Inspirée par la première sédition des canus qui, sous Louis XVI,
trempa de sang les pavés du vieux Lyon, cette "révolte à deux sous" nous conte le soulèvement d'un prolétariat de tisserands contre les exploiteurs capitalistes qui l'oppriment.
Du bon Bernard CLAVEL, toujours égal dans sa manière brillante de décrire des situations. Ici, c'est la révolte du petit peuple des tisserands, qui ne demandent pas grand chose, juste deux sous d'augmentation. Mais elle est vécue par le truchement de l'inénarrable PATARO, mendiant difforme, rusé et intéressé, connu de tous et finalement repecté, qui parcourt la ville à l'affût de tout ce qui pourrait rapporter. le texte rend avec bonheur l'atmosphère de misère, de bruit, et de fureur. Mais la révolte prend une ampleur que le petit peuple n'avait pas voulue, et c'est ici qu'apparaît cette sorte de morale consternante, qui veut qu'au bout du compte, ce sont les riches qui finissent toujours par l'emporter, et le petit peuple qui trime. Un bon livre, empreint de philosophie, court et facile à lire.
Du bon Bernard CLAVEL, toujours égal dans sa manière brillante de décrire des situations. Ici, c'est la révolte du petit peuple des tisserands, qui ne demandent pas grand chose, juste deux sous d'augmentation. Mais elle est vécue par le truchement de l'inénarrable PATARO, mendiant difforme, rusé et intéressé, connu de tous et finalement repecté, qui parcourt la ville à l'affût de tout ce qui pourrait rapporter. le texte rend avec bonheur l'atmosphère de misère, de bruit, et de fureur. Mais la révolte prend une ampleur que le petit peuple n'avait pas voulue, et c'est ici qu'apparaît cette sorte de morale consternante, qui veut qu'au bout du compte, ce sont les riches qui finissent toujours par l'emporter, et le petit peuple qui trime. Un bon livre, empreint de philosophie, court et facile à lire.
Quel roman! Fort, cruel, sauvage, tendre, authentique, généreux, mené au canon d'un fleuve de colère dont les eaux noires engloutiront tout de cette révolte aux mains nues, cette révolte à deux sous au pays des canuts et de la soie. Inoubliable Pataro! Dresseur d'animaux, contrefait, les membres brisés et recollés à l'envers, cerné de chats, d'oiseaux et de rats, il court la ville de la Colline qui prie à la Colline qui travaille, du quartier où vivent ceux qui se nourrissent et s'enrichissent de la sueur des autres, à celui, puant de misère, de crasse et de malheur, où les hommes et les bêtes vivent dans une même fange. Entremetteur sublime et rusé, il tient tout les fils d'une histoire formidablement romantique qui charrie, au milieu des cris et des tumultes, des personnages spectaculaires, des foules déchaînées sous un décor impressionnant. Jamais l'intérêt ne cède. Toujours en mouvement, ce roman nous livre sans grandiloquence mais avec force et beauté les secrets d'un peuple et d'un lieu portés à blanc. Un très grand Clavel
—Tu ne vas pas te plaindre de l’avarice des gens, tu vis de ce qu’ils te donnent.
—Tu n’es pas d’ici, toi. Tu les connais pas. Ce sont surtout les pauvres qui donnent. Mais les grands bourgeois, c’est pas de la radinerie, c’est de la rapiasserie. Ça m’écœure…Tu peux me croire, chef: le pire ne se trouve pas derrière les portes des cellules!
—Toi, tu as toujours de ces trouvailles! Venir chercher la purification près de la prison, ça ferait rire bien du monde.
—Le monde rira moins quand les pauvres se révolteront.
—C’est pas pour demain. Qui sait?
Un silence passe. Puis Pataro ajoute:
—Regarde le fleuve, il lave même la nuit.