ISBN : 2246726115
Éditeur : Grasset&Fasquelle (2008)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 86 notes) Ajouter à mes livres
"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..."
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chocobogirl, le 25 octobre 2011

    chocobogirl
    Années 70, Antoine est luthier à Paris. C'est un homme assez silencieux que sa femme a quitté. Il vit pour son amour du métier et pour la joie de rendre vie aux violons qu'il soigne. Pour ses 30 ans, il s'offre un voyage à Dublin pour y retrouver un ancien ami. La fête est superbe, il joue du violon en public et se saoûle, un peu. le lendemain, quelques heures avant son retour, il erre dans la ville et se souvient tout à coup d'une phrase d'un de ses client : " Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande." Alors Antoine décide de faire un tour à Belfast, un tour rapide de 3h. Un tour qui va changer sa vie.
    Au hasard de sa marche, Antoine va rencontrer Jim O'Leary et sa femme qui le croient perdu et l'invite chez eux. Une grande amitié va naître qui sera le point de départ de nombreux voyages successifs en Irlande du Nord. Des séjours qui permettront à Antoine de rencontrer l'Irlande, la vraie. Celle qui est loin des cartes postales de moutons, de murs en pierre, et de falaises vertigineuses. Celle qui le conduira au creux des pubs enfumés, dans le coeur de l'âme irlandaise, dans l'Irlande républicaine surtout qui se bat contre l'envahisseur britannique. Dans celle de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA qu'il va bientôt considérer comme un frère. Un ami tant aimé avec qui il partagera tout, un ami qui pourtant trahira son pays et brisera le petit français.
    Le fait est connu, Mon traître s'inspire de l'expérience personnelle de l'auteur. Sorj Chalandon, journaliste à Libération, a longtemps travaillé sur le conflit irlandais. Il a connu les activistes républicains qu'il a abondamment couvert, et en particulier un certain Denis Donaldson qui est devenu son ami. Un ami dont il a découvert avec les autres partisans qu'il avait trahi sa patrie pendant 20 ans... Denis, un des plus fervents leaders de la cause républicaine, était un traître à la solde des britanniques. Une révélation choc qui ébranla ses proches et Sorj Chalandon lui-même. Une trahison qui questionne aussi quant à la véracité de son amitié avec cet homme.
    A travers les figures d'Antoine et de Tyrone mais aussi de Jim et Cathy, Sorj revient sur cet épisode dramatique. On y découvre un jeune homme naïf qui porte une sorte d'amour irraisonné pour un pays qui n'est pas le sien. Une curiosité hasardeuse qui devient vite une sorte de fil conducteur dans sa vie.
    Un amour pour l'Irlande du Nord mais surtout pour ses habitants qui l'ont accueilli si chaleureusement sans rien lui demander. Un amour pour ces hommes et ces femmes qui ont choisi le combat et l'engagement politique en dépit de la pauvreté, de la souffrance et de la répression britannique. Une sorte d'amour admiratif qui s'épanouira particulièrement avec Tyrone, sorte de figure paternelle sous l'égide duquel il fera son apprentissage du combat.
    Sorj Chalandon y décrit donc une Irlande humaine et combattante qui prend corps dans les pubs et ses réunions houblonneuses, dans le quotidien d'un peuple qui voit ses enfants disparaitre par la guerre, la prison ou par une balle perdue. l''auteur s'attarde longuement à décrire la découverte de ce nouveau pays et de ses combats, l'histoire de sa rencontre avec ses hommes, avec Tyrone. On vit avec lui la plénitude de cette amitié déterminante qui grandit au fil des années et sera un des piliers de sa vie. Et lorsque la trahison arrive en fin d'ouvrage, elle n'en est que plus choquante, à l'image de celle d'Antoine et celle de l'auteur, à travers lui.
    "Mon traître" est véritablement un bijou de sensibilité et de pudeur. D'émotion aussi. A travers son héros, Sorj Chalandon livre ses sentiments sur une trahison qui a bouleversé sa vie. Son écriture est libérée de tout superflu. Ses phrases sont courtes, parfois sèches et, à travers leur épure, révèle avec une très grande subtilité l'essentiel des faits et des émotions. On vibre à l'unisson d'Antoine, on découvre une Irlande inconnue toute en humanité, on y ressent l'importance des amitiés, la façon dont elles nous construisent mais aussi la manière dont elles peuvent nous détruire.
    Il y sera question aussi de mensonge. Comment un homme dont la vie était basée sur le mensonge a-t'il pu vivre aux côtés des siens ? Quelle est la part de vrai dans ce qui a constitué son existence ? Se définit-il comme celui qu'il était aux yeux des autres ou comme celui qui trahissait dans l'ombre ? Comment réconcilier les 2 faces du personnage ?
    Antoine, double de l'auteur, se questionne sur la part de mensonge et de vérité chez ce traitre, SON traitre. Leur amitié était-elle réelle ? Ou Tyrone l'a-til utilisé complaisamment pour ses activités d'espion ? Est-il lui-même coupable de n'avoir rien vu ? Coupable d'avoir trahi la cause républicaine à laquelle il s'était attachée, en aidant Tyrone à se loger lors de ses séjours parisiens, prétextes secrets à ses trahisons ?
    Sorj, à travers ses personnages de papier, cherche des réponses, cherche à accepter l'inacceptable, à faire son deuil tout simplement d'un homme, d'un ami qui par sa traitrise remet en cause tous ses gestes et toutes ses paroles.
    Mon traître est un roman admirable qui m'a extrêmement touchée et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur après La légende de nos pères. Ma critique n'est bien évidement pas à la hauteur de ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce grand auteur qui est pour moi un grand coup de coeur !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-mon-traitre-sorj-chala..
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 13 décembre 2011

