Trois secondes : les portes du TER se referment en couinant, et le visage d'Ava disparaît, je retiens tellement mes sanglots que j'ai l'impression de me trimbaler un goitre et une poitrine bavaroise. Voyons, le train arrivera à Douilly-les-Mines dans trois quarts d'heure. Si je pleure pendant un quart d'heure, il restera une demi-heure à mes yeux pour retrouver leur aspect normal, je monterai dans la voiture de papa avec le sourire de Heidi, et j'échapperai aux questions personnelles, maman n'essaiera pas de me découvrir une dépression larvée comme chaque fois que je suis enrouée.