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ISBN : 2070786943
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d'une ligne de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu'on oublie parfois que la guerre est là. Et puis dans la guerre, il y a l'amour. L'amour de la jeune fille, pur comme un diamant : ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 27 février 2014

    maevedefrance
    L'adolescente de ce roman vit au Liban, d'une mère française partie en Suisse, d'un père libanais. Elle appartient à la bourgeoisie. C'est un livre sur la guerre de 15 ans qui a ravagé le pays : "Noires les boutiques calcinées, blanc le soleil du Liban." Malgré la thématique latente et obsédante, c'est l'écriture poétique qui vous fait vous accrocher à ce livre envoûtant. La jeune fille rencontre un homme, un Français, qui se dit correspondant de guerre. Elle tombe amoureuse, brave les interdits imposés par sa famille et la société libanaise, parce qu'il est français et qu'elle l'est en partie aussi. La jeune fille est une rebelle. Mais ce n'est pas parce qu'on est une rebelle qu'on ne peut pas être trahie...
    Ce livre est une tragédie poétique, paradoxalement d'une douceur incomparable par la lecture. le cri de douleur du Liban tout de même, dans la poussière de la guerre. Un cri contre l'oubli. "L'aéroport de Beyrouth avait été durement touché, les avions étaient paralysés sur le sol. On apercevait de loin les ailes figées sur le tarmac. C'était déjà arrivé mais on avait du mal à s'y faire. le bruit assourdissant des avions qui atterrissaient au-dessus de nos têtes nous manquait. Sans ce vacarme, on avait l'impression que le monde nous oubliait. Dehors, les avions continuaient à aller partout dans ce monde sauf chez nous comme si nous étions rayés de la carte."
    "Le jasmin et le gardénia ne fleuriont plus" au Liban constate la jeune fille. Un cri d'amour pour son pays et un regard horrifié sans concession. Un écrit sur l'histoire de la France et du Liban, personnifiée par chacun des personnages.
    Un livre magistralement écrit, émouvant, qui donne envie de connaître davantage l'histoire de ce pays, de lire sa littérature.
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    • Livres 2.00/5
    Par myloubook, le 22 septembre 2008

    myloubook
    Lauréat du prix Landerneau, le roman "La main de Dieu" de Yasmine Char ne sera en tout cas pas l'élu de mon cœur. Traitant de la guerre du Liban à travers les mots d'une femme se souvenant de son adolescence entre balles et obus, ce récit me laisse perplexe.
    Lu en deux fois (un tiers d'abord, abandonné par lassitude), c'est un texte qu'il vaut mieux lire d'un trait afin de ne pas se perdre dans les méandres de la narration, qui alterne des scènes courtes sans se soucier forcément d'un ordre chronologique.
    Ce roman, sans être mal écrit, est à mon avis presque trop complexe pour être abouti. Les thèmes sont innombrables, entre l'amour, la guerre, les relations familiales complexes, la liberté, la condition de la femme, le poids des traditions, l'ombre de la mort, la religion et j'en passe. Cette profusion d'informations est accentuée par la densité du texte qui m'a parfois fait l'effet dune compilation un peu brutale. Suivant les pensées de la narratrice et donc logiquement un peu tortueux, le récit saute d'un sujet à un autre, de la 1ère à la 3e personne, si rapidement qu'il finit par passer pour un ensemble de considérations assez générales que l'on peine à s'approprier. Difficile de s'attacher aux personnages qui tiennent plus de la figure emblématique que de l'individu. Pourtant, l'aller-retour pourrait servir un récit grave et matière à réflexion, sans un effet haché et une impression d'inachevé. le contenu est riche, dense, mais on a parfois l'impression que beaucoup de pistes sont seulement ébauchées et mériteraient d'être développées pour donner plus d'ampleur à ce texte.
    Le billet sur mon blog: http://www.myloubook.com/archive/2008/08/21/les-prix-et-moi-ca-fait-deux.html
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 avril 2010

