ISBN : 2234061253
Éditeur : Stock (2008)


Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Parle-moi d'amour, comédie sur le couple et les travers de notre société, sera jouée à partir d'octobre 2008 par Michel Leeb et Caroline Silhol à la Comédie des Champs-Élysées, à Paris, dans une mise en scène de Michel Fagadau.
C'est la première pièce de Philippe... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 09 avril 2012

    araucaria
    Une pièce en un acte alerte, très bien menée, très drôle et féroce qui retrace une dispute entre un homme et une femme mariés rentrant d'un diner professionnel. Une lecture très agréable. Encore un bon texte de Philippe Claudel.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 08 avril 2012

    araucaria
    Texte très drôle. Dialogue incisif et féroce entre les deux protagonistes de cette pièce en un acte. Un petit bijou. Encore une excellente oeuvre de Philippe Claudel.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 14 juin 2009

    FEMME : Menteur ! Tu fais tout pour flatter ton patron. Tes goûts, ce sont les siens, tu es incapable d’avoir une idée personnelle, une opinion, un désir ! Dupuis aime les vins de Bourgogne ? Il faut que chaque année on se tape une semaine entre Beaune et Mâcon, à aller de cave en cave et à discuter avec des vignerons dégénérés qui macèrent dans l’alcool depuis l’enfance ! Dupuis aime les havanes ? Tu t’inscris dans un club de havanes ! Dupuis aime la littérature russe ? Tu peines depuis deux ans à finir Crime et Châtiment ! Dupuis vote à droite aux présidentielles ? Tu votes à droite aux présidentielles ! Si Dupuis se faisait amputer d’une couille, tu te ferais amputer d’une couille aussitôt !

    HOMME : Ah, c’est élégant ! Très élégant ! Non mais je rêve ! Je rêve ! Tu t’entends ? Tu t’entends parler ? J’ai épousé une concierge ou quoi ?

    FEMME : Ça te gêne que je dise « couille » ? C’est cela qui te gêne ? Mais pourquoi tu aurais le privilège de la vulgarité ? Pourquoi serait-elle réservée aux hommes, à leurs virées arrosées, à leurs soirées entre copains ? Tu t’entends lorsque vous regardez vos matchs de foot à la télé avec Régis et Benoît ? L’arbitre est toujours un pédé, les types de l’autre équipe sont des emmanchés, des lopes, des fiottes, des gouines, des tapettes, des sous-merdes, des culs-de-jatte !

    HOMME : Tu n’y connais rien ! Ça fait partie du jeu ! Ça motive !

    FEMME : Eh bien moi, si j’ai envie de dire « couille », je dis « couille », comme je peux dire « bordel à cul » si je veux, ou encore « putain », « grosse bite », « connard », ou même « enculé ». Ça me motive ! Oui, « enculé » ! Le hurler même si je le veux, « ENCULÉ, ENCULÉ, ENCULÉ » !!!

    HOMME : Mais arrête, les Jauffrin vont t’entendre !

    FEMME : Mais je me fous des Jauffrin ! Je m’en contre-tamponne des Jauffrin ! En quoi l’avis des Jauffrin m’intéresse et m’importe ? Je les encule les Jauffrin ! Tu entends, JE LES ENCULE ! J’ENCULE LES JAUFFRIN !!!
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  • Par Morgouille, le 14 juin 2009

    HOMME : Ta mère ! Ta mère ! TA MÈRE ! Elle m’a toujours détesté ! Quand elle faisait encore des repas de famille, elle me servait en dernier, me donnait toujours les pires morceaux, l’air de dire : « Tiens mon garçon, casse-toi les dents sur ça, c’est du lapin mais tu vas en chier comme si c’était de la carne ! », et à côté de ça, elle traitait le mari de ta sœur comme un seigneur, ce gros bœuf de VRP nourri au « Menu étape » de tous les Campanile de France, qui, en deux coups de cuillère à pot entre le dessert et le café, réglait le conflit israélo-palestinien, enrayait la pandémie du sida, et faisait obtenir huit médailles d’or à la France aux jeux Olympiques !

    FEMME : Il a du cœur lui !

    HOMME : Ouais ! En général, c’est ce qu’on dit des gens qui sont cons comme des manches ! Le gendre préféré de ta mère ! TA MÈRE !!! Aaaaaaaaaaarghhh ! Je ne sais pas comment ton père a pu la supporter aussi longtemps !

    FEMME : Mon père est mort. On ne touche pas aux morts !

    HOMME : Il en est mort justement ! Elle l’a tué comme tu finiras par me tuer aussi ! Des meurtres sans punition ! Des putains de meurtres à petit feu ! On devrait vous pendre pour ça ! Vous pendre ! Vous électrocuter ! Vous napalmiser ! SALOPES ! Bande de salopes ! Ah non, repose ça immédiatement ! Je t’interdis ! Repose ce…

    La femme lance contre le sol l’objet qu’elle avait saisi quelques instants plus tôt, une sorte de bouclier en cristal qui se brise en faisant un bruit de tous les diables.

