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ISBN : 2757834665
Éditeur : Points (2014)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 167 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un homme sur une moto, à laquelle est accrochée une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne. Il veut se rendre dans la zone interdite autour de Tchernobyl. Il a une mission.
Le voyage de Gouri est l'occasion pour lui de retrouver ceux qui sont r... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 25 janvier 2013

    Malaura
    Le sujet est grave et pourtant quelle douceur dans le partage de ce voyage nocturne aux côtés de Gouri et de ses compagnons d'infortune, quel enchantement que cette errance nocturne dans les terres inhospitalières et empoisonnées d'Ukraine après la tragique catastrophe de Tchernobyl !
    Deux ans après l'embrasement de la centrale, Gouri décide de revenir sur les lieux qu'il a été contraint d'évacuer, quand le bonheur familial simple et heureux qui constituait son existence a basculé dans l'horreur et l'incompréhension une nuit d'avril 1986 avec l'incendie du réacteur.
    Si Gouri a été jusqu'alors épargné, il n'en a pas été de même pour sa fille Ksenia, gravement contaminée par les retombées radioactives comme beaucoup d'êtres peuplant ces terres devenues le théâtre de la ruine, de la décrépitude et de l'abandon. C'est pour elle, pour récupérer un objet de leur ancien appartement chargé de souvenirs, que Gouri a entrepris le voyage de retour à Pripiat, en « zone interdite ».
    Parti de Kiev où il est écrivain public, une remorque attachée à sa moto, Gouri traverse un paysage de plus en plus dépeuplé, de plus en plus désertique et dévasté.
    Pourtant, dans les vestiges des villes fantômes, dans les émanations inodores de la pollution nucléaire, la vie rayonne encore ça et là, malgré le sentiment d'abandon et la résignation, malgré l'irradiation et la confrontation à la maladie, malgré le milieu corrompu et infecté dans lequel les êtres tentent tant bien que mal de subsister, dans une sorte d'hébétude, comme rivés à l'attente d'un temps qui ne reviendra plus.
    Cette petite vie persistante qui s'accroche comme une fleur d'espoir, passe par une soirée chaleureuse arrosée de vodka avec les amis d'antan dans un village à demi-déserté où Gouri a fait halte avant de reprendre la route.
    En compagnie de camarades demeurés dans cette campagne parasitée par un mal invisible, l'on se souvient, l'on parle à mi-mots de la catastrophe, des jours qui ont suivis, des villes évacuées et enterrées par les bulldozers, des liquidateurs, ces héros malgré eux qui ont tenté de stopper l'incendie sans aucune protection, de ce mélange de stupeur, d'angoisse, de fascination trouble et de beauté délétère qu'offrait alors la vision foudroyante de cette petite apocalypse.
    Iakov que la radioactivité ronge chaque jour davantage, Vera, Kouzma, quelques autres encore, jalonnent la route de Gouri jusqu'à Pripiat. Un voyage qui sous le ciel pigmenté d'étoiles, éveille un sentiment de vide écrasant comme un tableau de fin du monde mais offre aussi la perspective d'une humanité conviviale et chaleureuse désireuse de faire renaître la vie dans cette partie du monde que l'homme a profanée.
    26 ans après la tragédie, Antoine Choplin nous fait le don d'un texte scintillant d'humanisme, d'empathie, de sensibilité, si bien qu'à la tristesse ressentie, viennent se greffer des touches d'espoir rendant lumineux ces lieux redevenus sauvages, où la nature a repris ses droits comme si rien ne s'était passé. Et pourtant…s'il faut, pour se convaincre encore des nécessités de l'exil, « flairer la réalité de ces puissances cruelles, imperceptibles et assassines, préservant si étrangement l'apparence du monde », l'état de Iakov dont la chair en lambeaux se détache du corps, la maladie de Ksenia, les maisons englouties sous les mâchoires des bulldozers, les villes si effroyablement vide de présence humaine, ne peuvent démentir l'ampleur du drame qui s'est joué là et dont on a trop longtemps occulté les terribles répercutions.
    Mais Antoine Choplin, par la simplicité d'un ton modéré et bienveillant, tout en retenu et mesure, réussit admirablement à irradier les cœurs et les esprits de chaleur humaine, à éclairer le texte de miséricorde et d'humanité, à apposer sur les brûlures radioactives le baume bienfaisant de la solidarité et d'un devoir de mémoire qui s'illustre sans rancœur ni aigreur.
    Après le gros succès public du Héron de Guernica, La nuit tombée fait palpiter notre dosimètre cardiaque dans les irisations d'une grâce pleine de naturel, de modestie et de lumière.
    Simple et beau.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 21 novembre 2013

