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ISBN : 2020208059
Éditeur : Editions du Seuil (2010)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Maroc, 1578. Dix mille guitares à l'abandon sur un champ de bataille. Les Portugais sont vaincus. La dernière croisade de l'Europe s'achève par la défaite et la disparition du jeune roi Sébastien. Mort ou vif? On l'attend.

Son favori raconte. Sous sa peau... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 19 juillet 2011

    Bigmammy
    Voici une histoire singulière, racontée....par un rhinocéros unicorne offert au roi Sébastien 1er de Portugal par le vice-roi des Indes, et qui nous délivre ses mémoires à travers ses différents états : vivant, captif, mort, dépecé, devenu coupe ciselée dans un cabinet de curiosités.coupe_Chine
    Et à travers lui, qu'on appelle familièrement le bada, la chronique de ses différents propriétaires, auquel il est très attaché. Car bien entendu, lorsqu'il est vivant, on vient le voir de loin, et lorsqu'il devient coupe libatoire, il voit tout....
    C'est d'abord le jeune roi Sébastien, mystique et vierge, qui entreprend la dernière croisade pour conquérir le Maroc et la main de sa belle, fille d'un prétendant malheureux, et qui y laissera sinon la vie, du moins un bras et la moitié du visage.
    Comme les Dix mille guitares que les Portugais laissent derrière aux après le désastre d'Alkaser-Kebir (image plus poétique que les godillots des militaires Egyptiens après la guerre des Six jours).
    Le Rhinocéros devient féroce et il faut l'abattre. Mais on conserve son squelette et sa corne qui devient coupe aphrodisiaque, et au fond de laquelle on fixe un bézoar......Voilà un mot que j'ignorais. Je vous laisse le plaisir de savoir ce que c'est, et là encore un prétexte pour philosopher sur la connaissance humaine....
    Ensuite Philippe II d'Espagne, Rodolphe II l'Empereur d'Autriche, alchimiste épris de femmes mais fidèle à sa maîtresse, portraituré par Arcimboldo avec une poire en guise de nez, puis la fantasque reine Christine, éprise de philosophie et de René Descartes qu'elle fait venir auprès d'elle, pas seulement pour philosopher....
    Le récit est alerte, documenté, plein d'humour. Les querelles de religions qui déchirent l'Europe entre 1577 et 1689 vues à travers un animal aussi étrange que ce rhinocéros resté hindouiste dans l'âme, qui dialogue avec le chien Patrocle, propriété du jeune roi Sébastien, mais aussi la chienne Cassiopée, la Mandragore légèrement excitée, les guépards et leur servant Pedro, le Golem et son créateur, vieux rabbi de Prague...l'oeil crevé de la Princesse Eboli, les bottes écarlates de l'ambassadeur Khevenhüller....
    Ce roman effleure une foule de sujets et fourmille d'anecdotes. Il transporte son lecteur et lui apprend bien des choses futiles ou utiles. Comme souvent, Catherine Clément oublie qu'elle aussi et une très sérieuse philosophe pour faire l'éloge de la tolérance. Ce qui n'est jamais superflu !
    Pour ceux que la malheureuse expédition du roi de Portugal intéresse, lire à partir des pages 160 et suivantes dans l'excellente Histoire du Maroc de Bernard Lugan (chez Perrin)

    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par Lefso, le 29 mai 2011

    Lefso
    Durant les premières pages, je me suis demandée dans quelle bateau je m'était lancée en me proposant pour ce partenariat, car en effet, un rhinocéros, ou plutôt un brahmane du Bengale réincarné en rhinocéros me racontait son histoire, qu'il soit sous forme d'animal vivant, d'animal mort, de peau ou de corne. Très vite j'ai été rassurée par le plaisir que m'apporterait ce livre car je ne pouvait plus le quitter des yeux. Il fallait que j'en apprenne plus et encore plus sur ce fameux rhinocéros et son histoire.
    Le "Bada", autre nom du rhinocéros va donc nous raconter son passage chez ses différents propriétaires. Je me suis permise de poster dans ma chronique les portraits des différents protagonistes de ce livre, afin de mieux les visualiser.
    Le rhinocéros va être tout d'abord offert en 1577 à son premier propriétaire Dom Sébastien le Désiré, roi du Portugal par les Indes.
    Puis, après la bataille des trois rois, c'est Phillipe de Habsbourg, roi d'Espagne qui en 1583 va en hériter.
    Il sera tout au long de sa vie convoité par l'Empereur Rodolphe II de Habsbourg, empereur du Saint Empire germanique, qui finira par arriver à ses fins.

