Bon, allez, avouons-le : je suis un peu déçue par le nouveau thriller du désormais incontournable
Maxime Chattam.
Force est de constater qu'il a choisi la facilité pour son scénario : point besoin de dévoiler la trame de l'intrigue pour le dire, il suffit de lire la quatrième de couverture réalisée par l'éditeur pour le deviner. C'est vrai que d'entrée de jeu, ça sent la da-vinci coderie… Sauf que
Maxime Chattam mêle à toutes ces astuces de thriller dernière génération une dimension actuelle, politique, glosant sur les dossiers chauds de ces 6 dernières années… Rien de très excitant ni de très novateur malheureusement.
Je lui reprocherais également de ne pas se renouveler dans l'écriture, ni dans la construction de ses récits : mêmes personnages-types que dans ses autres romans, même artifices littéraires (récit enchâssé d'une tierce personne pour venir gonfler la trame de départ, pour finir par les relier) et même manière d'aborder ses éléments à suspens, en fin de chapitre et au dénouement. Bref, le petit père
Chattam s'essouffle ou alors se repose sur ses lauriers.
Je serais tout de même de mauvaise foi si je ne reconnaissais pas avoir été bluffée deux fois : la première fois pour un élément dont je ne peux dévoiler ici la teneur au risque de rendre public un spoiler, et puis à la fin, que
Maxime Chattam sait régler comme la partition sans faute d'un opéra à plusieurs voix. Ok. Soyons honnête, la fin est bluffante. Mais en même temps, je n'aime pas trop ces discours paranoïaques sur la théorie du complot militaro-industriel, surtout quand on décide de les coupler à des données ésotériques plus ou moins obscures. Internet confirme ce que
Chattam avance à plusieurs reprises dans son roman, mais ces théories du complot finissent par épuiser. J'adorais tout ça du temps que j'étais une fan inconditionnelle de X-Files, mais franchement, le filon s'épuise et épuise.
Et puis certaines parties du récit personnel du personnage principal, Yael, sont peu exploitées, voire complètement laissées de côté (l'épisode du grand-père)… et ça, monsieur
Chattam, vous ne nous aviez pas habitués à ça… d'habitude, tout s'imbrique parfaitement, comme un jeu de mécano… Alors que là, on a parfois l'impression que vous avez cherché à combler les trous…
Bref, hormis la fin, j'aurais presque été tentée de classer
Les arcanes du chaos dans la catégorie des livres que je regrette presque d'avoir acheté. A lire quand il sortira en poche, parce que pour le prix d'un poche, ça ne coûtera pas grand-chose. Et à moins d'être un aficionado des théories du complot, amateurs de bon thriller, passez votre chemin.
Je suis peut-être un peu sévère, mais quand on a été habitué à manger de la brioche, on trouve le goût du pain un peu amer.
Terminé le 28 juillet 2006.