Ted Chiang n'écrit que parcimonieusement. Les huit nouvelles qui composent ce récit s'étendent sur plus de 10 ans d'écriture. Mais le nombre de prix qu'elles ont raflé ont auréolé Chiang d'une réputation de génie de la SF.
Leurs thèmes sont très différents les uns des autres :
La tour de Babylone se déroule sur le chantier de la tour, et donne à imaginer la démesure et l'ambition de cette entreprise, sur la base de la version biblique : le cauchemar logistique que représenterait, dans l'Antiquité, la construction d'une tour destinée à atteindre les Cieux donne le vertige. Comprends raconte sous la forme d'un court thriller l'évolutionl d'un homme dont l'intelligence, stimulée artificiellement, dépasse la compréhension humaine, avec une construction rappelant Des fleurs pour Algernon. L'histoire de ta vie est un récit au présent du futur d'une jeune fille par sa mère, linguiste travaillant sur les langues extra-terrestres. L'enfer, quand Dieu n'est pas présent, est une histoire de deuil dans un monde où l'irruption inopinée et périodique des anges provoquent des épidémies de miracles et d'accidents dans leur sillage... Bon, je ne vais pas toutes les mentionner, toutes sont excellentes et les pitches ne leur font pas hommage.
Au final, chacune de ces nouvelles est un bijou d'intelligence, d'écriture, d'émotion et d'inventivité. Au contraire des nouvelles pulp dont l'accumulation provoque l'indigestion, ces récits se dévorent sans lasser, et ne font regretter qu'une chose : que
Ted Chiang n'écrive pas plus.