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ISBN : 9782246785699
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 376 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-êtr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 05 décembre 2011

    litolff
    En commençant "Retour à Killybegs", j'ai immédiatement été plongée dans l'atmosphère de mon enfance, quand tous les jours, les journaux, la radio ou la télévision annonçait que l'IRA avait frappé ou entamait un processus de paix, cette atmosphère de terreur qui entourait l'idée même de l'Irlande, de Belfast, d'armée révolutionnaire.
    Car effectivement, ce livre nous fait pénétrer au coeur de l'Armée Révolutionnaire Irlandaise, cette IRA qui défrayait la chronique quotidiennement, faisant passer ses acteurs pour des dangereux fous furieux ou des héros, c'est selon, et déclenchait les répliques sanglantes des britanniques. C'est donc tout un pan de l'histoire irlandaise que l'auteur rappelle ici, la misère des années noires, le déchirement de l'Irlande en deux pays, l'édification d'une frontière et la création de l'Ulster, l'oppression britannique et la résistance irlandaise, puis plus tard les grèves de la faim et les prisons encombrées de prisonniers qui voulaient se voir reconnaître le statut de prisonniers politiques que les britanniques leur refusaient.
    Et ce qui m'a frappée, c'est d'abord l'extraordinaire solidarité qui unit tous ces soldats de l'Ira, qui pousse un jeune type de 20 ans à continuer une grève de la faim jusqu'à la mort, relayé par un autre jeune type de 20 ans... La solidarité, la fraternité, et soudain au milieu de ces frères, un traître ! Un traître qui, à la veille d'être démasqué, était salué et connu de tous, chéri par sa famille, ses frères d'arme, leurs femmes et leurs enfants, et qui du jour au lendemain, devient l'Ennemi. Je n'ai pas lu les précédents livres de Sorj Chalandon, mais dans Retour à Killybegs, il décortique avec pertinence les ressorts qui transforment un patriote acharné en marionnette des britanniques. Et ce "retournement" permet de revenir sur les motivations de l'IRA, des britanniques et de déjouer tout manichéisme : il n'y a pas de bon ou de mauvais patriote, la cause de l'IRA n'est pas que juste et bonne et les britanniques ne sont pas que des enfoirés : la guerre, c'est sale et les idéaux n'y ont pas leur place...
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    • Livres 5.00/5
    Par Thorp, le 05 juillet 2012

    Thorp
    Je n'ai pas lu « Retour à Killybegs », j'ai été emporté par un torrent irlandais.
    Je n'ai pas lu « Retour à Killybegs », j'ai été happé dans un tourbillon de mots sur une guerre fratricide, où il apparaît que plus les belligérants se ressemblent plus leurs comportements sont radicaux, comme s'ils devaient faire preuve de la plus grande fermeté pour pouvoir distinguer les frontières avec netteté.
    Je n'ai pas lu « Retour à Killybegs », j'ai écouté les confidences de Tyrone Meehan, traître ou précurseur de paix c'est selon, victime d'avoir accidentellement tiré sur un de ses compagnons, pris au piège de cette guerre stupide où des cathos de l'IRA peuvent se féliciter d'avoir tué un autre catho, un des leurs, déguisé sous un uniforme de policier pour nourrir sa famille, et où des protestants peuvent venir gonfler les rangs de l'IRA (« Qui était notre ennemi ? le protestant de l'IRA ou le catholique sous l'uniforme britannique ? »)
    Je n'ai pas lu « Retour à Killybegs », j'ai croisé des irréductibles irlandais malgré tout sympathiques, âgés souvent d'une vingtaine d'années et s'emprisonnant parfois dans des grèves de la faim, pour des miettes idéologiques.
    Je n'ai pas lu « Retour à Killybegs », j'ai été bousculé dans un maelstrom humain où il n'y avait ni héros ni traîtres, mais une belle saloperie, la guerre.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 10 août 2012