    HOMME : Mon trophée !

    FEMME : Putain que c’est bon…

    HOMME : Mon trophée ! Elle a bousillé mon trophée du Winner of the Year Ninety Four !

    FEMME : Oh que ça fait du bien !

    HOMME : La salope, l’odieuse salope !

    FEMME : Petit fonctionnaire !

    HOMME : Femme au foyer !

    FEMME : Bande mou !

    HOMME : Frigide !

    FEMME : Ordure !

    HOMME : Radasse !

    FEMME : Minable !

    HOMME : Pétasse !

    FEMME : Loser !
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  • Par araucaria, le 09 avril 2012

    Homme : AAAAAHHHHHHHHH!!!!!
    Il vient de lancer contre un mur le vase qu'il avait saisi depuis quelques instants. Le vase éclate en mille morceaux.

    Homme : Je t'avais prévenue§

    Femme : Mais il est fou! Il est devenu fou! Tu as vu ce que tu as fait? Tu as vu ce que tu viens de casser?

    Homme : Un vase!

    Femme : Non! Pas un vase! Mon vase! Le vase que ma mère m'a offert l'an passé, et qu'elle tenait elle-même de sa mère! Le symbole d'une histoire familiale, mon histoire!

    Homme : Mais c'était une vraie merde! Ca valait trois francs six sous! Tu penses bien que ta mère, radine, comme elle est, ça lui aurait arraché les tripes de te filer un objet de valeur!

    Femme : Je vais te tuer! Et puis laisse ma mère en dehors de tout ça, tu veux! De toute façon, elle me l'avait bien dit qu'en t'épousant je faisais la plus grosse connerie de ma vie, elle s'est simplement un peu trompée sur les dimensions, elle n'était pas grosse la connerie, elle était énorme! ENORME!
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  • Par Morgouille, le 14 juin 2009

    HOMME : Ne me parle plus jamais de ce connard de Skisistorn ! Plus jamais !

    FEMME : Je peux te parler de Desbocq si tu préfères !

    HOMME : Desbocq ? Qu’est-ce qu’elle vient foutre ici ? Desbocq n’a jamais fait l’ENA ?

    FEMME : Non mais elle a dû sortir major de l’ESB !

    HOMME : L’ESB ?
    FEMME : L’École supérieure de baise !

    HOMME : L’École supérieure de baise… ?! Qu’est-ce qui te… ! Desbocq est une collaboratrice exemplaire, serviable, extrêmement compétente ! Une vraie professionnelle qui paie de sa personne, ne pense qu’au travail, ne compte pas ses heures, taillable et corvéable à merci ! Ses rapports sont des modèles du genre, elle maîtrise trois langues à la perfection…

    FEMME : À mon avis, elle en maîtrise beaucoup plus ! Une experte en langues, et en queues aussi ! Elle porte ça sur son visage ! Quand elle regarde un homme c’est comme si elle le déshabillait ! Lorsqu’elle te donne des « Monsieur Maxence », on a l’impression qu’elle s’apprête à jouir ! Elle tourne du cul comme une roulure, elle s’habille comme une poule, elle a des faux seins, des goûts de pute, ce n’est pas une femme, c’est une vulve sur pattes, mais c’est bien ça qui te plaît, n’est-ce pas ? C’est bien ce que tu cherches, non ? Ce que vous cherchez tous !

    HOMME : Mais tu délires complètement ! Tu perds les pédales ! Consulte, ma vieille ! Consulte !

    FEMME : Tais-toi ! Que tu te tapes cette guenon en string, ça me donne déjà envie de vomir mais, en plus, que tu me prennes pour une conne ou une malade, je ne le supporterai pas !
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  • Par araucaria, le 14 avril 2012

    Homme : Mais je suis socialiste! Profondément socialiste!

    Femme : Très profondément alors! Et tellement en profondeur que c'en est devenu imperceptible! C'est pour ça qu'après avoir ciré les pompes de Ségolène, tu serais prêt aujourd'hui à lécher toutes les marches du perron de l'Elysée si le nouveau pensionnaire te le demandait! Mais regarde ta vie! Ouvre les yeux! Il n'y a pas plus bourgeois que toi! Tu fais couper sur mesure tes costumes rue Georges-V, coudre tes pompes à Londres, tu skies à Megève, tu gagnes des fortunes, tu emploies au noir des peintres polonais dans ta maison de campagne et à Paris une Thaïlandaise qui n'a même pas de carte de séjour!
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Vidéo de Philippe Claudel

Bande annonce du second film de Philippe Claudel : Tous les soleils.








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