AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2879296986
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 11 notes)
Résumé :

L'éternité n'est pas si longue ne raconte pas la fin de l'espèce humaine mais celle d'un de ses plus originaux spécimens, Nora, une jeune femme à l'humour fulgurant et au fort penchant mélancolique. Elle qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, reprochait à ses proches amis de ne pas vivre comme s'ils allaient mourir un jour doit soudain réinventer son existence.

Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lauredanse
21 mai 2013
  • 3/ 5
Nora est une jeune trentenaire qui a échappé à la mort. Plongée dans un coma elle a vécu des choses qui ont fait changer sa vision du monde. "Le premier soir, ils nous ont laissé te voir parce qu'ils pensaient que tu ne passerais pas la nuit » – je me battais alors avec une entité qui était bien plus qu'un tube enfoncé dans ma gorge, je vous le parie : ça ne pouvait pas être aussi trivial, rappelez-vous ce que j'ai frôlé. J'avais été l'héroïne inerte de l'aventure la plus limite, et aujourd'hui seul un mort pouvait prétendre avoir été plus loin que moi." Elle est amoureuse de Pauline mais cette relation ne va pas se poursuivre et va lui apporter les plus grandes désillusions. Elle se retrouve alors à vivre avec son groupe d'amis, Myriam, Judith et Raymond son cousin. Une épidémie de variole a frappé et l'humanité est vouée à disparaître.
Tout ce récit est basé sur les interrogations de Nora, qui est la narratrice, ses angoisses, ses doutes, sa mélancolie. Depuis la certitude de cette pandémie, elle se cloître chez elle, quitte son travail dans une association et passe son temps à griffonner sur ses carnets. Elle profite de l'oisiveté. Nora ne croit plus en rien, même plus à un sens à la vie, bien qu'avant elle pensait que l'amour pouvait en être un, par exemple.
Sur un ton caustique et un état de soumission et d'acceptation, Nora attend son heure en laissant divaguer son esprit à ses pensées, ses idées, ses croyances ou plutôt non-croyances, au fatalisme. Grand questionnement existentiel avec une difficulté apparente de la notion du rien, du néant.
Petite chronique pour un livre dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer bien que je trouve l'idée originale, l'écriture de Fanny Chiarello ciselée et plaisante. Mais voilà tout tourne autour de Nora, de ses questionnements ou de sa résignation. Je me suis malheureusement ennuyée, ma lecture ayant été longue, longue, longue. Je ne vous le déconseille pas car il peut surement trouver son public. Je l'ai trouvé trop "intellectualisé", pour autant j'aime bien le cérébral habituellement… (ce qui est bien entendu très personnel) Mais peut-être pas sur tout un livre. Là je n'y ai trouvé rien d'autre. Ce n'était à l'évidence pas un livre pour moi.
Lien : http://madansedumonde.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
SagnesSy
06 novembre 2015
  • 4/ 5
Nora Ballard a trente-cinq ans, un petit groupe d'amis (3) extrêmement proches et – au début du roman tout au moins – une amoureuse. Elle vit dans une bulle bien à elle, dans un monde qui est le nôtre sans l'être jamais tout à fait, elle pose sur l'existence (et jusqu'à ses détails les plus minimes) un regard et une pensée extrêmement personnels, et particuliers.
Or, soudain, la variole est de retour, sous une forme résistante à tout traitement ou vaccin, et les gens meurent à tour de bras.
L'humanité telle que nous la connaissons se délite rapidement. Mourir devient banal. Nora est encore vivante, mais pour combien de temps ?...
Voici un roman doté d'un charme extraordinaire. Son intrigue de fond est plutôt orientée SF, sa trame narrative est tout autre, légère, profonde, fantaisiste. Nora est une vraie tête à claque, une sacrée chieuse qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. Elle est passive et exigeante envers les autres, digresse souvent, a le regard nombriliste d'une ado malgré son âge qui devient certain, mais tient son lecteur fermement et ne le déçoit jamais.
J'aime son courage de décrire – et de s'en sortir plus que correctement - la plus éculée des images : un coucher de soleil. « Ça paraît stupide comme ça, un « coucher de soleil sur la mer », l'image paraîtrait sans doute d'une affreuse banalité même à ceux qui n'ont jamais vu la mer, parce qu'à défaut ils ont forcément vu des posters ou des plans séquences des années 1990 noyés de lumière orange et de chansons de variétés à saxophone, mais le privilège que nous avons ce soir, Pauline et moi, est d'observer avec quelle délicatesse nonchalante le ciel, inconscient de lui-même, indifférent à l'émerveillement qu'il soulève dans nos corps infinitésimaux, apaise sous sa paume bleu roi les contorsions ocres dont la source, déjà, a fondu derrière l'horizon . »
J'aime aussi sa manière d'échapper à la réalité, ses plaintes qui ont de l'élégance : « Je ne fais pas une dépression, le monde s'effondre. Je me permets d'y voir une nuance. »
J'aime enfin sa façon de décrire avec une précision clinique des choses en apparence futiles, mais que l'on a tous ressenties à un moment ou à un autre : « Plus tard, la voix de Miriam tricote, vibrante, un élégant contrepoint à sa sélection musicale. Je ne peux pas comprendre que Stand by me lui ouvre des sphères inédites ; il y a quelques minutes, je n'aurais pas imaginé que cette chanson puisse être cataloguée par quiconque ailleurs que dans le vaste champ tiède des références communes à ceux qui ne comptent pas la musique parmi les choses les plus essentielles de la vie (ce qui est leur droit – je n'ai aucune autorité morale me permettant de dire : leur croix ; je dois être moins obtuse que ça). Maintenant, je prends la mesure de l'inconnu lové dans la boite crânienne de Miriam, je ne la méprise pas de se montrer aussi viscéralement réceptive à cette chanson qui ne m'est rien, mais suis au contraire presque confuse, comme si un handicap affectif me privait des ressources que ce vieux standard recèle potentiellement (voir ci-contre, les volutes vibrantes de la voix dans la nappe bleutée de notre tabagie) et, pour tout dire, je me sens désagréablement étrangère à Miriam, exclue de son monde, comme si l'adaptation sélective nous avait menées à des sphères sans intersection."