    LiliGalipette
    Roman de Yasmine Char. Lecture commune avec Clara et Nina.
    Elle a quinze ans. Elle vit au Liban. De son pays, elle ne connaît que la guerre, la ligne de démarcation. Fille d'un homme libanais et d'une Française qui les abandonnés, elle grandit seule, en équilibre fragile entre deux mondes. Il y a les traditions musulmanes de la famille du père. Et il y a les espoirs occidentaux du lycée français. En robe verte à volants, la jeune fille court sur la ligne de démarcation en priant Dieu qu'il l'épargne, qu'il la sauve de la violence.
    La ligne de démarcation, "no man's land, frontière des deux religions" (p. 17), c'est la ligne directrice du roman. Tout a une place, d'un côté ou de l'autre de cette frontière: la jeune fille et la femme, les chrétiens et les musulmans, le père et L'amant, l'innocence et le crime. Mais il n'y a pas de bon ou de mauvais côté. Chaque pas chancellant que la jeune fille pose sur la ligne est un pas de plus dans l'incertitude. Incapable de choisir un camp, elle s'empare de tout et veut profiter du meilleur. Cri patriotique tout entier, la jeune fille incarne un pays en guerre: "Je ne suis pas une fille, je suis un soldat, avec mon âme, avec mon sang, je libérerai ma patrie." (p. 53) Mais quelle est sa patrie, on ne le sait pas.
    La robe verte virevoltant dans les rues et dans l'horreur est un faux symbole d'espoir. Il n'y a pas d'espoir puisqu'il n'y a pas de dialogue, pas d'échange, puisque la ligne de démarcation est plus solide et infranchissable qu'un mur.
    J'ai trouvé dans le texte des échos de Barbe Bleue, notamment dans la pièce fermée interdite, lieu de mystère et d'attraction. Aux côtés de L'amant français, la jeune fille transgresse l'interdit, brise le tabou de la sexualité et s'oppose au père. le fantasme d'un homme autre que le père est si fort qu'elle oublie même qu'elle est une enfant et qu'elle ne se voit plus qu'en femme absolue, guerrière de L'Amour, dévouée à l'homme jusqu'à l'horreur;
    Il y a aussi des traces de L'amant de Marguerite Duras. La rencontre brutale et dévorante entre une jeune fille et un étranger, la passion charnelle sans avenir, les scènes érotiques et intimes sont de brûlants rappels de l'oeuvre de la romancière française.
    Le texte se lit vite, mais j'ai peu apprécié l'usage du français dans le récit des souvenirs. le temps mis à plat, réduit à une unique immédiateté, sans recul ni projection rend le récit peu digeste et opaque. Mais la figure de la jeune fille est touchante, finement traitée dans ses doutes et ses révoltes.
    Un grand merci à et aux éditions Gallimard/Folio qui m'ont offert ce livre.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/04/18/17238620.html
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 18 avril 2010

    claracambry
    Nous sommes au Liban, à Beyrouth, dans les années soixante-dix. Beryrouth sous la guerre où il y a la Villa Blanche, la maison de cette famille où le père s'est retranché depuis que sa femme, une française, l'a quitté. Une maison où la famille du père régie tout depuis que la française est partie. Leur fille, avait 8 huit maintenant elle en a quinze. De l'enfance heureuse, elle est devenue est devenue un corps frêle, aux cheveux couts qui court, qui entend et qui voit l'horreur de la guerre. Elle rencontre un homme, un reporter français. Il devient son amant et l'initie à la guerre.
    Mon résumé ne peut pas être complet car ce livre court est dense, très dense par tous les sujets abordés. J'ai relevé des passages pratiquement toutes les deux pages tellement il y a d'éléments marqueurs. Un roman qui alterne une narration entre le « je » et le « elle », le passé et le présent ce qui donne encore plus de force à l'écriture et à l'histoire. Je le dis tout de suite, j'ai été conquise par ce style !
    Et quelle histoire ! La jeune fille se définit comme une tueuse à quinze ans. Premier choc pour le lecteur « ce visage du tueuse, il a dû se construire autour de ces drames. Il n'est pas apparu comme je l'ai cru. Ce ne sont pas les bommes qui ont creusé qui ont creusé les joues. le visage était en préparation depuis longtemps, la guerre la révélé ».
    On la suit, on voit comment elle se détache de l'enfance, comment elle cache tout ce qui est signe de féminité. Elle va au Lycée français alors que les tireurs embusqués sont à chaque coin de rue. La peur, elle a appris à vivre avec comme si elle s'était faite une raison de la guerre. Il y a ses tantes, ses oncles qui la traitent différemment parce que sa mère français est partie avec un autre homme. A leurs yeux, elle représente le mal, un danger. Et la rencontre avec cet homme qui se fait passer pour un reporter. Il est français, elle y voit un signe du destin. La découverte de l'amour charnel et de la première fois marque la fin de l'innocence. L'adolescente prend du plaisir interdit, se contrefiche de la morale, de la religion. La guerre va la rattraper, elle ne peut pas lui échapper et cet homme va lui demander de tuer pour lui.
    Un livre très fort que j'ai lu en apnée totale. L'écriture y est splendide et dure en même temps. On se retrouve transporté à Beyrouth mais surtout on prend la place de cette jeune fille. Une lecture belle et bouleversante dont on ne sort pas indemne… encore un gros coup de cœur pour moi !