    encoredunoir
    « La première fois que j'ai vu Mon traître, il m'a appris à pisser » indique Antoine, le narrateur, en ouverture de ce roman. Cette première phrase sèche (malgré le sujet abordé) est déjà révélatrice : d'une part parce qu'elle utilise pour la première fois (le titre excepté) le possessif accolé à ce traître et nous dit toute l'intimité qu'Antoine peut avoir avec lui (que peut-on avoir à cacher à celui qui nous regardé uriner et, même, nous a appris à le faire d'une manière convenable ?) ; d'autre part elle place l'histoire, d'une certaine manière, au rang d'un roman d'apprentissage.
    Car oui, Antoine va apprendre. Ce luthier venu à l'Irlande par la musique et plus particulièrement le violon découvre au milieu des années 1970 la lutte des républicains en Irlande du Nord, à un moment où les revendications nationalitaires sont encore un sujet qui intéresse un peu en France. Il va apprendre cette Irlande loin des clichés sur la verte Erin, l'âpreté d'une guerre et sa réalité loin de son idéal romantique de guerre propre ; une guerre qui se joue autant dans des attentats aveugles que dans des geôles où des prisonniers nus se laissent mourir de faim où qu'ils barbouillent de leurs excréments. Il va apprendre l'amitié aussi. L'amitié qui n'a pas forcément besoin de mots ou de grandes effusions, celle qui s'exprime par un regard, un sourire, un lit proposé ou le récit d'un drame familial.
    Journaliste, Sorj Chalandon a choisi de traiter dans ce roman d'un sujet qui lui est intime, puisqu'il s'inspire de sa propre amitié avec Denis Donaldson, républicain irlandais, membre de l'IRA et du Sin Fein que les Britanniques ont dénoncé comme traître travaillant pour eux depuis plus de vingt ans au moment des accords de paix. Trop proche de son sujet, hanté par des questions qui n'ont pas trouvées de réponses car Donaldson a été abattu avant qu'il puisse le rencontrer une dernière fois, Chalandon cherche par le biais de la fiction à répondre au moins partiellement à ses propres interrogations.
    Par des phrases courtes décrivant des souvenirs ponctuels qui suivent en fait la pensée du narrateur au moment il raconte, comme des réminiscences de ces temps révolus, Sorj Chalandon nous entraîne à sa suite dans cet amour presqu'irraisonné pour l'Irlande du Nord occupée, dans ce combat qui n'est pas le sien mais qu'il intériorise au point de se couper des amis qu'il a chez lui (un isolement décrit en profondeur en seulement quelques phrases), dans cette amitié atypique avec ce chef de l'IRA, avec ce traître. Ce traître dont la traîtrise fait qu'Antoine ne peut plus se demander qu'une chose : s'il a trahi les siens, m'a-t-il aussi trahi en me disant que j'étais son ami ? Son amitié était-elle réelle ? Antoine cherche donc la réponse. Peut-être la trouvera-t-il. Ou pas.
    On peut reprocher à Chalandon son écriture sèche et sans fioriture qui, sans nul doute, en rebutera certains. Elle a pourtant pour avantage, dans une histoire où des sentiments profonds sont à l'œuvre, d'en éliminer une grande partie du pathos qui pourrait s'avérer vite lassant. Elle nous met aussi dans la tête d'un narrateur qui peine encore à croire à ce qui se passe et s'en trouve pour ainsi dire anesthésié par le choc. Elle dit et fait ressentir des choses compliquées avec des mots simples mais pas simplistes. C'est une sale et belle histoire.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-mon-traitre-de-sorj-chalan..
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 11 novembre 2011

