ISBN : 2070119955
Éditeur : Verticales-Phase deux (2008)


Note moyenne : 3.27/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
C'est l'histoire d'un fou d'amour qui défait le monde comme d'autres le font : furieusement. A l'insu de Flaubert, certes, mais du fond de son gueuloir. Encore sous le choc de sa rupture avec une certaine Estée, le narrateur s'abandonne corps et âme à la lecture. Il jet... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 14 novembre 2011

    brigetoun
    Un homme et sa passion déchirée, l'évasion dans la lecture, entrer dans « Madame Bovary, y entrer vraiment, la contaminer, être un membre, un chapeau, un virus, un ersatz d'Homais, re-écrire, rencontrer les personnages, et y mettre sa douleur, l'Estée en-allée, les bruits et chocs de la société actuelle.
    Mélanger les temporalités, mais finalement respecter peu ou prou l'avancée du roman qui résiste à ce traitement, les scènes prises comme base aux échapées-apropriations de Madman Claro se succédant en gros dans l'ordre originel, avec le retour obsessionnel au début, l'arrivée de Charles Bovary dans la classe. Résiste le roman, malgré ce qui est fait de Charles, qui prend un relief inattendu et un peu inquiétant, qu'on découvre en punk, drogué etc... à Emma-Estée qui est traitée avec un brutal mépris, et une entêtée tendresse ou attirance.
    Et dans ces transformations incessantes chercher l'oubli d'Estée, et surtout se chercher soi et son équilibre perdu, quitte à se voir en SDF tabassé, ou voir avec empathie grande le dit SDF.
    Et puis il y a l'auteur, qui dit je mais ne l'ai pas, qui est le regard sur le je et sur le livre, et sur la transformation du livre, qui, par incises, parle de l'écriture de Madame Bovary, sa nouveauté, son faux-naturalisme et sa folie, la franchise brutale de Flaubert, sa sensualité, et donne une esquisse de théorie sur l'écriture contemporaine. Et la voix de l'auteur, de Claro donc, son style, sa façon de faire s'entrechoquer les mots, de jouer de toutes les techniques qui servent son texte, ce délire, pastiche, cut-up, paragraphes lyriques, etc... sans que jamais la tension retombe, avec une construction ferme et invisible, qui nous malmène, nous emporte comme il manipule son matériau. À l'arrivée, entre autres, un beau livre sur la passion.
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Zazette97
    Paru en 2008, "Madman Bovary" est un roman de l'écrivain français Christophe Claro, également auteur d'"Eloge de la vache folle", "Bunker anatomie" ou plus récemment de "Cosmoz".
    Comme je l'ai signalé il y a quelques jours, j'avais prévu de clôturer mon "cycle Bovary" par la lecture de "Madman Bovary".
    Hélas, dès les premières pages, j'ai rapidement senti que ce roman n'était pas du tout fait pour moi.
    Pourtant l'idée de départ de ce détournement littéraire avait tout pour me tenter : l'histoire d'un homme qui, suite à sa rupture avec une certaine Estée, décide de se replonger dans une énième lecture de "Madame bovary", avec l'espoir de se guérir de son chagrin d'amour.
    Une belle illustration du pouvoir de la lecture et des résonances que peuvent avoir certaines oeuvres dans nos vies, me disais-je.
    Etant fraîchement sortie du roman de Flaubert, je m'attendais à retrouver certaines de mes impressions de lectrice.
    Or rien ne s'est passé avec ce roman. Si j'ai bien compris que l'intention du narrateur était de se glisser dans les moindres recoins de "Madame bovary", allant jusqu'à se substituer au chapeau de Charles, à la jambe fracturée du père Rouault ou à la cravache d'Emma, je suis restée complètement hermétique au "trip" de l'auteur.
    J'ai buté sur chaque mot - incapable de suivre le fil de cette écriture vertigineuse - pour finalement jeter l'éponge page 74.
    Il serait difficile et quelque part injuste de ma part de vous dissuader d'une lecture que je n'ai à l'évidence pas comprise ( et abandonnée de surcroît) ...
    En revanche, je vous encourage vivement à feuilleter ce roman en librairie afin d'évaluer si son style particulier est en mesure de vous plaire...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/madman-bovary-claro.html
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Enrica Sartori pour le Magazine Littéraire

    Un homme cherche son salut dans le roman de Flaubert. Une femme l’a quitté. Désespéré, il retourne vivre sous les draps avec le livre. «Les pages sont si lisses que mes doi... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par NadinePestourie, le 01 avril 2010

