> Claude Bonnafont (Traducteur)

ISBN : 2867461928
Éditeur : Liana Lévi


Note moyenne : 4.4/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres

En 1936, dans le sud de l'Allemagne, Eva mène une dure existence dans la ferme familiale. Un jour, elle découvre un jeune étudiant caché dans son poulailler. Quel danger court-il ? Avec son solide bon sens, Eva pose les vraies questions qui l'amèneront à se me... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 22 janvier 2011

    nadejda
    «J'appartiens à une longue lignée de paysans. Et de femmes de paysans. Sur les sacs de maïs pour le bétail, on peut voir l'image d'une femme qui représente exactement les agricultrices telles que je les ai toujours vues -- les yeux baissés».
    Avec cette première phrase, on sait dès le prime abord quelle est la situation d'Eva mariée à Hans avec lequel elle participe à l'exploitation d'une petite ferme dans le sud-ouest de l'Allemagne proche de la Forêt Noire. Ni Eva, ni Hans ne se posent de questions. Les travaux de la ferme qui se succèdent et ne peuvent attendre ne leur en laissent pas le loisir. Ils vivent au rythme des saisons, élèvent leur deux enfants.
    «De notre vie commune, je dirais qu'elle est occupée. le temps manque pour penser aux sentiments, à supposer qu'il y en ait. Mon mari et moi vivons selon les traditions d'une race de cultivateurs qui n'en connaît pas d'autres. Chaque jour reproduit le jour précédent, et ça ne varie que selon les saisons. On trouve un certain réconfort à répéter les travaux quotidiens.»

    Mais les événements extérieurs dont Eva ne soupçonne pas l'existence vont faire irruption dans sa vie par l'intermédiaire de Nathanaël, un étudiant juif, qui a fui le camp dans lequel il avait été interné et qu'elle découvre réfugié dans le poulailler dont elle est seule à s'occuper.
    Nous sommes en 1936, les nazis sont au pouvoir, Hans va être mobilisé et les deux enfants vont rejoindre les Hitler Jugend.
    Et Eva va accueillir Nathanaël, naturellement, sans se poser de questions. Ce sera son secret qu'elle préservera.
    «Je ne pourrais pas préciser pourquoi mais cela me plaisait d'avoir un secret bien à moi, comme si, grâce à cette affaire privée, j'étais en contact avec ce qui se passait ailleurs. C'était accueillir et faire mien un monde dont je ne savais rien,...» 

    Et toute les difficultés qu'elle rencontrera seront à chaque fois acceptées simplement par cette femme qui se découvre au fur et à mesure des évènements. Elle ne sera plus la femme aux yeux baissés. Elle sera pleinement femme, va diriger sa vie, aimer et sauver celle des autres avec un courage et une perspicacité étonnante.
    Le ton de ce livre est calme, simple correspondant au caractère d'Eva, à sa voix. Les souffrances, les contraintes de plus en plus grandes imposées par la mise en place progressive du nazisme sont rapportées mais il semble que la force d'Eva garde à l'abri, qu'il ne peut rien arriver de terrible tant qu'elle est là.
    La belle figure de femme qu'est cette coquetière ne se laissera pas oublier.
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 02 mars 2011

    litolff
    Un magnifique petit livre qui célèbre le courage et le libre-arbitre, une éducation sentimentale et politique...
    1936 en Allemagne. Eva, encore une jeune femme, mène une vie de rude labeur dans sa ferme où elle vit avec son mari qui se prépare à partir à l'armée. Un matin, Eva découvre dans son poulailler un jeune homme amaigri et apeuré. D'instinct, sans un mot, elle décide de le cacher et le nourrit des restes de la famille à l'insu de tous. Son mari parti, elle se démènera seule avec ses poules pondeuses pour se constituer un revenu de survie pour elle et ses enfants.
    La présence insolite et improbable de ce jeune homme, étudiant juif évadé d'un camps de d'internement, va ébranler sa vie et sa vision du monde.
    Eva qui n'a connu que le travail, l'isolement et la dureté de la vie paysanne, va découvrir le nazisme et être confrontée à ses dangers.
    Au fil du récit, elle s'ouvrira progressivement au monde et à elle-même ; elle luttera avec courage contre la lâcheté, les préjugés et l'aveuglement d'une nation qui est la sienne mais dans laquelle elle ne se reconnaît pas. Elle découvrira la tendresse, l'amour avec cet étranger, tandis que ses enfants se laisseront embrigader par les jeunesses hitlériennes.
    Une histoire simple et très forte.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra, le 08 février 2012

    quiliravivra
    Un livre-bijou . Une belle écriture condensée, qui va à l'essentiel.
    Et cet essentiel c'est le portrait d'une femme amoureuse,et pas n'importe laquelle, une fermière allemande et plus précisément une coquetière (vous connaissiez ? vous apprendrez et apprécierez en tous cas !).
    Cette femme qui n'a jamais eu le loisir de voir plus loin que le bout de sa ferme va se trouver confrontée à 2 réalités fulgurantes et antinomiques : la passion amoureuse pour un jeune homme juif réfugié (dans le poulailler ...c'est pas commun !!) et la montée du nazisme .
    Le roman est en ceci passionnant qu'il laisse La Coquetière nous conter à sa manière son histoire d'amour : au départ avec beaucoup de candeur puis petit à petit,au fil de l'évolution des événements historiques, avec beaucoup plus de réalisme et de réflexion, mais en tous cas toujours avec sensualité et fraicheur.
    J'ai beaucoup aimé.