    cicou45
    Une véritable merveille bien que les sujets abordés dans cet ouvrage ne soient guère réjouissants, bien au contraire !
    Gouri, le personnage principal, revient, après deux ans d'absence, dans sa région natale de l'Ukraine, non seulement pour revoir ses amis, Iakov et Svetlana mais surtout parce qu'il a une mission à accomplir : celle de retourner dans Sa ville, celle où il a vécu heureux avec sa femme et sa fille, et qui est désormais en ruines afin de récupérer une porte. Vous allez croire que je raconte n'importe quoi mais lisez la suite et tout prendra peut-être sens pour vous ! Gouri s'est exilé à Kiev suite au 26 mai 1986. Cette date ne vous évoque-t-elle rien ? L'accident nucléaire de Tchernobyl bien évidemment ! Même si ce dernier n'est pas clairement mentionné par l'auteur, le lecteur, lui, lit entre les lignes puisqu'il parle de "zone", d'évacuation à grande échelle de villages entiers et, bien évidemment de plutonium. le rapprochement ne fait donc plus aucun doute. Et su Gouri tient tant à retourner dans cet endroit pillé, dévasté et surtout interdit, c'est pour se rendre à Pripiat, la ville dans laquelle où il habitait et de se rendre, illégalement bien entendu, dans son ancienne demeure pour récupérer la porte de la chambre de sa fille.
    Pourquoi celle-ci et pas une autre ? Et dans quel but ? Je ne vais quand même pas vous dévoiler toute l'intrigue donc je m'arrête là, ne serait-ce que pour vous tenir sur votre faim...
    En tout cas, je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage qui se lit très vite, qui est extrêmement bien écrit et très touchant. Il a d'ailleurs obtenu le Prix France Télévisions 2012, dans la catégorie "Romans". A découvrir absolument !
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    • Livres 4.00/5
    Par MachaLoubrun, le 13 février 2014

    MachaLoubrun
    Gouri part pour un voyage dans La nuit tombée, là où le temps est suspendu, figé dans la douleur, à Tchernobyl. La poésie des décors vides dans la nuit se mêle à la souffrance des survivants de l'effroyable catastrophe nucléaire.
    Il vient de Kiev sur sa moto, pour récupérer un objet inattendu qui cristallise ses souvenirs familiaux dans l'appartement qu'il occupait autrefois. Mais la zone est désormais interdite. La quête de Gouri dans ce no man's land est bouleversante. En chemin, il s'arrête chez chez Eva et Iakov à Chevtchenko, dans un village contaminé. Ceux qui habitent encore là, ont perdu leurs illusions. Mais le temps d'un repas, on partagera une bouteille de vodka.
    Son ami Kouzma le prévient : « Faut faire attention au plutonium, par ici. Un millième de gramme dans le ventre et t'es retourné en six mois. »
    Un mot, un geste, un frisson dans la ville désertée, un oiseau qui vient se poser dans le silence assourdissant de la nuit, Antoine Choplin décrit subtilement les émotions de Gouri, comme de petites lucioles qui brillent dans la nuit, avec délicatesse et beaucoup d'humanité.
    Des phrases courtes qui vont droit au cœur, une belle découverte.
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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 22 août 2012

    nadejda
    «La lumière est douce, tamisée par les bois de bouleaux et de résineux qui encadrent la route. Un semblant de voile, moins qu'une brume, paraît ainsi jeté sur le paysage, et on peut en distinguer le grain dans l'air. Il est plus de quatre heures, il ne tardera pas à faire froid.»
    Gouri devenu écrivain public à Kiev où il vit avec Teresa sa femme et leur fille Ksenia, s'achemine vers la zone interdite autour de la centrale de Tchernobyl au volant de sa moto à laquelle est accrochée une remorque. Il veut retourner à Pripiat, là où il vivait avec sa famille avant la catastrophe.
    Il s'arrête en soirée, chez Eva et Iakov à Chevtchenko, village contaminé et déserté proche de la zone interdite. Deux ans se sont écoulés depuis son départ. «On dirait que rien n'a changé ici» Et pourtant ici règne le silence, les maisons sont abandonnées et d'étranges phénomènes ont lieu mais il est vrai que les rares habitants qui continuent à y vivre le font dans un climat d'irréalité. Les souvenirs d'un temps révolus remontent et la vie se poursuit malgré les risques. Ils ne peuvent pas se faire à l'idée que leur monde soit devenu interdit. Ceux qui ont été contraints au départ ont du mal à l'admettre.
    Désespoir ou élégance ? Gouri se pose la question et la pose à ceux qui l'écoutent réunis autour de lui chez Iakov, lui qui a composé un poème par jour depuis la catastrophe..... «Quelques mots chaque jour, oui un poème si on veut, comme un petit crachat de ma salive à moi dans le grand feu. Et ce sera comme ça tous les jours que Dieu me donnera.» :
    « La bête n'a pas d'odeur