    kathel
    Le narrateur, Antoine, est luthier à Paris. Un peu solitaire, il tombe sous le charme de l'Irlande et pas de n'importe quelle Irlande, non, de Belfast et de l'Irlande du Nord en 1977, en plein conflit avec les Britanniques. Les mots de Sorj Chalandon pour dire sa passion sont magnifiques et pleins de vérité... On se doute que cet Antoine monomaniaque s'éloigne encore plus de ses quelques amis parisiens. Mais à Belfast, il a rencontré une amitié plus belle, plus forte, plus authentique, celle de Tyrone Meehan, immense vétéran de la cause irlandaise. Ce même Tyrone qui s'avèrera de longues années plus tard avoir trahi ses idées, sa cause, ses amis… Voilà le pourquoi du titre un peu étrange, Mon traître, car cet homme était son ami et Antoine ne peut s'empêcher de se demander si pendant tout ce temps, l'amitié était réciproque entre eux. La blessure serait immense si ce n'était pas le cas.
    Je suis tombée sous le charme du style de Sorj Chalandon, superbe, à mille lieues de tout cliché, vrai, sincère. Ses mots pour dire l'amitié, la passion pour l'Irlande, l'engagement, la déception, ces mots sonnent toujours juste et forment plus qu'une belle histoire.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 23 octobre 2011

    canel
    Début des années 70, à Paris. Antoine/Tony, luthier, est sensibilisé à la guerre en Irlande du Nord par un de ses clients. Il se rend à Belfast, est touché, bouleversé même par les événements, noue au fil de ses séjours récurrents des liens solides, avec deux couples en particulier. Bien au-delà de l'amitié, naissent des sentiments forts, fraternels, filiaux... Mais Antoine et ses proches apprendront trente ans plus tard avec stupeur, effroi, que l'un des leurs est un traître de l'armée républicaine, au service des Britanniques. - Non, je ne dévoile rien, les premières pages sont explicites -
    Ce roman est bouleversant, tissé de tristesse, d'incompréhension, de désarroi. Il m'a d'autant plus émue que j'ai récemment entendu l'auteur évoquer avec passion ce témoignage hautement autobiographique et partant, sa douleur. La blessure de Sorj Chalandon reste vive et palpable six années plus tard malgré ce livre "exutoire" (?), d'où la nécessité pour lui d'en écrire un second ('Retour à Killybegs').
    'Mon traître' n'est pas facile à apprécier pleinement si l'on connaît mal le contexte des années 60 en Irlande du Nord - il y est fréquemment fait allusion. Quoi qu'il en soit, sa portée reste universelle : contexte de guerre civile/religieuse/indépendantiste, de conflit armé avec son lot de mort, de deuil, de violence, de lutte... mais aussi de solidarité, d'amour, de dignité humaine. Et tout particulièrement ici une question : celle de l'amitié à l'épreuve de la trahison...
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 14 septembre 2011

    brigittelascombe
    Mon traître, un titre qui sonne étrangement, un mot proche de Mon maître.
    Car il s'agit bien d'un maître à penser qu'Antoine,32 ans, le luthier dont le violon "devient colère" lorsqu'il joue, "le petit français" épris d'idéal, qui rêve de clamer "Mise Eire", "Je suis d'Irlande" pour se fondre dans la communauté de ses amis Jim et Cathy dont le fils a été injustement tué lors d'une patrouille de blindés, va rencontrer au détour d'un club réservé aux amis prisonniers républicains.
    Républicains? de la République d'Irlande.
    9 avril 1977. Passablement ivre,Antoine croise Tyrone Meehan,l'homme respecté de tous, le vétéran, dans... les pissotières du pub. Amusé par sa dégaine, ce dernier,"élégant,des yeux très bleus,une friche de sourcils,des cheveux blancs qui faisaient désordre au dessus de ses oreilles"en l'apostrophant d'un "fils" symbolique, lui apprend à pisser comme un homme.
    Une amitié sans faille s'en suit et de nombreux séjours de l'un chez l'autre et réciproquement signent l'adhésion totale d'Antoine(rebaptisé Tony par Tyrone) à la cause catholique irlandaise du nord dans son combat pour la République.
    Apprendre la trahison de ce "mythe" en 2006, va bouleverser les valeurs d'Antoine qui était fier de la confiance accordée et se projetait pleinement (et naïvement) dans cette image d'homme fort jusqu'à cracher comme lui en criant "Salauds" vis à vis des anglais protestants qui les pourchassaient.
    Pourquoi un traitre qui était tout pour tous, devient-il rien tout à coup?Une question de père à approfondir?La parole donnée est-elle toujours sincère?Une amitié survit-elle à la mort, au rejet?Peut-on véritablement adhérer à une cause si l'on n'est pas né dans le pays des insurgés?
    Un superbe livre "vivant" car la sensibilité de Sorj Chalandon sait recréer des ambiances uniques. Un roman dans lequel l'engagement "Amitié", synonyme d'amour à part entière, se retrouve dans Une promesse.
    Un récit historique, témoignage journalistique d'un grand intéret("maisons ouvrières aux briques sales,alignement infini,sinueux,catholique et triste; hélicoptères en patrouille,blindés à chaque coin de rue,terreur,barbarie,absurdité,tirs perdus,marches silencieuses,révolte,cause, combat,interrogatoires musclés,fusillades,morts) puisque l'auteur journaliste à Libération a effectué de nombreux reportages sur l'Irlande du nord et connait son sujet sur le bout des doigts.
    Et beaucoup d'émotions pour ces irlandais fiers et obstinés,qui chantent en gaélique, unis dans leur cause Et pour Belfast, "mélange d'âtre brûlant, de lait pour enfant,de terre,de friture et d'humide" que Sorj Chalandon nous donne à aimer.
    Sorj Chalandon, "grand" auteur contemporain connu et reconnu, a reçu le prix Médicis 2006 pour Une promesse et a été sélectionné pour le prix Goncourt 2011 avec Retour à Killybegs.
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Citations et extraits

