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ISBN : 2070367746
Éditeur : Gallimard (2000)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Dona Prouhèze : Qu'ai-je voulu que te donner la joie ! Ne rien garder ! Etre entièrement cette suavité ! Cesser d'être moi-même pour que tu aies tout ! Là où il y a le plus de joie, comment croire que je suis absente ? Là où il y a le plus de joie, c'est là qu'il y a le plus Prouhèze ! Je veux être avec toi dans le principe ! Je veux épouser ta cause ! Je veux apprendre avec Dieu à ne rien réserver, à être cette chose toute bonne et toute donnée qui ne réserve rien ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
myker
myker01 décembre 2012
  • Livres 5.00/5
Polyphonie et drame intime : quand le silence est chargé de sons.
Cette pièce est un formidable opéra tout en mouvement, couleurs et sensations, sur lequel l'angoisse et la souffrance de la séparation n'apparaissent qu'en ombre portée, dans des dialogues d'un lyrisme et d'une beauté inégalables. Par ces voix tissées d'où s'élève un chant fiévreux vers le créateur, c'est l'univers entier, dans toute sa diversité, qui est invoqué tout au long de ces quatre journées comme autant de moments et d'aspects de la vie, pour tourner autour de cette histoire très personnelle, qui est également un long apprentissage du silence et de l'acceptation. Une grande oeuvre.
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stcyr04
stcyr0425 août 2012
  • Livres 4.00/5
Le Soulier de Satin est une pièce de théâtre remarquable, réputée injouable – pensez, 500 pages en collection Folio et plus de 11 heures pour une exécution “complète”! Mise en scène difficile en raison de sa longueur donc, mais aussi de par la multiplicité, la variété et l'incongruité des personnages, et enfin par les indications scéniques parfois fort déroutantes voire farfelues. Foin des sacro-saintes règles du théâtre, des unités de temps et de lieu!
Résumons. L'action se passe a cheval entre le XVIème et le XVIIème siècle au temps de l'Invincible Armada et des conquistadores. le thème principal et l'amour impossible et contrarié entre Dona Prouhèze et le capitaine Don Rodrigue et pour localiser l'intrigue nous reprendrons les parole de Paul Claudel : « La scène de ce drame est le monde ».
Cette pièce m'est apparu mémorable de par l'originalité et l'audace dans sa conception, par sa relative complexité et son humour diffus et par le souffle poétique qui transparait dans ses pages.
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Henri-l-oiseleur
Henri-l-oiseleur19 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Je n'ai eu aucun mal à lire "Le soulier de satin" : il m'a suffi d'aller le voir au théâtre dans la mise en scène d'Olivier Py, et après onze heures de représentation, une bonne nuit de sommeil et le retour chez soi, dans ma province, j'ai ouvert le livre et une semaine durant, j'ai revu la pièce page à page dans mon esprit, comme je lisais les mots et les versets de Claudel. La poésie, qui réclame, dit-on, de la lenteur et de la rumination, s'harmonise parfaitement avec le jeu scénique qui exige du rythme et une certaine rapidité ; l'enchantement de la langue et du style est constant. Claudel, après tout, n'a fait que retrouver les habitudes de ces auteurs d'opéras baroques vénitiens, dont les représentations duraient une journée entière : il instaure dans sa pièce, ou plutôt il restaure, une relation autre entre le lecteur et l'oeuvre d'art.
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Aliceinwonderland
Aliceinwonderland27 août 2013
  • Livres 5.00/5
Une pièce de théâtre injouable mais tellement belle, c'est ce que l'on pourrait dire à première vue.
Quand j'étais au lycée, nous avons joué des extraits, c'est-à-dire la pièce en mode "jouable". J'avais le petit rôle de l'ange gardien machiavélique de Dona Prouhèze. Je me souviens que je me suis beaucoup amusée à en faire une marionnette et que dès que j'ai pu, j'ai lu la pièce en entier.
On se laisse très vite prendre par l'histoire et on comprends mieux au fil des scènes le second titre "le pire n'est pas toujours sûr". le destn qui s'abat sur les personnage est troublant et empreinte des idées religieuses de Paul Claudel.
Son écriture est très bel, les versets sont déstabilisants au début mais donne toute la tonaité poétique de l'oeuvre ainsi que son originalité.
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Sarah_DD
Sarah_DD02 juin 2008
  • Livres 3.00/5
C'est un univers en soi. Avant d'entamer la lecture: ouvrir le livre et lire au hasard. le ton est partout, constitutif de l'oeuvre, homogène. Je ne suis pas fan, mais le choix des mots ou le rythme des répliques vaut le détour.
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
chloe-nelsonchloe-nelson23 décembre 2014
Je n'épouserai personne ! C'est dans la prison de Londres que je me suis aperçue que j'avais une âme, une âme vivante et qui n'était pas faite pour vivre dans une prison.
J'ai juré que jamais plus je ne me laisserais mettre dans une prison.
J'ai juré que jamais je ne supporterais un gros corps d'homme entre le soleil et moi !
Je ne veux pas vivre dans la pâte !
Je veux quelqu'un qui m'aide et non qui m'engloutisse !
On vit, avec vous ! Je vis, avec vous, depuis deux jours ! vous ne me demandez rien, vous êtes comme la musique qui ne vous demande rien mais qui d'emblée, vous enlève et vous met d'accord avec elle.
Dès que vous êtes là, il y a de la musique, je me livre avec ardeur, confiance et mesure, comme entre les bras d'un puissant danseur, je sens que je fournis à votre esprit ce qu'il voulait ! Vous êtes là et aussitôt je suis forte et gaie, je me sens toute brillante et toute sonore !
C'est comme un coup de trompette qui vous nettoie, comme une fanfare guerrière qui ranime l'esprit abattu et le remplit de courage et de feu !
Et en même temps nous sommes libres tous les deux ! Je n'ai aucun droit sur vous et vous aucun sur moi. C'est charmant ! Nous sommes ensemble tant que durera la musique.
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stcyr04stcyr0423 août 2012
DONA PROUHEZE

