> Pierre Moreau (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070370178
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Sur les bords du Mississippi, la vie du jeune Chactas commence mal. Sa tribu vaincue, son village détruit, son père mort, ce jeune Indien intrépide, après un rapide passage par la ville, a été fait prisonnier par ses ennemis héréd... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 16 mai 2012

    Aaliz
    Ce recueil de Chateaubriand comporte 3 nouvelles : Atala, René et le dernier Abencerage. Et si ces trois nouvelles-là sont regroupées en un même livre, ce n'est pas un hasard mais tout simplement parce qu'elles illustrent toutes un même thème : celui de la victoire de la religion sur la passion.
    Pourquoi ai-je voulu lire ce recueil ? Non pas à cause du thème en question (que j'ignorais alors), mais parce que j'en avais lu une critique élogieuse sur Partage Lecture, que je voulais lire au moins une fois Chateaubriand et surtout parce que je voulais connaître l'histoire d'Atala dont mon peintre préféré Girodet s'était inspiré pour sa magnifique toile intitulée Atala au tombeau.
    A présent, je ne regarde plus ce tableau de la même façon, je comprends ce qui a fasciné Girodet dans cette œuvre littéraire et je vais tenter de vous l'expliquer à mon tour :
    Atala :
    rené est un européen qui a fuit son continent d'origine pour se faire adopter par une tribu indienne du nouveau continent. Son père adoptif Chactas lui raconte sa jeunesse et en particulier l'épisode de sa vie qui l'a marqué le plus. C'est ainsi que Chactas nous raconte son histoire d'amour avec Atala, une jeune indienne, amour qu'il perdra dans des circonstances tragiques qui ne sont pas sans rappeler Roméo et Juliette.
    Le récit est présenté sous la forme classique : prologue-récit-épilogue. Tout le récit est en fait la partie où Chactas raconte son histoire à rené.
    Les descriptions sont absolument magnifiques. On se retrouve dans un décor paradisiaque à la végétation luxuriante avec énormément de verdure, de couleurs, d'animaux.
    Les voyages de Chateaubriand l'ont inspiré pour ce récit même s'il n'est jamais allé en Louisiane. Il transpose ce qu'il a vu ailleurs au cadre de son récit. En revanche, les descriptions des chutes du Niagara sont basées sur du vécu et sont véritablement superbes. La force et le réalisme de ces descriptions ont suscité l'engouement des lecteurs de Chateaubriand à l'époque. La nature est donc omniprésente et s'adapte aux sentiments des deux héros : Chactas et Atala, luxuriante et accueillante lorsqu'ils sont heureux au tout début puis hostile lorsqu'Atala se renferme sur elle-même à cause de son secret, jusqu'à la tempête où la nature se déchaîne en même temps que les passions des deux jeunes gens.
    Cette nouvelle est en fait une apologie de la religion chrétienne ( les autres nouvelles aussi). L'histoire d'amour entre Chactas et Atala tourne au drame à cause de la religion mais cette dernière se révèle finalement salvatrice des tourments causés par l'amour et la mort : les deux amants de retrouveront dans leur vie éternelle.
    Le discours du père Aubry pour réconforter Atala est absolument magnifique et plein de sens. Il condamne les passions humaines et la facilité des hommes à panser leurs blessures et à aller de l'avant, mourir est une loi de la vie, il ne faut pas regretter ce qu'on laisse ici-bas car là-haut, près de Dieu, la place y est bien meilleure. Seul l'amour de Dieu est constant et sans faille contrairement aux amours terrestres.
    Chateaubriand utilise à plusieurs reprises le terme « désert » pour qualifier son décor d'Amérique en référence peut-être au désert de l'ermite, le père Aubry est en effet un ermite qui vit dans sa grotte, médite sur sa montagne. Mais peut-être aussi parce que c'est sur cette terre d'Amérique qu'on atteint à la sagesse.
    Avec ces paroles sages transmises par le père Aubry, la tempête qui déchaînait la nature se calme peu à peu.
    Le texte est magnifique, la dimension spirituelle très forte touche forcément celui qui est croyant. Celui qui ne l'est pas ne peut rester indifférent aux idées philosophiques avancées dans ce récit.
    Lors de l'épilogue, le narrateur cherche à retrouver Chactas, rené et le père Aubry.
    C'est de cette façon qu'est introduite la deuxième nouvelle du recueil.
    La suite sur mon blog : http://booksandfruits.over-blog.com/article-Atala-rene-le-dernier-abencerage-Chateaubriand-105263824.html


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-atala-rene-le-dernier-ab..
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    • Livres 2.00/5
    Par AmandineMM, le 12 août 2011