    Et ses griffes muettes zèbrent l'inconnu de nos ventres

    D'entre ses mâchoires de guivre

    Jaillissent des hurlements

    Des venins de silence

    Qui s'élancent vers les étoiles

    Et ouvrent des plaies dans le noir des nuits
    
Nous voilà pareils à la ramure des arbres
    
Dignes et ne bruissant qu'à peine

    Transpercés pourtant de mille épées

    A la secrète incandescence.»
    Un texte intense qui touche car même au milieu d'un monde contaminé, ce petit groupe d'hommes et de femmes reste digne et maintient la vie qui continue à palpiter comme cette bougie tremblotante à la fenêtre de la chambre de Iakov qui accueille Gouri au retour de son expédition à Priapat. Un texte plein d'humanité, à la beauté fragile et tragique.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 15 janvier 2014

    paroles
    Un petit bijou d'humanité...
    Quelle douceur, quelle quiétude, quel silence sous cette épaisse couche de neige.
    C'est ce qu'on pourrait penser. Mais là, pas de neige. L'épaisse couche qui recouvre le paysage est l'accumulation de poussières radioactives.
    Le pays c'est l'Ukraine. La grande ville proche est Kiev. le paysage est celui de Tchernobyl et des villages voisins abandonnés.
    Plus de deux ans après la catastrophe, Gouri revient dans son ancien village, là où il a vécu heureux avec sa femme et sa fille, mais devenu zone interdite depuis le jour de colère, le 26 avril 1986. Il lui faut récupérer la porte de la chambre de Knesia sur laquelle sont notés tant de souvenirs. Car sa fille est malade. Elle aussi fait partie des innombrables personnes touchées par cette gangrène insidieuse : "La bête n'a pas d'odeur / Et ses griffes muettes zèbrent l'inconnu de nos ventres."
    C'est pour lui l'occasion de retrouver, pour une soirée, des amis. Et ce sera pour eux l'occasion d'évoquer la catastrophe, les maisons abandonnées en toute hâte, le travail sur les réacteurs, la maladie, la résignation, le temps disparu, le temps suspendu, La nuit tombée.
    Gouri parcourra son ancien village, à la beauté figée dans le temps sous un ciel étoilé, à la senteur des bois résineux alentour, mais englué irrémédiablement dans des poussières post-apocalyptiques. Un village se préparant à la fête, si plein de vie, si plein de rires et si cruellement silencieux aujourd'hui. Ici pas de destruction, pas de guerre, pas de trou d'obus, juste "des fragments de ciel étoilé se faufilent parmi les frondaisons et c'est comme si l'univers dégringolait jusque-là pour se mettre à exister pour de bon, presque à portée de main". Fallait-il vraiment partir, se questionne t'il encore, alors que tout semble endormi...

    C'est avec des mots simples, doux et pudiques qu'Antoine Choplin nous dévoile les lendemains de Tchernobyl au cours desquels la solidarité et l'amitié soutiennent les hommes. Un grand moment de lecture à laquelle j'ai associé quelques vers De Lamartine :
    Ô temps ! Suspends ton vol...
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Critiques presse (5)


  • Telerama , le 05 mars 2014
    Ce qui frappe, dans l'écriture d'Antoine Choplin, c'est sa souplesse et sa retenue, sa précision et son humanité. Chez lui, les ruptures sont nettes mais jamais cassantes, la narration sèche et pourtant toujours chaleureuse.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Culturebox , le 12 octobre 2012
    Voilà un roman qui ne s'autorise aucun temps mort, habité par une sorte d'urgence. Gouri risque sa vie pour pas grand chose mais on le comprend parfaitement. […] Cette histoire forte, ramassée, s'achève au lever du jour. On a le souffle coupé.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 08 octobre 2012
    Poétique et glaçant, ce livre dense est un chant crépusculaire d'une beauté saisissante.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 23 août 2012
    Le sujet est grave, poignant, mais Antoine Choplin évite l'écueil du mélo en laissant la parole à ses personnages : des mots simples, pudiques […].
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 22 août 2012
    Avec une économie de moyens très beckettienne, un sens du visuel méditatif digne de Tarkovski, et une grande tendresse pour ses personnages sortis d'un tableau de Chagall, Antoine Choplin signe un roman essentiel.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 30 mars 2013