    C’est décidé, je serai pharmacien. C’est un métier plein de bocaux et d’entrain. Je vais faire commerce de panacées, de placebos, et ne plus jamais pleurer. Bientôt, en ces murs mêmes, sur ces étagères et dans ces tiroirs qui n’auront pas le toupet de grincer, dans la réserve et sous le comptoir, j’aurai, à ma disposition d’abord puis à celle de ma clientèle : drogues douces, baumes, vulnéraires, stimulants, vaccins (anti-tout), curatifs, toniques (sur ordonnance uniquement), révulsifs (j’adore !), vermifuges, fébrifuges, antidotes, suppositoires, antigoutteux. Mais encore, puisqu’il faut bien que les armées soient nombreuses si l’on veut que les pertes le soient moins : coton, cataplasmes, huile, cérat, lancettes, lotions, dragées, canules, ouate, ventouses, gaze, liniment, collyres, mixtures, spatules, attelles, mortier, bandelettes, vésicatoires, infusions, cachets, essences, cataplasmes, charpie, cautères, plastrons, pinces, bistouris, sétons, sondes, clysopompes, vaporisateurs, digesteurs, urinaux, teintures, anti-cors, morphine, phénol, digitaline, codéine, chloral, guimauve, magnésie, gants de crin, peaux de chat, solutés, robs, opiats, juleps, bismuth, aloès, dentifrice, sulfate de quinine et si ça ne suffit pas je réciterai à l’envers toute l’encyclopédie médicale, mettrai en vers le serment d’Hippocrate, ferai des animations à thème, mais bon sang je compte bien remédier à tous leurs maux merdiques et les renvoyer chez eux les bras chargés d’espoir moderne. (Je sens que je me fossoie.)
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2011

    .. mes copains partenaires malgré vous de la plis grande entreprise du siècle, celle-la même qui nous verra conquérir les faubourgs de Venus et rouler dans la farine de la Banque mondiale les plus petits prétendants à la libre circulation de l'emprunt, zélés sociétaires et prétendus zigs, drilles, concubins, oui, vous, frères humains qui êtes venus si nombreux et ma foi plutôt résolus ici pour écouter le sermon funèbre qu'un coq comme Homais mérite, je ne vais pas vous rappeler, même de façon prétéritive, ce que fut pour moi et possiblement pour vous cette roulure aujourd'hui cadenassée dans du polystyrène que nous sommes venus, sinon adorer, du moins déflorer de nos pensées-putes.
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Le fait est que depuis quelques pages - faute de m'échapper enfin de ces flammes bovaryennes qui peinent à me réchauffer - je me découvre un talent nouveau, ou ancien, peu importe, car c'est un chouette talent : celui d'entrer dans le corps d'Emma et d'en sortir, à ma guise, afin d'y pondre des pensées que mon sperme spectral viendra féconder, ou d'y faire des vagues, en surfeur aveugle mais adroit, musclé, chic, c'est facile, le corps d'Emma n'est pas aussi étriqué qu'il y paraît, même s'il est vide et vain.
    Il a en outre l'avantage de ne comporter ni proviseur ni pupitre ni casquette ni ridiculus sum.
    Certes, j'y croise des vestiges de ses navrantes lectures, des crottes de Paul, des ongles de Virginie, des charbons laissées par une maisonnette en bambou, ainsi que le cri muet du nègre Domingo ou la queue pleine d'allégresse du chien fidèle mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que les clochers ou qui court pieds nus sur le sable - mais ce n'est rien, vraiment, en comparaison de la bande-son qui y braille.
    Oui, le corps d'Emma est une discothèque de province, c'est le Louxor, le Tremplin, le Wake Up ou le Pim's, bref, un de ces night-clubs où il fait bon s'ébattre et suer sans pour autant recommencer les guerres du Péloponnèse. p.45
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2011

    Quand j'étais petit, l'expression « sauter les descriptions » m'insupportait déjà, me croyait-on voué à un parcours hippique, attention aux haies, plus haut, plus haut, ici une barre, blanche et rouge comme un dégueulis dentifrice figé horizontalement à un mètre vingt de sol, allez, élan, «élan, on saute ! Alors que justement les descriptions, qu'elles fussent de corridors ne menant qu'à la désorientation de soi ou d'étangs grouillant d'une faune abjecte, permettaient cette dissolution qu'interdisait la bruyante partie de flipper des dialogues.
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  • Par brigetoun, le 14 novembre 2011

    Quand j'étais petit, l'expression « sauter les descriptions » m'insupportait déjà, me croyait-on voué à un parcours hippique, attention aux haies, plus haut, plus haut, ici une barre, blanche et rouge comme un dégueulis dentifrice figé horizontalement à un mètre vingt de sol, allez, élan, «élan, on saute ! Alors que justement les descriptions, qu'elles fussent de corridors ne menant qu'à la désorientation de soi ou d'étangs grouillant d'une faune abjecte, permettaient cette dissolution qu'interdisait la bruyante partie de flipper des dialogues.
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