Miss Marple est une vieille demoiselle, j'aurai presque tendance à l'oublier tant ses talents d'enquêtrice sont hors-pairs. Âgée, elle est soumise aux maux de l'âge, à la maladie. Après avoir réchappé à une mauvaise pneumonie, elle vit sa convalescence aux Antilles, grâce à la générosité et à la prévenance de son neveu.
S'il avait su, il s'en serait mordu les doigts.
Parce que je me fais une autre idée de la convalescence - et Raymond West aussi sans doute - que d'enquêter sur une série de meurtres aux modes opératoires variés et de tenter d'en empêcher un.
Petite précision : si Miss Marple n'avait pas été là, le meurtrier n'aurait jamais été inquiété, puisque c'est elle qui, en relevant quelques petites incohérences, va mettre la puce à l'oreille des enquêteurs. De plus, elle va trouver un associé contre le crime à sa hauteur, Mr Rafiel. Ce vieil homme richissime (il entretient d'ailleurs sa fortune de son lieu de villégiature) est remarquablement intelligent et suffisamment autoritaire pour guider les enquêteurs officiels sans que ceux-ci s'en offusquent. Il est "un individu qu'on ne risque pas d'oublier". Miss Marple n'est pas en terrain connu, aucun de ses alliés habituels (sir Henry Clithering par exemple) n'est là pour lui prêter une oreille attentive.
Les suspects ? Ils permettent à
Agatha Christie de dresser le portrait de la bonne société anglaise. Ils donnent, avec leurs compagnes respectives, une image parfaite du bonheur et de la sérennité. Une image seulement, car cette belle apparence dissimule des drames intimes qui se révèlent peu à peu. Si certains ont perdu la vie au cours de cette enquête, d'autres perdront leurs illusions.
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