    caro64
    À travers le récit poignant d'une trahison, Sorj Chalandon rend hommage aux Irlandais du Nord qui menèrent une guerre sans concession pour retrouver leur liberté et leur dignité.
    Décembre 2006, Tyrone Meehan, 81 ans, attend la mort. Il ne sait ni quand ni comment elle le frappera mais il sait avec certitude qu'elle viendra, alors autant que ce soit à Killybegs, le village de ses aïeux. Celui où son père lui enseigna la haine des anglais et que sa famille a dû fuir avec l'humiliation de la misère. Mais avant de mourir, il veut dire sa vérité afin que le silence se fasse après lui. de fait, Tyrone Meehan a été assassiné le 5 avril 2007. Sorj Chalandon dont l'Irlande du Nord est la patrie de coeur et qui connaissait très bien celui dont par respect il a changé le nom, veut lui rendre justice en lui donnant la parole. Et Tyrone Meehan de raconter sa vie: Belfast sous les bombes allemandes, son engagement dans les rangs de l'IRA, la prison, l'amour de Sheila, le combattant devenu un héros adulé de sa communauté, jusqu'à ce jour de 2005 où les anglais dénoncèrent sa trahison à leur profit. Pourquoi et qui avait-il trahi ? Terribles et douloureuses questions auxquelles Sorj Chalandon tente de trouver les réponses les plus justes.
    Un roman servi par une magnifique écriture où l'intime et le politique ne cessent habilement de se croiser. Sorj Chalandon campe à merveille ce personnage qui va vaciller, reclus chez lui n'attendant stoïquement qu'une seule chose depuis la révélation de sa trahison : la mort. Son livre est un hommage vibrant à cet homme Tyrone Meehan alias Denis Donaldson à qui, malgré tout, il voue une amitié sans borne. Ce texte tout de dignité, de violence et de tendresse, laisse ouverte la voie de l'indulgence. Un très beau roman, fort et bouleversant.
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 30 novembre 2012

    latina
    L'IRA ? Tous des terroristes !
    C'est ce que j'ai entendu durant toute ma jeunesse, et à vrai dire, je ne me suis jamais posé la question de savoir si c'était vrai. La politique m'intéresse assez peu…et ceci est un euphémisme !
    Donc, au départ, je n'avais pas choisi ce roman de Sorj Chalandon pour son thème : l'histoire d'un Irlandais pur sang qui se bat pour son pays, pour sa cause, pour la liberté. Mais l'auteur m'avait émue, avait touché une corde sensible dans un autre de ses romans : « Une promesse ».
    Eh bien, je l'avoue, cette fibre a encore vibré en moi à la lecture de « Retour à Killibegs ». Oui, j'ai suivi avec grand intérêt la trajectoire apparemment très droite de Tyrone, engagé dans l'IRA très jeune, emprisonné dans des conditions ignobles, populaire et admiré. Mais surtout, j'ai frémi lorsqu'il a trahi….Oui ! Il a trahi ! Mais cette trahison, je la comprenais ! « Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne », clame le héros, personne ne pourrait jamais le comprendre. Mais moi, je dis que si ! L'auteur s'est tellement bien fondu dans son personnage qu'il a réussi ce tour de force de me faire admettre la trahison et même de me faire complètement adhérer au traître.
    Je ne veux pas en dire plus. J'ai vécu une semaine dans la guerre puis dans les arrangements, les compromissions, et c'est assez. Comme le héros, « je n'en pouvais plus de cette guerre, de ces héros, de cette communauté étouffante. J'étais fatigué. Fatigué de combattre, de manifester, fatigué de prison, fatigué de clandestinité et de silence, fatigué des prières répétées depuis l'enfance, fatigué de haine, de colère et de peur, fatigué de nos peaux terreuses, de nos chaussures percées, de nos manteaux de pluie mouillés à l'intérieur. »
    Fatiguée, oui, mais totalement, indéfectiblement conquise par la poésie de Sorj Chalandon, par la beauté de ses mots, le diamant de ses phrases.
    Et en Irlande, oui, j'irai un jour, poursuivie par ses fantômes à l'envie si légitime de liberté…
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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 26 avril 2014

    mariecesttout
    Tout est dit dans vos critiques!
    J'ai donc lu Retour à Killybegs très vite après Mon traître..
    Peut-être.. peut-être que, sur le fond , j'aurais préféré rester dans toute l'ambiguïté de Mon traître , ne pas savoir ce qui s'était réellement passé.
    Mais il n'empêche c'est un très beau livre , grave et extrêmement émouvant.
    Le tout début:
    "Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait, il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glacé, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol , déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings."
    Magnifique..
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Critiques presse (6)


  • LeMonde , le 10 novembre 2011
    Retour à Killybegs n'est pas qu'un complément à Mon traître : plus puissant, plus subtil, c'est l'histoire d'une âme pure rendue grise par la contingence, la fatigue et la soif de paix.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 02 novembre 2011
    Retour à Killybegs respire la passion et le désespoir d'un homme qui, un jour, n'a pas eu le choix et s'est enfoncé dans la nuit et dans la honte. L'observation du journaliste et le lyrisme du romancier sont réunis dans ce beau livre éperdu d'amour pour un pays blessé et d'empathie pour ses habitants.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LaPresse , le 31 octobre 2011
    Parce que ce drame est aussi celui de Sorj Chalandon, et parce qu'il continue, malgré lui, à aimer le traître, Retour à Killybegs est un roman éminemment personnel. Ce retour sur un drame personnel est aussi un retour sur un drame collectif. Tragique.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Bibliobs , le 24 octobre 2011
    Emouvant, poignant, le roman de Sorj Chalandon a les allures d'une épopée tragique, à l'image de l'histoire de l'Irlande, pays déchiré, pays meurtri. C'est un livre d'une humanité profonde, merveilleusement écrit. Avec des mots, avec des larmes de silence.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 15 septembre 2011
    Sorj Chalandon revient sur l'histoire de Tyrone Meehan, activiste de l'IRA devenu traître. Il imagine son retour au village natal. […] Ce récit, syncopé, épuré, est une parfaite réussite.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 30 août 2011
    Un roman puissant, qui raconte la trahison d'un combattant catholique irlandais. Le tumulte de l'histoire récente, la tourmente d'un destin.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

