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> Michel Doury (Traducteur)

ISBN : 2253130737
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.27/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Falconer est un pénitencier ordinaire des Etats-Unis. Ezechiel Farragut, le narrateur, y est incarcéré pour le meurtre de son frère lorsque débute le roman. Falconer est un livre magnifique, par sa simplicité de ton, contrastant férocement avec la réalité de la vie en d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 08 juillet 2013

    le_Bison
    Falconer, le bâtiment cellulaire F. F comme foutre, le bâtiment des phénomènes, des cinglés, des tarés, des bleus et des gros cons comme moi, des fantômes et des pédés, sans oublier les fanatiques, les receleurs, les trouillards et les chiasseux. La liste est longue, mais j’ai oublié la suite. Le type qui l’avait dressé est mort.
    Ne me dis pas pourquoi tu es là ! Il y a une règle ici : on s’en fout que t’ais trucidé une vieille pour son sac ou violé une gamine de 13 ans pour sa virginité. Si tu es ici, à Falconer, c’est que tu as fait un truc pas très net, en rapport avec la loi. Après c’est juste une histoire de conscience et de regard dans le miroir. Ici, c’est la loi du silence. Ici, il n’y a pas de futur, et encore moins de passé. Falconer, prison, maisons de redressement, cage à poules. Tu l’appelleras comme tu veux, ce qui est important là-dedans, c’est la promiscuité. Dans la cellule voisine, Ezekiel Farragut, un drogué, un paumé, un pédé… Il est là, il a écopé d’un certain nombre d’année et il s’épanche sur son passé, sur ce qui l’a amené ici, sur ses compagnons de cellule, sur sa femme…
    Tu t’allonges alors sur ton matelas pourri par l’humidité, la crasse et la sueur, et la pisse de ses prédécesseurs. Il te faut tuer le temps, tu as du en prendre pour au moins vingt piges. Alors tu écoutes Ezekiel et tu cherches à comprendre l’humanité. Tu ouvres un bouquin de John Cheever et tu lis sur l’âme humaine.
    Le pire – ou le plus drôle – c’est que j’ai l’impression que tu t’y fais, à cette cellule, à la méchanceté des gardiens ou aux déblatérations des codétenus. Processus d’adaptation, ou d’adaptabilité… A moins que cela soit la drogue… La drogue, ça t’ouvre les yeux. Sur le monde, sur les Cieux, sur Falconer…
    Tu repenses à John Cheever. Il y a des romanciers dont tu ne soupçonnais même pas l’existence et qui avec quelques pages griffonnées réussissent à transformer ton existence. Comme un avant et un après. Falconer, tu n’y viens pas par hasard. Tu l’as cherché au plus profond de ton âme, malsaine et nauséabonde. Parce que si tu es là, c’est que tu n’es pas un enfant de chœur, non plus. Je vois déjà le tableau : ce n’est pas de ta faute. Un boulot merdique (enseigner à des dégénérés américains n’a rien de très glorieux). Une femme entre nymphomane et dépravée sexuelle qui se tape plus de mecs que toi. Ton homosexualité refoulée. L’héroïne. Oui, tu as tout un tas de raisons d’avoir péter les plombs, d’avoir débranché quelques câbles, et d’être sorti du droit chemin. D’ailleurs quel est-il, ce droit chemin dans ce puritanisme américain ? Juste une image de façade, car la nuit tombée, les seringues sont faites pour être plantées, et les bites pour être sucées. Point final. En dehors de ça, il n’y a plus rien. Du moins c’est ton opinion. Mais je me fous de ton opinion, n’est-ce pas ? Parce que les opinions c’est comme les trous du cul. Tout le monde en a et ça pue.
    Falconer. Ce genre de bouquin n’est pas à mettre entre toutes les mains. Car il parle de la VIE, de ce bordel ambiant qui fait que le monde ne tourne plus aussi rond. Et qu’à l’intérieur, ça sent rarement la rose. Tu te crois bon, au fond de toi. Je sais que tu penses que tu es innocent, une simple victime de la société qui s’est retrouvée sur le banc des accusés. Mais je sais aussi que l’innocence d’un homme, tout comme la culpabilité, n’est jamais franche. Une part de doutes, une part d’ombre et une part de chance – ou de malchance. Mais maintenant que tu te morfonds dans cette cellule, tu philosophes sur tes camarades, sur tes compagnons, sur ta femme, sur la vie, la tienne et celle des gardiens. Tu imagines ta sortie, les cheveux grisonnant, l’espoir d’un renouveau. Mais tu sais, aussi bien que moi, qu’en attendant ce jour fatidique, il te faudra encore sucer des bites et à défaut te branler longuement, mollement. Voilà donc cette vraie vie dans ce banal pénitencier. Avec ses codes et ses règles de vie.
    Falconer. Ce roman est dur. Noir et sombre. Tu l’as entre les mains et tu regardes autour de toi. Et tu comprends. L’inhumanité de cette société. Tu souris lorsque tu vois un rayon de soleil filtrer à travers les barreaux de ta cellule. Tu es en manque, de whiskeys et de méthadone mais ton cœur se réchauffe lorsque ton imagination s’envole au-delà des barbelés, lorsque tu te revois dans cette chambre d’hôtel. Et tu souris à nouveau. Pourtant, il n’est pas drôle, mais il a quelque chose de foncièrement humain. Ezekiel est un drogué, un pédé, un paumé, mais un homme surtout. Avec une âme en plus.
    Tu as plusieurs façons de lire Falconer.
    Tu vois cela comme le roman d’un drame humain, celui d’un homme qui se retrouve en prison pour un acte qui ne le mériterait pas. Le drame c’est l’injustice de cette société qui condamne sans savoir.
    Tu vois cela comme un roman d’initiation, celle d’un homme qui découvre une nouvelle société et se fond dans celle-ci pour mieux passer les épreuves, et survivre.
    Tu vois cela comme le roman de la Liberté, celle d’un homme qui se défait de ses chaînes, celles de sa femme, celles de son frère, celles de sa drogue. Avant, il était enchaîné par tout un tas de maillons qui mis bout à bout l’a emprisonné dans son carcan. En prison, il s’est enfin libéré. Et trouvé par la même occasion. Il pourra sortir, libre, enfin. Débarrassé de ses addictions et de ses démons, Ezekiel aurait trouvé la liberté qu’il recherchait tant ?
    Tu vois, ce roman est riche. Il est fait pour toi. Puisque tu es ici, tu dois être aussi paumé que moi. Alors, n’hésite pas, n’oublie pas. John Cheever, Falconer.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=5157
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    • Livres 3.00/5
    Par Drych, le 15 août 2013

