1912 sur les rives du Don, pays de steppe balayée par le vent, de marais, de roseaux, où vit un peuple rude de paysans-soldats. Le récit commence par une brûlante histoire d'amour qui n'obéit pas aux lois ancestrales. Et bientôt, autour du Cosaque Gregori Melekhov, de s... > voir plus
Ce livre raconte la vie d'un cosaque de la région du Don, Grégory Melechov durant la première guerre mondiale et les débuts de pouvoir soviétique.
Ce très beau et long roman épique m'a permis de découvrir une Histoire: celle du monde cosaque traditionnel que la Révolution a détruit.
L'herbe nouvelle, de ce côté ensoleillé du ravin, était haute et drue. L'odeur fade de la terre noire chauffée par le soleil n'arrivait pas à couvrir l'arôme très fin des violettes en fleur. Des violettes, il y en avait sur les jachères et parmi les tiges sèches du mélilot, elles se déployaient en broderie de couleur le long d'une lisière très ancienne, et, dans l'herbe fanée de l'autre année, sur les friches dures comme pierre, leurs yeux regardaient le monde avec la pureté de l'enfance. Elles achevaient de vivre dans la steppe vaste et profonde le temps qui leur était donné ; déjà, des tulipes d'un éclat fabuleux les remplaçaient sur la pente, dressant vers le soleil leur calice écarlate, ou jaune, ou blans ; et le vent portait au loin dans la steppe les parfums mêlés des fleurs.
Sterliadnikov examina attentivement le trou par où la balle était sortie, puis versa dans sa paumela poudre d'une cartouche dont il avait tiré la balle avec les dents et la mélangea longuement à de la terre auparavant trempée de salive. Il badigeonna copieusement de cette boue les deux orifices de la blessure et déclara avec satisfaction :
- C'est un truc éprouvé. La plaie va sécher, dans deux jours elle sera cicatrisée. Comme sur les chiens.
Le Don paisible (en russe Тихий Дон), film de Sergueï Guerassimov récompensé en 1958 par le prix de la mise en scène et le Premier prix au Festival international du film de Moscou. Extrait