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ISBN : 2843352061
Éditeur : Verticales-Phase deux (2004)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Elle s'appelle Méduse. Sa chevelure est un nid de serpents et, bien sûr, son regard tue. Ses amants pétrifiés s'entassent dans le jardin. Ça ne peut pas durer. Elle part, direction la côte normande, en quête d'une proie dign... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 19 mars 2013

    Charybde2
    Guerre et séduction entre une moderne Méduse et un ghost-sniper désenchanté...
    Ce court roman de 2004 est sans doute l'un des plus expérimentaux et des plus attachants de Claro. Deux protagonistes, un sniper méthodique quoique légèrement psychotique, et une Méduse moderne à la chevelure serpentine et au regard stupéfiant, s'ignorent, se courtisent et s'affrontent autour d'un bunker abandonné d'une plage normande...
    "Ainsi vivait Méduse : chaque matin, avant de se brosser les cheveux, elle prenait soin de nourrir les mille neuf cent vingt-huit serpents qui frétillaient sur son crâne. Elle les appelait par leur nom - Thorium, Argon, Rubidium, Strontium, Cadmium, Titane, Hélium,... -, leur prodiguant quelques paroles flatteuses puis, à tâtons, glissait une mouche morte dans chacune de leurs gueules. La digestion était immédiate. Quand leurs sifflements bilingues n'évoquaient plus qu'une inoffensive fuite de gaz, elle pouvait alors tenter d'ordonner la faune qu'était sa tignasse - enfant, Méduse enfouissait son visage dans des fourmilières et comptait jusqu'à cent, lèvres serrées, yeux clos, et de cette apnée monstrueuse elle tirait un semblant de jouissance."
    "Après avoir fait le tri dans ses souvenirs, le ghost-sniper les effaça presque tous et en arriva à la conclusion suivante : Nos mères ont cessé d'être nos mères, nos pères ont cessé d'être leurs époux, les fils ont renié leurs sœurs, les sœurs ont oublié les frères, il ne reste plus entre nous qu'un vague cousinage, cessons de nous voir, arrêtons de nous parler, et promettons de ne pas nous reconnaître si d'aventure il advenait que la société nous brasse et nous redistribue dans la même main - sinon, coupons cette main."
    Bonheur des mots, fulgurance des concepts jetés selon une orchestration minutieuse, alternance des registres de langage (les énoncés scientifiques sur l'animal méduse sont d'une troublante beauté...),... du Claro typique pour 150 pages d'abîmes.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 23 avril 2011

    Juste cette phrase : "La vie va se faire, les événements se dérouler, les conflits spirituels se résoudre, et je n'y participerai pas. Je n'ai rien à apprendre ni du côté physique ni du côté moral. Pour moi c'est la douleur perpétuelle et l'ombre, la nuit de l'âme." - mais déjà la voilà morte, cette phrase, ses ailes épinglées au bois de la langue, nous ne savons qu'en faire, car elle ne nous es pas destinée, à moins que ce soit nous qui soyons morts et épinglés, et que cette phrase soit la seule à rêver du fond de sa chrysalide. Citée à comparaître, elle se dissout. Comme nous. Comme celui qui la dit.
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  • Par brigetoun, le 23 avril 2011

    Les méduses rêvent de cubes. Elles ne rêvent que de cubes - des cubes minuscules mais rigoureusement cubiques, des cubes gigantesques dont les arêtes sans cesse s'étirent, des cubes hostiles à l'idée d'évanescence. On pourrait presque dire que le cube dont rêvent les méduses est d'ordre divin.

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  • Par brigetoun, le 23 avril 2011

    Au moment de jouir, Vincent (ou Simon, Jean-Luc...) avait vu Méduse ôter ses lunettes, avait vu, au fond de ses yeux, cette chose rare qu'il est délicat de décrire, non parce que sa description excède l'imagination (cela va de soi, et y retourne aussitôt) mais parce que d'autres effrois nous appellent, à notre insu, comme c'est peut-être le cas du lecteur qui, lisant ces lignes, a encore, imprimées sur ses rétines, des visions parasites qui à la fois l'agacent et le distraient.
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  • Par brigetoun, le 23 avril 2011

    Un couple sort de l'Auberge du Débarquement en se tenant la main. Chaque doigt pense différemment, seuls les pouls qui battent dans leurs poignets savent ce qu'ils veulent : en finir. La balade est muette, la lune est pleine. La mer s'agite, livrée à son éternelle vaisselle. Le sable est dur, bien trop dur. Ils dérivent.

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