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Citations et extraits

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  • Par latina, le 25 novembre 2012

    Mon oncle ne buvait plus depuis 10 ans.
    Un soir, il avait renversé sa voiture, heurtant un poteau, puis un arbre et roulant dans le fossé. Hilda et lui revenaient de chez le médecin. Les analyses de sa femme n'étaient pas bonnes. Ils n'auraient pas d'enfant, jamais. Rien d'autre qu'elle et lui, chaque matin, chaque soir, tous les jours de la vie. Et il en serait ainsi jusqu'à ce que l'un parte et que l'autre le suive.
    En chemin, ils avaient bu pour oublier. Ils avaient traversé la frontière en criant, hurlant adieu aux Brits par la fenêtre ouverte. Et vive la République ! Et revoilà enfin le pays ! Et il a dérapé sur son sol. La voiture s'est retournée. Lawrence a vécu. Hilda est morte.
    Depuis, mon oncle avait remplacé l'ivresse par le silence.
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  • Par canel, le 09 novembre 2012

    [Ma femme Sheila] m'avait aimé parce que je combattais et avait préparé son fils à combattre. Des femmes portaient les armes à nos côtés, transportaient des bombes ou collectaient des renseignements mais Sheila avait fait un autre choix. C'était une militante, pas un soldat. Avec Cathy, Liz, Roselyn, Joelle, Aude, Trish et tellement d'autres, elles étaient le coeur même de notre résistance. Elles pansaient nos plaies, elles s'asseyaient en chantant devant les roues des blindés, elles bloquaient les quartiers en tablier de ménage, elles allaient chercher leur homme au fond du pub pour l'obliger à se relever. Quand l'ennemi entrait dans le ghetto, elles étaient les premières à l'accueillir. En robe de chambre, en chemise de nuit, pieds nus parfois, à genoux au milieu des rues, raclant le sol de leurs couvercles de poubelle, elles étaient notre alarme. Elles manifestaient sans cesse pour la liberté de l'Irlande. En rang par trois, sans un cri, portant la photo de leur emprisonné ou la couronne fleurie de leur mort. Et elles entraînaient avec elles une armée de landaus.
    Pour vivre avec le sourire de son mari dans un cadre de deuil, soigner son fils qui rentre au petit jour, tenir la main de son enfant au dernier souffle du jeûne, il faut un coeur barbelé. Et Sheila était de ces femmes.
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  • Par Moan, le 15 juillet 2013

    J'ai de la fièvre. Le jour tarde. J'attends toujours ce lambeau de clarté. J'ai froid de mon pays, mal de ma terre. Je ne respire plus, je bois. La bière coule en pleurs sur ma poitrine. Je sais qu'ils m'attendent. Ils vont venir. Ils sont là. Je ne bougerai pas. Je suis dans la maison de mon père. Je les regarderai en face, leurs yeux dans les miens, le pardon du fusillé offert à ses bourreaux.
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  • Par oops, le 12 mars 2012

    Ce n'était ni méchant ni moqueur. Mais l'impression qu'il y avait toujours un jugement derrière le rideau. Les Britanniques surveillaient nos gestes, l'IRA surveillait notre engagement, les curés surveillaient notre pensée, les parents surveillaient notre enfance et les fenêtres surveillaient nos amours. Rien ne nous cachait jamais.

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  • Par canel, le 10 novembre 2012

    La prison m'avait changé. C'est ce que l'on murmurait dans mon dos. Avant la grève de l'hygiène, je buvais. Je vidais mes bières comme n'importe quel être humain sur cette île. Mais depuis ma sortie, je m'étais mis à boire. Ce n'était pas pareil. Je connaissais quelques camarades comme ça. Ils buvaient en cachette, de plus en plus loin de leur quartier. (...) Ils manquaient des rendez-vous, ils oubliaient une consigne. Dès qu'ils devenaient dangereux pour la sécurité, le parti s'en séparait. Alors ils brisaient leur verre, ils promettaient. Ils portaient un pélican doré au revers pour être reconnus comme abstinents. Ils buvaient des sodas avec des regards de noyés. Et ils recommençaient, souvent. (p. 218)
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