est devenu son ami. Un ami dont il a découvert avec les autres partisans qu'il avait trahi sa patrie pendant 20 ans... Denis, un des plus fervents leaders de la cause républicaine, était un traître à la solde des britanniques. Une révélation choc qui ébranla ses proches et Sorj Chalandon lui-même. Une trahison qui questionne aussi quant à la véracité de son amitié avec cet homme.
    A travers les figures d'Antoine et de Tyrone mais aussi de Jim et Cathy, Sorj revient sur cet épisode dramatique. On y découvre un jeune homme naïf qui porte une sorte d'amour irraisonné pour un pays qui n'est pas le sien. Une curiosité hasardeuse qui devient vite une sorte de fil conducteur dans sa vie.
    Un amour pour l'Irlande du Nord mais surtout pour ses habitants qui l'ont accueilli si chaleureusement sans rien lui demander. Un amour pour ces hommes et ces femmes qui ont choisi le combat et l'engagement politique en dépit de la pauvreté, de la souffrance et de la répression britannique. Une sorte d'amour admiratif qui s'épanouira particulièrement avec Tyrone, sorte de figure paternelle sous l'égide duquel il fera son apprentissage du combat.
    Sorj Chalandon y décrit donc une Irlande humaine et combattante qui prend corps dans les pubs et ses réunions houblonneuses, dans le quotidien d'un peuple qui voit ses enfants disparaitre par la guerre, la prison ou par une balle perdue. l''auteur s'attarde longuement à décrire la découverte de ce nouveau pays et de ses combats, l'histoire de sa rencontre avec ses hommes, avec Tyrone. On vit avec lui la plénitude de cette amitié déterminante qui grandit au fil des années et sera un des piliers de sa vie. Et lorsque la trahison arrive en fin d'ouvrage, elle n'en est que plus choquante, à l'image de celle d'Antoine et celle de l'auteur, à travers lui.
    "Mon traître" est véritablement un bijou de sensibilité et de pudeur. D'émotion aussi. A travers son héros, Sorj Chalandon livre ses sentiments sur une trahison qui a bouleversé sa vie. Son écriture est libérée de tout superflu. Ses phrases sont courtes, parfois sèches et, à travers leur épure, révèle avec une très grande subtilité l'essentiel des faits et des émotions. On vibre à l'unisson d'Antoine, on découvre une Irlande inconnue toute en humanité, on y ressent l'importance des amitiés, la façon dont elles nous construisent mais aussi la manière dont elles peuvent nous détruire.
    Il y sera question aussi de mensonge. Comment un homme dont la vie était basée sur le mensonge a-t'il pu vivre aux côtés des siens ? Quelle est la part de vrai dans ce qui a constitué son existence ? Se définit-il comme celui qu'il était aux yeux des autres ou comme celui qui trahissait dans l'ombre ? Comment réconcilier les 2 faces du personnage ?
    Antoine, double de l'auteur, se questionne sur la part de mensonge et de vérité chez ce traitre, SON traitre. Leur amitié était-elle réelle ? Ou Tyrone l'a-til utilisé complaisamment pour ses activités d'espion ? Est-il lui-même coupable de n'avoir rien vu ? Coupable d'avoir trahi la cause républicaine à laquelle il s'était attachée, en aidant Tyrone à se loger lors de ses séjours parisiens, prétextes secrets à ses trahisons ?
    Sorj, à travers ses personnages de papier, cherche des réponses, cherche à accepter l'inacceptable, à faire son deuil tout simplement d'un homme, d'un ami qui par sa traitrise remet en cause tous ses gestes et toutes ses paroles.
    Mon traître est un roman admirable qui m'a extrêmement touchée et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur après La légende de nos pères. Ma critique n'est bien évidement pas à la hauteur de ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce grand auteur qui est pour moi un grand coup de coeur !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-mon-traitre-sorj-chala..
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    • Livres 5.00/5
    Par Lilou08, le 30 novembre 2013

