ISBN : 2750903793
Éditeur : Presses de la Renaissance (2008)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
« À scruter une carte du monde, il n'y avait pas d'endroits où nous ne souhaitions pas aller. Mais l'Iran était l'idée fixe de l'un et la Mongolie un rêve d'enfance de l'autre. Nous avons donc choisi la Turquie, pour apprendre à voyager, puis l'Iran, l'Asie centrale par... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par Youplala, le 22 juin 2008

    Youplala
    Pour une lecture plus "agréable" de cette critique:
    http://youplala.canalblog.com/archives/2008/06/22/9662943.html
    Avant d'entrer dans le vif du sujet, la quatrième de couverture (nécessaire afin de comprendre un point que je vais développer par la suite):
    "Notre histoire avait commencé par une belle soirée d'ivrognerie, le jour où je rentrais de quatre années d'exil. La suite, nous l'avions su dès le départ, serait le mariage puis un autre voyage, ensemble. Un voyage pour toucher le fond des choses, accéder aux gens par des chemins authentiques. Un départ à vélo à travers une Asie dont nous ignorions tout. Nous partirions sans contrainte et sans limite de temps, sans date de retour précise. Il ne s'agirait pas de vélo mais de voyage, non d'une course envers et contre tout, pour boucler la boucle en avance, mais bien d'un voyage au fil du vent, au gré des marées. le temps de la rencontre l'emporterait sur les impératifs de parcours et de distance à abattre. A scruter une carte du monde, il n'y avait pas d'endroits où nous ne souhaitions aller. Mais l'Iran était l'idée fixe de l'un et la Mongolie un rêve d'enfance de l'autre. Nous avons donc choisi la Turquie, pour apprendre à voyager, puis l'Iran, l'Asie centrale parce que nous n'en savions rien, avant de rejoindre la Mongolie par la Chine. Si nous nous sommes arrêtés un an dans une famille nomade de l'ouest de la Mongolie, c'est qu'un soir l'homme chez qui nous dormions nous a simplement proposé : "Venez passer l'hiver chez moi si vous voulez."
    Je ne sais pas si c'est moi qui ai mal interprété les choses, mais la couverture, le titre, le sous-titre et le résumé indiquaient pour moi que le livre porterait principalement sur cette fameuse année passée dans une famille nomade. Ce qui n'est absolument pas le cas. Sur les 318 pages du bouquin, les nomades avec lesquelles les auteurs vont vivre n'apparaissent qu'à la page 228. Moins de cent pages sur le sujet, c'est dommage.
    D'autant plus dommage que les deux cents pages précédentes sont terriblement répétitives: "Il fait beau/moyennement beau/mauvais/pluvieux/y a du vent, nous passons en vélo, les gens sont curieux et nous interpellent, puis quelqu'un veut bien nous héberger, son nom c'est Truc, nous causons ensemble (accessoirement on picole), et puis nous nous en allons. Ah, que ces gens sont sympas et hospitaliers! Loin de toute la pourriture Occidentale, franchement vivre en Occident c'est moisi".
    J'ai dû me "cravacher" à reprendre le livre à chaque fois, et toujours à cause de cette répétitivité. Pourtant il se lit fort rapidement et j'ai été surprise plus d'une fois de voir que j'avais lu 70 pages alors que je ne pensais n'en avoir parcouru qu'une vingtaine.
    Malheureusement ce retour cyclique à la même chose m'a également fort embrouillée et plus d'une fois je me suis demandée si telle situation c'était passée il y a quelques pages ou il y en avait trente.
    J'ai également regretté que les auteurs entrent peu dans l'âme des peuples qu'ils rencontraient, tout m'a paru superficiel. Je sais bien que la barrière de la langue était gigantesque mais cela m'a malgré tout déçue de ne pas en savoir plus sur ce qui faisait que ces gens appartenaient à leur peuple et pas à un autre. Cependant, ce problème est moins présent au cours de la partie avec les nomades puisque nous avons plus d'infos.
    De plus, comme l'indique mon bref résumé de "l'action", les auteurs font preuve d'un manichéisme un peu agaçant... voire carrément insupportable (à la fin du livre on est excédé tellement ces passages réapparaissent souvent). On retrouve la ville Vs la campagne et l'Occident Vs le reste du monde. Quelques morceaux de choix:
    1. Quotidiennement, une angoisse m'étreint au réveil: celle que le ciel bleu et glacial ait cédé la place au plafond gris et aux températures molles des hivers nord-européens, cette crainte que les journées intenses et rudes aient été remplacées par le confort et l'ennui. [...] Ici pas de place pour un sentimentalisme ou des manières décalées à l'européenne.
    2. Tout à l'est, l'Extrême-Orient rejoint l'Occident, replié sur lui-même et persuadé de voir le monde à travers l'écran de son téléphone portable.
    3. Nos sociétés occidentales, en développant des modèles hyper compétitifs et aseptisés, ont oublié en chemin quelques valeurs humaines que nous avons retrouvées en Turquie. Ici, les gens ne vivent pas les uns à côté des autres, mais encore les uns avec les autres.
    Je suis tout à fait d'accord pour dire que notre société est loin d'être idéale... mais ce n'est pas une raison pour idéaliser les autres!