Le titre vient de la chanson My Own Private Disco de Help She Can't Swim.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Beatrice64
25 février 2011
  • 5/ 5
« Une question de mois, sans doute : deux, trois ? le dernier humain ne saura même pas qu'il est le dernier, il ne pourra, grelottant sous un ciel sans fond au milieu d'espèces pour lesquelles il n'est rien, de notre part à tous dire,
Désolé, on vous laisse tout en plan comme ça, on aurait quand même pu débarrasser. »
Les questionnements tantôt futiles, tantôt existentiels, de Nora, trentenaire angoissée, mélancolique (« Je ne fais pas une dépression, le monde s'effondre. Je me permets d'y voir une nuance »), à l'imagination débordante, qui, dans une langue imagée, drôle et pleine de fantaisie, sur un ton à la fois énervé et amusé, vivifiant au possible, relate, sur fond sonore d'Arcade Fire, l'épidémie de variole qui décime inexorablement l'espèce humaine. Portant sur ses semblables un regard désabusé, elle se console en noircissant des carnets : « si je veux dormir dans un monde si décevant, je n'ai d'autre choix que de me raconter des histoires comme si j'étais mon propre enfant » .
Une lecture intense, fraîche, tonique, que je recommande vivement à ceux qui pensent à la fin du monde, qui se posent souvent des questions débiles, qui dépriment gentiment, qui aiment les livres derrière lesquels il y a un vrai écrivain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Charybde2
19 mars 2013
  • 3/ 5
Sympathique, mais faible en regard des grandes oeuvres SF sur ce thème...
Une épidémie de variole entraîne la fin de l'humanité. L'auteur traite le désastre à travers le récit et les carnets d'une trentenaire, chroniquant sa vie au quotidien, ses pensées, au milieu de son groupe d'amis proches. C'est joliment écrit et intéressant. C'est une bonne illustration de cette "tendance" (peut-être) actuelle à une utilisation croissante de thématiques "de type SF" en littérature dite générale... Utiliser une apocalypse pour nous parler de notre présent (enfin, de certaines de ses caractéristiques)... Cela a été accompli brillamment par, entre autres, des Ballard, des Brunner, des Spinrad, voire des Volodine... Ici, même si le propos est clairement moins ambitieux, je ne suis au fond pas convaincu. Sympathique, mais pas décisif.
Commenter  J’apprécie          20
Citations & extraits (4) Ajouter une citation
SagnesSySagnesSy06 novembre 2015
Plus tard, la voix de Miriam tricote, vibrante, un élégant contrepoint à sa sélection musicale. Je ne peux pas comprendre que Stand by me lui ouvre des sphères inédites ; il y a quelques minutes, je n’aurais pas imaginé que cette chanson puisse être cataloguée par quiconque ailleurs que dans le vaste champ tiède des références communes à ceux qui ne comptent pas la musique parmi les choses les plus essentielles de la vie (ce qui est leur droit – je n’ai aucune autorité morale me permettant de dire : leur croix ; je dois être moins obtuse que ça). Maintenant, je prends la mesure de l’inconnu lové dans la boite crânienne de Miriam, je ne la méprise pas de se montrer aussi viscéralement réceptive à cette chanson qui ne m’est rien, mais suis au contraire presque confuse, comme si un handicap affectif me privait des ressources que ce vieux standard recèle potentiellement (voir ci-contre, les volutes vibrantes de la voix dans la nappe bleutée de notre tabagie) et, pour tout dire, je me sens désagréablement étrangère à Miriam, exclue de son monde, comme si l’adaptation sélective nous avait menées à des sphères sans intersection.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
SagnesSySagnesSy06 novembre 2015
Ça paraît stupide comme ça, un « coucher de soleil sur la mer », l’image paraîtrait sans doute d’une affreuse banalité même à ceux qui n’ont jamais vu la mer, parce qu’à défaut ils ont forcément vu des posters ou des plans séquences des années 1990 noyés de lumière orange et de chansons de variétés à saxophone, mais le privilège que nous avons ce soir, Pauline et moi, est d’observer avec quelle délicatesse nonchalante le ciel, inconscient de lui-même, indifférent à l’émerveillement qu’il soulève dans nos corps infinitésimaux, apaise sous sa paume bleu roi les contorsions ocres dont la source, déjà, a fondu derrière l’horizon .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
SagnesSySagnesSy06 novembre 2015
Quand on a tendance à se sentir inutile , on devrait au moins s‘épargner de devenir encombrant.
Commenter  J’apprécie          60
SagnesSySagnesSy06 novembre 2015
Je ne fais pas une dépression, le monde s’effondre. Je me permets d’y voir une nuance.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Fanny Chiarello (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fanny Chiarello
Fanny Chiarello, lauréate du Prix Orange du Livre 2015 pour "Dans son propre rôle" (éd... .Retour sur la soirée de remise du Prix Orange du Livre 2015. Fanny Chiarello est la lauréate de cette 7e édition pour son roman "Dans son propre rôle" (éd. Olivier)
autres livres classés : fin du mondeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Holden, mon frère

Comment s'appelle la plus jeune sœur de Kévin ?

Océane
Jessica
Eva
Laurie

10 questions
27 lecteurs ont répondu
Thème : Holden mon frère de Fanny ChiarelloCréer un quiz sur ce livre