ISBN : 2226215263
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 2.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
La femme de Mathieu le quitte, il perd son chien, ferme sa librairie et prend sa retraite… Pour trouver la force de continuer à vivre, Mathieu se réfugie dans une vie d’ermite, sur une éminence isolée aux confins de la Creuse, dans une nature immobile, avec la s... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par alaiseblaise, le 10 avril 2011

    alaiseblaise
    Un revigorant coup de coeur !
    Je ne connaissais Pas cet auteur que j'ai découvert par hasard en lisant sur le net que son histoire se situait dans la Creuse, un département et des paysages que je fréquente depuis mon enfance.
    Ce livre aurait pu paraître aux excellentes éditions Gallmeister adepte du “nature writing".
    (http://www.gallmeister.fr/accueil)
    Ce courant littéraire américain est un melting pot d'hommages à la nature et de récits autobiographiques. En résumé, "ma vie dans les grands espaces".
    On pense alors, pêle-mêle, à Henri David Thoreau, Jack London, Jim Harrison et aussitôt à "La route" de Cormac Mc Carthy ou bien au film de Sean Penn "Into the wild", adapté du roman "Voyage au bout de la solitude", écrit par Jon Krakauer en 1996, et relatant l'histoire réelle de Christopher McCandless.
    Très souvent, le "nature writing" revendique le label "Ecologie politique".
    le titre fait référence au mythe d'Arcadie, région montagneuse de la Grèce ancienne, terre mythique de la paix et du bonheur.
    Ce roman remémore la lecture du magnifique “Suzanne et le pacifique” de Giraudoux.
    On pense également à Robinson Crusoé... avec la Creuse comme une île ?
    Matthieu, libraire à Paris plaque tout car tout lui échappe: son meilleur ami le chien qui meurt, sa femme qui le quitte...
    Il se retrouve dans la Creuse dans une maison de famille abandonnée. Sans télévision, sans journaux... avec seulement 3 livres : l'Illiade d'Homère, les Géorgiques de Virgile, et Malone meurt de Beckett. Il va fabriquer son pain, cultiver son jardin, adopter une vache et faire de rares mais magnifiques rencontres dépeintes avec beaucoup de sensibilité.
    L'auteur fait souvent référence aux mythes grecs et à la peinture et l'écriture de Chevrier est très sensuelle, au pinceau... picturale.
    Un très très beau roman que je recommande avec enthousiasme !
    4ème de couverture
    Mathieu part à la retraite : il ferme sa librairie, sa femme le quitte, il perd son chien… Où et comment trouver la force de continuer à vivre ? Peut-être dans une vie d'ermite, sur une éminence isolée des confins de la Creuse. Dans ce dernier refuge, il n'aspire qu'à s'effacer dans une nature immobile, avec la seule Compagnie des bêtes, suivi Pas à Pas par Io, une génisse. Mais la civilisation se rappelle à Mathieu quand un couple de randonneurs fait halte dans sa thébaïde. L'homme, archéologue amateur, cherche des vestiges médiévaux. La femme n'est Pas sans charme, et inspire à Mathieu un désir violent. Ses velléités de solitude et de renoncement sont compromises. Un drame se prépare, dont Io, l'animal tutélaire, sera la victime sacrificielle.
    La première phrase
    «Il avait un chien. C'était un petit chien, un cocker, parce qu'il est déraisonnable d'avoir un chien à Paris et qu'il compensait cette déraison par un animal de petite taille. Il s'appelait Cassius parce qu'il était né l'année des C.»
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par VanessaV, le 22 février 2011

