Je ne suis pas une inconditionnelle de
Maxime Chattam, mais on va dire que je suis en phase de découverte approfondie pour cet auteur.
J'ai déjà lu un titre de lui et je l'ai particulièrement apprécié. Aussi quand j'ai vu son dernier roman (ou presque) disponible dans ma médiathèque, je l'avoue, je n'ai pas vraiment réfléchi, je l'ai emprunté. L'occasion faisant le larron comme on dit encore par chez moi.
L'auteur nous dévoile les musiques qui l'ont accompagné lors de la rédaction de son livre. Je trouve cela assez inhabituel, mais fort plaisant. Il nous indique en somme la bande-originale de son récit. On peut, si on le souhaite, écouter ces compositions et se plonger ainsi dans le même univers que
Maxime Chattam lors de sa création.
Voici une bien sympathique attention de l'écrivain qui souhaite partager au mieux ses univers avec ses lecteurs.
C'est aussi une approche presque cinématographique de l'ensemble (on imagine grâce aux mots et notre esprit transforme tout ceci en petit film), voir une certaine vision interactive que ne permet pas toujours le support papier. En bref, on dépoussière le mythe sacré de la lecture, on bouscule un tant soit peu les éléments et nous voilà avec un concept vieux de plusieurs siècles, mais revu avec un brin de modernité.
Un style d'écriture facile à lire, qui nous emporte un gros siècle en arrière, mais tout en restant dans notre douce France.
Soulignons aussi le talent pour dépeindre la Paris du début du XX ème siècle, celui de cette exposition universelle de 1900. On sent que beaucoup d'éléments de la vie quotidienne sont en train de changer (les lampadaires sont au gaz et de plus en plus à l'électricité, les voitures se font plus nombreuses, même les courants littéraires changent, évoluent). En bref, c'est toute la société qui évolue à un rythme d'enfer.
Maxime Chattam réussit à nous dépeindre tout ceci sans que cela ne paraisse complètement démodé. Au contraire, on est presque époustouffé par autant de modernité.
L'intrigue en elle-même est prenante. Je déplore juste que certaines aides tombent un peu trop à poing nommé, c'est presque un peu trop évident, mais pour le reste, tout est bon.
L'univers des maisons closes (remis un peu sur le devant de l'actualité avec la série télévisée sur Canal + en septembre, l'an dernier, le débat sur une réouverture possible de ces lieux de charme…etc) est propice aux mystère, aux non dits, aux suspens. C'est une bonne idée de l'auteur pour situer son roman. C'est un peu sulfureux, sombre à souhait.
On est donc dans un bon thriller historique avec quelques pointes de gothique (volonté esthétique ?). J'aime vraiment beaucoup.
Les personnages sont assez bien dépeints eux-aussi. J'ai eu un faible pour celui de Faustine car elle est assez pragmatique, logique, mais avec une pointe de folie dans ses décisions. Elle est impulsive, têtue, cultivée et d'une beauté peu commune.
Guy m'a laissé plus de marbre. Je pense que si je l'avais réellement côtoyé, il m'aurait agacé. Je l'ai trouvé effectivement lâche, sans véritable relief, parfois, trop pédant et à la limite de l'inconscience (de la bêtise profonde). Ceci étant dit, il a de belles manières et a tout de même quelques beaux éclats de génie. Tout n'est pas à jeté en lui, loin de là.
Quant à Gibaiko qui garde et protège la maison close, son personnage est au final peu présent. C'est un peu dommage car il offrait pas mal de possibilités. Seront-elles mieux exploitées par la suite ? Je croise les doigts car il apporte une touche exotique en dehors de tout ce que l'on pouvait voir au sein de l'exposition universelle qui est également fort bien dépeinte.
Le titre de l'ouvrage prend tout son sens une fois la lecture terminée. Pour une fois, on n'a pas l'impression qu'il a été choisi à la dernière minute sur un coup de tête ou juste pour être plus dans l'air du temps, plus racoleur.
Reste que la fin, si elle n'est pas mauvaise, ne m'a pas complètement séduite. J'ai eu l'impression que cela allait trop vite, que c'était du déjà vu (lu). Mais l'ensemble du livre reste plaisant, à lire donc et je dirai que je pourrais me laisser de nouveau tenter par un ouvrage de
Maxime Chattam et pourquoi pas avec la seconde partie de ce dytique ?
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