    Lilou08
    Je continue ma découverte de ce grand auteur, à mon avis perso, qu'est Sorj Chalandon. Après l'excellent « Le quatrième mur », je viens enfin de lire « Mon traitre ». Je pensais connaître à peu près l'histoire irlandaise, mais déjà lors de ma lecture de « Danse noire » de Nancy Huston, j'ai bien senti que non. Donc il me fallait vraiment lire Sorj Chalandon, qui a été journaliste à Libération et qui s'est souvent rendu en Irlande et écrit des reportages (d'ailleurs il a reçu le prix Albert-Londres en 1988 pour ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie).
    MON traitre… ce titre, en plus, m'a vraiment interpellé. Ce n'est pas anodin… ce n'est pas le traitre qui était mon ami, ou mon ami le traitre… non MON traitre… beaucoup plus fort, plus intime, plus perturbant… il le dit souvent dans le roman, avant même qu'on découvre la nature exacte de la trahison.
    En faisant quelques recherches pour faire ce billet, j'ai découvert que cette histoire qu'on sent tellement forte, puissante et importante pour l'auteur est « vraie ». le traitre, Tyrone Meehan dans le livre, est en fait Denis Donaldson… Cet homme a réellement existé : « membre de l'IRA provisoire et du Sinn Féin. En 2005, sa collaboration avec le MI5 et le Special Branch, du service de police de l'Irlande du Nord, fut mise au jour. Isolé depuis lors dans un cottage du Donegal, il a été assassiné le 4 avril 2006 ». Et c'était l'ami, le grand ami, de Sorj Chalandon… qui dans le roman « est » Antoine, jeune luthier français qui tombe amoureux de l'Irlande, l'Irlande du Nord… et dont Tyrone Meehan, devient un frère, un père…
    A travers l'itinéraire d'Antoine, on découvre la réalité de l'Irlande du Nord, son histoire, l'occupation des Britanniques, leur répression, le combat des Irlandais, la violence au quotidien, physique et morale, la vie à Belfast, des amitiés vraies… la trahison avec toute sa douleur, son incompréhension, la violence des sentiments.
    Soyons clair, j'aime l'écriture de Sorj Chalandon… elle est belle, efficace.
    Dans ce roman, on est happé dans la tourmente de l'Irlande… on découvre, on aime, on a le cœur qui saigne, on se sent un peu moins ignorant après l'avoir lu.
    Car j'avais oublié certaines choses, vues aux actualités, mais tellement dures, tellement terribles… cela m'a remis les idées en place. Entre autres, les grévistes de la faim, dont Bobby Sands, mort en prison. Merci madame Thatcher !
    J'ai vraiment dévoré, très vite ce grand roman. Je n'avais vraiment pas envie de le quitter.
    J'ai démarré de suite « Retour à Killibegs » qui « donne la parole » à Tyrone Meehan.
    Je découvre après lecture, que "Mon traitre" en 2008 a reçu le Prix Joseph Kessel et qu'en 2011 "Retour à Killibegs" a été couronné par le Grand Prix du roman De l'Académie Française.
    Petit détail émouvant pour moi… extrait d'un article du Point.fr « Sorj Chalandon, prix Goncourt des Lycéens 2013 et auteur de deux romans bouleversants sur l'Irlande du Nord, en a encore les larmes aux yeux: pour la première fois, il a "vu" son personnage, "Mon traître", incarné en chair et en os à la scène, et il a pleuré.
    La pièce, créée en avril à Vidy-Lausanne, est donnée au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, du 4 au 21 décembre ».
    Vraiment je vous conseille plus que vivement de lire Sorj Chalendon, et Mon traitre.
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Citations et extraits

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  • Par latina, le 24 août 2013

    Pourquoi as-tu fait ça, Tyrone Meehan? Pourquoi fait-on ça, Tyrone Meehan? Qu'est-ce qui se brise en nous? Dis-le-moi, Tyrone Meehan. Il vient d'où, ce poison? De la tête? Du cœur? Du ventre? C'est une bataille ou un renoncement? C'est quoi, trahir, Tyrone Meehan? Ca fait mal? Ca fait du bien? Ca pourrait arriver à n'importe qui? (...)On croit qu'on va tenir, on le dit, on vit avec cette certitude et quelque chose arrive à l'âme qui est plus fort que tout? Et après? Comment fait-on après, lorsqu'on est traître, pour effleurer la peau des autres? Celle de ta femme, de ton fils, de tes amis, de tes camarades, des vieilles dames qui t'applaudissent sous la pluie quand tu honores la République.
    On fait comment pour embrasser la joue d'un trahi? Ca fait quoi, Tyrone Meehan, de tenir une épaule devant un lac noir, de serrer la main que l'on trompe, de vendre l'amitié, l'amour, l'espoir et le respect?
    (...)