    La bête n'a pas d'odeur
    Et ses griffes muettes zèbrent l'inconnu de nos ventres
    D'entre ses mâchoires de guivre
    Jaillissent des hurlements
    Des venins de silence
    Qui s'élancent vers les étoiles
    Et ouvrent des plaies dans le noir des nuits
    Nous voilà pareils à la ramure des arbres
    Dignes et ne bruissant qu'à peine
    Transpercés pourtant de mille épées
    A la secrète incandescence
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  • Par kris334, le 27 mai 2014

    Comment dire. Au début, quand tu te promènes dans Pripiat, la seule chose que tu vois, c'est la ville morte. La ville fantôme. Les immeubles vides, les herbes qui poussent dans les fissures du béton. Toutes ces rues abandonnées. Au début, c'est ça qui te prend les tripes. Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt cette sorte de jus qui suinte partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c'est ça qui te colle la trouille. ça, c'est une vrai poisse, un truc qui t'attrape partout. Et d'abord là-dedans.
    De son pouce, il tapote plusieurs fois son crâne.
    Je sais de quoi je parle.
    Gouri pose sa joue sur son poing fermé.
    Moi, poursuit kouzma, des fois, je pense au diable et je me dis tiens, si ça se trouve, il a installé ses quartiers dans le coin et il est là, à bricoler. Il profite de l'aubaine pour se fabriquer un monde à lui. A son image. Un monde qui se foutrait pas mal des hommes. Et qu'aurait surtout pas besoin d'eux. ça colle le vertige, ça, quand on y pense. Un monde qui continue sans nous. Hein.
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  • Par canel, le 09 mars 2014

    A certains endroits, je me souviens, on n'arrivait même pas à croire ce qu'affichaient les dosimètres. Même, dans les jardins, tu voyais briller des taches violacées. Des flaques de césium, que c'était. (...)
    Il tombait une drôle de pluie. C'est Pavel qui a remarqué ça. Il a dit t'as vu ça, la pluie. On dirait qu'elle est noire. Et j'ai regardé à mon tour et c'était exactement l'impression que ça faisait. La couleur noire de la pluie, ça, je m'en souviens.
    (p. 37)
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  • Par caro64, le 11 novembre 2012

    Ca va te paraître étrange peut-être, mais cette zone, même avec sa poisse qui s’est fichue partout et qu’en finit pas de te coller à la peau, eh ben c’est un endroit que j’aime bien. Je m’y sens pas si mal. Sûr que c’est autre chose que le monde normal. Disons que c’est pas la même pourriture. Mais, à choisir, je crois que je préfère la pourriture d’ici. Elle est peut-être aussi vicelarde que l’autre mais, comment dire, avec elle tu valdingues quand même pas autant dans le caniveau.
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  • Par Jeannepe, le 22 octobre 2013

    Il y a, dans le sombre des lieux, de curieuses trouées.
    Vers le haut, des fragments de ciel étoilé se faufilent parmi les frondaisons et c’est comme si l’univers dégringolait jusque-là pour se mettre à exister pour de bon, presque à portée de main.
    Il faut un regard long et opiniâtre pour retrouver le jeu des profondeurs, éclatant soudain à la conscience, le temps d’une seconde à peine, comme en une bouffée de saveur.
    Et il y a de l’inconfort dans ce vertige.
    Gouri, le regard long et opiniâtre levé vers les bribes de ciel.
    Son corps entier frissonne.
    À cause, peut-être des solitudes amoncelées.
    Emboîtées comme des poupées gigognes. La sienne propre à Gouri, d’homme singulier ; celle de cette zone maudite, ce trou noir du monde ; celle aussi de son espèce, humaine, et de son vaisseau terrestre qui s’est fichu là, au cœur de l’immensité.
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La grande librairie 29/11/2012 sur France 5, François Busnel reçoit Antoine Choplin pour La nuit tombée (La fosse aux ours)
Un homme sur une moto, à laquelle est accrochée une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne. Il veut se rendre dans la zone interdite autour de Tchernobyl. Il a une mission. Le voyage de Gouri est l'occasion pour lui de retrouver ceux qui sont restés là et d'évoquer un monde à jamais disparu, où ce qui a survécu au désastre tient à quelques lueurs d'humanité.








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