    Finalement il arrivera en 1648 entre les mains de Christine Vasa, reine de Suède avec qui il partagera la vie un long moment.
    C'est donc près d'un siècle de l'Histoire de l'Europe et du Maroc que nous raconte ce livre, par l'intermédiaire d'un rhinocéros.
    Tous ces personnages historiques sont décrits avec le plus grand soin. Aussi bien leur histoires, que leurs désirs ou leurs contradictions. On peut voir au fil des pages que pour être monarque, il faut d'abord oublier la personne que l'on est. Si les désirs prennent le pas sur les obligations, le désastre ne pourra jamais être loin.
    Le livre reprend également toutes les idées nouvelles qui vont apparaître à l'Homme pendant cette période comme l'héliocentrisme.
    Catherine Clément, l'auteure de ce livre, sait nous tenir en haleine par des chapitres courts, des phrases directes et des dialogues nombreux. Car, en plus de nous parler, le rhinocéros a aussi la capacité de parler aux animaux ou aux choses qui l'entoure.
    Étant extérieur à l'Histoire, et surtout comme personne ne se soucie de lui en tant que personnage pensant de ce livre, le bada peut raconter les événements sans être taxé de parti pris lorsqu'il s'agit de religion. Car c'est bien là le thème principal de ce livre : la religion, les guerres qui en découle et la tolérance !
    Bien sûr il faut faire la part des choses entre ce qui est avéré comme fait historique et ce qui ne l'est pas, mais passé la surprise du rhinocéros qui parle, tout le roman sonne juste, et on se prend à croire le romancé autant que le véridique ^^
    Pour finir, je classerai ce roman parmi mes coups de cœur, car il m'a captivée d'un bout à l'autre. Et j'ai été complètement séduite par le message de paix qu'il véhicule.

    Lien : http://lefso.blogspot.com/2011/05/dix-mille-guitares-de-catherine-cl..
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    • Livres 5.00/5
    Par jostein, le 17 juin 2011

    jostein
    Je ne choisis pas, à priori, les romans historiques. Mais, chaque fois que j'ai eu l'occasion d'en lire un, je n'ai pas été déçue.
    Là, j'ai choisi de lire Catherine Clément parce que j'avais beaucoup aimé un précédent roman Le voyage de théo. Je savais donc où je m'engageais.
    A l'école, les cours d'histoire pouvaient être passionnants, à condition d'avoir un professeur charismatique. Catherine Clément sait trouver les petites histoires croustillantes qui vous font aimer la grande Histoire.
    " Corne de rhinocéros des Indes orientales offert au roi Sébastien en 1577, un an avant la défaite d'Alkacer-Kebir, repris par le roi Philippe II d'Espagne. propriété de Rodolphe de Habsbourg, puis de Christine de Suède, léguée au cardinal Decio Azzolino en 1689."
    Fil rouge sur ce roman, le rhinocéros nous fait vivre le fabuleux destin de Sébastien, roi du Portugal descendant des Aviz puis le côté alchimiste de Rodolphe, empereur d'Autriche et l'étonnante masculinité de la reine Christine de Suède.
    Catherine Clément fait parler les animaux, les objets et les grands de ce monde.
    Elle évoque la bataille de l'Alkacer-Kébir, la guerre de Trente ans et ainsi les différentes religions. Grâce à l'exil de sébastien au Maroc, la religion musulmane est évoquée. Avec la rencontre de Rodolphe et du rabbin de Prague, le Maharal, c'est la religion juive et le mythe du Golem qui apparaissent.Mais il y a aussi la religion des brahmanes avec la réincarnation du rhinocéros et bien sûr les différentes branches des chrétiens, catholiques, protestants .
    C'est une épopée passionnante qui ouvre les XVI et XVIIe siècles, riche en anecdotes et découvertes avec les rencontres d'Arcimboldo ou de Descartes.
    Le style de Catherine Clément est soutenu et poétique.
    " La nuit vint. Les vaincus entassés dans la boue dormaient sous bonne garde. de temps en temps, résonnait dans le noir une corde pincée, le son d'une guitare qu'une main effleurait. Près des lumières de feux, les vainqueurs déchiraient leurs vêtements et pleuraient sans réserve, ô nuit au goût amer!"
    L'auteur décrit avec passion ses personnages au caractère atypique. Elle nous les fait aimer grâce à leurs faiblesses et leurs forces.
    L'édition de Points est complète avec la liste des personnages et la chronologie des évènements relatés.
    Voilà donc une auteure que je relirais sans restriction. Comme je suis aussi passionnée par l'Inde, je lirais dès que possible Pour l'amour de l'Inde.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-dix-mille-guitares-..
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  • Par ERICANSE, le 24 juin 2011

