le livre se décompose en deux parties qui s'articulent autour de la Résistance, et plus particulièrement d'une opération particulière: l'évacuation des œuvres du Louvre. 37 convois de 5 à 8 camions transportèrent 4000 caisses réunies dans un premier temps à Chambord puis dispersées dans des châteaux ou abbayes du Sud-ouest. Cette longue opération se déroula sous la tutelle du directeur technique des musées nationaux Jacques Jaujard. Un documentaire intitulé La guerre du Louvre, réalisé en 2000 par J. C Bringuier retrace cet événement.
le roman débute et se termine dans la nuit, comme une boucle qui se solde d'ailleurs par deux actions antagonistes.
L'auteur utilise le vocabulaire associé généralement à la peinture ex: "dans le pinceau des phares". Chaque scène est décrite comme un tableau, une œuvre d'art où chacun piochera dans ces connaissances pour rechercher l'œuvre.Sans afféterie, on avance lentement sans à coup, chaque action arrivant naturellement, mais sans sensation de lenteur.
La Deuxième partie tourne autour de l'œuvre éponyme ( je vous laisse deviner de quel tableau il s'agit).
Chacun est échoué dans ce combat, ces combats devrait- on dire car les motivations secondaires divergent. Au cours de la séance d'aération des œuvres, un musée éphémère est ainsi créé en plein champ et tour à tour chacun imaginera son
Radeau, son naufrage.
Une œuvre qui mérite de prendre son temps, de suivre le cheminement comme le parcours d'un musée. Un livre outrageusement visuel, tactile. Une œuvre qui comme un tableau cache plein de sous-entendu: la souffrance, les silences, l'exclusion...
Un livre à découvrir.