ISBN : 2718607424
Éditeur : Galilée (2007)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Frontispice et culispice de Pierre Alechinsky


PRÉSENTATION
« Hier j’ai dit que j’irais peut-être à Alger. Avec une voix distraite, sans couleur : J’irai peut-être à Alger. Je ne peux même pas affirmer l’avoir dit moi-même. C’est plutôt l’au... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par ster, le 12 juin 2011

    Le monde est plein de ces dames à hostilité. Elles savent que je ne suis pas une maladie mais elles font comme si elles pouvaient m'attraper. Il y en a toujours une qui dit : Cixous c'est quoi comme pays? Je réponds : c'est allemand. Quand j'étais jeune je disais naïvement : c'est juifkabyle. Maintenant je leur demande pourquoi on ne s'arrête pas à Paris. Une des femmes s'écarte et pince fortement des lèvres. Une des femmes me répond finalement, avec réticence. Elle est dans l'eau qui est la mer elle-même infinie, dans laquelle nagent des chats et des chiens grands comme des dés à coudre. Elle me dit la vérité. On ne sait pas si on va arriver. Quoi ?! Elle me dit : vous entendez ? J'entends : la coque de la Ville craque. C'est une question d'heures. J'en suis stupéfaite. On va couler ? Tout à l'heure. Amère je me dis que si je n'avais pas franchi la première ligne du front je n'aurais même pas su que nous allions à la fin du monde, ces dames m'auraient pris ma mort. Que faire ? Le bateau est en discussion m'apprend la dame. Litige avec le gouvernement américain. On pourrait venir nous secourir en hélicoptère. C'est loin cette mer et on perd du temps avec des gouvernements. Les informés ont pris un avocat. Mais j'ai des amis dis-je. J'ai un ami avocat. Nous sommes sur le même bateau quand même. Cette idée les fait rire. Je me sens deux fois impuissante, de la situation et de l'hostilité. La pincée me fait une gueule terrible. Évidemment elle me hait encore plus d'avoir été privée d'une petite satisfaction friande : moi, si elle avait réussi, j'aurais coulé tout autrement. Alors je tente une sortie : " ce n'est pas le moment d'avoir des antipathies", dis-je. Quand il y a guerre, par principe je ne lâche pas, je vais jusqu'au bout vers la paix. Surtout si c'est encore une fois la fin du monde. Quand il n'y a plus rien à faire, il n'y a plus de terre, il y a la mer, il n'y a plus de mer, il y a le naufrage, moi je cherche un dé de raison dans l'océan. "Quelle est la cause?" dis-je. C'est à la pire que je m'adresse. Elle pincée dit : "Les croissants." "Les croissants !?" Voilà une réponse. Il y a donc une cause. Il y a deux minutes j'avais l'espérance de confondre l'injustice. Là j'étais mat. Fin. Coupable. Une culpabilité interloquée m'a saisie. Comment rejeter une accusation si extraordinaire. Si inattendue. Si précise. Il y a des croissants contre moi. Je reste interdite. Je n'ose pas nier. Prenais-je trop de croissants ? La semaine dernière ? Dans le passé ?
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  • Par ster, le 12 juin 2011

    Je connais un poète qui est mort dans l'escalier, le jour où il partait dans un pays où il n'était plus plus jamais revenu. Tous ces pays dont on ne revient pas où on ne revient pas où on va revenir où on revient tellement en pensée qu'il est difficile de faire la différence entre aller, ne pas aller, et aller ne pas aller, on passe des années dans la lumière lunaire de l'aéroport. On y est attaché par le pacte le plus antique et le bien moins connu, le pacte d'être un né ou un mort de ce pays. Il n'y a pas d'explication. Il y a un cordon ombilical. C'est une ombre de cordon, un cordon immatériel dont on sent l'effet planté dans le cervelet. Nous sommes des conséquences. Il y a les cellules, dit mon aimé. Moi, je songe à aller à Alger depuis une dizaine d'années. Par précaution j'utilise le verbe " aller". Mes cellules ne suivent pas. Elles font comme si je disais : "retourner". J'attends.
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Un extrait de la pièce d'Hélène Cixous "L'histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge", traduit en langue khmère et joué par des acteurs cambodgiens.








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