    AmandineMM
    Atala: mon avis est le même qu'à ma première lecture, je n'arrive décidément pas à apprécier ce récit. Je trouve le style de Chateaubriand trop surchargé: les descriptions de la forêt américaine sont certes magnifiques, mais elles le sont trop ; trop luxuriantes, trop détaillées, trop imagées. Les lamentations des personnages elles-mêmes m'agacent, bien que moins que la première fois: ils ne cessent de pleurer, de geindre, de se plaindre, d'être les êtres les plus malheureux du monde. A la longue, même si le récit est heureusement très court, ça devient usant et lassant. Trop de romantisme tue le charme du romantisme, et c'est clairement mon ressenti.
    Je préfère de loin le style des Mémoires d'outre-tombe, plus mesuré en quelque sorte et moins lyrique.
    rené: mon avis diffère de celui de ma première lecture pour ce récit-ci. Après avoir lu les Mémoires de Chateaubriand, je connais mieux sa vie et j'ai été très surprise de découvrir toutes les références biographiques que recèle ce rené. Même s'il se plaint encore plus qu'Atala, ces références m'ont aidée à l'apprécier et à être attendrie par ce "mal du siècle" dont il est atteint, comme je l'ai été par le Chateaubriand des Mémoires.
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  • Par Kalliope, le 04 avril 2012

    Kalliope
    Comme à chaque fois que j'ai "entamé" un livre de Chateaubriand, je ne suis même pas parvenue à la moitié de l'ouvrage! Je dois être un peu maso pour avoir persévéré malgré tout. Cette fois, c'est dit: plus jamais!
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    • Livres 3.00/5
    Par Anassete, le 21 mars 2012

    Anassete
    Chateaubriand, le précurseur du romantisme. Un texte très riche en allégories qui mérite d'être étudié à l'université plutôt qu'au lycée. Il faut beaucoup de maturité et un minimum de culture pour lire Atala et les deux autres textes sans soupirer devant les scènes naïves et innocentes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sly, le 04 juillet 2010

    Sly
    Voici enfin le moment ou je peux rencontrer ce célèbre Chateaubriand.
    Il nous décrit les personnages, les paysages, les sentiments avec une facilité déconcertante car on a l'impression que tous ce qu'il nous décrit prend vie autour de nous et en nous. Atala histoire d'un amour impossible, entre ces deux sauvages que la religion oppose.
    René, histoire d'un frère et d'une sœur qui s'aime mais se le cache, et dont la religion à nouveau sera le rempart à l'amour.
    Je hâte de reprendre rendez-vous avec ce grand écrivain.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 16 mai 2010

    Depuis la chasse du castor, où le Sachem aveugle raconta ses aventures à René, celui-ci n'avait jamais voulu parler des siennes. Cependant Chactas et le missionnaire désiraient vivement connaître par quel malheur un Européen bien né avait été conduit à l'étrange résolution de s'ensevelir dans les déserts de la Louisiane. René avait toujours donné pour motif de ses refus le peu d'intérêt de son histoire, qui se bornait, disait-il, à celles de ses pensées et de ses sentiments. " Quant à l'événement qui m'a déterminé à passer en Amérique, ajoutait-il je le dois ensevelir dans un éternel oubli. "

    Quelques années s'écoulèrent de la sorte, sans que les deux vieillards lui pussent arracher son secret. Une lettre qu'il reçut d'Europe, par le bureau des Missions étrangères, redoubla tellement sa tristesse, qu'il fuyait jusqu'à ses vieux amis. Ils n'en furent que plus ardents à le presser de leur ouvrir son cœur ; ils y mirent tant de discrétion, de douceur et d'autorité, qu'il fut enfin obligé de les satisfaire. Il prit donc jour avec eux pour leur raconter, non les aventures de sa vie, puisqu'il n'en avait point éprouvé, mais les sentiments secrets de son âme.

    Le 21 de ce mois que les sauvages appellent la lune des fleurs, René se rendit à la cabane de Chactas. Il donna le bras au Sachem, et le conduisit sous un sassafras, au bord du Meschacebé. Le père Souël ne tarda pas à arriver au rendez-vous. L'aurore se levait : à quelque distance dans la plaine, on apercevait le village des Natchez, avec son bocage de mûriers et ses cabanes qui ressemblent à des ruches d'abeilles. La colonie française et le fort Rosalie se montraient sur la droite, au bord du fleuve. (René)
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  • Par Couperine, le 16 mai 2010

    Dans cette ville, nouvellement bâtie par les Espagnols, je courais le risque d’être enlevé pour les mines de Mexico, lorsqu’un vieux Castillan, nommé Lopez, touché de ma jeunesse et de ma simplicité, m’offrit un asile, et me présenta à une sœur avec laquelle il vivait sans épouse.