    VanessaV
    Matthieu perd tout, sa femme, sa librairie, son chien et même les investissements pour sa retraite. Il décide de ne Pas en rester là avec cette vie décevante mais d'en changer, de partir, d'aller en décroissance. Il se remémore un personnage familial, oncle Gerbault, ermite presque sauvage qui vivait dans la Creuse. Il fuit dans la masure et l'univers de cet homme. Une fuite mais aussi une reconstruction de l'homme... ou déconstruction pour ne Pas "revenir au monde", devenir rien.
    Ainsi nous suivons Matthieu vers les origines archaïques de l'homme et dans son labeur de perdre toute son humanité. le prétexte n'est Pas la conscience écologique mais bien le fait de devenir transparent, inutile, inconsistant, sans envie ni Passion, juste en survivance.
    (...)
    Il délaisse ses relations, se ferme à la sensualité et cherche juste à revenir aux intuitions, aux astuces de survie en terrain vierge et naturel. (...) Ce n'est Pas un retour pour la nature, mais bien une envie de disparaitre, de succomber à la solitude de la nature (et non celle de la ville, des marins). L'humanité fuie est tout de même présente, brutalement éprouvée par "l'imbécilité" de l'enfant attardé et aveugle, Francis, une part d'homme, atrophié physiquement, comme lui le devient mentalement et intellectuellement.
    Oui mais il a beau faire, sa culture littéraire le suit. Celle-là même qui sert de trame à sa décroissance: Virgile, Homère ou Beckett le stimulent, l'entourent, le confortent pour au final lui indiquer le mur.
    L'entrée en nature est picturale et culturelle. Bien-sûr les animaux offrent une leçon de chose sur la vie et la mort, les plantes deviennent sources de cours de botanique. Mais la nostalgie de l'enfance, de cette part de ruralité, est devenue aussi intellectualisée, confortée par des lectures d'adolescent (Lodon, Curwood). Et la nature n'est plus, elle a perdu son côté sauvage. Même la Compagnie d'une vache, ruminant des campagnes profondes, ne lui apporte qu'un semblant de sens à cette nouvelle (non-)vie. Sa démarche de décroissance découle d'une réflexion philosophique emprunte de toutes les références mythologiques aimées par Matthieu: la génisse est Io, princesse Héra changée en vache par Zeus.
    Et puis les femmes reviennent dans ce silence des mots, des sensations humaines. Sonia puis Paule. La pensée de Matthieu s'enlisait, laissant la temporalité s'échapper. Les regrets des douceurs sensuelles sont là mais aussi cette invitation à réinventer un univers, comme si toute cette démarche était une erreur: des sonorités à retrouver, une musique intérieure faite d'improvisations gutturales; puis une sensation tactile, Passionnelle.
    L'avis complet en suivant le lien

    Lien : http://1pageluechaquesoir.blogspot.com/2011/02/une-lointaine-arcadie..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ivredelivres, le 01 février 2011

    ivredelivres
    Est-ce nécessaire à l'homme de se retirer, de faire retraite quand rien ne va, est-ce bon pour l'homme de dégraisser sa vie, de limiter ses désirs de s'approcher d'une vie d'ermite ?
    A lire JM Chevrier je crois que oui.
    Matthieu est libraire, mais Pas libraire du tout venant, libraire spécialisé, il ne vend que des livres de botaniques anciens pour bibliophiles. Mais vous savez comment va la vie, quand quelque chose tourne mal, tout s'enchaîne.
    Un contôle fiscal, un divorce qui le laisse sur la paille, sa librairie qu'il doit fermer, la mort de son chien, Matthieu doit redonner une direction à sa vie.
    Un vieil oncle a autrefois vécu seul après la guerre, dans une masure au fond de la Creuse. Il rachète la maison et décide de vivre en retrait, loin des autres, seul avec le silence, Pas de journaux, une radio qui crachote et trois livres. Pas de voisins sauf un vieil homme qui tient en laisse son fils très handicapé, le père et le fils semblent tout droit sortis d'une pièce de Beckett !
    Puisqu'on parle de Beckett, notre héros n'a emporté avec lui que trois livres Homère, Virgile et Samuel Beckett.
    Retour à la vie simple : Matthieu coupe son bois, fait son pain, à le temps de méditer, d'observer la nature, de vagabonder, c'est Thoreau à Walden. Il va même jusqu'à acheter une compagne à quatre pattes, une chatte ? non vous n'y êtes Pas du tout ! une vache, en souvenir de son enfance et d'un tableau qui représente pour lui « Une lointaine Arcadie »
    Trop beau pour durer ? Un couple de randonneur épuisé fait halte chez lui, fini la solitude absolue, la vie parfois vous réserve bien des surprises.
    c'est un roman délicieux, de craignez Pas l'érudition de l'auteur, certainement latiniste et amateur de mythologie dans sa jeunesse, il sait la faire légère et je parie que vous aurez envie d'ouvrir Virgile et l'Iliade, il a un vrai talent pour dessiner la nature avec des mots. J'ai aimé son regard décalé sur le sacro saint animal de Compagnie.
    Je suis certaine que vous aimerez sa vache et la façon dont il vous en parle.
    Un texte plein de poésie, de mélancolie, un chant bucolique et une fin inattendue. Un livre fin et sensible.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/01/21/une-loint..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 06 mai 2011