    ERICANSE
    Mon avis ( Juin 2011) :
    Les éditions du Seuil et le forum Partage Lecture m'ont permis de découvrir ce roman, Prix Historia du roman Historique pour 2010, et je dois bien avouer, que c'est l'impatience qui a marqué le début de ma lecture. Peu de romans relatent l'un des derniers monarques de la dynastie des Aviz, et le règne de Sébastien reste énigmatique, tant sa disparition déclencha les fantasmes et la naissance de bien des mythes.
    Alors, certes, l'entrée dans le récit de Catherine Clément reste difficile tant les pistes se multiplient, tant les approches se font à travers les yeux de personnages improbables – le bada, puis le bada réincarné dans sa corne taillé en coupe, agrémenté d'un bézoard - , tant le rythme de changement de lieux, de point de vue…Il faut, avouons-le, quelques chapitres pour s'accoutumer à cette narration.
    Le rêve de Sébastien nous entraîne dans la vie rêvée de l'Infirme, dont l'existence toute entière semble être due à son maître. La folie de Rodolphe, cet Empereur, dont le célibat l'apparente à la Reine Christine…- le récit des relations liant le philosophe, René Descartes à cette reine de Suède est succulent -…Les guerres de religion s'opposent à l'Infirme, ramené à la vie par un Cheikh…
    On suit donc cette corne à travers toute l'Europe, et on se plait, sans s'en rendre compte, à l'originalité du récit et à son rythme jamais ralenti. Catherine Clément a un style concis, sans fioritures. Détails et faits historiques s'entremêlent, et la riche documentation, dont se sert l'auteure, lui permet, ici et là, de glisser quelques suggestions toutes personnelles quand au déroulé des faits relatés.
    Néanmoins, ce livre reste une surprise (heureuse), tant le sujet est maitrisé, et le récit palpitant de bout en bout, et en refermant ce roman, on regrette déjà de ne plus attendre le lendemain pour retrouver notre bada…


    Lien : http://ecritureetlecture.over-blog.fr/article-un-roman-sur-un-bada-7..
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  • Par Loubhi, le 18 juillet 2011

    Loubhi
    De Catherine Clément, je connaissais "Le voyage de théo" et l'avais bien apprécié, dans ce livre c'est une autre face de son talent littéraire et imaginatif qui est mis en avant et c'est réussi.

    On a tous connu des professeurs d'Histoire ou d'institueurs qui avaient le don de nous endormir voir de nous ecoeurer de cette matière, pour ma part j'ai du attendre les classes de seconde à terminale pour enfin rencontrer un professeur d'Histoire qui savait nous faire palpiter sur cette matière en passant allégrement de la grande Histoire (ses dates, ses grandes figures, ses principales époques) à la petite anecdote historique, complément indispensable.
    Je retrouve sous la plume de Catherine Clément cette petite étincelle qui m'a fait passer à la catégorie de passionné d'Histoire. Bien sûr quelques repères chronolgiques sont nécessaires et au pire, ils vous sont donnés à la fin du livre mais en le refermant j'avais l'impression d'avoir un récit à la fois pétillant, juste dans l'époque décrite et instructif.


    Lien : http://passiondelecteur.over-blog.com/article-dix-mille-guitares-cat..
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Citations et extraits

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  • Par Lefso, le 29 mai 2011

    Au Maroc, la première fois qu'elle l'avait vu marcher, Jasmine avait trouvé le jeune roi magnifique. Le dos droit, superbe et poussiéreux. Son gant de cuir se crispait sur une grande épée.
    Le lendemain, elle avait entendu sa voix. Fluette, aiguë. Il parlait arabe avec rugosité. Elle aurait bien aimé écarter la tenture, mais sa nourrice veillait.
    La deuxième fois qu'elle l'avait vu, ils étaient seuls dans le noir. Déguisée en homme, la princesse l'avait attiré dans le patio. Ils avaient échangé des propos sur la chasse au faucon, et le roi l'avait farcie de bourrades lorsqu'elle avait prétendu être une fille. À la lueur des torches sur les remparts, son visage présentait un menton un peu lourd. Quand le soleil se leva, Jasmine vit le bleu de l’œil. Il la prenait toujours pour un garçon.
    Elle arrêta sa décision. À l'issue de la cérémonie de la garde d'honneur, elle lui fit porter un billet.
    Ce serait à la fin du jour, à l'heure où les milans tournoient sur les ordures. Le rendez-vous avait été fixé hors des murs, dans un creux de rochers. Elle l'attendait en tenant les rênes de sa jument, et lui, enchanté d'être au bord de la mer, poussa un peu trop sa monture. Elle faillit tomber, sa jument s'échappa. Ils coururent tous deux pour la rattraper , et c'est là, en calmant l'animal, qu'il vit en Jasmine une fille qui tremblait.
    Il ôta son chapeau, la saisit dans ses bras, l'assit sur la jument, s'inclina.
    Sa taille, tout venait de là. Il était si massif que ses rêves étoilés paraissaient accessibles. À l'endroit précis où Hercule avait écarté les colonnes sur la mer intérieur, ce jeune roi de dix-sept ans était l'incarnation de la puissance.
    Jasmine lui avait confié ses craintes et ses espoirs. La fragilité de son père. Le destin de royaumes qui s'étaient tant battus, tant aimés, et le projet fou de réunir enfin les deux couronnes. N'était-il pas venu, le temps de la paix entre le Portugal et le Maroc ? Des deux côtés, on accusait l'autre d'être infidèle à Dieu, et il n'était qu'un Dieu, un seul...
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  • Par jostein, le 17 juin 2011

    Je me suis bâtie ma religion personnelle où Dieu n'entrave pas la liberté de l'Homme;

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  • Par jostein, le 17 juin 2011

    Nous sommes à la veille d'un nouveau commencement fondé sur la science, et non sur la croyance.

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  • Par jostein, le 17 juin 2011

    Mon devoir de mère est une chose, mais mon devoir de reine en est une autre.

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