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  • Par AireLibre, le 30 janvier 2008

    Nous étions au début de la nuit. Les bières revenaient encore et encore. Mes yeux brûlaient de leurs cigarettes. J'étais ivre. Le choc des pintes. Le rire de Jim et tous les rires autour. L'éclat brut des voix, le tumulte en vagues qui bousculait les tables. Le regard de Cathy, qui cherchait son reflet dans son verre levé. Et puis cette musique.
    - Une chanson rebelle, m'a soufflé Jim.
    J'ai tourné la tête vers la scène.
    O, then tell me, Shawn O'Farrell, where the gath'rin is to be ?
    Je me souviens d'avoir fermé les yeux. J'avais mon verre en main, et deux verres pleins encore, sur la table mouillée.
    Les musiciens chantaient la guerre.
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  • Par kathel, le 11 novembre 2011

    J’étais différent. J’étais quelqu’un en plus. J’avais un autre monde, une autre vie, d’autres espoirs. J’avais un goût de briques, un goût de guerre, un goût de tristesse et de colère aussi. J’ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. Je me suis mis à lire. Tout. Tout sur l’Irlande. Irlande. Irlande. Irlande. Je cherchais ce mot à travers les lignes des journaux, dans l’encre des livres, je le lisais sur les lèvres, dans les yeux, partout.
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  • Par AireLibre, le 30 janvier 2008

    La première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser. C'était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers républicains. J'étais près de la porte, à côté de la grande cheminée, assis à une table couverte de verres vides et de bouteilles mortes. C'était la place préférée de Jim et de Cathy O'Leary, qui m'ouvraient un lit quand je venais en Irlande du Nord. Jim O'Leary était un ami. Il avait fait de la prison pour transport d'armes. Il était menuisier mais catholique. Et donc chômeur, comme sa femme. Et il a été chômeur jusqu'à la fin.
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  • Par canel, le 20 octobre 2011

    Les familles de prisonniers et de victimes venaient ensuite. Des femmes sans mari, des enfants sans père, des hommes sans plus rien. Je suis resté longtemps devant cette humanité grise. Dans ces rangs-là, tous avaient le même regard. J'ai baissé les yeux en les croisant. Il y avait en eux comme ces voiles de brume qui s'attardent au matin, quelque chose de triste et de las. (p. 58)
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  • Par canel, le 23 octobre 2011

    Un soldat [britannique] est tombé le long du mur. Il a lâché son fusil. Bruit métallique. Son casque a heurté le trottoir. (...) Je me suis arrêté tout à fait. Les soldats barraient la rue. Je ne voyais plus que les brodequins du mort et le bas de son treillis. Parce que voilà, il était mort. Je l'ai lu le lendemain, dans 'L'Irish News'. Steeve Remington venait de Brampton, dans le Yorkshire. Il avait refusé de suivre son père, son grand-père et les autres à la mine. Il s'était engagé pour quitter la misère des corons. Il avait 23 ans. (p. 88-89)
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Sorj Chalandon - Retour à Killybegs (bande annonce) .
Couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie française 2011 Sorj Chalandon nous présente 'Retour à Killybegs' un roman captivant sur la guerre de libération de l?Irlande du Nord, qui fut aussi une guerre civile.Retrouvez l'intégralité de cette interview sur notre chaîne Dailymotion et sur le site de la Communauté Orange du Livre www.orange.fr/prixorangedulivre








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