La première enquête de Poirot et encore une personne acariâtre qui va clamser.
En plus, elle a fait une mésalliance en épousant un homme plus jeune qu'elle, ce qui, à l'époque, était assez mal vu (une Cougar avant l'heure ??).
Surtout que c'est madame qui a le pognon... et elle est tout aussi casse-pied, la vioque !
Avantage, la reine du crime zigouille les gens qui le méritent...
Je vous parlais, dans ma précédente critique ("Le Noël d'HP" - non, pas Harry Potter ! Hercule Poirot ! Ah, c'est malin, ça) du coupable qui a l'air tellement coupable qu'on l'élimine direct de la liste... trop suspect pour l'être vraiment. C'est le règle numéro 1.
Ce qui veut dire que les coupables sont souvent les gens que l'on soupçonne le moins ou qu'on élimine directement (le narrateur, le policier, tout le monde coupable, Poirot, le mec à l'hosto...). Règle numéro 2.
Dans "
La Mystérieuse Affaire de Styles", la deuxième règle est bien respectée, mais pas la première.
Notre auteur connaissait les règles du roman policier sur le bout de ses dix doigts, au point d'éprouver, parfois, l'envie folle de ne pas les respecter.
Agatha Christie n'est pas une imbécile, elle sait que les suspects trop évidents ne font pas des coupables plausibles et seront éliminés directement par le lecteur.
Et elle savait que nous savions qu'elle savait que nous savions...
Alors, comment biaiser le pauvre lecteur que nous sommes ? En prenant la règle à l'envers, pardi !
Et de nous baiser royalement en faisant en sorte que le plus coupable, celui que nous éliminerons d'office, soit le véritable coupable. Pan dans tes dents, misérable lecteur qui pensait tout savoir.
Et je suis tombée dans le panneau, éliminant un suspect, parce que trop suspect...
Mais, qui dit qu'il n'est pas coupable, tout compte fait, ce suspect trop suspect ?
Puisque l'auteur sait que nous éliminerons le plus coupable, avant de penser que "puisqu'elle sait que nous le savons ça veut dire que le plus coupable que nous éliminerons sera le vrai coupable !".
Oui, mais... sachant cela, la reine pourrait nous baiser une fois de plus avec le suspect tellement suspect qu'après l'avoir éliminé, réintégré, re-éliminé, il serait bien le coupable, ou l'innocent. Dément, non, les règles du roman policier ? Agatha savait nous mener en bateau.
*rires* N'est-ce pas moi qui vous mène en bateau dans ma critique de dingue ??
Non, oui, non, oui ?
Le roman d'Agatha m'a bien fait tourner en bourrique. Réussi !!
Agatha nous remanie sa Règle : X est innocent, parce qu'elle met énormément d'énergie à le discréditer, alors que, si on prend la seconde règle, X ne pouvait pas être innocent.
Crois-moi, lecteur, lis le livre, fou les règles à la porte et arrache-toi les cheveux, comme moi, il y a des années !!
Bon, une aspirine, vite ! Critique de malade.