Issue d'une famille très modeste, ayant reçu de son père (peintre sur faïence devenu accidentellement aveugle) un sens artistique remarqué par le peintre au cours de la première prise de contact, Griet est engagée comme servante au sein de la famille VERMEER.
Son salaire contribuant à faire vivre ses parents et sa fratrie, tout juste sortie de son adolescence, elle doit s'adonner à d'usantes et lourdes tâches ménagères. En outre plus spécialement embauchée pour procéder régulièrement au nettoyage de l'atelier du peintre, lieu sacré où ne sont admis que de rares autorisés, dès son arrivée Griet pressent que cette prérogative engendre des inimitiés, d'autant plus qu'elle parvient à élaborer sa propre technique afin de ne pas déranger l'ordre et la place soigneusement établis des objets, des outils et du mobilier, apportant ainsi toute satisfaction à l'exigent Maître.
La servante devra évoluer avec humilité, intelligence, instinct et diplomatie dans cette nouvelle famille, et de plus composer avec une autre servante depuis longtemps au service de la famille et fidèle à Maria THINS, la belle-mère de VERMEER.
En parallèle, le fils du boucher chez lequel s'approvisionne la famille VERMEER s'intéresse à Griet. Tout comme s'intéresse à elle, de trop près, un homme difficile à éviter, car il est le principal acquéreur des tableaux du maître, dont la production jugée insuffisante par les femmes du foyer doit permettre de nourrir une famille sans cesse en train de s'agrandir.
Griet est prise entre des antonymes, comme l'est l'artiste-peintre entre son art et la réalité, ses émotions et la bienséance… Reliés à travers l'art, une complicité silencieuse s'établit entre elle et le Maître, emplie d'une considération mutuelle et d'une estime profonde.
Le livre est composé de 4 parties titrées : 1664, 1665, 1666, 1676.
Avec talent,
Tracy Chevalier peint les portraits de ses modèles, créant une personnalité propre à chacun, au sein d'une époque que l'on sent étudiée.
Le côté « première de la classe » de la narratrice est parfois agaçant, mais comment ne pas succomber - en pénétrant respectueusement avec elle dans l'atelier du Maître - au privilège unique d'un accès aux secrets de fabrication des composants de sa peinture et à la lente mise en place de l'atmosphère et du décor antérieure à toute création d'un tableau par un grand Maître ?
Comme Griet, patiemment le lecteur observe et se familiarise avec chaque composant, remarque les censures ou retouches qui deviendront invisibles au final. Au fil des pages, par procuration, à son tour impressionné par la présence charismatique de l'ombrageux et taciturne peintre, il devient l'assistant de
Johannes VERMEER. Se familiarisant avec ses manies, ses habitudes, comme un tableau longuement contemplé, si les défauts du Maître finissent par lui être révélés, en fermant le livre, les yeux encore accrochés à «
la jeune fille à la perle ce portrait réellement peint par
Johannes VERMEER prendra une dimension nouvelle sans pour autant perdre de son mystère.
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