    Tous les deux prirent pour moi les sentiments les plus tendres. On m’éleva avec beaucoup de soin, on me donna toutes sortes de maîtres. Mais après avoir passé trente lunes à Saint-Augustin, je fus saisi du dégoût de la vie des cités. Je dépérissais à vue d’œil : tantôt je demeurais immobile pendant des heures, à contempler la cime des lointaines forêts ; tantôt on me trouvait assis au bord d’un fleuve, que je regardais tristement couler. Je me peignais les bois à travers lesquels cette onde avait passé, et mon âme était tout entière à la solitude.

    Ne pouvant plus résister à l’envie de retourner au désert, un matin je me présentai à Lopez, vêtu de mes habits de Sauvage, tenant d’une main mon arc et mes flèches, et de l’autre mes vêtements européens. Je les remis à mon généreux protecteur, aux pieds duquel je tombai, en versant des torrents de larmes. Je me donnai des noms odieux, je m’accusai d’ingratitude : Mais enfin, lui dis-je, ô mon père, tu le vois toi-même : je meurs, si je ne reprends la vie de l’Indien.

    Lopez, frappé d’étonnement, voulut me détourner de mon dessein. Il me représenta les dangers que j’allais courir, en m’exposant à tomber de nouveau entre les mains des Muscogulges. Mais voyant que j’étais résolu à tout entreprendre, fondant en pleurs, et me serrant dans ses bras : Va, s’écria-t-il, enfant de la nature ! reprends cette indépendance de l’homme, que Lopez ne te veut point ravir. Si j’étais plus jeune moi-même, je t’accompagnerais au désert (où j’ai aussi de doux souvenirs !) et je te remettrais dans les bras de ta mère. Quand tu seras dans tes forêts, songe quelquefois à ce vieil Espagnol qui te donna l’hospitalité, et rappelle-toi, pour te porter à l’amour de tes semblables, que la première expérience que tu as faite du cœur humain, a été toute en sa faveur. Lopez finit par une prière au Dieu des chrétiens, dont j’avais refusé d’embrasser le culte, et nous nous quittâmes avec des sanglots. (Atala)
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  • Par Couperine, le 16 mai 2010

    Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade, la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle. A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère, qui l'accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit : " Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme ! " Ils descendirent de la montagne, et Grenade disparut à leurs yeux pour toujours.

    Les Maures d'Espagne qui partagèrent le sort de leur roi se dispersèrent en Afrique. Les tribus des Zégris et des Goméles s'établirent dans le royaume de Fez, dont elles tiraient leur origine. Les Vanégas et les Alabès s'arrêtèrent sur la côte, depuis Oran jusqu'à Alger ; enfin les Abencerages se fixèrent dans les environs de Tunis. Ils formèrent, à la vue des ruines de Carthage, une colonie que l'on distingue encore aujourd'hui des Maures d'Afrique par l'élégance de ses mœurs et la douceur de ses lois.

    Ces familles portèrent dans leur patrie nouvelle le souvenir de leur ancienne patrie. Le Paradis de Grenade vivait toujours dans leur mémoire ; les mères en redisaient le nom aux enfants qui suçaient encore la mamelle. Elles les berçaient avec les romances des Zégris et des Abencerages. Tous les cinq jours on priait dans la mosquée, en se tournant vers Grenade. On invoquait Allah, afin qu'il rendit à ses élus cette terre de délices. En vain le pays des Lotophages offrait aux exilés ses fruits, ses eaux, sa verdure, son brillant soleil : loin des Tours vermeilles, il n'y avait ni fruits agréables, ni fontaines limpides, ni fraîche verdure, ni soleil digne d'être regardé. Si l'on montrait à quelque banni les plaines de la Bagrada, il secouait la tête, et s'écriait en soupirant : " Grenade ! " (Le Dernier Abencerage)
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  • Par Hahasiah, le 30 mars 2012

    La lune prêta son pâle flambeau à cette veillée funèbre. Elle se leva au milieu de la nuit, comme une blanche vestale qui vient pleurer sur le cercueil d'une compagne. Bientôt elle répandit dans les bois ce grand secret de mélancolie, qu'elle aime à raconter aux vieux chênes et aux rivages antiques des mers.

    (Atala)
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  • Par ArnaudP, le 21 octobre 2010

    Toujours m'attirant et me repoussant, ranimant et détruisant mes espérances, quand je croyais avoir fait un peu de chemin dans son cœur, je me retrouvais au même point.
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Vidéo de François-René de Chateaubriand

Sur les pas de Chateaubriand au château de Combourg L' Académie Chateaubriand décerne chaque année un "prix Combourg" à un écrivain dont le style rend hommage au célèbre écrivain.








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