    Chouchane
    Enfin ! Ce livre est un grand roman. Tout est au service d'une histoire héroïque : vivre loin des hommes. Obstinément, pour éviter de sombrer tout à fait et d'en mourir, Matthieu va se construire un univers au fond de la Creuse, avec ses références, ses déceptions, son courage, il va changer le cours de sa vie. Tout y est, une écriture limpide au service d'une belle histoire (et pas l'inverse), de la subtilité dans les émotions, les réflexions sur la vie/les hommes, de la clairvoyance dans les rapports humains, un peu de détresse. le livre nous dit qu'il n'y a pas de changement sans au préalable de grand naufrage, avec les restes, notre héros construit un monde frustre et ... lumineux.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Lalivrophile, le 03 avril 2012

    Lalivrophile
    L'idée de départ est intéressante, mais outre que ce genre de livre n'est pas vraiment ma tasse de thé, certaines choses m'ont déplu. En fait, j'ai continué ce livre parce que j'aime beaucoup la lecture du comédien qui l'a lu.
    D'abord, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi Matthieu, qui semblait tant tenir à cette vie, finit par s'étioler. Et puisqu'il s'ennuie, que ne retourne-t-il à une vie citadine? Je n'ai pas trop compris pourquoi il se compliquait autant la vie. Apparemment, il veut le beurre et l'argent du beurre. Rien que cela a suffi pour m'agacer. Je trouvais qu'il compliquait les choses.
    Ensuite, il dit qu'il aime les animaux, et achète une génisse. Or, dans sa démarche, il n'y a qu'égoïsme. En effet, il achète cette génisse parce qu'elle lui rappelle son enfance, elle évoque un mythe grec, etc. Cependant, il la coupe de ses congénères, la rendant malheureuse. La vache se raccroche donc à lui, et voudrait même vivre dans la maison, ce qu'il ne lui permet pas, arguant que rien n'est adapté à elle dans la maison. Soit, mais au départ, c'est de sa faute si elle ne se sent pas bien, c'est à lui de tout faire pour qu'elle soit bien. Enfin, il explique qu'il préfère une vache à un chien parce que la vache ne fait pas son possible pour s'adapter à l'humain au point de devenir l'humain, comme fait le chien. D'accord, mais il voudrait justement qu'elle s'adapte à lui, puisqu'il veut qu'elle vive en solitaire, et ne veut pas s'embêter à lui acheter des compagnes.
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/une-lointaine-arcadie-de-jean-marie-chev..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par VanessaV, le 22 février 2011

    Cette évocation, dans la candeur passéiste de l'école de Brive, flattait l'imaginaire en faisant fi de l'inconfort, des duretés sournoises et du terrible écho de soi-même pour celui qui vit seul. Cette vie demandait probablement un esprit frustre, sans souci de culture, et s'adressait à un personnage que la guerre avait si malmené dans sa chair que cette rudesse lui paraissait douce parce qu'elle était le fruit d'un ordre naturel du monde.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Aifelle, le 09 mai 2011

    "Jour après jour, il entrait en solitude. A condition de respecter un emploi du temps précis, rythmé par un travail physique et répétitif, son isolement ne pesait plus comme une contrainte. Il regrettait parfois de ne pouvoir user de la prière. Sa discipline corporelle se serait trouvée renforcée par un élan divin et il enviait la règle monastique qui alterne travail manuel et méditation spirituelle. Il avait le jardin, il lui manquait les laudes".

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par VanessaV, le 22 février 2011

    Un prénom ne sert qu'à répondre et je n'ai plus à répondre de rien à personne.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Une lointaine Arcadie par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (19)

> voir plus

Quiz