Quel est donc cet appel irrésistible?

DON CAMILLE

Dites-moi que vous ne l’avez pas ressenti vous-même?
Les moucherons ne sont pas plus faits pour résister à cette extase de la lumière, quand elle pompe la nuit,
Que les cœurs humains à cet appel du feu capable de les consumer. L’appel de l’Afrique!
La terre ne serait point ce qu’elle est si elle n’avait ce carreau de feu sur le ventre, ce cancer rongeur, ce rayon qui lui dévore le foie, ce trépied attisé par le souffle des océans, cet antre fumant, ce fourneau où vient ce dégraisser l’ordure de toutes les respirations animales!
Nous ne sommes pas toutes choses entre nos quatre murs.
Vous avez beau tout fermer, vous avez beau vous arranger entre vous, vous ne pouvez pas exclure cette plus grande part de l’humanité dont vous avez convenu de vous passer et pour laquelle le Christ aussi cependant est mort.
Ce souffle sur vous qui fait frémir vos feuillages et battre vos jalousies, c’est l’Afrique qui l’appelle en proie à son éternel supplice!
D’autres explorent la mer, et moi, pourquoi ne m’enfoncerais-je pas aussi loin qu’il est possible d’aller, vers cette autre frontière de l’Espagne, le feu!

DONA PROUHEZE

Les capitaines que le Roi envoie vers ces Indes nouvelles ne travaillent pas pour eux, mais pour leur maître.