    J'ai aussi trouvé certaines remarques qui m'ont paru pour le moins naïves:
    Dans un lokanta, comme beaucoup d'autres, un jeune porte le foulard kurde. Ce symbole de l'identité kurde est interdit par Ankara. le port de ce foulard n'est pas innocent, il permet d'affirmer sa fierté et son appartenance à cette communauté. En le regardant, j'essaye de comprendre la signification et l'importance de ce geste pour lui, la foi qu'il y met. Comment pouvons-nous ressentir son engagement, nous qui n'avons aucune référence semblable dans nos vie d'Occidentaux affranchis des principalement barrières de la discrimination?
    Je me suis vraiment demandé quelles étaient ces principales barrières... le fait de ne plus se faire passer à tabac mais juste de se faire traiter de "sale nègre/bougnoule" peut-être? De "juste" se faire insulter de pute si on ose mettre une mini-jupe et dire à un mec d'aller se faire voir s'il nous casse les pieds ? D'être juste considéré comme une grosse merde si on est chômeur et pas brûlé vif? La souffrance, où qu'elle soit, ne s'estime pas à la valeur des autres souffrances! A mes yeux elle est présente et nous nous devons de la respecter, il n'y a rien d'autre à ajouter.
    Enfin, pour en revenir à un aspect bénin mais qui m'a néanmoins agacée, j'ai aussi noté la présence de deux grosses erreurs. La première apparaît lorsque Célina Antomarchi-Lamé fait ce qui ressemble à une crise d'angoisse. Il y est dit qu'elle fait une crise de mouvement compulsifs. La compulsion est un terme emprunté à la psychiatrie et qui se définit comme étant un "comportement répétitif (par exemple le lavage des mains) ou un acte mental (prier, compter...) que le sujet se sent poussé à accomplir en réponse à une obsession ou selon certaines règles qui doivent être appliquées de manière inflexible" (source). Elle a donc plutôt dû être prise de mouvement convulsifs, ce qui se comprend quand on est si loin de chez soi...
    La deuxième erreur, grossière pour un livre parlant de voyages et du rythme des saisons, parle de l'équinoxe... d'hiver (il est indiqué entre le 15 décembre et le 1er janvier dans le livre, il n'y a donc pas d'erreur d'interprétation possible). Il n'existe pas d'équinoxe d'hiver, juste le solstice, le jour où la nuit est la plus longue de l'année.
    A côté de ces défauts j'ai pourtant vécu de bons moments de lecture avec ce livre.
    La transhumance avec les nomades est le moment que je préfère, il représente ce que le livre entier aurait dû être à mes yeux: une immersion totale avec la vie et les préoccupations des nomades, permettre la compréhension de leurs coups durs, de leur acharnement, de leur courage et de leur détermination. J'ai aussi trouvé d'autres moments de grâce comme par exemple cette séance où un joueur de musique envoûte complètement les auteurs, ou encore lorsque les chevaux prennent leur galop tous ensemble:
    En un instant, le nuage de poussière s'allonge et s'épaissit, la rumeur enfle sous le martèlement des sabots, la steppe rugit. Une horde hurlante, à fond de train, se répand dans la plaine soyeuse.
    Au cours de ces quelques passages j'ai pu saisir la magie de ce voyage immense, le bonheur que cela devait être d'assister à des évènements pareils.
    Hélas, ces moments sont trop courts et vite passés, et la lecture nous ramène à une description du paysage que l'on souhaiterait tant pouvoir admirer. Car si nous avons la chance d'avoir des photos au centre du livre, celles-ci représentent principalement le passage chez les nomades et le reste est rendu à la portion congrue.
    Pourtant ces photos valent vraiment le détour.
    A elles seules elles nous donnent envie de tout connaître de ce voyage. Je pense même que le livre devrait être réédité sous un autre format, avec moins de texte et plus de photos, comme par exemple un carnet de voyage. J'imagine bien une photo magnifique par page avec le texte en-dessous pour expliquer ce qu'elle représente, à quelle étape elle a été réalisée, par qui elle a été faite, pourquoi...
    Cela règlerait au passage le problème de la carte fournie avec le livre. Si chaque étape du texte décrit les villes et les endroits par où les auteurs passent, la carte représente seulement les différents pays avec une vague ligne qui les traverse. On ne peut pas dire qu'elle aide beaucoup à se repérer.
    Pour en finir avec "L'appel de la steppe", je dirais donc que le format du livre n'est pas forcément adapté à cette aventure et que je rêverais d'en voir une édition avec moins de texte (de toute façon très descriptif et pas particulièrement passionnant) et plus de photographies.
    A noter qu'il intéressera certainement plus que moi les passionnés de chevaux, de nombreuses "scènes" à cheval sont proprement idylliques pour les auteurs.
    P.S: Je suppose mais que le titre fait référence à "L'Appel de la forêt" de Jack London mais je n'ai pas encore lu ce livre. Faudrait que je le fasse. :-)
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    • Livres 4.00/5
    Par sauclair, le 19 août 2008