    Et notre amitié? Un traitre est-il traitre tout le temps? La nuit? Le jour? Et quand il mange? Quand il rit? Quand il cligne de l'œil? On est traitre aussi quand on respire? Lorsqu'on regarde un soleil couchant? Lorsqu'on passe la porte d'une église? Lorsqu'on salue quelqu'un dans la rue? Lorsqu'on dit qu'il va pleuvoir en regardant le ciel? On est traitre quand on remonte le col de sa veste pour avoir moins froid?
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  • Par claracambry, le 26 février 2012

    En rentrant à Paris, j'ai compris. En me réveillant le jour d'après. En marchant dans le rue, cet avril 1977. En regardant le ciel pour rien. En croisant ceux qui ne savaient pas. J'étais différent. J'étais quelqu'un en plus. J'avais un autre monde, une autre vie, d'autres espoirs. J'avais un goût de briques, un goût de guerres, un goût de tristesse et de colère aussi. J'ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout Sur l'Irlande. Rien que sur l'Irlande. Irlande. Irlande.Irlande. Irlande.
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  • Par Didili, le 10 novembre 2012

    " J'ai calé le bas du cercueil entre mon épaule gauche et mon oreille, joue écrasée contre les moulures du bois. j'étais le porteur du milieu. Sur mon épaule droite je sentais la main ferme du porteur d'en face. Il m'enserrait comme on protège. Mon bras gauche était tendu vers lui, à l'horizontale, sous la charge funèbre, et mes doigts, tout au bout écraisaient mon épaule. De ma main droite j'ai agrippé la poignée de laiton ouvragé qui pendait à hauteur de mon front. Voilà ce qu'était un cercueil porté à dos d'homme."
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  • Par Aproposdelivres, le 18 octobre 2013

    Ou alors c'était une femme de prisonnier, saluée en hôte parce qu'elle venait d'une autre ville. Ou la mère d'un soldat de l'IRA, mort en opération, dont on saluait la mémoire. Ou encore un visiteur américain, irlandais de racines, enfoui dans un pull neuf de laine blanche à côtes torsadées, qui chancelait devant tant d'honneurs.
    Une chose et une seule m'a été immédiatement familière : l'hymne national irlandais. Le Soldier Song fut mon premier repère. Il était parfois joué en début de soirée, au moment où l'on repose les bières sur les tables sans bruit, encore soucieux du jour passé. D'autres fois, l'orchestre l'interprétait en toute fin de pub, pour dire que c'était fini, juste avant d'éteindre les lumières, puis de les rallumer de la façon la plus violente qui soit, avec les ramasseurs de verres qui crient haut qu'il est temps de rentrer. J'ai toujours aimé cet instant de l'hymne. Cette communion, cette cérémonie d'appartenance, lorsque l'Irlande rappelle ses filles et ses fils au pied du drapeau. Jim n'avait plus besoin de me dire que c'était le moment. Avant même qu'il soit joué. Dans le silence d'après chansons, dans la manière qu'avaient les musiciens de prendre une autre place sur la scène, dans le flottement d'avant solennel, l'hymne était déjà commencé. Et là, au milieu de tous, debout avec tous, avec le même regard blessé, le même visage de craie, les mêmes cheveux de pluie, la même respiration fragile, j'étais comme irlandais.
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  • Par Takateru, le 23 novembre 2012

    Derrière l'IRA, les anciens prisonniers avaient pris place. Des centaines en rang par trois. Des hommes, des femmes, des presque enfants, des cheveux gris et blanc. J'en connaissais quelques-uns. (...) Les vêtements étaient pauvres, les mains rougies de froid. Je passais de l'un à l'autre. J'effleurais simplement. Une jeune fille m'a longuement observé. Comme les autres, elle portait une couronne de fleurs. Elle a fait un geste. Un signe des yeux pour me dire que tout irait bien. que je ne devais pas m'en faire. Que voila, c'était comme ça. La guerre, la pauvreté, la prison, la mort. Et qu'il fallait avoir confiance. Et qu'il ne fallait pas que je pleure, parce que personne ici ne pleurait. Je pleurais.
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