DON CAMILLE

Je n’ai pas besoin de penser tout le temps au Roi d’Espagne, n’est-il pas là partout où il y a un de ses sujets? Tant mieux pour lui que je pénètre où son nom ne peut passer.
Moi, ce n’est pas un monde nouveau qu’on m’a donné pour le pétrir à ma fantaisie,
C’est un livre vivant que j’ai à étudier et le commandement que je désire ne s’acquiert que part la science.
Un Alcoran dont les lignes sont faites de ce rang de palmiers là-bas, de ces villes nacrées sur le bord de l’horizon comme un titre,
Et les lettres, de ces foules dans l’ombre des rues étroites aux yeux de braise, de ces formes empaquetées qui ne peuvent sortir une main sans qu'elle devienne de l’or.
Comme les Hollandais vivent de la mer, ainsi ces peuples à la frontière même de l’humanité (non parce que la terre cesse mais parce que le feu commence) de l’exploitation de ces rives au delà du lac ardent.
C’est là que je me taillerai un domaine pour moi, une insolente petite place pour moi seul entre les deux mondes.
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stcyr04stcyr0424 août 2012
La joie d’un être est-elle pas dans sa perfection? et si notre perfection est d’être nous-mêmes, cette personne exactement que le destin nous a donnée à remplir,
D’où vient cette profonde exultation comme le prisonnier qui dans le mur entend la sape au travail qui le désagrège, quand le trait de la mort dans notre côté s’est enfoncé en vibrant?
Ainsi la vue de cet ange pour moi qui fut comme le trait de la mort! Ah! cela prend du temps de mourir et la vie la plus longue n’est pas de trop pour apprendre à correspondre à ce patient appel!
Une blessure à mon côté comme la flamme peu à peu qui tire toute l’huile de la lampe!
Et si la perfection de l’œil n’est pas dans sa propre géométrie mais dans la lumière qu’il voit et chaque objet qu’il montre
Et la perfection de la main non pas dans ses doigt mais dans l’ouvrage qu’elle génère,
Pourquoi aussi la perfection de notre être et de notre noyau substantiel serait-elle toujours associée à l’opacité et à la résistance,
Et non pas l’adoration et le désir et la préférence d’autre chose et de livrer sa lie pour de l’or et de céder son temps pour l’éternité et de présenter à la transparence et de se fendre enfin et de s’ouvrir enfin dans un état de dissolution ineffable?
De ce déliement, de cette délivrance mystique nous savons que nous sommes par nous-mêmes incapables et de là ce pouvoir sur nous de la femme pareil à celui de la Grâce.
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stcyr04stcyr0423 août 2012
Qu’importe le désordre, et la douleur d’aujourd’hui puisqu’elle est le commencement d’autre chose, puisque
Demain existe , puisque la vie continue, cette démolition avec nous des immenses réserves de la création,
Puisque la main de Dieu n’a pas cessé son mouvement qui écrit avec nous sur l’éternité en lignes courtes ou longues,
Jusqu’aux virgules, jusqu’au point le plus imperceptible,
Ce livre qui n’aura son sens que quand il sera fini.
C’est ainsi que par l’art du poète une image aux dernières lignes vient réveiller l’idée qui sommeillait aux premières, revivifier maintes figures à moitié faites qui attendaient l’appel.
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stcyr04stcyr0423 août 2012
Qu’est-ce que cette femme que vous aimez? Au dehors cette bouche peinte comme avec un pinceau, ces yeux plus beaux que s’ils étaient des boules de verre, ces membres exactement cousus et ajustés?
Mais au dedans c’est le chagrin des démons; le ver, le feu, le vampire attaché à notre substance! La matière de l’homme qui lui est entièrement soutirée et il ne reste plus qu’une forme brisée et détendue comme un corpuscule de cricri, horreur!
Ne suis-je pas dans la dépendance de Votre Seigneurie? que de fois ne l’ai-je suppliée de songer au salut de son âme et de la mienne?
Que seront dans cent ans ces cent livres de chair femelle auxquelles votre âme s’est amalgamée comme avec un crochet?
Un peu d’ordure et de poussière, des os!
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Vidéo de Paul Claudel
Émission « Les mémorables » consacrée à Paul Claudel, diffusée sur La Sept le 1er janvier 1991.
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
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