    Drych
    Pas vraiment un livre sur la prison, plutôt les états d'âme d'un détenu qui prend ses distances avec sa vie antérieure et la relativise. Un texte intéressant, mais dont je suis resté distant sans jamais me sentir vraiment concerné.

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    • Livres 4.00/5
    Par Racines, le 05 février 2013

    Racines
    Ezechiel Farragut est un professeur marié, respectable, et juste un peu héroïnomane. Après un accident de tisonnier ayant provoqué la mort de son frère, il est incarcéré pour fratricide dans la prison de Falconer. le roman raconte ce passage en prison, en digressant parfois un peu sur le passé de Farragut. Mais les plus belles pages sont indubitablement celles qui racontent la vie carcérale.
    Lire la suite sur mon site : http://chroniques.annev-blog.fr/2012/11/chronique-livre-Falconer/

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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 25 avril 2013

    - Tu n’as besoin de rien ? demanda-t-elle, d’une voix qui laisse percer des instincts homicides.
    - J’aurai besoin d’un peu de gentillesse.
    - De la gentillesse ? Et tu attends sans doute de moi que je sois gentille dans un moment pareil ? D’ailleurs, qu’as-tu fait pour mériter qu’on soit gentil avec toi ? Que m’as-tu donné ? Des corvées. Une vie superficielle et sans intérêt. La poussière et les toiles d’araignée. Des voitures et des briquets qui ne marchent pas. Des cernes de crasse dans les baignoires, des cabinets où l’on a oublié de tirer la chasse d’eau, une réputation internationale de dépravation sexuelle, un alcoolisme chronique suivi d’intoxication, des bras et des jambes cassés, des contusions cérébrales, et puis maintenant, l’apothéose : la maladie du cœur. Voilà ce que tu m’as donné dans la vie, et maintenant, il faudrait que je sois gentille.
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  • Par le_Bison, le 28 avril 2013

