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ISBN : 2070447065
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Riverains de la Baltique, de l'Atlantique, de la mer de Norvège ou du cercle polaire, ces 5 poètes scandinaves ne se ressemblent pas : chacun a son Nord, sa route, ses nuits, ses rêves. Aussi singuliers soient-ils, ils gardent cependant en partage une lueur d'hiver, une profondeur de champ mêlant la neige et le ciel.
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Charybde2
Charybde218 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Cinq poètes scandinaves dont surgit, hors Tranströmer, l'immense Finlandais Pentti Holappa.
Heureuse initiative de la collection Poésie Gallimard, tentant peut-être de profiter en tout bien tout honneur du récent prix Nobel de Tomas Tranströmer, ce court volume permet de découvrir "cinq poètes du Grand Nord" : le Danois Inger Christensen, le Finlandais Pentti Holappa, le Suédois Tomas Tranströmer, donc, ainsi que le Norvégien Jan Erik Vold et l'Islandais Sigurdur Pálsson.
Si je n'ai guère accroché aux poèmes hachés de Vold, trois autres en revanche m'ont séduit. Jugez plutôt sur ces brefs extraits :
"Les déserts refusent d'abandonner leur chant
(les déserts qui ne sont naturellement pas
seulement dans la nature
comme sur les hautes terres)
Non les déserts intérieurs
aussi plein que les déserts externes
Ils refusent d'abandonner leur chant
Par leur chant ils renoncent
aux biscuits durs comme verre de l'habitude
les prétendues causes
les prétendues conséquences
la prétendue réalité"
(Sigurdur Pálsson)
"Il fait nuit.
Le planétarium des stratégies se tord. Les lentilles scrutent l'obscurité.
Le ciel de la nuit déborde de chiffres, et ils alimentent une armoire scintillante,
un meuble
qu'habite l'énergie d'une armée de sauterelles dénudant
plusieurs arpents de terre somalienne en une demi-heure."
(Tomas Tranströmer)
"L'hiver s'attend à bien des choses
la plage est déjà raide
tout fera un fera un cette année
ailes et glace feront un dans le monde :
le bateau entendra ses pas sur la glace
la guerre entendra sa guerre sur la glace
la femme entendra son heure sur la glace
l'heure de la vie dans la glace de la mort
l'hiver s'attend à beaucoup."
(Inger Christensen)
Le dernier, le Finlandais Holappa donc, m'a (presque) littéralement ébloui :
"Pour une mère les débris de l'océan suffisent, l'écume
et le sable, car elle est tout entière au désir de faire
naître,
les possibles s'unissent en matière désormais vivante
non plus par son ventre mais par la force de sa volonté.
Elle est la mère de Lemminkainen, la femme vêtue
de noir des tragédies antiques, et dans les cortèges
elle crie le nom des combattants pour la liberté d'aujourd'hui
défiant les charges de police et les gaz lacrymogènes,
mais sous d'autres habits elle est un des bourreaux,
criminelle complice du procréateur ploutocrate,
ourdissant les mensonges sur l'égalité. Telles sont
les fables modernes sur les princes et les princesses.
Responsable de l'absurdité de sa descendance elle aussi
voit s'effondrer les hautes voûtes des cathédrales,
les chefs d'oeuvre de Léonard et de Picasso périssent
dans les flammes de la bibliothèque d'Alexandrie.
Les déformations cellulaires provoquées par les déchets
industriels sont la chair vivante des enfants, leur avenir.
Veillant seule, quand la foule aguerrie dort déjà,
elle cherche sa consolation dans la paix universelle
puisqu'elle sait que dans les accélérateurs de particules
les cours closes de la matière s'ouvrent en tunnel béant."
(Pentti Holappa)
+ Lire la suite
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Malabar_
Malabar_22 mai 2013
  • Livres 3.00/5
Cinq poètes méconnus dans nos contrées pour une ode à l'espoir et à la nature.Tous ont en commun la fragilité de l'être face à la puissance des éléments. Une poésie authentique et accessible, qui fait la part belle à la lenteur et la mesure.
Une poésie de l'ailleurs aussi, très différente de la nôtre, où la neige tient évidemment une place prépondérante.
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Mirliton
Mirliton18 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Les cinq poètes sont très différents dans leur style (même si la traduction ne rend sans doute pas justice à toute leur originalité), mais chez chacun revient le thème de l'espoir. L'espoir d'un soleil qui se lève après la nuit, l'espoir de la fraicheur quand tombe la neige, l'espoir d'avoir encore la force d'espérer...
Leurs textes sont faits d'acceptations sans renoncement: acceptation de réalité, de douleur parfois, mais toujours dirigée vers une suite, une ouverture, un dépassement. Un coup de frais dans un langage au rythme marqué, berceur sans ennui.
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kvasir
kvasir28 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
J'adore
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Les critiques presse (1)
Actualitte03 mai 2012
Ce petit livre est une aubaine pour les lecteurs amoureux de littérature nordique mais pas forcément initiés à la lecture de poésies.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
MirlitonMirliton18 avril 2012
Il est une pièce minuscule, cachée
dans la source de l’espérance
Il est un matin le rouge du soleil
la dernière couleur que j’oublierai
Il est dans le trèfle précoce ce que je
trouve très tôt sans chercher
Il est une fissure dans la terre de l’hiver
printemps obstiné, bouche d’eau
baisers clapotants

Il est le puissant exorciste de l’effroi
qui pleure avec le soutien de l’oiseau
Il est la pente argileuse durcie
par la longue lutte du soleil avec son corps
qui abrite un couple d’hirondelles
Il est dans les ailes tictaquant la première
rencontre avec l’air bleu du matin
Il est dans le chant et le bec contre bec

La terre capture sa fenêtre, balance,
émoustille le temps
La terre saisit son oiseau et l’emmure
dans le gris
La terre enferme sa source
dans un coffre blindé
La terre consume le bec ardent
à la chute de l’oiseau soleil
Je refuse d’avoir honte de mon
espoir en les morts

Je refuse d’avoir honte de mon
espoir en l’espoir de mon amour
Je porte un puissant chant de soleil
matin rencontre passagère
J’ouvre la fenêtre de mon amour
hume l’odeur de la terre
qui est nous, espoir éphémère

Espérance malgré tout
+ Lire la suite
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MirlitonMirliton18 avril 2012
Je m'appuie tendrement contre la nuit
sur la rampe rouillée
je trouve ma joue, mon épaule
je trouve ma tendresse:
fer et chair.

Le reste ondoie, s'effrange
en silence, interroge dedans, dehors
dans l'espace de la nuit, dans l'espace de l'âme :
est-ce la mort?
je pose ma main sur le visage
tremblant de la nuit
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Aileen62Aileen6210 mars 2013
A l'abri du vent, on peut entendre l'herbe pousser -
un léger roulement de tambour par le bas, le faible
grondement de millions de flammèches, c'est ainsi
qu'on entend l'herbe pousser.
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Aileen62Aileen6208 mars 2013
Semant ses bienfaits un nuage vole
puis un aigle, messager.
Seules les îles gémissent vers le rivage à leur départ,
quand le vent sous le gel se fige, pleurant sur leur sort.
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Aileen62Aileen6210 mars 2013
La prochaine fois que je viendrai au monde ici je transcrirai chaque minute dès le début. Je n'en consommerai pas une seule sans réfléchir d'abord, et le cas échéant j'arrêterai le temps afin qu'il attende ma décision.
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