    sauclair
    En bref : "un couple (Antoine de Changy et Célina Antomarchi Lamé ) part à travers l'Asie à vélo (Turquie, Iran, ... jusqu'en Mongolie) et profite du passage en Mongolie pour y passer un Hiver au milieu des nomades Mongols."
    Je dois dire qu'à la réception du livre j'étais assez dubitatif : je ne suis pas un grand amateur de récits de voyages et celui là paraissait assez épais !
    Le début fut un peu difficile ...au bout de quelques pages, j'ai eu peur d'une suite sans fin de
    "jour xxx : vélo .. village ... repos ... re-vélo ..."
    Bref, un début un peu difficile. Je persévère.
    Quelques dizaines de pages plus loin, badaboum .... me voilà embarqué par le bouquin !
    Pour être franc : ça faisait quelques temps que je ne m'étais pas retrouvé attrappé comme ça par un livre ... une sacrée bonne surprise.
    Je ne sait pas à quoi ça tient : un mélange de style efficace, de descriptions parfois truculentes (mais jamais barbantes), de partage des galères du quotidien (mais sans pessimisme)...
    Surtout, je pense, ce qui porte le livre, c'est la foi dans l'idée que le voyage n'est pas dans le but que l'on atteint mais dans le parcours en lui même. Que les rencontres sont la base de tout.
    Je ne peux que vous conseiller la lecture de cette épopée à travers l'Asie, de la Turquie à la Mongolie, à vélo. Pas à vélo pour l'exploit, mais à vélo pour la rencontre, pour le rythme lent qui permet de découvrir les autres.
    Au delà du voyage des auteurs, le livre est un formidable témoignage de la vie dans ces pays, loin des reportages et des clichés, loin des tour opérators et des guides touristiques.
    Vous l'aurez compris, on arrive trop vite à la fin du livre.
    Hé, Antoine et Célina, vous ne voulez pas repartir pour nous faire un autres beau récit comme celui là ??
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    • Livres 4.00/5
    Par Parmigianlu, le 30 juin 2008

    Parmigianlu
    J'ai lu l'appel de la steppe de Antoine de Changy et Célina Antomarchi Lamé et j'ai beaucoup aimé.
    Ce récit de voyage (ils partent en vélos d'Istanbul, les pays traversés sont l'Iran, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, la Chine et la Mongolie) se lit très rapidement et avec un réel plaisir. L'écriture est fluide et agréable, ponctuée de belles images.
    Pour une fois, dans un récit de voyage, les auteurs ne nous barbent pas avec leurs états d'âme, leurs petits tracas quotidiens et ils évitent de parler de leurs vélos (ouf !) mais ils racontent très bien ce qu'ils voient et les gens rencontrés.
    La première partie file au rythme des rencontres, chacune est différente, apporte une nouvelle information ou un ressenti. Elle donne un visage très humain à des pays qu'on ne connait pas bien.
    Dans la deuxième partie, les auteurs s'installent en Mongolie pour vivre la vie d'une famille de nomade pendant presque un an. le récit gagne encore en intensité et on arrive trop vite à la fin. On regrette presque de ne pas en avoir eu assez mais on comprend les difficultés de l'hiver et de leur vie. Un petit regret quand même: l'avis de Célina Antomarchi-Lamé n'est pas assez présent, parfois on aimerait en savoir plus sur les femmes.
    Les photos au centre sont splendides, ici aussi on regrette qu'il n'y en ait pas plus.
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Citations et extraits

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  • Par Youplala, le 21 juin 2008

    En un instant, le nuage de poussière s'allonge et s'épaissit, la rumeur enfle sous le martèlement des sabots, la steppe rugit. Une horde hurlante, à fond de train, se répand dans la plaine soyeuse.
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