    Ce n’est pas ce soir-là mais un peu plus tard que le Cocu parla de la Vallée à Farragut. Cette vallée, c’était une pièce en longueur qui donnait sur le tunnel à gauche du réfectoire. Un des murs était bordé d’une auge de fonte qui servait d’urinoir. Il faisait très sombre. Le mur au-dessus de l’urinoir était revêtu de carrelage blanc qui réfléchissait mal la lumière. On pouvait distinguer la couleur et la taille de son voisin. C’était tout. La vallée c’était l’endroit où, après la bouffe, on allait se branler. Seuls de rares pisse-froid n’y allaient que pour cela, pisser. Il y avait des règles très strictes. On pouvait toucher les hanches ou les épaules d’un autre, c’était tout. Vingt hommes pouvaient se tenir côte à côte le long de cette auge à se branler, à différents degrés d’érection. Quand on avait fini son affaire, si l’on voulait recommencer, il fallait repartir à l’autre bout, à la queue – il y avait les plaisanteries habituelles : « Alors, Charlie, combien de fois ? – Cinq, mais je commence à avoir mal aux pieds.
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  • Par le_Bison, le 15 juillet 2013

    Si l’on considère que la verge constitue le maillon critique dans la chaîne de la survie, on est étonné de constater que cet instrument rudimentaire présente plus de formes variées, de couleurs diverses, de formats nombreux, qu’aucun autre organe. Il y en avait des noires, des blanches, des rouges, des jaunes ou lavande, brunes, avec des verrues, des rides. Certaines étaient avenantes, douces, elles pouvaient représenter, comme une foule d’hommes dans une rue quand les bureaux se vident, la jeunesse, la vieillesse, le désastre, le rire et les larmes. Certains se branlaient frénétiquement, d’autres prenaient leur temps et se caressaient pendant une demi-heure, on en entendait grogner, soupirer, c’était comme une fusillade qui éclatait, la plupart tremblaient, se pliaient en deux, retenaient leur souffle, on aurait dit qu’ils sanglotaient, qu’ils souffraient, d’autres poussaient de petits cris de joie ou laissaient échapper des râles de mourant.
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  • Par le_Bison, le 12 avril 2013

    Vous serez dans le bâtiment cellulaire F, dit-il. F comme foutre, le bâtiment des phénomènes, des cinglés, des tarés, des bleus et des gros cons comme moi, des fantômes et des pédés, sans oublier les fanatiques, les receleurs, les trouillards et les chiasseux. La liste est longue, mais j’ai oublié la suite. Le type qui l’avait dressé est mort.

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  • Par le_Bison, le 22 avril 2013

    Ferragut était un drogué et il pensait que la conscience d’un mangeur d’opium est plus profonde, plus vaste et plus représentative de la condition humaine que la conscience de celui qui n’a jamais usé des drogues. La drogue dont il avait besoin était le produit de la distillation de la terre, de l’air, de l’eau et du feu. Mortel, son intoxication lui fournissait une magnifique illustration des limites de son existence mortelle.
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Vidéo de John Cheever

Richard Ford - Transfuge magazine .
Entretien avec l'écrivain américain Richard Ford pour le magazine Transfuge à l'occasion de la parution de son roman: L'Etat des lieux (L'Olivier, 2008). Il n'écrit ni des récits d'aventures ni des romans d'espionnage. Richar Ford préfère nous raconter des histoires quotidiennes: celles qui se déroulent derrière les fenêtres closes des pavillons de banlieus aisées, aux Etats-Unis. Avec le talent d'un Raymond Carver ou d'un John Cheever, il nous d'écrit le désespoir Tranquille des classes moyennes.








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