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    • Livres 4.00/5
    Par summerday, le 11 mai 2011

    summerday
    Allemagne, frontière près de la Forêt noire, 1936. Eva est une femme mariée et mère de deux adolescents. La famille possède une ferme qui leur permet de vivre décemment et que les époux font tourner malgré les nouvelles directives du gouvernement. Eva est une femme simple, sans éducation, qui ne se mêle pas vraiment aux autres villageois et s'importe peu de l'embrigadement de ses enfants dans les jeunesses hitlériennes. Seul ses poules et la ferme l'intéressent puisque sa vie de femme est depuis longtemps délaissée.
    Son mari Hans, qu'elle a épousé très jeune, est envoyé sur le front et elle est désormais seule pour tout prendre en charge. Un jour elle découvre un jeune homme dans son poulailler. Maigre, sale, il explique s'être évadé d'un camp. Sans vraiment savoir pourquoi, Eva décide de le protéger.
    Nathanael était un étudiant à l'université, emprisonné pour avoir refusé de quitter ses études alors qu'il était juif. Eva n'est jamais sortie du village, elle ne sait pas ce que l'on fait aux juifs, elle ne comprend pas non plus ce qu'on leur reproche et c'est même la première fois qu'elle en rencontre un. D'instinct elle sait qu'elle doit le cacher et ne pas même en parler à ses enfants, qu'elle redoute sans les haïr cependant.
    Alors que l'Allemagne se meut et met en place ses lois d'aryanisation, Eva vit d'abord ces événements comme quelque chose de lointain, subissant seulement les demandes du ministère de l'agriculture et écoutant quelques nouvelles au village. Alors qu'elle s'exténue au travail afin que ses poules pondent et puissent faire vivre sa famille, elle prend lentement conscience des changements que son pays expérimente.
    La Coquetière est un roman très simple, parfois aussi âpre que son héroïne, surtout lorsqu'il dépeint le quotidien de la ferme, mais déroutant lorsqu'il évoque le courage de cette paysanne qui tombe amoureuse et fait preuve d'empathie sans jamais questionner ses choix. Celle qui passe pour un être austère et anodin va apprendre à ruser et à détourner des lois qu'elle n'avait jusque là jamais remises en cause. Son sacrifice final est de ceux qui vous serrent le coeur, et je ne parle même pas de la dernière ligne, deux mots qui vous donnent des frissons!
    La grande force du récit est son économie. le livre s'arrête au bon moment et nous laisse la possibilité d'un dénouement heureux ou non.
    Ce très beau roman évoque autant la conscientisation d'une personne que sa quête de plaisir et d'émancipation. C'est une fiction qui dénonce l'aveuglement et les préjugés, à conseiller donc.
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    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 01 janvier 2011

    moustafette
    Eva a seize ans lorsqu'elle épouse Hans après la Grande Guerre, et qu'ils s'installent dans une modeste ferme du sud de l'Allemagne.
    Hans s'occupe du bétail et des quelques acres de champs qu'ils possèdent, avant de rejoindre l'atelier où il travaille comme tailleur de pierres. Eva s'occupe du potager, du poulailler, de la maison et de ses deux enfants.
    On est en 1936. La machine de guerre est déjà en route, et Hans est mobilisé. Il intègre l'armée en laissant consignes et recommandations, afin que femme et enfants s'en sortent pour le mieux face à un contexte économique qu'il pressent difficile.
    La vie s'organise sans Hans et sans l'aide des enfants qui, adolescents, se donnent corps et âme au mouvement Hitler Jugend auquel il est mal vu de ne pas adhérer. Eva se retrouve donc seule à la tête de la ferme et décide de développer son commerce des oeufs, en allant faire les marchés plusieurs fois par semaine. C'est dans son poulailler qu'elle découvre Nathanaël, étudiant juif expulsé de l'université, et évadé du camp de Mauernich.
    Il y restera près de deux ans. Et participera à la prise de conscience d'Eva, face au désastre qui se prépare.
    Inutile de dire que j'ai énormément apprécié le portrait de cette femme simple et pleine d'humanité. On ne s'ennuie pas un instant en sa compagnie.
    Puisse le récit de sa lente transformation, qui va de la naîveté à l'engagement en passant par la découverte de la sensualité, vous émouvoir autant que moi !


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/08/19/index.html
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 02 mars 2011

    Plus tard, j'allais apprendre avec quelle plénitude j'avais reçu, au moment où je le découvris, le pouvoir de protéger cet étranger. Pas une fois je ne me suis demandé s'il valait la peine d'être protégé. Jamais il ne m'apparut comme un danger potentiel pour moi ou pour mes enfants. C'était uniquement sa présence, remise en mon pouvoir, qu'il fallait sans nul doute défendre.
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  • Par litolff, le 02 mars 2011

    Je ne pourrais pas préciser pourquoi mais cela me plaisait d'avoir un secret bien à moi, comme si, grâce à cette affaire privée, j'étais en contact avec ce qui se passait ailleurs. C'était accueillir et faire mien un monde dont je ne savais rien,...
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par litolff, le 02 mars 2011

    J'étais une femme ployée sur son travail et sur sa vie, qui ne s'apitoyait jamais sur elle-même. Qui ne rêvait pas d'avoir davantage, ni de connaître un sort différent. Cette femme était étrangère à elle-même autant qu'à son entourage. Elle travaillait, elle dormait ; tout s'arrêtait là.
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  • Par litolff, le 02 mars 2011

    Son visage mon dit qu'elle connaissait la nature de mon désespoir, qu'elle le savait sans remède ; elle savait aussi qu'être vivant, c'est désespérer.
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