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/yasmine-char-la-main-de-dieu...
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    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 25 juin 2010

    oops
    Une jeune fille de 15 ans de la haute bourgeoisie libanaise sombre brutalement dans le chaos à l'occasion de la fuite de sa mère et du déclenchement de la guerre en avril 1975. Elle raconte son adolescence d'enfant-femme dans le Liban en guerre, la sensualité de l'éveil amoureux, l'amour entre les bombes antidote à la mort, le père qui refuse l'exil, l'oncle et les tantes qui veulent l'éduquer à la tradition musulmane. Un récit initiatique hypersensible, les mots claquent comme les balles des fusils et ils percutent tantôt légers tantôt acides mais toujours d'une grande aisance.
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Citations et extraits

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  • Par Spilett, le 19 janvier 2011

    Ma grand-mère me parle doucement: il faudra bientôt te marier toi aussi. Je hausse les épaules, je ris. Je dis: je ne veux pas me marier, ça ne m'intéresse pas. Elle dit: tu veux rester vieille fille ? Je réponds: je veux d'abord finir mes études, on verra après. Elle me regarde longtemps. Elle dit: à notre époque c'était plus simple, on obéissait sans discuter et on s'efforçait d'être heureux avec ce qu'on nous donnait. Ce n'était pas évident, c'est peut-être toi qui as raison. Elle repousse le drap et elle dit une chose inoubliable: si tu ne veux pas te marier, ne te marie pas. Si tu veux être une prostituée, soit une prostituée mais la meilleure. Vise toujours l'excellence.
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  • Par kathel, le 12 avril 2010

    Nous roulons à tombeau ouvert à travers les dunes. Il est concentré comme un tueur. ça m’effleure une seconde l’image de tueur qui aligne paisiblement sa cible puis je l’évacue. Je me mets debout dans la jeep, je chante à tue-tête. Je fais quelque chose d’insensé, je me saisis de son pistolet et je le brandis bien haut. Je crois que j’en rêvais depuis longtemps, serrer une arme qui me protège. Il sourit. Il dit : rends-moi cette arme, espèce de sauvageonne. La voiture s’est enfoncée dans la ville et ses ruelles tortueuses, tournant le dos à la mer. à nouveau, la ligne de démarcation et son silence accablant. Nous y sommes, je descends de la voiture et je dis : merci pour la promenade. Phrase idiote d’enfant polie.
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  • Par oops, le 25 juin 2010

    ça n'existe pas chez nous les filles qui se maquillent. Ça n'est simplement pas envisageable de se farder telle une prostituée. Seulement le jour où l'on rencontre son promis, un cousin par alliance ou un vieillard fortuné, là seulement il est permis de se vendre outrageusement avec l'assentiment de la famille, cette chère maquerelle.

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  • Par oops, le 25 juin 2010

    Quand je pense au Liban, je vois un homme qui se soulage. L'individu a de multiples nationalités, il a le visage de l'Orient et de l'Occident, il n'est pas chez lui et, de ce fait, il se comporte en voyou. Il décharge sa haine, il remonte sa braguette et il s'en va.

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  • Par claracambry, le 18 avril 2010

    La maison familiale ressemble à un forteresse aux persiennes condamnées. Rien ne filtre à l’extérieur. Des drames se nouent entre les quatre murs, de hauts murs rongés par l’humidité. Jamais une plainte, un sanglot. Jamais partager un sentiment. En toute circonstance la tête haute, un cran au dessus.

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